En 2010, l’Académie d’Amiens a organisé une série de rencontres autour de la littérature de l’imaginaire. Il serait aisé d’y voir une reconnaissance de fait de la Fantasy par l’Education Nationale comme un genre digne d’intérêt. Les intervenants, universitaires, à l’image de Anne Besson ou encore Myriam Tsimbidy, semblaient donner le poids nécessaire au sérieux d’un genre pourtant souvent décrié. En s’attardant de plus près sur le programme de cette journée, il est intéressant de noter que l’une des questions abordées « Pourquoi les adolescents en raffolent ? », compréhensible dans un cadre scolaire, renvoyait aussi à un archétype classique d’une Fantasy destinée aux plus jeunes. De là à vouloir en utiliser en cours d’histoire-géographie, il est un pas quasi délirant à franchir.

Née au croisement des influences littéraires victoriennes et Pulp américaines des années 30 puis portée par Tolkien dans les années 1950 au point d’en faire, un peu rapidement, le modèle du genre, la Fantasy a longtemps souffert de la critique. Les années 2000 ont renversé la tendance après les prémices rôlistiques ou cinématographiques des années 1980, au point de submerger la sphère culturelle actuelle à grands coups de superproductions hollywoodiennes et de best-sellers soudainement capables de redonner envie de lire aux adolescents. La magie des aventures de Harry Potter de J. K. Rowling, ou des Twilight de Stephenie Meyer semblait devoir tout emporter.

Pour autant, réfléchir à l’intérêt de ce genre confronte à un premier écueil, et non des moindres ; qu’est-ce que la Fantasy ? Il est possible de se référer à deux spécialistes reconnus. Ainsi Terri Windling, dessinatrice, romancière et essayiste en fait : « un large champ de la littérature classique et contemporaine, celle qui contient des éléments magiques, fabuleux ou surréalistes, depuis les romans situés dans des mondes imaginaires, avec leurs racines dans les contes populaires et la mythologie, jusqu’aux histoires contemporaines de réalisme magique où les éléments de Fantasy sont utilisés comme des moyens métaphoriques afin d’éclairer le monde que nous connaissons. « . Quant à André-François Ruaud, il s’agit d’une « littérature qui se trouve dotée d’une dimension mythique et qui incorpore dans son récit un élément d’irrationnel au traitement non purement horrifique, notamment incarné par l’utilisation de la magie. »

En réalité, il n’existe pas de définition simple d’un concept anglo-saxon embrassant des champs si variés que la Fantasy se divise elle-même en High et Low Fantasy, puis en sous catégories allant de la Sword and Sorcery théorisée par Fritz Leiber[1] au Bit-lit en passant par la Myth-Fantasy. Encore faut-il aussi questionner les supports car la littérature n’est plus un aspect exclusif du genre.

Afin de répondre au sujet, nous aborderons quatre questions en déclinant le plus de champs possibles, sans pour autant prétendre à l’exhaustivité. Faisant écho à l’une des questions abordées par la journée de l’Académie d’Amiens, nous nous interrogerons en liminaire sur le public visé par la Fantasy. Ce dernier semble chercher dans ce genre des éléments qui nous permettrons de discuter de leurs intérêts. Le monde de l’imaginaire semble par définition coupé de la réalité ; cette lapalissade méritera d’être affinée plus avant, afin d’ouvrir sur une approche plus strictement artistique des supports et productions. En filigrane, l’enseignement de l’Histoire Géographie sera questionné à chaque fois que nécessaire car c’est bien là le nœud gordien qui nous intéresse : la Fantasy est-elle d’une quelconque utilité pour nos enseignements ?

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À qui s’adresse la Fantasy ? Comme évoqué en liminaire, la question semble appeler une réponse limpide. Une étude du Centre National du Livre, en collaboration avec Ipsos menée en Mars 2015 est ainsi catégorique. La Fantasy est un genre lut essentiellement par les jeunes à hauteur de 51% pour les 15-24 ans. Problème, cette question qui Fantasy, Fantastique et Science-fiction, ce qui est en soit largement discutable et illustre les représentations simplistes du grand publique et encore plus de certains intellectuels. Pour autant, cette étude illustre une lecture de la Fantasy qui serait essentiellement jeune, sous la forme de BD et de romans et plutôt masculine. Les succès de Harry Potter ou des adaptations cinématographiques de Percy Jackson écrite par Rick Riordan, ou encore de l’œuvre plus ancienne de C.S. Lewis autour du monde de Narnia, sont des illustrations éclatantes de la jeunesse du public. Quant à la masculinité de ce dernier,  en le déplorant au Nouvel Obs en 2013, Marie Pavlenko ne disait rien d’autre[2] : « Cependant, je crois que c’est vrai, une forme de misogynie tend à persister dans ce milieu. D’abord parce qu’une vieille garde majoritairement masculine a longtemps occupé le terrain. Ensuite parce que les modèles-type de la Fantasy sont plutôt Conan ou Aragorn. D’où l’idée encore prédominante de la toute-puissance du mâle-héros et, en face, de la femme-trophée« . Comme l’indique la romancière, il est clair que la Fantasy a un rapport souvent peu nuancé avec les femmes. Chez Robert E.Howard par exemple, l’un des pères fondateurs de la Fantasy à travers les Pulp édités chez Weird Tales à partir de 1932, les aventures de Conan, le barbare cimmérien, servent très souvent à décliner un modèle basique[3].

