Cette rencontre, proposée à partir de 8 ans, est, à travers la présentation d’un album jeunesse : Raconte-moi l’archéologie,Sandra Sicard (autrice), Mikael Moune (illustrateur), Coédition Actes Sud /Inrap, 2026, 72 p. – extrait, rencontre avec Sandra Sicard, l’autrice et archéologueElle est membre de à l’Inrap et de l’UMR CReAAH, spécialiste de la préhistoire et de la protohistoire. qui évoque la vie quotidienne sur le terrain de toute une équipe d’archéologues.

Xavier Mauduit invite Sandra Sicard à se présenter.
Sandra Sicard : je suis archéologue de terrain, je fouille habituellement en Bretagne. J’ai assez tôt choisi ce métier. Quand j’étais adolescente j’ai participé, comme bénévole, à un chantier de fouilles. Le métier s’apprend sur le terrain. L’archéologie, c’est à la fois la curiosité et l’envie de trouver. Loin des images des grands fouilles en Égypte, par exemple, je m’intéresse plus à l’archéologie du quotidien.
Sandra Sicard définit l’archéologie préventive : faire des sondages et des fouilles avant destruction par un chantier de route, de complexe bâti… pour garder la mémoire du passé.
C’est quoi l’archéologie ?
L’exposé repose sur les questions des enfants : dinosaures, trésors…, il est nécessaire de rompre avec les images d’Indiana Jones, Sara Croft…
L’archéologie, c’est retrouver les traces de nos lointains ancêtres. Ces choses du passé, sont, pour les archéologues, des trésors.

Dans l’album, une double page est consacrée aux plus belles découvertes qui ont marqué la naissance de l’archéologie au XIXe siècle. Cependant, le plus important est ce qui est sous nos pieds, un patrimoine que l’on peut s’approprier.
Longtemps, ça a été un monde masculin, mais aujourd’hui il y a beaucoup de femmes ; à l’INRAP, les femmes sont plus nombreuses que les hommes, même s’il faut travailler dehors, par tous les temps.
Sandra met l’accent sur l’importance des études après les fouilles et sur la pluralité des métiers, beaucoup de spécialités différentes.

L’album accompagne les différents moments du métier d’archéologue.
Sandra évoque un exemple de fouilles, en 2022-2023, à Châteaugiron, en Ile-et-Vilaine :
10 ha, des couches de diverses époques : néolithique ancien, âge du bronze, Gaulois, une voie romaine et Moyen-Age. 30 personnes pendant 1 an, le rapport vient d’être rendu, plus de 1 000 pages.

Elle détaille, pour le jeune public attentif, les méthodes de prospection, de détection, car dès qu’on creuse, on détruit. Les vestiges sont un bien commun. Si on découvre quelque chose, il faut le déclarer ; on peut voir si sur la commune, il y a déjà des sites référencés.
Elle présente les formes technologiques de prospection : géophysiques, lidar qui permet de « voir » sous la végétation. Au Cambodge, on a retrouvé de nouveaux temples.
Puis les étapes et questions lors d’une fouille (datation, stratigraphie, mobilier etc…). Ce sont des enquêtes, parfois difficiles quand la couche de terre est faible, les traces des différentes époques peuvent être mélangées. Elle évoque l’intérêt des « poubelles ».
Sur le site de Châteaugiron, on a retrouvé des silex, des milliers de tessons, des chenets en fer, des traces de fossés. Les tessons permettent, par exemple avec la céramique sigillée, de montrer les échanges entre le centre de la Gaule et la Bretagne.
Pourquoi écrire pour la jeunesse ?
Les enfants sont les adultes de demain, qui seront peut-être à leur tour amenés à défendre l’archéologie. Restituer notre recherche au grand public fait partie de notre métier. On voit l’intérêt des enfants, quand on a l’occasion de les rencontrer (visites de classes par exemple). J’ai envie de leur faire toucher du doigt l’archéologie du quotidien. L’archéologie, c’est parfois très émouvant, comme lors des fouilles de l’île de Tromelin qui a connu un épisode tragiqueLes Esclaves oubliés de Tromelin, Sylvain Savoia, éd. Dupuis, coll. « Aire libre », 2019

Une présentation vivante qui a captivé le jeune public.





