Christophe Gauchon est professeur de Géographie à l’Université Savoie Mont-Blanc. Depuis 2025, il a rejoint le laboratoire LLSETI (Langages, Littératures, Sociétés. Études Transfrontalières et Internationales). Ses recherches portent principalement sur la géographie des montagnes auxquels il a consacré un « Atlas des montagnes » co-écrit avec Xavier Bernier (éditions Autrement, 2ème éd. 2024) , et du monde souterrain, avec la revue Karstologia dont il est directeur et rédacteur en chef. Ces espaces sont étudiés sous l’angle des activités touristiques, de la valorisation des patrimoines, des espaces protégés et de la toponymie. Ses travaux portent aussi sur l’histoire des sciences géographiques et cartographiques.
Les visuels de cet article sont extraits du diaporama réalisé et projeté par Christophe Gauchon lors de sa conférence.
Christophe Gauchon ouvre son intervention par une nuance concernant le titre même de la conférence. Parler de « l’après-ski » peut sembler prématuré, car le ski alpin demeure aujourd’hui une activité importante et économiquement dynamique, en particulier dans les Alpes françaises qui constituent le principal terrain d’observation présenté.
I – Les stations de sport d’hiver : une situation contrastée
Les évolutions ne sont pas unilatérales. Elles sont multiples, parfois contradictoires, et conduisent à des trajectoires très différentes selon les territoires.
On a effectivement des signaux qui sont pour les uns plutôt optimistes par rapport à certains acteurs économiques du ski, qui présentent des bilans satisfaisants. Pour d’autres, la perspective de la pérennité du ski à court et moyen terme est remise en cause.
A – Une saison hivernale 2025-2026 particulièrement bonne pour le ski français
La fréquentation a atteint environ 56 millions de journées-skieurs, soit un niveau qui n’avait plus été observé depuis le début des années 2010. Les indicateurs montrent donc que le secteur est plutôt en bonne santé.
La France demeure l’un des tout premiers marchés mondiaux du ski, aux côtés de l’Autriche et des États-Unis.

B – La fragilité des petites stations
En octobre 2024, il y a eu une série d’annonces de fermeture de stations, plutôt des petites, plus rarement des stations moyennes, dont on dit qu’elles ne pourraient pas rouvrir. Certaines vont effectivement fermer, d’autres ont obtenu des sursis par des financements. Elles ont continué à fonctionner depuis 2024. Beaucoup de stations souvent de petite taille sont sur le fil du rasoir.
Des acteurs sont inquiets. Tout le monde n’a pas une vision aussi triomphaliste à l’instar de la Une du Dauphiné libéré.
C – L’incertitude liée à la neige, une question ancienne
Christophe Gauchon présente une BD de Gotlib datée de la période de préparation des Jeux olympiques de 1968 à Grenoble.
L’auteur imagine ce qu’il appelle des « jeux pourris », car au moment où les Jeux olympiques d’hiver doivent ouvrir, il n’y a aucune neige. Il fait aussi très chaud et les gens transpirent à grosse gouttes. Le commissaire de course qui est censé planter ses piquets à slalom se heurte au berger qui remonte avec ses bêtes. De manière humoristique, Gotlib met en scène une adaptation absurde des épreuves (avec des roulettes sur les ski). Le problème de l’adaptation est déjà mis en avant par Gotlib.


La question de l’aléa autour de la neige n’est donc pas nouvelle. Les Jeux olympiques de 1964 à Innsbruck s’étaient déroulés dans une ambiance extrêmement sèche, avec très peu de neige. Les épreuves de ski de fond se passent sur un ruban de neige large de 80 cm , qui a été apporté depuis trois semaines par les soldats autrichiens, et avec de l’herbe de part et d’autre. Les problématiques d’enneigement capricieux ou insuffisant ont existé par le passé. Ce sujet fait à nouveau parler dans la perspective de 2030.
La nouveauté actuelle ne réside pas dans les problèmes d’enneigement. Ce qui a changé est plutôt la perception du problème et le contexte environnemental dans lequel il est désormais envisagé.
La question de l’adaptation est aujourd’hui devenue centrale, notamment dans la perspective des transformations climatiques.
II – Une évolution des pratiques : du sport à une pratique de plus en plus ludique
On distingue trois phases de l’évolution des pratiques et des valeurs qu’elles sous-tendent.
A – A partir des années 60 : Le modèle old school
Il correspond à une fréquentation de la montagne à l’ancienne : la fréquentation touristique de la montagne repose largement sur un modèle sportif. La montagne est associée à l’effort physique solitaire, au dépassement de soi, à la performance (compétitions), à l’alpinisme et aux pratiques sportives héritées de l’histoire de l’alpinisme.

