Comment la Côte d’Azur est-elle devenue un modèle paysager mondial ? Jardins exotiques, architecture cosmopolite, douceur du climat et représentations artistiques ont façonné dès le XVIIIe siècle l’imaginaire de la Riviera. Un modèle ensuite largement copié, des rivieras de Crimée à la Californie.

Conférencier : Jean-Christophe Gay (Université Côte d’Azur, URMIS, Institut du tourisme Côte d’Azur), FIG Saint-Dié 2026.

Contexte. La conférence s’appuie sur l’ouvrage collectif Une géohistoire de la Côte d’Azur (PUR, 2026), dirigé par J.-Ch. Gay. Il a été publié avec le soutien de l’Institut du tourisme Côte d’Azur et du GIS Études touristiques (CNRS-ESTHUA). Il compte 24 auteurs : géographes, historiens, historien de l’art, économistes, anthropologue, architectes-urbanistes, linguistes, et praticiens du tourisme comme Patrick Vece (ancien directeur de l’Observatoire du tourisme du CRT) et Michel Tschann (président honoraire de la fédération Hôtellerie et restauration Nice Côte d’Azur).

 L’invention d’un paysage végétal : l’hivernage et la « ville d’hiver »

Ce paysage naît avec l’hivernage et la « ville d’hiver ». Il a pour toile de fond une nouvelle sensibilité vis-à-vis des rivages, nourrie par les discours médicaux vantant les bienfaits des séjours en bord de mer.

L’imaginaire paysager de la fin du XVIIIe siècle

Les proportions vertigineuses et fantaisistes du relief traduisent la fascination exercée par une nature considérée comme protectrice. Nice est vue comme un abri naturel, formant un « amphithéâtre » contre les vents tant redoutés des hivernants valétudinaires.

Mary Harcourt, A view of Nice taken from a villa near the Road to the Var (vers 1790, musée Masséna)

Quand Tobias Smollett (1721-1771) « lance » Nice

C’est à Nice que s’invente une nouvelle forme urbaine, la « ville d’hiver », cosmopolite à dominante anglaise, avec ses hivernants valétudinaires à la recherche de confort et de vigueur. Elle naît à la suite du récit de voyage du médecin écossais Smollett, qui raconte notamment son séjour en famille à Nice de 1763 à 1765 (Travels through France and Italy). Il décrit un climat revigorant et des Niçois sales.

C’est donc le développement d’un prototourisme « médical » que Mercier Dupaty (1746-1788) décrit dans ses Lettres sur l’Italie en 1795 : « J’ai vu des Anglaises touchantes et même charmantes : à leur arrivée elles mouraient ; elles ont refleuri dans l’air de Nice » ou « Nice pendant l’hiver est une espèce de serre pour les santés délicates ».

Du côté français Hyères se développe mais a l’inconvénient d’être touchée par le mistral

Une nouvelle sensibilité paysagère se développe autour de la mer qui devient pittoresque. Un nouveau rapport au rivage se dessine et se construit avec des conséquences dans l’urbanisme : la première terrasse-promenade des Ponchettes à Nice. Achevée en 1776, sur le modèle des promenades suspendues italiennes, elle illustre un nouveau rapport au rivage, que les autochtones ou les étrangers peuvent admirer sans trop s’en approcher.

Source : Hippolyte Caïs de Pierlas (dessinateur), comte de Lasteyrie (lithographe), Vue de la Terrasse et du Château de Nice, 1821, lithographie, musée Masséna.

L’attention se focalise sur la végétation : une flore exotique omniprésente, preuve d’un « printemps perpétuel »

 Tout comme les palmiers, dont l’exploitation locale en Ligurie était à l’origine destinée aux fêtes religieuses et qui deviennent un symbole des paysages de la santé sur la Riviera italienne, la végétation exotique (mimosas, agaves ou aloès en particulier) est une constante des représentations artistiques. Le mimosa est emblématique : il ne perd pas ses feuilles et fleuri en hivers. Leur présence se veut la preuve d’un climat enchanteur. Or, si le climat est bénéfique aux plantes exotiques, il doit l’être pour la santé des êtres humains.