 

Pour Farnsworth Wright, rédacteur en chef du magasine édité sur papier de faible qualité, ne s’agissait-il pas avant tout de proposer un exutoire à des adolescents ? Ainsi Conan s’évertue à sauver une femme réduite à une simple symbolique sexuelle, objet qui finira bien entendu dans son lit après moults aventures. Comme le signale Brian Stableford dans un article de Yellow Submarine en 2000 à propos de Fritz Leiber, ces nouvelles devaient avant tout répondre à une problématique « d’action absolue, à tel point que l’intelligence, la mesure et la finesse du style constituaient un handicap« . L’adaptation de 1984 de Richard Fleischer, Conan le Destructeur, épouse ce format en usant jusqu’à la corde le personnage de la Princesse Jehnna qui reste, malgré ses efforts pour apprendre à se battre, un simple objet de tentation, à la différence notable de Zula, farouche guerrière, modèle impossible de la jeune princesse.

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Il serait cependant réducteur de ne voir en Fantasy qu’une litanie de proies féminines ; ces dernières peuvent aussi se faire guerrières, à l’image de Sonja, toujours chez Robert E.Howard, ou de Sorsha dans le film Willow de Ron Howard, sorti en 1988 et ayant marqué toute une génération aujourd’hui adulte. Mais dans les deux cas la femme est traitée du point de vue de l’homme et selon des canons strictement masculins, ce qui pourrait limiter l’intérêt du genre.

Prolongeant cette approche, les illustrations de John Buscema ou Frank Brunner pour les Comics de Conan le Barbare[4] des années 1970-1980 font la part belle aux femmes peu vêtues, fussent-elles des guerrières et John Milius n’a pas été en reste avec le personnage de Valeria dans l’adaptation cinématographique de 1982.

Autre archétype du public de la Fantasy rappelé par Bernard Werber dans le documentaire « Suck My Geek »  (Canal Plus – 2007)[5], le genre s’adresserait à des personnes en marge et pourrait développer, si ce n’est soutenir, des thèmes dangereux. Alors qu’il était rédacteur pour le Nouvel Observateur au début des années 1980, l’écrivain se vit refuser un article sur le Seigneur des Anneaux de Tolkien. Cette œuvre était encore largement méconnue en France mais envisager un article était inenvisageable par la rédaction du magazine au motif que les histoires d’elfes et de nain étaient apparentées aux Jeux de Rôles. Cette activité était alors conçue comme relevant de jeunes adolescents perdus et souvent radicaux, approche nécessairement soutenue par Tolkien, Sud-Africain et donc incapable de défendre autre chose que l’Apartheid en vigueur à l’époque. Le propos pourrait prêter à sourire si les Elfes de Tolkien n’avaient pas été perçus par certains comme une allégorie du Nazisme, à tout le moins une défense d’une forme assumée de racisme. Le parallèle est ici intéressant avec une autre icône du monde geek, Goldorak, représenté en binôme de Hitler dans le magazine Lui en 1979[6].

C’est dans cette optique qu’Isabelle Smadja dans son essai Le Seigneur des Anneaux ou la tentation du Mal[7], analyse l’œuvre alors que les adaptations cinématographiques remportent un franc succès. L’approche est caricaturale, parfois simpliste même, mais elle est accompagnée de la force de la légitimité d’intellectuels (Foucault, Lévi-Strauss, Ricoeur par exemple). Sans occulter que Tolkien a écrit un texte d’une certaine profondeur, Isabelle Smadja n’en écrit pas moins une charge largement négative de cette œuvre populaire. Il faut dire que le texte, tout comme l’adaptation de Peter Jackson, particulièrement dans le second opus du Hobbit, La désolation de Smaug, renvoie des Elfes une image assez caricaturale. Ainsi Trandhuil défend la supériorité raciale des Elfes face aux Nains avides et barbares de Throrin.

La désolation de Smaug – New Line Cinema – MGM – 2013

 

Cette thématique est aussi reprise par Poul Anderson dans Three Hearts and Three Lions puis dans The Broken Sword au début des années 1950. Liés à la magie, ces êtres représentent la séduction, une forme de supériorité et, par essence, le Mal. Cette approche fut aussi celle du Vatican en 2003 lorsqu’un certain cardinal Joseph Ratzinger, appelé à devenir le Pape Benoît XVI, critiqua officiellement en 2003 la fascination malsaine et dangereuse des écrits de sorcellerie de J.K.Rolling sur les enfants[8].