B – Dans les années 1980 : apparition de nouveaux codes
On observe un changement important qui concerne beaucoup d’activités de loisirs sportifs qu’on a pu appeler « l’individualisme fun », visible dans les postures et la gestuelle.
Des épreuves de danse à ski, de ballet, apparaissent aux Jeux olympiques de 1992 d’Albertville.
Les tenues sont différentes. Le canon de la pratique sportive, tel qu’il avait été établi précédemment, change avec une modification de l’état d’esprit dans lequel les gens vont en vacances aux sports d’hiver.

C – Depuis les années 2010 : hybridation et accentuation de la pratique ludique
On constate une rupture très forte des codes, marquée par une hybridation des genres. La pratique sportive telle qu’elle avait été codifiée devient de plus en plus minoritaire et laisse la place principalement à une pratique ludique, qui peut se rapprocher de la street culture.
Les codes qui président à la fréquentation touristique et sportive de la montagne ont considérablement évolué, dans les mêmes espaces, en utilisant les mêmes infrastructures qu’on a pu modifier à la marge.
Le cadre est resté inchangé, mais à l’intérieur, les pratiques ont très fortement évolué, avec parfois des petites conflictualités, car il n’est pas facile de faire cohabiter les différentes activités sur un même espace. Tous ne viennent pas chercher la même expérience de la montagne.

III – Deux tendances culturelles nouvelles : la « méridionalisation » et la « festivalisation »
L’ouvrage La civilisation du ski aborde une histoire culturelle du ski en Suisse. Les derniers chapitres traitent de l’avenir du ski dans le contexte actuel. Les auteurs envisagent deux tendances, observables en Suisse, mais applicable aussi en France.

A – La « méridionalisation » des vacances à la montagne
La « méridionalisation » se traduit par l’introduction progressive dans les vacances d’hiver de codes habituellement associés à l’été et aux climats plus doux. Cela se manifeste notamment par des vêtements plus légers, une pratique accrue des terrasses, la recherche d’une ambiance extérieure, une valorisation du soleil et de la convivialité.
Les valeurs du tourisme estival déteignent ainsi en partie sur les vacances hivernales.
La montagne hivernale n’est donc plus nécessairement définie par le froid, la neige et l’effort sportif.
B – La « festivalisation »
Les stations accordent une place croissante aux événements, notamment aux festivals musicaux. L’objectif est de renouveler les clientèles, d’attirer des touristes qui ne pratiquent pas le ski, de donner une visibilité supplémentaire à la station, de créer une ambiance spécifique, d’occuper les espaces touristiques autrement que par la seule pratique sportive. Les festivals peuvent être organisés au pied des pistes ou sur celles-ci, ou à proximité des remontées mécaniques.
L’exemple de festivals de musique électronique, techno ou de manifestations itinérantes sur les domaines skiables montre que la montagne devient également un espace événementiel.
Les stations de sport d’hiver se heurtent à la difficulté d’une clientèle qui se renouvelle peu, tant du point de vue social, que celui de la pyramide des âges. La « festivalisation » est perçue comme une opportunité pour attirer des clientèles nouvelles en montagne, y compris des gens qui n’ont pas forcément l’habitude de pratiquer le ski.
C – Les effets de ces évolutions culturelles : un paysage de plus en plus sonorisé
La sonorisation des stations constitue une transformation moins visible que les remontées mécaniques. Les stations sont désormais de plus en plus caractérisées par de la musique dans les espaces publics. Il s’agit des espaces sonorisés sur les pistes, des snowparks, des bars et des restaurants diffusant de la musique, des événements musicaux.
La station de sports d’hiver ne se définit plus par le silence. Cette modification s’est globalement faite entre les années 2000-2010. Les stations de sports d’hiver se reconnaissent aussi par cette ambiance sonore très particulière.

Afin d’illustrer cette évolution, Christophe Gauchon utilise un exemple littéraire tiré d’un roman intitulé Rochebrune (2026) de Sophie Divry, dans lequel un personnage travaillant en montagne se retrouve confronté à la musique diffusée dans différents espaces de la station.
« Deux ans auparavant, on lui avait donné le téléski du Lapin blanc, isolé dans un recoin à l’ombre. Perchiste, parfait pour lui. Mais aux Douze loutres, il y avait de la musique, dans les bars, dans les rues, dans les cabines du télésiège. Et durant la dernière saison, en février, un matin, il trouva un haut-parleur au Lapin blanc, avec l’ordre de ne pas éteindre le robinet de R&B qui en sortait, c’était pour l’ambiance. »
Cet exemple montre qu’il peut exister une opposition entre deux représentations de la montagne : la montagne comme lieu de silence et de nature, et la montagne comme prolongement d’une ambiance urbaine, festive et musicale.
Cette mutation est importante car elle signifie que le paysage touristique n’est pas seulement visuel mais sonore.
D – Les effets de ces évolutions culturelles : la montée en gamme
Parallèlement à ces transformations culturelles, on observe une tendance à la montée en gamme. Certaines stations cherchent à attirer des clientèles disposant d’un pouvoir d’achat élevé. Cela transforme notamment l’hébergement, la restauration, l’architecture, le paysage commercial.
L’exemple présenté est celui d’une station développée dans les années 1970, Val Thorens (Savoie), initialement pensée comme une station sportive et de haute altitude, avec des pistes assez difficiles. On y trouve deux hôtels cinq étoiles, un restaurant gastronomique étoilé, des commerces de luxe, des boutiques d’habillement haut de gamme. Val Thorens illustre bien cette nouvelle tendance, qui cherche à attirer une clientèle très fortunée (depuis les années 2000).