Le renversement : de l’utile à l’agrément

Les récits des premiers voyageurs témoignent de l’admiration pour les jardins utiles de la plaine niçoise. Au cours du XIXe siècle, le mouvement d’acclimatation des végétaux exotiques connaît son essor, encouragé par les villégiateurs anglais, qui acclimatent des plantes provenant de l’Empire colonial britannique. Ce phénomène, notamment dans les jardins privés des hivernants, modifie la physionomie du territoire. D’admirables collections botaniques sont constituées au sein de prestigieux domaines, parmi lesquels les jardins Hanbury (La Mortola, Vintimille) ou Thuret (Antibes).

 Le rôle des pouvoirs publics et des spéculateurs privés

Le rôle du Consiglio d’Ornato (Conseil d’ornement) : le premier plan régulateur (1832)

Jusqu’en 1860 Nice appartient au royaume sarde dont la capitale est à Turin. Le conseil ne présente pas de grands projets ni d’agrandissements utopiques, mais plutôt des opérations mesurées visant à perfectionner l’espace urbain, une planification du développement urbanistique de Nice. L’accent est mis sur la création de nouvelles rues et places, ainsi que sur une restructuration du tissu urbain existant. L’objectif est de concevoir le tracé des infrastructures pour ouvrir la ville vers la campagne et guider le développement futur des faubourgs. Le conseil veut surtout mettre en place une ville qui doit paraitre agréable aux touristes.

Le Conseil Donne une large place aux espaces verts en planifiant l’implantation de jardins. Une voirie spéciale est créée dans ce but : il doit y avoir 12 mètres entre la rue/le trottoir et le bâtiment pour qu’il y implanter un jardin devant. Il lance également une grande opération en termes d’ornementation sur la colline du château qui va devenir un jardin d’agrément pour touristes, un parc pour la promenade.

J-Ch. Gay, 2026

La valorisation d’une végétation azuréenne exubérante se voit sur les cartes postales

Sources, de gauche à droite : Villa Jarry, ancienne villa Villemessant, dans Henry de Montaut, Voyage au Pays enchanté, Cannes, Nice, Monaco, Menton, 1880, p. 149 ; The Casino, Monte Carlo, dans Hugh Macmillan, The Riviera. Illustrated with numerous engravings, London, J.S. Virtue & Co., 1885, p. 48.

Cet imaginaire relève d’une volonté politique sarde puis française mais également privée : des spéculateurs, hommes d’affaires, promoteurs poursuivent cette dynamique

Des architectes-paysagistes de renom créent des jardins privés à Nice. Trois d’entre eux se dégagent particulièrement :

Édouard André (1840-1911) : jardin de la villa Masséna, réalisé de 1899 à 1901 (en 2025 la villa et son « Jardin remarquable » sont patrimonialisés et classés Monument Historique)

Jean-Pierre Barillet-Deschamps (1824-1873) : jardin de la villa Vigier, réalisé à partir de 1862.

Adolphe Alphand (1817-1891) : jardin de la villa Haussmann, réalisé à partir de 1866.

Les effets de l’annexion à la France en 1861

Théorisé par Édouard André dans son traité sur L’Art des jardins paru en 1879, le modèle paysager parisien du Second Empire rencontre un large succès sur le territoire niçois. Cette volonté de modeler un paysage à la parisienne offre une double influence à la ville de Nice. On trouve des « parterres à la française » notamment dans la villa Les Palmiers, propriété de M.E. Soulas.

La contestation de l’exotisme

Au tournant du XXe siècle, en réaction au goût pour l’intégration d’espèces exotiques, naît un mouvement contestataire, « néo-régionaliste » ou « néo-italien ». Les défenseurs de ce mouvement « anti-exotique » contestent une vision idéalisée et revendiquent un retour aux formes de la Renaissance italienne, ainsi qu’à l’emploi d’une végétation indigène et de matériaux locaux.

De l’ombre au soleil : l’invention d’un paysage estival

Après la Première Guerre mondiale un basculement complet du modèle touristique s’opère en quelques années. Le lieu, La Côte d’Azur, devient un moment c’est durant cette période assez brève et cette transformation que le lieu devient un modèle novateur qui inventent de nouvelles pratiques.

L’invention d’un paysage estival méditerranéen : le moment américain de Juan-les-Pins et la création d’une station d’été (1923)

 

Ces 2 affiches ont 30 ans d’écart et l’on voit 2 modèles. Le premier est une fréquentation hivernale où l’on craint et l’on se protège du soleil dans une végétation exotique et exubérante, l’autre présente un corps bronzé par le soleil en été, une route, des immeubles : la modernité.