Il apparait toutefois assez limité de se référer à ces seules visions pour définir le public qui trouvera intérêt à la Fantasy. Les femmes se sont emparées du genre au point de construire des héroïnes féministes telle Marion Zimmer Bradley qui, dans le Cycle d’Avalon[9], offre une réécriture du mythe de Camelot du point de vue de la fée Morgane et de la reine Guenièvre. De son côté Robert E.Howard offre dans la nouvelle La Reine de la Côte Noire une approche plus complexe des femmes qu’il n’y parait, Conan étant subjugué par une femme de pouvoir et devenant le jouet de cette dernière. Quant à A Game of Thrones de George R. R. Martin, par le roman ou la série, les femmes sont au pouvoir et chacune explore un territoire différent, que ce soit Cersei Lannister, Sansa Stark, Daenerys Targaryen, Brienne de Torth ou encore Missandei[10]. D’ailleurs, pour s’en tenir à ces œuvres, la question de l’âge doit aussi être discutée ; George R. R. Martin n’écrit pas pour les adolescents comme a pu le faire Stephenie Meyer. Quant au racisme de Tolkien ou à la supposée défense d’idées extrémistes, force est de constater que ce sont des personnages quelconques qui triomphent et que les Elfes quittent le monde avec leurs certitudes certes, mais pour s’éteindre. Enfin Poul Anderson évolue dans son analyse et nuance clairement son approche initiale dans A Midsummer Tempest, en 1974. Les Elfes aident cette fois-ci les Humains par l’entremise du prince Ruppert face à une Loi écrasante, destinée à étouffer le monde[11].

S’intéresser à la Fantasy ne relève donc pas d’un âge ou d’un sexe, mais bien d’une passion pour l’imaginaire totalement compatible avec nos enseignements, comme n’importe quelle source. Reste à creuser cette approche d’un genre devenu, pour nombres de critiques, synonyme d’indigence industrielle.

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                Nombreux sont ceux pour qui le principal intérêt de la Fantasy réside dans la capacité du genre à distraire, ce qui semblait exclure de facto toute utilisation pédagogique en dehors des Lettres, et assurément point en Histoire Géographie. Les archétypes permettent en effet de couper court à toute réflexion initiale. Le schéma est rompu aux codes d’un genre à priori immuable. Un héros va se révéler, avec ses compagnons, dans un monde de merveilleux et de magie. Les adversaires seront légions et de plus en plus puissants mais, bien entendu, le héros au destin extraordinaire affrontera ces périls initiatiques avec succès et le Bien l’emportera. Le cadre, ainsi clairement identifié par les amateurs du genre, il est possible de le décliner à l’envie : que l’on songe par exemple aux 140 volumes de Dragon Ball de Akira Toriyama[12] ou, autre manga, aux 72 volumes de Naruto de Masashi Kishimoto[13].

 

 

Les mécanismes sont éprouvés et rassurants ; la Fantasy ressemblerait dès lors à une production industrielle sans réel intérêt autre que commercial, donc au mieux intéressante dans le cadre d’une étude du soft power. Il suffit de se balader au gré des rayons de librairies pour voir s’accumuler les couvertures de châteaux, dragons et autres Nains ou Elfes d’une Big Commercial Fantasy telle que définie par  la revue américaine Locus au début des années 2000. À croire que les avertissements de Ursula Le Guin dans l’essai du recueil The Language of the Night n’ont pas été entendus lorsqu’elle affirmait que la Fantasy « a recours à des archétypes qui, comme Jung nous en a avertis, sont des choses dangereuses […] C’est une jungle, et ceux qui s’y aventurent ne devraient pas s’y sentir trop en sécurité« . Gérard Klein, historien reconnu de la Science Fiction ne dit rien d’autre lorsqu’il affirme[14] : « La lecture de cent œuvres de Fantasy n’apporterait aucune forme de culture, même littérairement ultraspécialisée, parce qu’elles font à peu près toutes dans la répétition. Elles sont interchangeables. » Les multiples productions purement lucratives de la série des Forgottens Realms ou des Dragonlance des M.Weiss et T.Hickman confortent cette approche. Les jeux de rôles ayant fonctionné, il s’agit de décliner des mondes jusqu’à en tirer le plus petit profit, quitte à noyer le marché d’une production de très faible qualité. Adapté du célèbre jeu de rôle de Donjons & dragons créé dans les années 1970 par les américains Gary Gygax et Dave Arneson, le film éponyme réalisé par Courtney Solomon dans la droite ligne de la vague hollywoodienne commerciale du début des années 2000, s’est avéré être une catastrophe industrielle et culturelle.

 

Pathétique, les amateurs des Royaumes Oubliés rejetèrent en masse un produit calibré pour eux, preuve que les fans les plus mordus peuvent garder un regard critique sur les produits proposés. D’ailleurs, la production de masse des Dragon Ball ou, pour retrouver une approche plus littéraire, de la saga dantesque de L’épée de vérité de Terry Goodkind (15 romans en date actuelle), ne doit point occulter le travail d’artisan et d’érudition lié à la Fantasy.

