« Dans la ville chinoise, regard sur les mutations d’un empire », tel est le titre de la grande exposition temporaire que l’on peut voir actuellement et jusqu’au 19 septembre à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris.

A l’approche des J.O de Pékin, la Cité de l’architecture et du patrimoine a pour objectif avec cette exposition de « décrypter tous les aspects (historique, social, politique, démographique) qui ont permis à la Chine de faire « exploser » ses villes.
C’est une exposition de grande taille pour laquelle il faut prévoir du temps : elle occupe tout un niveau de la Cité !

L’exposition s’inspire d’une phrase tirée du Chinois de la Douleur de l’écrivain autrichien Peter Handke : « Ferme les yeux et le noir des caractères va faire apparaître les lumières de la ville ».

Elle se divise en trois ensembles qui sont imbriqués dans le parcours du visiteur ce qui parfois rend complexe le repérage de celui-ci !

Le premier illustre l’histoire de la Chine urbaine et son accélération au XXe siècle jusqu’à sa métamorphose au cours des dix dernières années.

Les documents et objets exposés vont des photographies des « stèles de Suzhou » gravées pour beaucoup d’entre elles au XIIIè siècle, à des objets évoquant le personnage de Lu ban, maître légendaire des charpentiers, en passant par des photographies de la Chine maoïste, des objets sur le thème de l’écriture …
Des thèmes sont mis en valeur pour permettre au visiteur de comprendre un peu mieux la Chine : le jardin, l’écriture, la terre et l’eau, la famille …

Le second ensemble permet d’explorer 6 villes, 6 mégapoles, connues ou méconnues.
Les voici dans l’ordre où on peut les découvrir :

– Suzhou : ville impériale dite « la Venise de l’Orient » à cause de ses très nombreux canaux. Les photographies exposées sont prises à différentes périodes du XXè siècle avant les destructions récentes.

– Xi’an : C’est la ville où se trouve le site archéologique de l’armée de terre et on peut se rendre compte de l’exploitation touristique qui en est faite au détriment du patrimoine.

– Chongqing, près du gigantesque barrage des Trois Gorges. Le thème de la survie est analysé au travers de cette ville. Un film court sur ce barrage permet par exemple de comprendre l’ampleur des travaux mais aussi des dégâts ! On découvre aussi les « bangbang » qui sont les très nombreux porteurs qui louent leurs bras pour transporter des marchandises et colis dans la ville avec leur bâton (le bang)sur leurs épaules.

– Canton (ou plutôt la conurbation qui va de Canton à Shenzhen, dans le détroit de la Rivière des Perles). Le thème du développement urbain effrené est développé .
On y apprend aussi l’existence d’un village qui s’est spécialisé dans la reproduction et l’exportation de peintures d’oeuvres de Raphaël, Monet, Van Gogh, etc … 8000 peintres produisent chaque année 5 millions de peintures à l’huile !

– Shanghai : Ville du commerce international et des affaires. Au XXIè siècle on a mis fin aux destructions systématiques et un fragment de la cité sera préservé.

– Pékin : l’espace qui est consacré à cette ville montre la perte du Pékin ancien avec par exemple la destruction des Hutong et l’ampleur des transformations actuelles accélérées par les J.O. Une vaste maquette de Pékin à la fin du XXè siècle est présentée, suivie de la présentation de deux constructions actuelles : le siège de la TV chinoise et le stade national de Pékin

Le dernier ensemble est librement accessible dans les galeries d’actualité de la Cité, intitulé Positions, il dresse le portrait de la nouvelle génération d’architectes chinois, à travers une quarantaine de réalisations produites de 2003 à 2008. Je ne l’ai pas vu faute de temps !

Information importante pour le visiteur :

Vu la taille et la complexité de cette exposition , néanmoins très instructive, il est très utile pour s’y repérer d’acheter à l’entrée le petit carnet pédagogique destiné « aux enfants à partir de 7 ans et pour toute la famille » ! pour 1,5€ on a un décryptage de l’exposition, un parcours et une présentation de la Chine et des concepts évoqués !

Les informations pratiques sont sur le site de la cité de l’architecture-