Cette table ronde examine les origines du conflit actuel, les objectifs poursuivis par la Russie, les capacités de résistance de l’Ukraine et les enjeux pour l’Union européenne. Elle aborde également le rôle des États-Unis, la position de la Chine, l’efficacité des sanctions économiques, les capacités militaires européennes et les perspectives d’évolution du conflit.
I – L’Ukraine : un pays aux potentialités considérables, fragilisé par la guerre

Un territoire vaste et une population affectée par le conflit
L’Ukraine possède une superficie légèrement supérieure à celle de la France. Avant la guerre, sa population était estimée à environ 44 millions d’habitants. Elle aurait depuis diminué, notamment en raison des pertes humaines et des départs à l’étranger.
Les déplacements de population ont profondément modifié la situation démographique. Certains Ukrainiens ont rejoint les pays européens, tandis que d’autres se sont rendus en Russie, en raison notamment des liens familiaux, historiques et professionnels qui existaient entre les deux pays avant le conflit, peut-être un million.
Une position géographique stratégique
L’Ukraine est essentiellement constituée d’une vaste plaine, à l’exception de sa partie sud-ouest, où se trouvent les contreforts des Carpates. Elle se situe au contact de plusieurs espaces politiques et historiques : la Pologne à l’ouest, la Russie à l’est, la Biélorussie au nord et la Roumanie au sud-ouest.
Une puissance agricole et industrielle
L’Ukraine dispose de terres particulièrement fertiles, notamment les tchernozioms (terres noires), riches en matières organiques. Elle est un important producteur de céréales, en particulier de blé, et possède une industrie agroalimentaire significative.
Ses ressources minières comprennent notamment le minerai de fer et le charbon. Son économie s’appuie également sur la métallurgie, la sidérurgie, la construction mécanique, l’industrie aéronautique et les services informatiques.
Christian Pierret rappelle une anecdote tirée d’un déplacement officiel effectué avec Jacques Chirac. Une grande usine aéronautique de Kiev regroupait alors environ 10 000 ouvriers en attente de travail. La France souhaitait développer des relations industrielles avec l’Ukraine, mais l’Allemagne avait déjà engagé des démarches auprès de cette entreprise.
Cet exemple illustre les difficultés entraînées par la dissolution de l’Union soviétique. Les industries ukrainiennes et russes étaient étroitement imbriquées. Certaines entreprises fabriquaient des composants destinés à des établissements situés dans l’autre pays. La séparation politique a donc désorganisé des chaînes de production auparavant complémentaires. On parlait d’un combinat entre le Donbass ukrainien et le Kouzbass russe.
Les nouvelles technologies et les capacités d’innovation
L’Ukraine a développé des compétences importantes dans les domaines informatiques et technologiques. La guerre a notamment accéléré l’innovation dans le secteur des drones, devenus essentiels aux opérations militaires, permettant de tenir le front.
Cette capacité d’adaptation permet au pays de compenser partiellement certaines différences de moyens avec la Russie. Elle repose notamment sur une main-d’œuvre qualifiée, comprenant de nombreux ingénieurs et scientifiques. Après l’indépendance de 1991, une partie de ces diplômés a cependant quitté le pays.
Une économie inférieure à son potentiel
Malgré ses ressources, l’Ukraine demeure économiquement fragile. Avant la guerre, son PIB dépassait légèrement 200 milliards de dollars, contre environ 2 900 milliards pour la France.
Plusieurs difficultés structurelles expliquent cet écart : la corruption, le poids des oligarques, la fragilité de certaines institutions et un niveau de vie relativement faible au regard des potentialités du pays.
Le conflit représenterait pour l’Ukraine une perte de développement équivalant à environ vingt années.
II – Aux origines du conflit, la position russe

L’opinion publique ne remet pas en cause la guerre
Michel Foucher cite un extrait du livre de l’écrivain Artem Chayeye, Les gens ordinaires ne portent pas de mitraillettes (2024) : « Théoriser autour de sujets politiques, est le privilège d’individus en sécurité. A vol d’oiseau, on ne perçoit que les contours généraux. Lorsqu’on fuit avec ses enfants, et qu’on a peur pour eux, on distingue les détails de près ».
Quelles sont les invariants de la position russe ? Il n’existe pas d’opposition à l’opinion de la guerre. Elle est critiquée en raison des inconvénients économiques internes, mais elle est considérée comme légitime en Russie.