Au début des années 20 les hôtels ferment en avril et réouvrent en octobre. C’est le contraire 30 ans plus tard : il y a une inversion de la saisonnalité en quelques années à partir de 1923 avec Juan les Pins.

Le premier Juan-les-Pins, 1882-1914

Les peintres, découvreurs du site, 1860-1890. Avant la Première Guerre mondiale les artistes s’intéressent au pin et aux pinèdes en bord de mer. Monnet est attiré par la pinède de Juan qu’il peint en 1888. La pinède est classée comme site protégé dès 1906, La commune de Antibes on fait l’acquisition en 1912. Un lotissement s’y avance dans les années 1910. Aujourd’hui c’est le lieu du festival de jazz d’Antibes.

© Fonds Fournet, Archives municipales Antibes 34 Fi

Le deuxième Juan-les-Pins, 1923-1950. La station d’été et le moment américain

Picasso, Sara et Gerald Murphy sur la plage de la Garoupe, 1923. Source : Murphy’s papers, Beinecke Library.

Un couple d’américains, les Murphy, découvrent le lieu et convainquent leurs hôtes de ne pas fermer l’été. Ils sont californiens, connaissent le climat et surtout beaucoup de monde : Picasso, Fitzgerald, Coco Chanel. Ils passent leur premier été à Juan les pins en 1923 et reviennent chaque été. Picasso y séjourne entre 1920 et 1936 dans plusieurs villas : Les Sables 1920, Chêne Roc 1921, La Vigie 1924, Belle Rose 1925, La Baie Blanche 1926, Sainte-Geneviève 1936, etc.) et l’Hôtel du Cap (1923).

Un « carré d’or américain » se développe pour offrir une gamme de logements prestigieux pour une très riche clientèle américaine. Dans Tendre est la nuit (1934), F. Scotte Fitzgerald évoque Le Provencal, le palace de Franck Jay Gould construit sur la hauteur :

« Sur la côte agréable de la Riviera française, à mi-chemin entre Marseille et la frontière italienne, se dresse un grand hôtel fier, de couleur rose. Des palmiers déférents rafraîchissent sa façade flamboyante, et devant lui s’étend une courte plage éblouissante. Récemment, il est devenu une station balnéaire de personnes notables et à la mode ; il y a dix ans, il était presque désert après que sa clientèle anglaise soit partie vers le nord en avril. Maintenant, de nombreux bungalows s’y regroupent, mais lorsque cette histoire commence, seules les coupoles d’une douzaine de vieilles villas pourrissaient comme des nénuphars parmi les pins massifs entre l’Hôtel des Étrangers de Gausse et Cannes, à cinq miles de là ».

Une station centrée sur la plage

© Roger Broders, Antibes, sa plage de Juan-les-Pins, vers 1927

 

Juan les Pins devient le lieu où se développe une nouvelle mode : le pyjama de plage avec le dos nu pour bronzer surnommé pyjamapolis. Y est inventé également le ski nautique par un français et un Américain. On y trouve un casino californien. Un nouveau paysage estival se met en place où le pin l’emporte.

L’éclectisme architectural

L’esthétique architecturale se déploie avec une grande variété. Les architectes proposent un large choix stylistique, de la Grèce antique au néo-classique (La villa ou château, Éléonore-Louise à Cannes, première villa de villégiature, construite en 1836 par lord Brougham en mémoire de sa fille Éléonore-Louise, décédée à cause de la tuberculose), en passant par des styles plus originaux tels le roman-byzantin (L’église Notre-Dame-de-la-Victoire à Saint-Raphaël, construite dans un style byzantin à la fin du XIXe siècle), le néo-gothique et le néo-Renaissance (villa Vigier, construite en 1862 et détruite en 1967). Aux dépaysements historiques s’ajoute un dépaysement géographique avec l’orientalisme (Le Château de l’Anglais à Nice, construit en 1858 dans un style néo-moghol par un colonel anglais de l’armée des Indes ou encore la Villa mauresque La Seyne-sur-Mer) ou le style « paquebot » dans les années 1930 décliné en version « complexe » et « villa ». Le Latitude 43 (Saint-Tropez) ouvre en 1932. Réalisé par l’architecte Pingusson, il surplombe le golfe de Saint-Tropez. Le programme comporte, outre l’hôtel de 110 chambres, un restaurant, un complexe sportif avec piscines et courts de tennis, un casino, des commerces et des bâtiments annexes (château d’eau, buanderie, garages, chambres de chauffeurs et transformateur). L’hôtel n’a ouvert été ouvert que pendant quatre saisons estivales avant de déclarer faillite. La villa E 1027 à Roquebrune-Cap-Martin (1929) avec solarium pour le bronzage est inspirée par l’esthétique des grands transatlantiques. Elle transpose sur terre les formes et les symboles de la vitesse maritime.