La transformation du paysage ne résulte donc pas uniquement des changements climatiques. Elle est aussi liée à une transformation de la clientèle recherchée par les stations.
IV – Une tendance récente à la désaisonnalisation
Le caractère hivernal n’est plus mis en avant, au contraire, il est peu à peu masqué.
De plus en plus de stations cherchent plus apparaître comme des « stations de sport d’hiver », mais plutôt comme des « stations de montagne ».
Ce changement n’est pas seulement lexical. Se présenter comme station de sports d’hiver signifie accepter une forte dépendance à la neige. Si celle-ci manque, la station risque de décevoir ses clients (frustration, insatisfaction). À l’inverse, le terme « station de montagne » permet de mettre en avant des activités indépendantes de l’enneigement. L’objectif est donc de montrer que la destination reste attractive qu’il y ait de la neige ou non.
La station des Saisies édite une brochure annuelle (pas de distinction été/hiver), ce qui permet une économie. Sur les pages du sommaire, est entouré en rouge ce qui concerne vraiment le ski et les sports d’hiver (moins de 10 % des activités proposées). Le reste renvoie à la gastronomie, l’artisanat, le pastoralisme, l’histoire, les figures locales et les activités estivales.

La désaisonnalisation passe par des aménagements qui vont être exploités autant l’hiver que l’été, mais aussi pour permettre une subdivision saisonnale de l’hiver avec ou sans neige.
Le stade de biathlon de la Féclaz dispose de 5 km de pistes qui ont été enrobées de macadam pour l’entraînement des skieurs de fond (ski-roues). Cet équipement sert autant l’été que l’automne, lorsqu’il n’y a pas de neige. Une ou plusieurs perches pour la production de neige sont visibles sur les photos.
Jusqu’aux années 2010, la neige artificielle a été produite presque uniquement pour le ski alpin, mais elle est désormais aujourd’hui utilisée pour les sites de ski nordique afin d’allonger la période d’utilisation des installations.

Le « snow farming » permet de conserver de la neige hivernal. A Bessans, on a étalé de la neige sur environ 2 km de circuit (permettant aux clubs de ski de fond de s’entraîner). Ce matelas assez épais constitue un produit d’appel pour l’ouverture de la saison, avant les premières chutes de neige.
Le tas entouré par des enneigeurs est formé pendant l’hiver par de la neige artificielle, qui va passer tout le printemps et tout l’été sans trop de fonte, même si les effets caniculaires peuvent représenter 10 à 15 % de fonte. En automne, on ressort les canons et les bulldozers puis on ré-étalent la neige. Ces opérations sont cependant assez coûteuses.

V – Cinq grandes familles de paysages de l’après-ski
A – Les paysages de l’abandon
Cette catégorie de paysage est le résultat d’une activité qui s’est arrêtée dans une station (ou dans une partie). Les équipements ont été abandonnés sans souci de démontage. Il peut s’agir de téléskis, télésièges, de tremplins, de logements touristiques. Dans certains cas, la végétation peut recouvrir de plus en plus les infrastructures au fil des ans (parfois depuis plus de quarante ans).
On assiste à l’émergence de friches touristiques ou sportives.

Christophe Gauchon s’appuie sur la thèse de Pierre-Alexandre Métral, La montagne désarmée, une analyse des trajectoires territoriales des stations de ski abandonnées françaises (2025).

L’exemple de l’immobilier de la station du col de l’Arzelier (Isère), fermée en 2015, est présenté.


Heureusement les paysages de l’abandon ne sont pas si nombreux.
Certaines anciennes pistes peuvent être suffisamment refermées pour n’être plus praticables, y compris pour le ski de randonnée.
B – Les paysages du repli spatial de l’activité
Dans ce cas, il ne convient pas d’abandonner complètement les équipements, mais de réduire spatialement le domaine skiable. Une station peut décider de conserver uniquement la partie jugée la plus intéressante ou la plus rentable du domaine et de démonter les remontées mécaniques situées ailleurs, comme à Gresse-en-Vercors (qui a rencontré des difficultés financières dès les années 2000). Les équipements sont retirés et le paysage retrouve progressivement une apparence plus naturelle. Cette situation est probablement plus fréquente que celle de l’abandon pur et simple.