                Dans le monde anglo-saxon l’écrivain jouit d’un statut différent de son homologue français. Dans le pays de Molière il est question d’artiste là où un Robert E.Howard écrivait pour vivre, à l’instar d’un Michael John Moorcock, auteur prolifique s’il en est.

 

 

 

 Partant de ce principe, il est plus aisé de comprendre la recherche du public, dans une période de crise économique majeure, celle de 1929, concernant des œuvres alimentaires de faible qualité quant au fond et à la forme. Ceci n’est cependant pas spécifiquement lié à la Fantasy ; nombres d’œuvres artistiques, à commencer par les auteurs de BD ou les romanciers à succès qualifiés de populaires, Marc Lévy n’étant qu’un exemple parmi d’autres, procède de la même approche. Quant aux mécanismes mille fois utilisés par « des écrivains sans culture pour des lecteurs sans culture » (Gérard Klein) ou ceux des dessinateurs et scénaristes médiocres de BD, tels que Jean-Christophe Menu donne à les voir, là aussi il faut nuancer le propos. Lorsque le célèbre dessinateur affirme à propos de la BD de Fantasy qu’il s’agit d’une « culture BD, faite de culte aux héros, de nostalgie, de voyeurisme… et d’une immense inculture graphique, littéraire et générale« , il serait aisé de le suivre eût égard à la qualité de ses travaux graphiques. Mais comment peut-on affirmer que Tolkien, universitaire érudit, fut un inculte ? Comment démonter en quelques phrases assassines et définitives une œuvre reposant sur les acquis de la Chanson des Nibelungen ou de Beowulf, œuvres classiques s’il en est ? Les Chroniques de la lune noire dessinés par Olivier Ledroit ou l’œuvre de François Bourgeon, intitulée Les Compagnons du crépuscule, reposent de la même façon sur un travail très documenté des légendes et traditions celtes à travers des aventures graphiquement fouillées et intelligentes. Philippe Delaby dessinant Murena serait génial, mais son talent disparaîtrait avec la Complaintes des Landes Perdues[15] parce qu’il s’agit de Fantasy ? Autant de pistes et de représentations d’un imaginaire antique et médiéval à creuser.

 

 

De la même façon, la saga de High Fantasy du feuilletoniste de l’imaginaire, David Eddings, s’étalant sur 4000 pages à travers deux cycles, la Belgariade et la Mallorée[16], permet d’associer aspect industriel et rigueur intellectuelle de l’écriture. Œuvre fleuve, elle n’en reste pas moins admirablement construite, portant les canons du genre au pinacle d’un art. Multiples intrigues, multiples personnages développés avec justesse, réalisme du quotidien, humour, véritable travail d’un écrivain féru de culture classique, la Belgariade et la Mallorée semblent clore un débat inutile. Commerciale ou de niche, toute production procurant du plaisir de lecture en associant une belle qualité d’écriture, n’est-elle pas digne d’intérêt, à l’instar des écrits jubilatoires et d’une rare richesse de vocabulaire d’un Jean-Philippe Jaworski (Janua Vera, Récits du vieux Royaume)  ?

 

Quant aux archétypes, force est de constater avec M.J.Moorcock, pour ne citer que cet auteur colossal, que ses héros, ses intrigues, sont autrement plus complexes qu’un simple cavenas décliné. Elric, figure essentielle du anti Héros sombre de la Dark Fantasy, n’a rien d’un Aragorn, pas plus que le Kane de K.E.Wagner n’est une simple copie de Conan le Barbare. Les satires humoristiques des Annales du Disque Monde de Terry Pratchett offrent, elles aussi, autre chose que le convenu décrié par les critiques établies : un absurde salvateur.

 

Certes la Fantasy peut être médiocre et industrielle, insipide et indigente, ce qui est le plus souvent sanctionné par un public qui n’a rien d’une bête qu’il suffit de gaver, mais elle peut aussi s’avérer ambitieuse et profonde, entretenant un rapport complexe à la réalité digne d’intérêt. C’est aussi un questionnement renouvelé des codes culturels hérités du passé, de périodes fantasmées dont le retour en grâce en dit long sur notre époque de doutes et de replis en tous genres.