La Russie fonctionne selon un système autocratique dans lequel la poursuite du conflit est étroitement liée à la survie du régime. Il n’y aura pas de négociations sincères.
Le récit russe d’un Occident menaçant
On observe une inversion de la charge de la preuve : l’Occident est responsable. Le Kremlin présente l’Occident comme une puissance agressive et hostile, tandis que la Russie serait contrainte de se défendre. Ce discours s’appuie notamment sur le souvenir de l’effondrement de l’Union soviétique et sur le sentiment d’humiliation associé aux années 1990.
Les pays occidentaux ont pourtant cherché à développer des relations avec la Russie après la fin de la guerre froide. Sous la présidence de Jacques Chirac, les échanges économiques (Auchan, Leroy Merlin…), culturels, universitaires et financiers se sont notamment développés.
Pour l’orateur, l’Ukraine est la victime expiatoire de l’effondrement de l’Union soviétique. La perte de statut de la Russie reste la principale cause de la guerre.
L’identité impériale russe et le refus de l’émancipation ukrainienne
L’identité politique défendue par le Kremlin reste étroitement liée à l’idée d’empire. La Russie ne se pense pas seulement comme un État souverain, mais comme une puissance qui doit exercer une influence sur les territoires voisins. La poursuite de la guerre est cruciale pour le régime.
Une nouvelle théorie de la victoire circule au Kremlin et dans les milieux blogueurs pro-militaires. Comme l’opération militaire dite spéciale est statique sur le front (l’armée russe a gagné seulement 5 km² au mois de septembre 2026), il faut effectuer des frappes à longue portée sur des cibles civiles (pharmacies, grands magasins, stations services, écoles, hôpitaux). Poutine veut détruire la ville de Kiev, comme jadis à Grozny. 220 morts et 13 000 blessés, rien que pour le mois de septembre 2026 à Kiev. On tend vers un « urbicide ».
On s’oriente vers une « guerre des villes », comme autrefois en Irak.
Un proverbe en Ukraine dit : « Si la Russie cesse de se battre, la guerre prend fin. Si l’Ukraine cesse de se battre, c’est l’Ukraine qui prend fin ».
Dans les élites, on distingue une conception trinitaire du monde russe. Les grands Russes, les Russes blancs et petits Russes (les petits frères ukrainiens). Ainsi l’émancipation de l’Ukraine est la raison de la lutte. Les nations s’émancipent des empires. La guerre sert à rehausser le statut de la Russie, en considérant que le seul interlocuteur sont les États-Unis, comme à la belle époque de la Guerre froide…
Le poids de l’histoire
Les relations entre l’Ukraine et la Russie sont marquées par une histoire douloureuse. Après une courte période d’indépendance entre 1917 et 1921, l’Ukraine a été intégrée à l’espace soviétique.
La mémoire des famines organisées sous Staline, qui ont causé plusieurs millions de morts, occupe une place majeure dans la mémoire collective ukrainienne.
Ces événements contribuent à expliquer la défiance envers le pouvoir russe et montrent que le conflit actuel s’inscrit dans une histoire longue, marquée par la domination politique et les tentatives de négation de l’identité ukrainienne.
Restaurer la puissance russe et préserver le régime
La volonté de restaurer le statut de grande puissance constitue une autre motivation du Kremlin. Négocier directement avec Washington peut être interprété par Moscou comme une reconnaissance de son rang international.
On constate encore l’incapacité des élites russes à comprendre pourquoi l’URSS s’est effondrée et pourquoi le pays a perdu son statut de puissance économique, même si la Russie conserve une puissance militaire, diplomatique, énergétique et nucléaire.
Vladimir Poutine a commis une erreur stratégique majeure en privilégiant la confrontation avec l’Occident plutôt qu’un rapprochement durable avec l’Europe. Une coopération plus étroite aurait pu favoriser le développement économique russe. La guerre a au contraire affaibli les perspectives de développement du pays et accru sa dépendance à l’égard de la Chine.
III – L’Union européenne face à la guerre

Deux conceptions politiques opposées
La guerre révèle une différence fondamentale entre la Russie et l’Union européenne. Le Kremlin défend une logique impériale qui n’hésite pas à recourir à la guerre et à la conquête.