A partir de 2024-2026, certaines collectivités prennent la décision de démonter rapidement les équipements dès qu’une petite station ferme, plutôt que de les conserver pendant plusieurs années dans l’espoir d’une réouverture, sans qu’il y ait les vestiges qu’on avait identifiés précédemment. Les remontées mécaniques ont été démontées, on retrouve simplement les plots béton des anciennes remontées mécaniques.

C – Les paysages de l’obstination, pour continuer à investir massivement dans le ski
L’obstination est considérée comme positive lorsqu’elle traduit la persévérance, mais elle peut aussi être vue comme une forme de démesure.
Au lieu d’une politique d’aménagement de « désarmement », on s’oriente vers le « surarmement », en rajoutant des remontées mécaniques, plus puissantes, plus grosses, plus efficaces, dans une logique de course aux investissements.
La plus grosse station de sport d’hiver de l’hexagone, La Plagne, représente à elle seule 5 % des journées-skieurs du ski français. Une nouvelle ligne de télécabine a été installée. Les 12 pylônes sont montés en une journée !

La nouvelle télécabine du Jandri aux Deux-Alpes monte tout en haut du domaine skiable.
Le chantier de cette imposante infrastructure s’est poursuivi sur deux saisons, avec un coût de plus de 140 millions d’euros. Un télésiège moyen vaut 12 millions, une télécabine, entre 25 et 30 millions. La gare intermédiaire est construite à 2580 m selon des standards de confort bien meilleurs que ceux des années 70-80.


Autre exemple : une des principales remontées mécaniques de la vallée de Chamonix aux Grands Montets avait brûlé. Le chantier prévoit une reconstruction à l’identique, pour une livraison en 2028.

Des acteurs se projettent dans des investissements faits aujourd’hui et qui seront rentables au mieux les trente années qui viennent.
D – Les paysages de la diversification
La station de moyenne altitude d’Aillon-le-jeune dans le massif des Bauges, s’est engagée dans une stratégie de diversification, par des produits touristiques qui vont mailler le territoire communal : une randonnée souterraine (début des années 2010), une aire de bivouac (2023), mais aussi des aménagements de type tyrolienne, accrobranche, luge, hébergements insolites (cabane).


Cette stratégie s’explique par une altitude assez faible et par la fermeture d’une partie du domaine skiable. L’objectif est de trouver d’autres motifs de fréquentation touristique.
La diversification est encouragée par les pouvoirs publics, surtout les collectivités territoriales, qui cherchent à limiter la dépendance excessive aux sports d’hiver.
E – Les paysages de l’hybridation et de la standardisation
Les activités ludiques ou récréatives, qui ne sont pas directement liées à la neige ou au ski, se multiplient. On trouve notamment des châteaux gonflables, des pump tracks (parcours de vélo), des trampolines, des tyroliennes, des équipements issus de la street culture.
Ces équipements ne sont pas forcément très valorisants en terme d’image mais ils revisitent profondément l’image touristique de la montagne.

De manière plus originale, la station de Superdévoluy dans les Hautes-Alpes, très fréquentée l’été, s’est spécialisée dans l’accueil de clubs de basket-ball, avec une dizaine de terrains.
L’hybridation des genres va dans le sens de la banalisation. Certains produits pourraient se retrouver dans une fête foraine.
La luge sur rail rencontre un vif succès mais elle reste un investissement relativement important. Aux alentours de 4 millions d’euros, elle est toutefois moins chère que la remontée mécanique.

On perd en singularité à travers ces dynamiques d’hybridation et de standardisation.
En juillet 2026, l’inauguration d’une tyrolienne à virages (appelée Slalom Fly – 987 m de descente) à Saint-Sorlin d’Arves en Maurienne devrait être très vite copiée par les stations concurrentes afin de disposer de la même innovation et du même niveau d’équipement à moyen terme (5 à 10 ans).

La diversification produit paradoxalement une standardisation des paysages touristiques, qui peut conduire à une certaine banalisation de l’image de la montagne.
Il apparaît des ressemblances entre snowpark et streetpark. Les gestes, les équipements et les modes de fréquentation peuvent devenir très proches.

La diversification concerne les mêmes métiers et les mêmes compétences. Elle ne suppose pas de reconversion professionnelle très importante.
Ces spatialités s’inscrivent désormais dans des temporalités nouvelles qui brouillent le jeu des saisons. Une compétition de biathlon peut se dérouler fin septembre par exemple.
Les tremplins olympiques de Courchevel de 1992 servent en 2022 et en 2026 à organiser au mois d’août une compétition de saut à ski.
Cela amène donc à reconsidérer l’idée que l’on se faisait des activités liées à une saison. Nos repères temporels sont ainsi bouleversés.