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                L’un des vecteurs principaux de l’émergence de la Fantasy en France fut le jeu de rôle. Nombreux sont les auteurs actuels à être passés par l’écriture de scenarii pour parties endiablées à coup de dés, à l’image de Jean-Philippe Jaworski créateur des règles de Tiers Âges en 2000 et de nombreux scenarii pour le magazine Casus Belli. Il n’est pas contestable que ces jeux permettent de se couper de la réalité. Ce mécanisme semble avoir été amplifié par la diffusion d’internet et des Jeux de Rôle massifs en ligne (MMORPG), World of Warcraft en étant l’exemple le plus connu. Héritier d’un jeu de figurine, Warhammer créé par Steve Jackson et Ian Livingstone, auteurs aussi connus pour leurs « Livre Dont Vous Etes le Héros »[17], le Monde d’Azeroth offre la possibilité aux joueurs, grâce à la Fantasy, de vivre dans un monde irréel. Le seul point de connexion avec la réalité réside alors dans l’ordinateur et les serveurs informatiques hébergeant un monde immatériel. Point de réflexions philosophiques ou de questionnement dignes des dystopies salvatrices de la Science Fiction ; simplement le shoot d’une forme d’abrutissement devant un écran à travers des pixels et des canevas de modèles 3D à la recherche de nouveaux levels et pouvoirs. Pour peu que l’on s’intéresse de plus près aux pratiques, les choses sont en réalité plus complexes. S’il n’y a aucun message à retirer des divers scenarii des aventures des MMORPG, un fait revient en boucle dès lors qu’on discute avec les pratiquants de cette Fantasy. Le genre devient un lien social comme l’affirme Yannick Dahan dans le documentaire « Suck My Geek ». On se connecte pour retrouver des amis virtuels, amis avec qui l’on peut partager un moment dans un bar ou au restaurant pour échanger dans la vie réelle selon l’expression consacrée IRL (In Real Life). Loin de rendre asocial, la Fantasy tisse du lien, comme elle peut, phénomène connu au Japon, conduire à la destruction lorsque la pratique intensive coupe totalement de la réalité tels certains Otakus. Dans ce cas la Fantasy n’est cependant pas la cause, les personnes poussant l’usage du Net jusqu’à ne plus quitter leurs chambres s’adonnent aussi bien à la Science-fiction qu’à des jeux de guerre ou de sport. Mieux encore : archétype ultime du jeu de rôle, les mécanismes de Donjons et Dragons pourraient bien être au cœur de nouvelles approches pédagogiques, permettant de raccrocher les élèves, de varier les approches et usages, d’explorer les terres étranges de la classe inversée[18].

                Revenons à nos noirs moutons des procès en médiocrité absolue de la Fantasy. L’œuvre de Tanith Lee permet ainsi de creuser plus avant le fameux champ de l’indigence supposée du genre. Longtemps décriée, la Science-fiction a gagné ses galons de genre potentiellement sérieux avec des auteurs remarquables comme Ray Bradbury (Fahrenheit 451), Georges Orwell (1984) et ses production cinématographiques lumineuses de Stanley Kubrick (2001 l’odyssée de l’espace) en passant par Fritz Lang (Metroplis) ou Andreï Tarkovski (Solaris) pour ne citer qu’eux. C’est d’ailleurs l’un des axes de critique de Gérard Klein cité par ailleurs[19]. Il est intéressant de remarquer que ce genre, longtemps voué aux Gémonies et au Tartare par des critiques nécessairement intellectuelles, soit devenue chez certains une forme de tribunal d’inquisition anti-Fantasy. C’est un usage courant que le critiqué, pour se faire accepter, soit plus intransigeant encore vers le dernier arrivé, comme s’il s’agissait de se laver d’un pécher originel. Présentant des critiques fondées quant au public visé et à la médiocrité du niveau de réflexion de nombres d’œuvres, Tanith Lee tisse cependant un lien très puissant entre Fantasy et Science-fiction dans Le Réveil du Volcan en 1975. Soucieux de s’adresser à un public résolument adulte à travers Le Dit de la Terre Plate, par exemple, cet artiste aux multiples talents, considérant la Fantasy comme un art en soit, développe des thématiques complexes, métaphysiques, une littérature de plus en plus aboutie. En quelque sorte, ce débat fait échos à l’approche anthropologique classique qui voudrait voir dans les mythes des sociétés dites primitives une incapacité à comprendre le monde. Etudier dans ce sens l’Epopée de Gilgamesh et ses aventures merveilleuses serait du domaine universitaire de scientifiques éprouvés tels Dumézil ou Mircea Eliade. Dans nos sociétés plus avancées d’un point de vue technologique, mieux éduquées, où le merveilleux s’adresse aux enfants et la spiritualité semble reculer, cette approche serait nécessairement limitée et, pour paraphraser  Jacques Goimard[20] dans sa stimulante Critique du merveilleux et de la Fantasy, « débile ».

