Au début des vacances scolaires d’octobre 2026, les Clionautes ont été invités à une visite presse exceptionnelle, une présentation de l’exposition immersive, Lady Liberté, De la sueur, de l’audace, du génie, organisée pour les 140 ans de la statue.

Zeus – le cheval métallique conçu pour la cérémonie des Jeux olympiques de 2024 – © Eric Joly

Depuis sa fondation, l’association s’intéresse à tout ce qui se fait dans le numérique au service de la pédagogie et de l’enseignement, de l’école primaire à l’université et même au-delà.

Il faut bien avouer que nous avons été bluffé par la qualité intellectuelle et visuelle de cette réalisation que nous vous présentons ici :

© Eric Joly

Partie 1 : La genèse du projet

La visite débute par un pré-show, servant de salle d’attente, avant le parcours immersif.

Pré-show – Auguste Bartholdi – © Eric Joly

A la fin du Second Empire, les Républicains, alors dans l’opposition, admirent les États-Unis d’Amérique pour leurs avancées politiques. La jeune IIIe République fragilisée par les opposants royalistes, conçoivent l’idée d’envoyer un présent à cet État outre-atlantique, modèle de démocratie, pour le centenaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis.

Le projet prend forme. Ce sera « La liberté éclairant le monde » , une statue de 46 m, imaginée par le sculpteur, ingénieur prolifique, Auguste Bartholdi en collaboration avec les ateliers Gager, Gautier et Cie.

Le pré-show permet de contextualiser la naissance du projet et d’explorer les sources d’inspiration artistiques et techniques qui ont nourri la conception de Lady Liberté.

Pré-show – La liberté éclairant le monde – © Eric Joly

À l’issue de cette séquence introductive, le visiteur est invité à s’équiper d’un casque audio.

Cette transition marque l’entrée dans l’expérience immersive (durée 45 mn) et accompagne le passage vers l’espace suivant, où débute le voyage au cœur de la construction de la statue.

La jauge est fixée à 10 personnes pour chacun des 8 espaces immersifs. 

Cap sur le quartier de la plaine Monceau, dans le nord-ouest de Paris !

Partie 2 : Le quartier de la plaine Monceau

On découvre ici les spécificités des ateliers Gaget, Gauthier et Cie, auxquels Bartholdi choisit de confier la fabrication de la statue. Une projection montre le quartier, dans le nord-ouest de Paris, paysage aujourd’hui disparu. Marie Simon, apparait pour conduire le visiteur à travers l’exposition immersive.

© Eric Joly

Partie 3 : Les techniques d’agrandissement

Il s’agit ici de montrer le savoir-faire des sculpteurs qui partent d’un modelo pour obtenir l’objet ou la peinture à l’échelle voulue.

Agrandir à partir d’un modèle – © Eric Joly

 

Agrandir à partir d’un modèle, la mise au carreau – © Eric Joly

La main portant un flambeau – © Eric Joly

La main portant un flambeau – © Eric Joly

Les maquettes, les projections  et les démonstrations visuelles, mettent en lumière les procédés qui ont rendu possible ce changement d’échelle exceptionnel. La technique de la mise à carreaux est au cœur de la pratique lors du passage au monumental.

Partie 4 : Dans l’atelier de la rue Vavin

Depuis le balcon qui surplombe son atelier, Auguste Bartholdi apparaît. Il nous ouvre les portes de l’atelier rue Vavin. Le sculpteur travaille à l’élaboration de Lady Liberty et au déploiement de la communication pour faire connaître le projet des deux côtés de l’Atlantique.

Reconstitution de l’appartement d’Auguste Bartholdi – © Eric Joly

 

Photo de l’atelier de l’artiste – © Eric Joly

Partie 5 : Les modèles en plâtre

© Eric Joly

Auguste Bartholdi et Marie Simon nous montrent les ateliers Gaget reconstitués. On peut sentir l’atmosphère et l’effervescence des ouvriers, attachés à la mise en œuvre des modèles en plâtre de plus en plus grands.

Partie 6 : Les gabarits en bois

Gabarit en bois issu du modèle en plâtre – © Eric Joly

Une réalisation en trois dimensions restitue l’atelier et permet de comprendre une nouvelle étape du processus de fabrication : le façonnage de gabarits en bois, issus des modèles en plâtre. Ces gabarits servent de matrice pour la réalisation des éléments en cuivre et conditionnent la précision de l’assemblage final de la statue.