La duplication du paysage de la Riviera : quand la Côte d’Azur devient un modèle

L’émergence de la notion de « riviera » au XXe siècle

Le mot riviera est une dérivation du latin riparia (rivage), née dans le patois génois vers le Xe siècle en relation avec l’affirmation de la suprématie de Gênes sur le Levant et le Ponant de la Ligurie. Pendant plusieurs siècles, ce terme a opposé ce centre urbain majeur à ses territoires maritimes périphériques.

Deux définitions de géographes illustrent ensuite l’évolution du terme. Pierre George (Dictionnaire de la géographie, PUF, 1974) en fait un « Nom commun issu du nom géographique des rivages italiens du golfe de Gênes et désignant une côte abritée des intempéries propres aux cultures délicates et au tourisme ». Roger Brunet (Les Mots de la géographie, La Documentation française, 1992) y voit un « Type de côte touristique dominée par la résidence riche, densément occupée, avec un relief accusé, de nombreux caps et baies, un climat considéré comme « enchanteur » »

La Riviera passe donc de toponyme à la notion géographique.

Source : Gay J.Ch, dir., Géohistoire de la Côte d’Azur, PUR, 2026.

 

La Riviera restreinte s’étire de Théoule-sur-Mer à Alassio, avec à l’est la discontinuité de la plaine d’Albenga, non seulement physique mais aussi touristique. À l’ouest, la première discontinuité est le massif de l’Esterel. La Riviera élargie part de Cassis côté français, et sa limite orientale est au sud-est de La Spezia avec Lerici. La carte distingue aussi la Côte d’Azur institutionnelle, la Riviera du Ponant (Riviera des Fleurs, Riviera des Palmiers) et la Riviera du Levant.

Les différentes appellations du littoral sont en fait des stratégies marketing. Les étrangers vont parler de french Riviera tandis que les Français vont parler de Côte d’Azur et que la Riviera est pour eux la Riviera italienne. En Italie il y a aussi des rivalités entre les Rivieras. En France la question se pose de la limite de la Riviera et de la Côte d’Azur.

Le mot « riviera » devient une marque et d’autres régions s’en emparent

La Riviera éponyme : gradation dans la similarité de quelques rivieras. Tableau d’élaboration personnelle, selon trois critères : climat, topographie, société.

Source : Jean-Christophe Gay

La Côte d’Azur s’exporte dès le début du XXe siècle avec Abbazia (Croatie) sur la « Riviera autrichienne » ou encore La Côte d’Azur russe (riviera du Caucase). Le père de la spéléologie moderne, Édouard-Alfred Martel (1859-1938), publie le récit d’un voyage dans le Caucase qui témoigne de ce phénomène (La Côte d’Azur russe, 1908) :

« Entre Novorossiisk et Soukhoum […], 370 km de grèves s’allongeaient presque sans interruption merveilleusement préparé par les bains de mer ; de grandioses forêts, propices à l’ombrage des villes et au rafraîchissement des promeneurs d’été, montaient du sable même de ces grèves jusqu’aux premières cimes glacées du Caucase, à plus de 3 km en l’air ; et sur les pentes inférieures des sommets, les vallées déjà montagneuses étaient défendues des vents, à la fois du nord et du large, pour l’installation idéal de sanatoriums futurs !

La douceur relative du climat autorisait la conception d’une Riviera caucasienne faisant pendant, vers l’autre bout du bassin méditerranéen, à celle de Provence et de Ligurie : le littoral caucasien est à tous égards particulièrement aptes à un plus complet développement que la côte de Crimée, où Yalta, la célèbre Nice Russe, se trouve déjà […] trop à l’étroit contre les escarpements, de monégasque allure, des calcaires monts Jaila. »

D’autres rivieras naissent. La dernière en date, la « Riviera maya » au Yucatan (Mexique) est une appellation commerciale adoptée en 1997 par les pouvoirs publics.

