Epidémie/Pandémie/Endémie :

  • Une épidémie se passe dans un lieu localisé
  • Une pandémie se répand dans le monde entier
  • Mais les 2 sont limitées dans le temps sinon on parle d’endémie

Selon l’OMS en 2019, 25% des maladies dans le monde sont dues à des maladies infectieuses ou parasitaires. Ex : SIDA. Mais le premier pôle c’est les maladies cardiaques (30% des facteurs de risques dans la mortalité mondiale).

Il y a eu 1 million de morts de la COVID dans le monde depuis le début de la pandémie jusqu’au 1er octobre 2020.

Pour étudier les chiffres de la COVID, on peut aller voir le travail de l’institut John Hopkins : voir site : https://coronavirus.jhu.edu/data/animated-world-map Cette université fournit des chiffres à l’échelle mondiale.

Mais attention, Il faut rapporter le nombre de morts aux nombres d’habitants du pays. Ainsi la France est en 8ème place mondiale au niveau du ratio morts covid/habitants.

 

CB : Tous les concepts de la géographie sont mobilisés pour étudier une pandémie :

  • Flux de la mondialisation,
  • Géopolitique,
  • OMS,
  • Gestion territoriale…

=> En quoi la pandémie fait-elle événement géographique ?

 

ML : Mais en fait ce virus a été inventé par les géographes pour servir l’étude de la géographie ! *complot humour*

=> importance de l’étude de l’espace dans la vie humaine et dans le fonctionnement des mobilités mondiales et proches du domicile. Relation spatiale à l’échelle des individus. Voir le travail du sociologue Erving Goffmann : on a un changement des relations publiques avec le masque.

Le Corona a tout de même réussi à arrêter les activités économiques là où les révolutionnaires avaient échoué…

Le virus est un acteur spatial élémentaire. Il est révélateur de la puissance ou de la fragilité des liens d’interdépendance dans le système monde.

 

MF :

  • Variole/Peste => Navire
  • Grippe espagnole=> chemin de fer,
  • et ajd corona=> avion…

On assiste à une multiplication par 4 du trafic aérien depuis 15ans dans le monde. Par exemple Wuhan : 20 millions de passagers. Le trafic aérien a été acteur mais aussi pâti de cette pandémie.

  • 3,4 millions d’Etats-uniens sont retournés chez eux en février/mars, avant le confinement chinois. Pour la plupart des étudiants américains en Chine par exemple, ou des binationaux, qui sont allés toucher Seattle et la Californie à leur retour.

En prenant des pincettes, on peut établir une hypothèse que la carte des climats tempérés suit la diffusion du coronavirus au début de l’épidémie seulement. Au mois de mars on décide enfin d’arrêter les trafics aériens.

 

EV : Importance du pathogène dans l’histoire mais méconnaissance de l’histoire qui aurait pu nous éclairer sur cette pandémie. On aurait pu se rappeler de Thucydide ou de l’Empereur Justinien qui racontaient déjà la Peste, ou encore de Daniel Defoe et de la peste de Londres ; ou de celle en 1920 nommée la Peste des chiffonniers à Paris. L’histoire est utile à la géographie !

Avec les cartes sur le Coronavirus bien faite et son nombre de morts en France, on distingue la vieille ligne le Havre Marseille, avec au nord de celle-ci le plus de cas

HT : Il s’agit de mesurer ici dans le temps et l’espace la diffusion. Qui pense spatialisation ? : les géographes, les militaires et les épidémiologues.

Je suis spécialiste du Brésil, c’est particulièrement intéressant de voir l’influence du virus dans ce pays car on y a des effets de densité et d’énormes inégalités.

Quelle est la recette pour une « bonne » pandémie ? => De vastes forêts intouchées qui se défrichent, avec des espaces sauvages et une viande de chasse qu’on mange. On retrouve cette situation en Chine, au Brésil avec l’Amazonie et en Indonésie. On mange des viandes de chasse d’Amazonie=> choc bactériologique. Alors qu’il y a eu 2/3 d’Indiens morts à cause de ça avec l’arrivé de conquistadors. Est-ce que les Indiens ont la clé des vaccins contre le corona car ils mangent depuis longtemps du singe et seraient immunisés…

  • Voir les publications à chaud dès février sur Géoconfluences de dossier sur le coronavirus par des chercheurs. Ils prennent des risques dans leurs hypothèses.

 

ML : Le virus s’est épanoui avec l’hyperspatialité. Tous les pathogènes anciens que nous connaissons ont été nouveaux à un moment donné. Il faut donc accorder une importance toute particulière au contexte de la pandémie. On passe de l’échelle du corps du patient 0 à un système monde grippé. C’est un phénomène relié à l’ensemble des autres phénomènes avec franchissement d’effet de seuil : plus rien n’est contrôlable ! Nous agissons dans un monde incertain. C’est historique d’en prendre conscience.