                Pour autant que la Fantasy explore des mondes imaginaires, il n’en reste pas moins que ces œuvres sont totalement inscrites dans leur époque et, partant, non coupées du monde. Ainsi peut-on percevoir dans les écrits de Tolkien les réflexions d’une époque ; faut-il le rappeler, le créateur est inscrit dans son temps, qu’il le veuille ou non (L’auteur a toujours réfuté cette approche et refuse de faire de son œuvre une allégorie des deux conflits mondiaux). Ainsi aborde-t-il des thématiques si présentes au XXe siècle, celle des dictatures voir du totalitarisme d’un Sauron ou d’un Saroumane. Comment ne pas voir dans l’ode à la nature, dans les réflexions sur l’industrie, sur la course aux armes des différences, même inconscientes, à la première puis la seconde guerre mondiale ou aux préoccupations de plus en plus écologistes depuis la seconde moitié du XIXè. Si les aventures opposent souvent des êtres naturels à des êtres civilisés décadents, la joute épistolaire entre Robert E.Howard et H.P.Lovecraft rappelle que la figure de Conan n’est pas simplement celle d’un barbare tranchant ses ennemis avant de se coucher dans un lit avec une belle princesse sauvée des griffes d’un ThothAmon, mais la suite des réflexions de Rousseau et de Voltaire quant à la nature du primitif. Lorsque, au milieu des années 1980, Nornam Spinrad dans son Rêve de Fer, fait de Hilter un écrivain à succès dans la Fantasy à travers deux œuvres imaginaires « La Race des Maîtres, L’Empire de Mille Ans« , et « Le Seigneur du Svastika » c’est pour mieux critiquer le nazisme.

 

Le cinéma de série B, autre vecteur supposé indigent du genre, offre un prise au réel méritant de s’y attarder. La série des Péplum de Fantasy des Hercules du cinéma italien des années 1950-60 évoquent chez Vittorio Spinazzola une forme de mépris et d’intérêt étrange. S’il souligne l’indigence de ces films, c’est aussi l’occasion pour le critique, défenseur nuancé du néoréalisme italien, de se demander pourquoi le public les plébiscite et donc, de faire de cette sous-Fantasy cinématographique un objet d’étude sociologique (Numéro 85 de Cinéma 64). Derrière ce mépris évident, on pourrait aussi inscrire un film comme Hercule à la conquête de l’Atlandide de Vittorio Cottafavi, sorti en 1961, comme un écho de la situation géopolitique de l’époque.

L’Atlandide présentée peut être analysée comme une allégorie de l’URSS. Dès lors, la « pierre d’Uranus » à même de détruire le monde serait la Bombe H que les soviétiques maîtrisent depuis 1953. Quant aux mutants, il s’agirait d’une relecture des effets du totalitarisme soviétique sur une population. Ainsi cette série B emprunterait dans sa médiocrité formelle les chemins lumineux des écrits dystopiques de Ievgueni Zamiatine (Nous autres, 1920). Le nanar deviendrait-il source d’intelligence potentielle ? Voici un pas très audacieux ; et bien franchissons-le !

Indigence et réflexion sont donc des points communs à la Science-fiction et la Fantasy, comme de tous les genres artistiques finalement. Les mauvais romans touchent aussi le réalisme ou la poésie. Mais la Fantasy permet-elle un véritable voyage artistique ?

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                Genre essentiellement associé à la littérature, même s’il est décliné aussi sous forme de BD, de cinéma ou de jeux de rôle comme évoqué par ailleurs, la Fantasy semble ancrée dans une réalité toute occidentale. Les auteurs sont le plus souvent anglo-saxons, plus rarement français ou asiatiques. Quand ces derniers existent, c’est pour mettre en avant une approche occidentale. Il semble en être ainsi de Kentaro Miura et de son manga fleuve, Berserk.

Pierre cardinale de la Dark Fantasy nippone, cette saga nous offre à suivre Gatsu, sombre héros torturé, dans un monde terrible qui ressemble traits pour traits aux canons européens. Une papauté, des décors qui font immanquablement penser au film de Paul Verhoeven la Chair et le Sang avec ses compagnies de mercenaires et son Italie du Nord du XVIè siècle ravagée par la guerre.

Un des rares éléments humoristiques prend les traits d’un petit elfe espiègle, Puck, référence évidente à Shakespeare au Songe d’une nuit d’été ou au farfadet du folklore celte, si ce n’est les deux. Pourtant, derrière les évidences, Miura offre à se perdre dans un monde autrement plus complexe que rigoureusement européen. Les Kushans évoquent davantage l’Asie centrale et les Kouchans d’Afghanistan du Ier siècle ou l’Inde. De la même façon, un autre manga, de Masami Kurumada, Saint Seiya, fait directement référence à la mythologie grecque autour d’un sanctuaire et de guerriers défendant Athéna et le monde contre Poséidon et Hadès.

Mais le mangaka incorpore des éléments de mythologie sumérienne ou indienne sans occulter la tradition nippone à travers un code de chevalerie proche du Bushido. Ces œuvres offrent donc l’approche d’une forme de syncrétisme pratiqué par Georges Lucas dans Star Wars, univers de Science-fiction aux relents de Fantasy avec sa magie (La Force), ses chevaliers (les Jedi) et des influences orientales, notamment dans l’onomastique (Yoda signifie guerre en sanskrit et sagesse en hébreux). Quant à Hayao Miyazaki, il nous offre à découvrir une Fantasy japonaise originale que ce soit avec Le Voyage de Chihiro ou Princess Mononoke, sans référence à l’Occident. Pour le coup son succès renverse la tendance, la Fantasy asiatique conquiert l’Occident, impose ses codes et transmet une culture jusqu’alors inconnue et, souvent, méprisée.