Par contraste, l’Union européenne apparaît comme une association qui s’étend par l’adhésion libre et volontaire d’États démocratiques qui choisissent de coopérer.
L’Ukraine, un partenaire déjà associé à l’Union
Depuis 2017, l’Ukraine est juridiquement associée à l’Union européenne, dans le cadre de sa politique de voisinage. Des échanges commerciaux et migratoires, sont prévus par un traité, mais sans engagement militaire.
L’Union européenne est pleinement concernée par le conflit en raison de l’étendue de ses frontières communes avec les pays belligérants. 2 350 km de frontière commune entre l’Union européenne et la Russie et environ 1300 km entre l’Union européenne et l’Ukraine.
ÉCHANGES AVEC LA SALLE
Les États-Unis de Donald Trump : une rupture dans le soutien à l’Ukraine
Une diplomatie américaine critiquée ?
Michel Foucher porte un jugement sévère sur la méthode diplomatique de Donald Trump, par le recours à des envoyés spéciaux issus du monde des affaires et de son entourage, insuffisamment préparés aux enjeux du conflit. Les déplacements de Steve Witkoff à Moscou et ses relations avec Kirill Dmitriev (qui gère la fortune personnelle de Poutine) sont évoqués pour illustrer une « diplomatie ». Les intérêts personnels et commerciaux l’emportent.
Une large partie de la nomination des ambassadeurs récompensent leur participation financière à la campagne électorale de Trump.
Une rupture avec la politique de Joe Biden ?
L’administration Biden considérait le soutien à l’Ukraine comme indispensable pour empêcher une victoire russe. Avec Donald Trump, cette orientation a été profondément remise en cause.
A partir de février-mars 2025, l’aide européenne (y compris miliaire) à l’Ukraine est devenue supérieure à l’aide américaine.
Et la Chine, un soutien indirect à la Russie ?
Pékin ne cherche pas véritablement à mettre fin à la guerre. Michel Foucher ne considère pas la Chine comme un modérateur susceptible de mettre fin au conflit. Pékin n’a jamais proposé de médiation.
La Chine compense les sanctions financières occidentales par la fourniture d’équipement militaire. Elle peut ainsi bénéficier d’un conflit prolongé sans s’engager directement dans une guerre contre l’Ukraine.
Une relation asymétrique entre Moscou et Pékin ?
La Russie est devenue le vassal de la Chine.
Les Américains donnent du renseignement et des licences pour fabriquer de l’anti-missile.
Il faut faire comprendre aux Chinois qu’il s’agit d’une guerre anti-européenne. Mais ils jouent double-jeu. Ils n’ont toutefois pas reconnu les annexions russes de la Crimée et du Donbass.
Une politique fondée sur les intérêts nationaux ?
La Chine cherche avant tout à renforcer sa puissance, son autonomie et son influence internationale. La guerre en Ukraine contribue à affaiblir les Occidentaux et à accroître la dépendance russe. Elle défend avant tout ses intérêts nationaux.
L’aide européenne à l’Ukraine
Une aide humanitaire, financière et militaire
Le soutien européen prend plusieurs formes.
L’aide humanitaire comprend notamment l’accueil, jusqu’à 6 millions de réfugiés ukrainiens, particulièrement en Pologne (2,5 à 3 millions), ainsi que la fourniture de matériel et de denrées.
Le soutien financier permet à l’État ukrainien de maintenir ses services publics et de couvrir ses dépenses courantes. Sans ces dons monétaires de l’Union européenne, le fonctionnement de l’État serait fortement compromis.
Le soutien militaire comprend les dons d’équipements et les prêts à des conditions avantageuses. Depuis la réduction de l’engagement américain, les Européens assument une part croissante de cet effort.
La continuité du soutien dépend des choix politiques des gouvernements européens. Les divergences entre États membres et le recours possible au droit de veto peuvent ralentir ou bloquer certaines décisions. La Hongrie de Viktor Orbán avait exercé des menaces de veto concernant les sanctions contre la Russie.
Les désaccords politiques ne conduisent pas nécessairement à un arrêt général de l’aide. Certains États peuvent décider de poursuivre leur soutien même si d’autres gouvernements se retirent. L’exemple de l’Italie de Giorgia Meloni illustre les écarts possibles entre les positions affichées pendant une campagne électorale et les décisions effectivement prises au gouvernement.