Revoir le sociologue Erving Goffmann sur les relations en public, elles sont bouleversées ici car on reconsidère les espaces dits publics, avec peur et éloignement, on va sur des « plateformes virtuelles » pour y pallier, on se retranche dans notre « citadelle domestique ». Un lien peut être fait avec le travail de Michel Foucault => contrôle des pouvoirs publics sur l’espace public ? Comment faire attention aux plus fragiles dans ces périodes là ?

 

MF : fonction prophylactique de la frontière en temps de catastrophe. On redécouvre la frontière moins visible à l’intérieur de l’Europe. Pour lui, l’entrée de la Chine dans l’OMC le 11 octobre 2001, est un événement plus historique que le WTC du 11 sept et les USA en ont été les acteurs en donnant le feu vert à l’entrée de la Chine dans l’OMC. Dans le livre français de défense internationale en 2008 : le risque pandémique était pré-annoncé sous une forme respiratoire => mais on en n’a pas tiré de conséquences administratives. En effet nous avons assisté à un blocage du système administratif français mais le risque était identifié à la base.

Retour des frontières qui sont une sorte de « masque collectif », cela a beaucoup choqué, surtout en Europe. On se sent discriminés par les Allemands car on a oublié que c’était une ancienne ligne de front entre la France et l’Allemagne, mais aussi un espace transfrontalier majeur avec travailleurs de Thionville à Mulhouse. Ce n’est pas la faute des institutions européennes car les systèmes de santé ne sont pas les mêmes entre pays donc il est compliqué de faire un plan sanitaire commun. Il aurait été peut-être plus judicieux de mettre en place un contrôle aux frontières avec des délais flexibles comme lors des attentats terroristes. Aussi Schengen n’est pas mort mais les 27 Etats ont des attitudes différentes face au Corona. Cela pose aussi la question de l’ouverture ou non des limites extérieures de l’UE qui sont encore fermées => nécessité de mieux fermer ces limites, mais où est l’extérieur ? Voir Erdogan Turquie. Il ne faut pas avoir l’impression que les gens perdent le contrôle de leur souveraineté.

 

EV : Zoonose : contact homme/forêt, lisière forestière. Pour nous, géographes, l’épidémie nous rappelle à l’ordre sur ce que sont les vraies priorités des Français sur la santé dans leur pays => instauration d’un maillage complet du territoire en matière d’hôpitaux mais aussi on se rend compte que l’on a privilégié l’efficacité du progrès dans l’équipement des CHU, avec l’intelligence artificielle…et on oublie que la gestion d’une épidémie se déroule « ici et maintenant », avec des endroits pour le dépistage. On pensait au début disposer d’1 milliard de masques =>en fait non, seulement 50 millions et on ne connaissait pas la répartition des lits de réanimation en France. Rappelons-nous des temps français où la population devaient faire face à la polio ou la diphtérie…Nous oublions des choses simples en matière de santé et souffrons de carence dans notre système sanitaire. D’où la nécessité d’un réseau de dépistage de proximité + d’une éducation à la santé plus ample.

 

FT : Les grippes non saisonnières nécessitent aussi en général une étude : celle asiatique en 1957 et celle d’Hong Kong en 1967/70 => environ un million de mort ajd dans le monde suite au coronavirus par rapport à 1970 60 000 morts en France de la grippe.

 

EV : Rappel Tuberculose, mortalité infantile jusqu’en 1980, les grands-mères n’ont pas oublié. Ce n’est pas une époque de grand progrès : Le premier greffé du cœur en 1980 et il faut voir la taille des machines pour remplacer les organes humains. Ajd nous disposons de pancréas artificiels plus discrets sous forme de poche …

 

ML : Il n’y a plus d’extériorité avec ce virus, surtout avec plus de 30% d’asymptomatiques ; révolution par rapport aux autres virus. Voir son petit livre « Chronique de géo virale » : lorsqu’on est malade, problème de traitement de l’information, pic d’ocytocine au 7eme jour. Le système-monde est aussi un système informationnel => rôle des média où l’on a sur informé, sur interprété. Crise informationnelle de cette pandémie (scientifique, politique, culturelle…), les espaces sont plus grands que la matière. Imaginaire. Bref, c’est une crise immunitaire mondiale qui est une crise informationnelle en fait.