 

Et quid de l’art ? Conan décliné en Pulps, Comics, série télévisée, films, jeux de rôle, MMORPG est-ce à résumer la Fantasy comme une source de production industrielle ou peut-on y voir une source d’inspiration pour l’art ? Assurément, comme évoqué par ailleurs, la dimension industrielle ne peut être niée. Mais, tout autant, l’approche purement artistique semble évidente. Mervyn Peake, le créateur de Gormenghast était, comme l’aime à le rappeler Michael Moorcock dans un article du Panorama illustré de la Fantasy et du Merveilleux, un immense artiste. Avec lui la Fantasy fut un territoire d’exploration pour le dessin, la peinture, les romans et la poésie. Pour Anthony Burgess l’œuvre de Peake « c’est, si vous voulez, un riche vin d’imagination décanté par l’intellect à la température adéquate. Il n’y a rien qui se rapproche de ça dans toute notre littérature en prose. C’est une brillance unique« . Elle est ainsi une porte artistique potentiellement infinie. Il est possible de discuter de la qualité, du fond de 300 de Frank Miller, colorisé par Lynn Varley. Il est cependant indéniable qu’il existe une réelle recherche graphique dans ce Comics, tout comme l’adaptation de Zack Snyder au cinéma poursuit ce travail de recherche esthétique.

Il est clair qu’il s’agit d’une porte d’entrée géopolitique pour l’Iran et la question de l’instrumentalisation des mémoires[21].

Alan Lee ou John Franklin Howe ont dessiné la Fantasy et leurs travaux dépassent le cadre industriel de comics de bas étages déclinés à l’envie, que ce soit pour illustrer la Terre du Milieu de Tolkien ou les écrits de Robin Hobb et son Assassin royal. Ce genre est aussi une source d’inspiration musicale. On songera bien entendu aux compositeurs tels Howard Shore ou Basil Poledouris, respectivement pour l’adaptation du Seigneur des Anneaux et de Conan le Barbare. Bien entendu, le lien avec la Fantasy est ici indirect dans le sens où ces compositions, épiques ou intimistes, sont d’abord écrites pour un film. Mais la Fantasy peut aussi devenir une source directe d’inspiration à travers le Metal. Ce genre musical s’est décliné à la fin des années 80 en Power Metal, totalement inscrit dans la Fantasy. Blind Guardian est totalement lié à Tolkien, tout comme The Quest For Tanelorn est directement inspiré des écrits de Moorcock et de l’un de ses multivers et de ses héros, Hawkmoon.

 

Le groupe Rhapsody of Fire a poussé la réflexion jusqu’à construire cinq albums autour d’une épopée de Fantasy unique. On peut discuter à loisir de la qualité, le Metal étant parfois associé à de la sous musique qui se résume à des cris et du bruit.

Le parallèle est savoureux avec une Fantasy idiote et inculte ; ces musiciens disposent en réalité très souvent de solides références en musique classique et au-delà des archétypes simplistes, il existe un réel travail de réflexion.

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                Le mythe permettait une explication totale du monde, dans les secrets d’une caste sacerdotale. La légende offrait de s’offrir à un public plus large, à la nécessité de donner au monde une histoire, de justifier des lignages, tels les rois Bretons de la Matière de Bretagne, source essentielle des prémices de la Fantasy, se trouvant des ancêtres dans la Troie d’Homère. Paul Veyne se demandait en 1983 si les Grecs, qui nous avaient légué la raison, avait pu croire dans leurs mythes[22]. Elargi, le questionnement pourrait rebondir dans quelques siècles à notre propos. Les aventures des mondes imaginaires étaient-elles bien sérieuses et nécessaires pour des sociétés aussi avancées technologiquement ? La réponse ne peut être simple car la Fantasy, genre protéiforme, est un voyage personnel comme la magie qui en sert de matrice essentielle, sans être cependant exclusive, est un regard solitaire et subjectif sur le monde. Parce qu’il faut être ouvert et curieux, la Fantasy est un genre digne d’intérêt. Parce qu’elle est un voyage riche de sentiers artistiques, mais aussi réflexifs et personnels, ce genre mérite d’être étudié, et, mieux encore, découvert. Riche et pauvre, dense et redondante, novatrice et noyée d’archétypes, la Fantasy est à l’image du plus ancien récit qui nous soit parvenu, L’épopée de Gilgamesh, essentielle. Source comme une autre, une œuvre de Fantasy peut totalement être utilisée dans un cours d’Histoire pour mettre en perspective, tout comme ces cartes imaginaires questionnent aussi nos représentations géographiques de l’espace. Ce n’est point une leçon de sorcier, simplement un autre regard sur le monde à propos de l’humain, l’autre, nous.

 

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Conseils de lecture

Cette modeste sélection ne vise pas à faire le tour de cette question à la matière immense. Je désire simplement faire découvrir quelques outils précieux qui ont accompagné la rédaction de cet article.

