Site et situation
Les inondations maritimes
Effet du modernisme urbain, la ville s’imperméabilise. Effet du milieu aquatique naturel et du pompage des nappes phréatiques, la ville s’enfonce, avec une subsidenceUne étude publiée en mars 2021 dans la revue Science recense plus de 200 régions menacées par l’affaissement des sols dans 34 pays, et estime que ce phénomène affectera 635 millions de personnes d’ici à 2040, soit 19 % de la population mondiale. plus importante qu’à Mexico – 5 m en 50 ans- accentuée par des habitations sans fondations et des constructions lourdes (buildings).
La métropole connait régulièrement des remontées d’eaux saumâtres, dues au manque de captages dans les quartiers. Les seuls importants sont le fait de captages en profondeur effectués par les sociétés immobilières construisant les buildings. avec entrée d’eaux salines dans la nappe phréatique profonde.
Des pollutions
Des enjeux politiques plus profonds
« Un géant silencieux », D. van Reybrouck (2022)
L’indonésie ne manque pas d’atouts à faire valoir avec 240 M d’habitants, le 16e PIB mondial (le 1er de l’Asie du Sud-Est) et une croissance qui se maintient à plus de 6% par an. Il est par ailleurs le 1er pays musulman du monde et bénéficie d’une vraie stabilité politique depuis que le pays est sorti de la dictature de Sueharno. Or ces performances sont rarement mises en avant par le pays lui-même qui fait peu parler de lui sur la scène internationale.
Jakarta, Jabodetabek

La prise en compte politique de l’urgence
Le projet Nusantara : déménager quoi… et où ?
Quel modèle urbain, smart, green, connected city?
Enjeux géopolitiques et émergence
L’indonésie, nous l’avons vu, fait aujourd’hui partie des « émergents » avec le 16e PIB mondial, et est membre d’un G20 qui bouscule l’ancienne domination économique occidentale. La banque Standard Chartered affirme que le « dragon » indonésien figurerait en 2030 parmi les six plus grandes économies du monde. L’Institut Global Mckinsey estime, quant à elle, que l’archipel asiatique aura la septième plus grande économie du monde, dépassant tous les pays européens, notamment l’Allemagne et la Grande-BretagneSource : « Perspective Monde » https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse/1458. Le « Géant endormi » n’en revendique pas moins à ce titre une modernité en terme de développement qui va l’amener à penser l’intérêt d’une nouvelle capitale, vitrine des meilleurs savoir-faire urbains actuels.
Mais quid de Jakarta et de ceux qui y resteront ?
Les urgences qui restent pour Jakarta : ce que le déménagement ne résout pas
Des risques qui se maintiennent, et un modèle urbain qui ne change pas
Circuler aujourd’hui dans Jakarta , c’est passer 60% de son temps journalier en circulation, avec un trafic automobile qui augmente et un état des transports publics déplorable. Le gouvernement estime que les embouteillages monstres qui peuvent paralyser la circulation pendant des heures font perdre des milliards de dollars à l’économie du pays.« Les modes de transports sont très peu efficaces, avec des trajets longs et épuisants, qui font baisser la productivité des gens », explique Djoko Setijowarno, un analyste des transports. Le président indonésien a déclaré qu’il concevait la nouvelle capitale comme une ville moderne où tout un chacun pourra se déplacer à vélo ou à pied entre des lieux proches les uns des autresSource : Géo magazine https://www.geo.fr/environnement/pourquoi-lindonesie-veut-elle-relocaliser-sa-capitale-dans-les-forets-de-borneo-213145
Le projet « Grand Garuda » et ses limites : l’aménagement du front d’eau comme réponse au risque
L’ingénierie – mondialement reconnue – des (anciens colons) hollandais est invitée à sauver la métropole, au moins ses quartiers nord les plus exposés à la montée des eaux avec le projet « Grand Garuda » dont le nom désigne l’aigle emblématique du pays et qui doit servir de modèle esthétique à l’aménagement d’une énorme digue de 35 km de long et coûtant près de 40 milliards de USD. Une capitale modèle, vraiment ?
Si l’on revient un instant sur le projet Brasilia et son pari architectural et social, on peut s’interroger sur sa réussite en matière de « ville sociale ». En sera-t-il de même pour celui de Nusantara ?
Un lieu qui interroge autant qu’il séduit
Recentrer l’Indonésie
Le choix de la côte Est de KalimantanBornéo est une vaste île située dans l’archipel malais, en Asie du Sud-Est. Elle est partagée par les États malais de Sabah et de Sarawak, Kalimantan, la partie indonésienne, et le petit État du Brunei. s’explique par sa très faible densité, ainsi que le choix de soulager la très forte densité de population sur Java.
On a vu néanmoins que la perspective de décentrer la capitale vers le nord de l’archipel procédait d’une vision « décolonialiste » envers le sud qui avait au moins depuis les Hollandais polarisé la vie de l’archipel.
Construire une ville verte en détruisant un environnement naturel ?
La forêt qui couvre Kalimantan n’est certes pas une forêt primaire, mais ce sont des arbres et elle est le sanctuaire des Orang-Outangs. La déforestation ne sera pas anodine, sans compter les questions socio-spatiales vis à vis des populations locales, menées sans réelle transparence.Un autre projet de déménagement de capitale actuel : le cas du Caire