Les sanctions contre la Russie ?
Les effets économiques des sanctions
Les achats européens de pétrole et de gaz russes ont fortement diminué, même si certaines importations subsistent. La Russie a réorienté une partie de ses exportations vers la Chine et l’Inde, mais dans des conditions moins favorables. Elle a recours à une flotte dite fantôme pour contourner certaines restrictions sur le transport du pétrole.
La déconnexion au réseau bancaire SWIFT affecte la Russie dans son intégration aux circuits financiers internationaux.
Les sanctions ne bloquent donc pas tous les échanges russes, mais elles en modifient les conditions et en augmentent les contraintes.
Les frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques
Les opérations ukrainiennes contre les raffineries russes perturbent les capacités de production et peuvent contribuer à l’augmentation des prix des carburants sur le marché intérieur russe. Elles cherchent également à réduire les ressources permettant à la Russie de poursuivre la guerre. 44 % des capacités de raffinage russe seraient affectées ou à l’arrêt.
Les limites des sanctions
La Russie continue néanmoins de financer son effort militaire en réorientant une part importante de ses ressources publiques vers l’industrie de défense. Une part très élevée du budget est consacrée aux dépenses militaires (40 % du budget pour 2026).
Les sanctions ne sont pas inutiles mais ne suffisent pas à provoquer un changement de stratégie lorsque le pouvoir russe accepte d’en supporter les coûts.
La guerre informationnelle et les menaces contre les Européens ?
La Russie cherche également à influencer les opinions publiques européennes, à provoquer la peur et à affaiblir la volonté politique de soutenir l’Ukraine.
Les menaces adressées aux pays européens, notamment aux États baltes, et les déclarations relatives au risque nucléaire participent de cette stratégie de pression. Il faut distinguer les capacités militaires réelles, les intentions établies et les messages destinés à influencer les décisions occidentales.
Le chef d’état-major russe Valéry Guérassimov a théorisé cette guerre informationnelle. Les opérations militaires et informationnelles sont considérées comme complémentaires : la propagande, les manipulations et les campagnes d’influence visent à fragiliser les sociétés adverses.
Les Européens doivent donc renforcer leurs capacités d’analyse et de lutte contre la désinformation, par l’intermédiaire des services spécialisés.
L’Europe peut-elle mettre en œuvre sa solidarité et sa force face à une extension de la guerre ?
Une préparation militaire déjà engagée et une mutation des stratégies
Les pays européens renforcent leurs capacités de défense. La France participe à plusieurs dispositifs militaires en Europe, notamment en Roumanie et en Estonie, et contribue à la formation de soldats ukrainiens (La brigade Anne de Kiev). La coopération associe notamment le Royaume-Uni, la Suède, la Finlande, l’Allemagne, la Pologne et la Roumanie. La « coalition des volontaires », portée par la France et le Royaume-Uni, vise à préparer des garanties de sécurité pour l’Ukraine dans l’hypothèse d’un cessez-le-feu durable.
La guerre met en évidence l’importance des drones, des frappes à longue distance, de la défense aérienne et de la protection des infrastructures énergétiques. Les armées européennes tirent des enseignements de l’expérience ukrainienne, qui constitue un terrain d’observation majeur. Le soutien à l’Ukraine contribue ainsi à la sécurité future des pays européens.
La dissuasion nucléaire française
La « dissuasion avancée » consiste à réfléchir à la contribution de la dissuasion nucléaire française à la sécurité européenne. Neuf États se sont ralliés à ce concept. Cela revient par exemple à déployer des avions Rafale porteurs de missiles nucléaires, sur des bases situées hors de France (en Pologne ou en Roumanie).
Il ne s’agit pas d’une dissuasion nucléaire partagée. La décision ultime d’emploi de l’arme nucléaire reste du ressort du président de la République française.
Les intérêts vitaux de la France ne se limitent pas à ceux du territoire français.
Le renforcement des budgets militaires
Les dépenses militaires européennes augmentent depuis le début de la guerre. Le budget français est passé de 55 milliards en 2022 à 63 milliards d’euros. L’Allemagne se réarme.
