Journées d’étude organisée conjointement par la commission du CNFG « épistémologie, histoire et enseignement de la géographie »[1] et l’équipe éditoriale du site Didagéo[1]

La question de la place et de la nature du mémoire dans la formation initiale des enseignants est ancienne mais elle est reposée avec acuité par la réforme qui entre en vigueur.

L’arrêté du 27 août 2013 fixant le cadre national des formations dispensées au sein des masters « métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation »enpose les principes, dans sa version consolidée au 30 août 2013 [1] :

« Dans le cadre du stage de la formation en alternance du master « MEEF », chaque étudiant réalise un mémoire de master qui doit avoir un contenu disciplinaire et de recherche en relation avec la finalité pédagogique et les pratiques professionnelles. Le mémoire prend appui sur le stage de la formation en alternance et sur d’autres enseignements au sein de la formation. »

Si dans ce texte, le lien entre le stage et le mémoire est clairement posé, marquant ainsi une rupture avec les précédents masters de formation des enseignants, pour les enseignants qui ont à prendre en charge ces prescriptions, les questions sont nombreuses : type de démarche de recherche et de sujet, matériaux pour la recherche, ressources, forme d’écrit pour le mémoire, articulation avec le stage et lien avec le tuteur, …

Ces questions, qui concernent le master MEEF (tant pour la mention premier degré que pour la mention second degré), sont prises en charge au sein de chaque ESPE par les équipes de formation. L’objectif de cette journée n’est pas de se substituer à ce travail, mais de le nourrir par une réflexion collective menée au niveau des enseignants de géographie et d’histoire impliqués dans ces masters : enseignants-chercheurs et PRAG des universités et des ESPE, formateurs de l’éducation nationale. L’association des deux disciplines, histoire et géographie, étant forte dans les formations des second et premier degrés, il est intéressant de les associer dans la réflexion sur le mémoire des masters MEEF.

L’objectif de cette journée est de réfléchir à la façon de poser, en géographie et en histoire, les questionnements et les démarches de recherche permettant aux étudiants-stagiaires de faire du mémoire un levier pour améliorer leurs pratiques et pour acquérir les compétences d’un praticien réflexif (Schön 1994)[2].

Dans cette perspective, la journée privilégiera le travail en 3 ateliers dont les thématiques sont complémentaires :

· Question de recherche, question professionnelle et professionnalisation : le statut de la recherche dans un master professionnel

Quelles articulations possibles, souhaitables entre l’émergence et la construction d’un problème de recherche, la formalisation de questions professionnelles en relation avec les débuts dans le métier, et le processus de professionnalisation attendu dans le cadre d’une formation universitaire professionnelle ? En quoi le processus de recherche peut-il soutenir la professionnalisation des professeurs-stagiaires ? Doit-on mettre en place des critères spécifiques pour un travail de recherche, parce qu’il est conduit dans un cadre de formation professionnelle ?

· Ecrits de recherche, écrits du travail, écrits de/en formation : comment l’écriture de recherche s’insère-t-elle dans des univers d’écrits disciplinaires (historique, géographique) ?

Quelles stratégies de mise en écriture de recherche ? Pourquoi et comment travailler les continuités et discontinuités entre écrits du travail, écrits en formation, écrits de recherche ? Quelles spécificités disciplinaires (histoire, géographie) des apprentissages d’écrits universitaires, sont exploitables dans le cadre d’écrits de recherche à visée professionnalisante ? Quelle place des langages iconique et graphique dans les écrits de recherche ? Quelles articulations entre des écrits de formation à visée de développement et de positionnement professionnel (portfolio ou portefeuille de compétences) et la réalisation de mémoires ?

· Guidage, accompagnement, encadrement des mémoires : quels intervenants et quelles formes du travail ?

Quels intervenants dans l’encadrement des écrits de recherche ? Quel intérêt au co-encadrement et quelles précautions prendre ? Quelle place au travail collectif (atelier, séminaire) ? Quelle progression et quelles échéances pendant l’année ? Quels outils de cadrage, de bibliographie ? Quelle directivité dans le choix des sujets de mémoire ? Quelle est la place de l’employeur relativement au mémoire de master?

La synthèse des travaux de cette journée sera mise en ligne sur le site Didagéo dont l’objectif est de développer les ressources pour former les enseignants de géographie et d’histoire.