 

HT : Le Brésil est un des pays les plus atteints du monde. L’Inde monte mais l’Amérique latine a bien été touchée. On le voit avec les chiffres disponibles gratuitement par des systèmes alternatifs comme le site John Hopkins. Les grandes villes ont importé le virus. L’Amazonie est très touchée, la contagion en 1 mois a atteint les villages les plus reculés d’Amazonie. Pourquoi ? => car même si l’on a de très basses densités cela dépend de l’échelle. Exemple : Bateau sur l’Amazone avec une grande promiscuité comme dans les villages au bord de fleuve, ou les bus dans le sud du Brésil => ce qui a donné le surnom de « Caronavirus » (virus qui fait du stop).

Cette pandémie s’étend petit à petit vers la périphérie où sont les pauvres comme dans les grandes villes, on y retrouve les sanitaires inadéquats, l’espérance de vie limitée et la population active sans revenu, liés aux foyers du covid. Il y a un lien à faire avec le nombre d’année d’étude : si tu fais plus tu as moins de risques et au sud évangéliste plus de cas, comme à Séoul et Mulhouse, foyers de culte évangélique.

 

FT : Dans l’Outre-Mer l’intensité du covid a été beaucoup moins forte qu’en métropole. Raison : hyper-spatialité : intensité des flux avec le reste du monde est moindre car ils ont seulement 2 portes d’entrée : port/aéroport, enclavement. Ainsi Wallis Futuna : 0 cas. Nouvelle Calédonie aussi car depuis mars 2020 jusqu’en mars 2021 les aéroports ont fermé. Depuis le 20 août les cas réaugmentent aux Antilles, à la Réunion, car les gens sont de passage en vacances. Autres facteurs explicatifs : les habitants sont plus jeunes dans les outre-mer qu’en métropole, donc moins de cas graves.

 

Questions :

On peut faire une comparaison de la gestion politique avec celle de Clemenceau en 1918 avec la Grippe espagnole : il incite à la non excitation des soldats, propagande, avec infirmière sourire, « nos héros les soignants » => mais réel baisse de moral des poilus au printemps 1918 qui ne suivent pas Clemenceau. Son annonce fut contre-productive quand on lit les « Lettres à ma femme » d’Henri Barbusse. Intoxication de « nos héros les soignants ». Lien avec « nous sommes en guerre » d’Emmanuel Macron, tiré par les cheveux.

Il existe un Club des autruches politiques dans la gestion du corona : Brésil, Biélorussie, Botswana… qui mettent en doute la science. Il ne suffit pas de répéter très fort une chose pour affirmer que c’est une vérité => rhétorique.

 

ML : Usage intensif du mapping et de la cartographie dans les médias durant cette crise, avec les clusters, et les communautés fortes et rôle des super-diffuseurs. Mise en spectacle de la pandémie. On peut faire mentir les cartes. Etat par Etat on voit comment on raconte l’histoire de l’épidémie. Cela révèle notre culture politique quand les scientifiques ne se prennent pas pour des oracles. Il ne faut pas délaisser toute prudence ou critique dans notre manière d’informer. L’exemption du débat démocratique en France : nous sommes placés devant le fait accompli => c’est toujours les plus faibles qui trinquent en premier.

 

MF : Merkel avait un discours sur la responsabilité dans la gestion de la pandémie, en partie dû à sa formation scientifique. Bruno Muselier, président de la région PACA a réagi en fonction des élections et pas en tant que médecin à cette épidémie. A Lyon on a eu ainsi 5 sources d’informations sur ce qu’il faut faire durant cette pandémie. Dérive de la société du sans contact : comment appeler une administration via l’informatique => destruction du sens commun. La seule réponse à ça c’est la formation mais elle n’est quasiment pas développée en France. Lien professeur qui sont sur la « ligne de front. »

 

EV : Seuil d’alerte et carte => mauvaise définition des observations et manque de cohérence dans les ministres. Pour être placé en zone écarlate il fallait passer un seuil de 250 nouveaux cas dans la semaine sur 100 000 habitants selon la circulaire + Un taux de contamination qui dépasserait 100 chez les 65 ans et plus + un taux d’occupation de plus de 30% des lits de réanimation à l’échelle régionale. A Marseille, l’ARS a considéré que le seuil était atteint car la métropole c’était Aix + Marseille mais pas Aubagne, Septème les Vallons, donc la base de calcul diffère. On ne sait pas de quoi on parle =>  Nous géographes nous devons être les hommes des dénominateurs de ce qu’on observe.

Importance d’une vision planétaire, de l’information et de l’histoire liées => exemple pour montrer les conséquences de l’explosion du Krakatoa => bourse de Londres baisse après.

 

Le vidéo est disponible ici :

https://www.youtube.com/watch?v=9rRE7haf0hA&list=PLjzTPDAVr8Ui7dMfiQwDOYrqMqkVpjeUm&index=7