L’invention de la Côte d’Azur par Stéphen Liégeard (1887)

Stéphen Liégeard (1830-1925) est un avocat, haut fonctionnaire, homme politique, écrivain et poète français. Après 1870, il se consacre à la littérature et à des activités philanthropiques, et partage son temps entre son appartement parisien, sa résidence dijonnaise et son domaine de Brochon. Il passe l’hiver à Cannes, villa des Violettes, dont son épouse, Mathilde, a hérité en 1875. Lors de ces derniers séjours, il parcourt les rivages de la Méditerranée. Il intitule son récit de voyage publié en 1887 La Cote d’Azur. Il s’agit d’un clin d’œil à sa région natale la Côte d’Or : il remplace Or par azur en raison de la couleur bleu du ciel.

L’appellation « Côte d’Azur » sera vite adoptée, puisque dès 1902 elle est revendiquée par le syndicat d’initiative de Nice qui se qualifie de « syndicat de la Côte d’Azur ». En quelques années le terme est approprié par ceux qui se désignent désormais comme des « azuréens »

Cette production toponymique s’exporte ailleurs et donne naissance à une mode des noms promotionnels en France et en Espagne avec la Costa Brava, Costa del Sol…

Nom

Localisation

Date de création

Côte d’Azur

de Marseille à Gênes

1887

Côte d’Émeraude

de Cancale à Pléneuf

1894

Côte Fleurie

entre les embouchures de la Touques et de l’Orne, dont Deauville et Cabourg

1903

Côte d’Argent

de Soulac à Cap-Breton

1905

Côte d’Opale

de Sangatte à Berck

1911

Côte Vermeille

du Barcarès à Cerbère

1912

Côte d’Amour

littoral du pays nantais comprenant La Baule et Le Croisic

1913

Côte de Nacre

d’Ouistreham à Courseulles

1925

Côte de Granit rose

de Perros-Guirec à Trébeurden

1926

Côte de Jade

littoral du pays de Retz comprenant Saint-Brévin-les-Pins

années 1930

Côte d’Albâtre

du Tréport au Havre

?

Côte Bleue

de L’Estaque à Martigues

années 1930 ?

Côte de Lumière

littoral vendéen

?

Source : Duhamel, Gay et Violier, Le Tourisme et la France, ISTE, 2021.

Un paysage artialisé : un capital pour la Côte d’Azur

Par un processus de mise en abyme, l’urbanisme de villégiature est devenu un des atouts majeurs de la Côte d’Azur.

La région reçoit 13 millions de touristes par an et a le 2e patrimoine muséal français avec plus de 100 musées et fondations d’art. Le capital pictural est très important. De très nombreux peintres ont séjourné sur la Côte d’Azur à partir du milieu du XIXe siècle, donnant la plus forte concentration de musées de peinture en France après Paris. Beaucoup y meurent comme Nicolas de Stael qui s’y suicide.

Le capital cinématographique 

Nice est considérée comme le Hollywood méditerranéen. Le film d’Alfred Hitchcock To Catch a Thief avec Grace Kelly et Cary Grant (1955) est une énorme promotion pour Monaco (d’autant que Grace Kelly en devient princesse !). La saison 4 de la série White Lotus à haut potentiel touristique est en cours de tournage sur la côte (Cannes, Nice, Saint Tropez)

To Catch a Thief, Alfred Hitchcock

To Catch a Thief, Alfred Hitchcock

La reconnaissance patrimoniale : Nice au Patrimoine mondial

Le périmètre de Nice (522 ha) inscrit depuis 2021 sur la liste du Patrimoine mondial de l’humanité.

Source : Mission Nice Patrimoine mondial

Source : Mission Nice Patrimoine mondial

Le dossier d’inscription repose sur la Valeur universelle exceptionnelle (VUE). La VUE repose sur le fait que le périmètre du bien témoigne d’un échange considérable d’influences sur le plan de l’architecture ou de la création des paysages). Nice est la matérialisation dans l’histoire de l’humanité du tourisme. Les experts de l’Icomos ont privilégié l’appellation de « villégiature » qui apparaissait comme plus noble pour la patrimonialisation compte-tenu d’une certaine tourismophobie ambiante.

Présentation du conférencier ICI