 

*André-François Ruaud, Patrick Marcel, David Calvo, Francis Berthelot, Béatrice Tillier, Panorama illustré de la fantasy & du merveilleux,  Les moutons électriques, France, 2004

=> un must have. Composé d’articles lumineux, par des auteurs tout à fait accessibles sans que le fond en pâtisse, ce superbe ouvrage a été réédité en 2018.

*Jacques Goimard, Critique du merveilleux et de la fantasy, Agora, Pocket, France, 2003

=>une critique personnelle profonde permettant à chacun de méditer sur la nécessité de ne pas négliger la fantasy et ses avatars sous prétexte de ne pas répondre aux canons d’une certaine culture établie.

*Anne Besson (sous la direction de), Dictionnaire de la fantasy, Vendémiaire, Paris, 2018

=> assurément l’outil de travail le plus efficace pour qui désire découvrir et travailler par entrée ou tout simplement papillonner au gréé de ses envies.

*Claude Aziza, Guide de l’Antiquité imaginaire, Les Belles Lettres, Paris, 2008

=> pour une approche thématique de la fantasy comme grille de lecture de l’Antiquité sous toutes ses formes, de la BD au cinéma en passant par les romans. Jouissif.

La série Game of Thrones vient de s’achever à la télévision ; comment ne pas rebondir sur le succès de cette série ? Les études sérieuses ne manquent pas, confirmant le riche potentiel de la fantasy comme grille de lecture, y compris historique. Deux ouvrages peuvent être proposés :

Stéphane Rolet, Le Trône de fer ou le pouvoir dans le sang, PUFR, Tours, 2014

Cédric Delaunay, Game of Thrones, de l’histoire à la série, Nouveau Monde, Paris, 2018

 

Enfin on attend avec impatience les actes du Colloque des Imaginales 2019 « Fantasy et histoire(s) »

En attendant il y a la chaine Youtube : https://www.youtube.com/user/ActusfSite/videos

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[1] Voir, entre autres références, son « Cycle des Épées » dont une intégrale a été éditée par Bragelonne.

[2] Article dans son intégralité disponible ici : https://bibliobs.nouvelobs.com/jeunesse/20131120.OBS6177/les-heroines-de-fantasy-sont-trop-souvent-des-cruches-ou-des-tueuses-impitoyables.html

[3] Je ne puis que conseiller l’édition intégrale parue chez Bragelonne en 2008

[4] Les éditions ont été multiples. On pourra conseiller l’intégrale qui a été éditée chez Panini Comics mais dont certains tomes, épuisés, frisent l’indécence tarifaire sur le marché de l’occasion.

[5] La séquence expliquée dans le propos est disponible via le lien vidéo mais je ne saurai trop encourager le lecteur à découvrir ou redécouvrir l’intégralité du documentaire.

[6]Voir l’article :  http://japon.canalblog.com/tag/Goldorak

[7] Isabelle Smadja, Le Seigneur des Anneaux ou la tentation du Mal, PUF, Paris, 2002

[8] Voir ici : https://www.lifesitenews.com/news/pope-opposes-harry-potter-novels-signed-letters-from-cardinal-ratzinger-now

[9] Disponible sous de multiples formats dont en poche et en intégrale chez Pygmalion

[10] La place des femmes dans cette œuvre est sujette à de multiples controverses, dépassant largement le cas du présent article. Pour commencer à éclaircir ce sujet passionnant, on pourra conseiller, à titre d’exemple, cet article : https://www.neonmag.fr/game-of-thrones-une-serie-feministe-vraiment-524450.html

[11] On pourra retrouver les œuvres de Poul Anderson chez « Bélial éditions ».

[12] Voir l’intégrale éditée et rééditée chez « Glénat »

[13] Intégrale chez « Kana »

[14] Anecdote rapportée par l’excellent site consacré à la Fantasy « Elbakin.net » http://www.elbakin.net/fantasy/justification/

[15] Œuvres disponibiles chez « Dargaud »

[16] Intégrale disponible chez « Pocket »

[17] Voir le site http://www.bibliotheque-des-aventuriers.com/index.htm qui offre un voyage total dans cet univers qui sent bon les 80’s.

[18] Ceci sera l’objet dans un prochain article d’une exploration plus approfondie. En attendant je vous renvoie à un article extérieur qui pose admirablement les bases du problème : https://cursus.edu/articles/43078/le-potentiel-pedagogique-de-donjon-et-dragons#.XQYzf4_gqUn

[19] On retrouvera sur France Culture une interview passionnante du spécialiste regrettant, entre autre, l’érosion de la SF sérieuse et indispensable au profit de la Fantasy. https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-science-fiction-selon-gerard-klein

[20] Voir les sources proposées en bibliographie en fin d’article.

[21] Voir cet article : http://content.time.com/time/world/article/0,8599,1598886,00.html

[22] On pourra entrer en matière avec cet article : https://www.persee.fr/doc/rhr_0035-1423_1985_num_202_2_2748