Avec un budget militaire prévu de 181 milliards d’euros, la Russie consacre une part considérable de ses ressources à la guerre, tandis que les démocraties européennes doivent arbitrer entre défense et priorités économiques et sociales. L’augmentation des budgets militaires suppose donc un choix politique et l’adhésion des opinions publiques. L’Europe dispose de compétences technologiques importantes, avec le système de défense antiaérienne franco-italien SAMP/T (système sol-air aérien moyenne portée/terrestre) et l’industrie aéronautique française.
La défense européenne fait-elle des progrès ?
Depuis 2022, la guerre a accéléré la prise de conscience de la nécessité de renforcer la défense européenne. Cependant, les efforts restent largement déterminés par les choix nationaux.
Les intérêts industriels constituent un obstacle important. Les entreprises cherchent à préserver leurs marchés et leurs technologies, ce qui peut compliquer les coopérations entre pays. L’exemple du projet franco-allemand d’avion de combat du futur illustre ces difficultés : les désaccords industriels (préservation des secrets industriels) ont compromis la coopération et remis en question le projet.
La défense européenne ne dépend donc pas seulement du montant des budgets. Elle suppose une réelle coordination des États-majors militaires, mais surtout de la production (faire travailler ensemble des industriels).
Les évolutions de la dynamique du conflit : quels scénarios possibles ?
Une situation militaire incertaine
Les intervenants ne voient pas se dessiner de perspective claire de règlement pacifique à court terme. Les pertes humaines sont considérables et les objectifs des deux camps restent difficilement conciliables.
La décision russe de recruter 300 000 hommes supplémentaires peut être interprétée comme le signe d’une volonté de poursuivre la guerre malgré les difficultés rencontrées.
Une nouvelle théorie de la victoire circule. On ne respecte plus les lois de la guerre. Il s’agit désormais de détruire le moral des civils, en mettant leur capacité de résistance à l’épreuve.
Une résistance ukrainienne déterminée
Malgré les destructions et les difficultés matérielles, les Ukrainiens continuent de défendre leur territoire. Jean-Louis Thiériot, ancien ministre délégué aux Armées, après son retour d’Ukraine, a été frappé par la détermination des autorités et de la population ukrainiennes à résister, malgré 25 alertes par jour à Kiev. La volonté de ne pas céder les territoires contrôlés par l’armée ukrainienne demeure forte. Toutefois, au niveau opératif, il manque des intercepteurs.
La résistance ukrainienne dépend donc à la fois de la volonté de combattre et de la capacité des partenaires à fournir les moyens nécessaires.
Des objectifs russes difficilement conciliables avec une paix durable
Le Kremlin ne cherche pas uniquement à obtenir des concessions territoriales. Ses objectifs comprennent également la remise en cause du droit à la souveraineté de l’ukrainienne, avec un changement de régime au nom de la « dénazification » et la perte d’une identité ukrainienne.
Le risque d’une intensification des bombardements
Une possible intensification des frappes russes (de longue portée) contre les infrastructures énergétiques et les villes pourrait s’observer. La destruction des réseaux électriques et des installations de chauffage visent à dégrader considérablement les conditions de vie pendant l’hiver.
Christian Perret évoque le chiffre de 20 000 morts par semaine pour la Russie.
Notre capacité de production d’avion Rafale a augmenté. On est passé de un à trois par mois.
Les intervenants se montrent pessimistes quant à la capacité des Nations unies à mettre fin à la guerre.
Le Conseil de sécurité est paralysé par le droit de veto de ses membres permanents. La Russie, directement impliquée dans le conflit, peut bloquer les décisions qui lui seraient défavorables. La Chine peut également empêcher l’adoption de certaines mesures.
Kaliningrad, une menace ?
La situation de l’enclave russe de Kaliningrad, située entre la Pologne et la Lituanie, de part sa position géographique lui confère une importance stratégique, notamment en raison d’un corridor la reliant à la Biélorussie.
Les intervenants évoquent les risques liés à un éventuel incident dans cette zone, sans affirmer qu’une telle évolution serait inévitable.
La proximité des forces russes avec les pays membres de l’Union européenne et de l’OTAN impose une vigilance militaire et diplomatique constante.
Michel Foucher conclut sur un proverbe latin qui résume une orientation stratégique souhaitable, selon lui : « Si vis pacem, para bellum ». Autrement dit : « Si tu veux la paix, prépare la guerre ».
La paix ne peut être préservée durablement que si les États disposent des moyens nécessaires pour décourager une agression et défendre leur souveraineté.