Partie 7 : Le martelage

Le martelage du cuivre- © Eric Joly

Le bruit du métal introduit le travail de mise en forme du métal. Les ouvriers de la forge martèlent les plaques, pièce par pièce, qui composeront l’enveloppe de la statue. L’espace dédié met en valeur l’importance de cette étape, entre précision mathématique et geste artistique.

Partie 8 : La structure Eiffel

Bienvenue chez M Gustave Eiffel © Eric Joly
Maurice Koechlin, assistant de Gustave Eiffel © Eric Joly

 

Visuel de l’agence de Gustave Eiffel © Eric Joly

 

Visuel de l’agence de Gustave Eiffel © Eric Joly

À travers différents visuels de l’agence Eiffel et d’une maquette spectaculaire de l’ossature, le parcours présente le travail de Gustave Eiffel et de son équipe. Maurice Koechlin, son assistant, joue un rôle central dans la conception de cette structure interne, pensée pour soutenir l’enveloppe de cuivre tout en lui laissant sa liberté de mouvement.

Partie 9 : La construction de la statue et le départ vers New York

La construction « à blanc » de la statue à Paris laisse découvrir l’ossature monumentale de l’œuvre qui se recouvre progressivement de ses plaques de cuivre, révélant peu à peu sa silhouette finale. Puis le départ vers les États-Unis s’effectue à bord de l’Isère, voyage suggéré en arrière-plan, entre caisses en bois et éléments de transport.

© Eric Joly

 

À l’issue du parcours, les visiteurs sont invités à aller dans l’ancienne église (Saint-Martin-des-Champs) du musée pour découvrir le modèle original en plâtre de la statue de la Liberté au 1/16ème, le diorama conçu par Bartholdi et intégré dans son socle, ainsi que le making-of de l’exposition, diffusé à proximité.

Diorama réalisé pour l’Exposition universelle de 1878 © Eric Joly

Transposition pédagogique en Géographie pour des 6e.

Séquence prévue après le chapitre : « Habiter une métropole, d’un pays riche : l’exemple de New York ».

La sortie scolaire se prépare en amont

A partir de l’ouvrage jeunesse, New York raconté aux enfants, édité par De la Martinière, les élèves répartis en pôles de 4 ou 5 enfants cherchent librement des informations au sujet de la statue de la liberté  p 14 et 15 du livre. (voir PDF).

On peut aussi projeter la statue au tableau et distribuer une photocopie à chaque groupe chargé de repérer les symboles. On est ici juste dans l’observation et la collecte d’informations.

Les groupes s’interrogent dans un échange rapide questions réponses.

Puis un nuage de mots  et de notions ressort de ce travail afin de répondre aux questions habituelles en géographie : où ? quand ? qui ? pourquoi ? mais aussi en histoire ou en histoire de l’art : quelles techniques ? quels matériaux, quelle couleur, quels symboles ?

Cette séance d’une heure, la restitution et la liste de mots, permet de décrire le mieux possible la statue étudiée dans l’exposition immersive. Il s’agit de bâtir des prérequis avant de partir sans trop déflorer le sujet afin de réserver la surprise du musée et de l’exposition.

La découverte de Bartholdi et de son travail

Dans le pré-show, les élèves s’assoient et observent les différents panneaux. Le professeur suscite les questions à partir des prérequis. Il précise rapidement le contexte historique, la personnalité du sculpteur et ingénieur, le travail d’équipe nécessaire et les autres réalisations de Bartholdi.

La classe suit l’exposition immersive. Quelques impressions sont recueillies à la sortie sans support écrit.

MuAM- © Eric Joly

 

Il serait ensuite pertinent de se promener dans le musée et de repérer des objets intéressants avec un collègue de maths ou de sciences.

Aéroplane biplan R.U1 n°40 (1911) Louis Breguet  – © Eric Joly

Le MuAM ne peut que susciter la curiosité des élèves de 6e : l’aéroplane Blériot XI, le laboratoire de Lavoisier, la pile à colonne de Volta.

Cependant, on ne manquera pas de voir le plâtre de la statue de la liberté au 1/16ème, son doigt en cuivre ou son oreille en plâtre.

La restitution en classe

Le travail se fera de nouveau en groupes avec une carte mentale à remplir en fonction des questions posées au préalable. Il est possible aussi de demander une petite rédaction selon un plan établi par l’enseignant.

Nous remercions le musée et ses partenaires de leur invitation et de leur chaleureux accueil ainsi que la documentation fournie qui a permis de rédiger ce compte-rendu.

Petite bibliographie pour la classe en cycle 3 et cycle 4 :

Les Bâtisseurs T02 – Bartholdi – La Statue de la Liberté aux Éditions Delcourt

On pourra visionner cette émission en préparation de la sortie :