La présentation en cette fin novembre d’un projet de réforme du concours de recrutement des enseignants suscite beaucoup d’émotion de la part des associations de spécialistes.

Pour ce qui concerne le CAPES d’histoire et de géographie, les épreuves écrites d’admissibilité mettent au même niveau la maîtrise disciplinaire des candidats, avec un seul sujet pour une matière enseignée qui compte quatre périodes en histoire et deux champs disciplinaires en géographie  (régionale et thématique).

La seconde épreuve écrite d’admissibilité consiste « à mettre le candidat en situation d’élaborer une séquence pédagogique à partir d’un dossier ».

Pour les épreuves orales d’admission dont « le poids sera majoré par rapport aux écrits par le jeu des coefficients », une « épreuve de conception et d’animation d’une séquence d’enseignement» sera associée à un oral d’entretien sur la motivation du candidat et sa connaissance de l’environnement et des enjeux du service public de l’éducation.

Ce projet appelle de la part des Clionautes les observations suivantes :

  • La dimension disciplinaire apparaît comme sacrifiée dans ce projet.
  • Une seule épreuve sur quatre permettra aux candidats de faire valoir leurs connaissances de nos matières.

Pour ce qui concerne la seconde épreuve de l’écrit, traitant de « l’élaboration d’une séquence pédagogique, avec utilisation d’une tablette ou d’un ordinateur », cela nous paraît également beaucoup trop réducteur. Le risque réside dans une utilisation de recettes pédagogiques toutes faites remettant en cause la capacité du professeur à les adapter aux situations d’apprentissage qu’il rencontre.

La seconde épreuve d’admissibilité sur l’élaboration d’une séquence pédagogique nous parait faire doublon avec la première épreuve d’admission qui revient encore sur cette compétence attendue. Cela conduit à minorer le contenu disciplinaire et la capacité d’analyse des documents évalués dans la formule actuelle.

Pour les épreuves orales d’admission la seconde épreuve d’entretien sur la motivation du candidat et sa connaissance de l’environnement et des enjeux du service public de l’éducation nous semblent ouvrir la voie à une forme de posture attendue. Cela est incompatible avec la dimension critique que les savoirs apportent dans nos missions de transmission des connaissances.