Gilles Fumey est chercheur au CNRS en géographie de l’alimentation et professeur à Sorbonne Université. Il a publié une vingtaine d’ouvrages, dont plusieurs atlas, sur le sujet. Gilles Fumey a monté le réseau des Cafés géographiques, nés à Saint-Dié en 1997. Le géographe a récemment écrit L’alimentation, une infographie en octobre 2026.

Thierry Paquot est d’abord un philosophe. Il est professeur émérite. C’est un philosophe de l’urbain, essayiste. Il a écrit de nombreux ouvrages, dont Villes à venir – Biorégions et villes-paysages en septembre 2026.

 

Présentation

Présentation par Gilles Fumey (en attendant l’arrivée de Thierry Paquot qui était retenu sur un autre lieu de conférence) : Gilles Fumey nous dit que le lieu d’un café permet de faire de la géographie dépaysée. Le concept de « Café géo » est né il y a 29 ans à Saint-Dié.

L’utopie

Le sujet des paysages de l’utopie concerne la manière d’imaginer l’endroit que l’on aimerait visiter, ou nous aimerions vivre. Nombreux ont acheté une maison individuelle avec jardin où les enfants peuvent s’amusent. Nous vivons de nos imaginaires. Les géographes et les penseurs de l’imaginaire ont voulu inventer des cités idéales, comme à Saint-Dié en 1944 : quand la ville a été détruite, on a essayé de reconstruire un Saint-Dié idéal, une meilleure ville que celle qui a été détruite.

La réalisation

Des gens ont la capacité politique à réaliser ces rêves. Il y a le très bel exemple à Paris de Haussman, qui a profité de l’arrivée de Napoléon III, qui trouvait que Parsi était une ville horrible par rapport à Londres et qu’il fallait l’aménager. La longévité politique de Napoléon III a permis à Haussman de transformer Paris.

Il faut donc une pensée politique mais aussi les conditions pour la réaliser.

La pensée utopique à travers l’histoire

Platon, en 458 av JC, a déjà cette idée d’inventer une cité idéale dans La République (dans un endroit où pouvait vivre de façon chaotique).

Thomas Moore quant-à-lui qui a écrit L’Utopie était une personnalité originale. C’était un ministre des finances d’Henry VIII, un religieux qui a refusé au roi de divorcer de sa femme. Il a été contraint de démissionner, il a été jugé et décapité. Il a écrit en prison son livre, l’Utopie, où il imagine ce qui pourrait sortir de ce chaos dans lequel il a été pris lui-même.

Aussi, Campanella est un religieux italien qui échappe à la peine de mort à cause de son soutien à Galilée. Il a été en prison pendant 30 ans. Il y écrit un livre, la Cité du soleil, dans lequel il imagine une société différente. A la fin de sa vie, il est accueilli par Louis XIII en France.

D’autre part, Claude Nicolas Ledoux qui était dans le Doubs. C’était un ingénieur des eaux et forêts un peu moralisant, qui pensait qu’il fallait accompagner l’industrialisation. Avec le cas de la saline, il pensait qu’on pouvait organiser une société idéale dans laquelle la force de travail des hommes serait mise à profit avec un système familial un peu carcéral. Ce projet a été très contesté, très violent. Les paysans qui avaient été exclus, expropriés, s’étaient battus et avaient fait des émeutes.

Enfin, Robert Owen, né au pays de Galles au XVIIIème siècle, parle des paysages de la manufacture, au début des usines. Pour lui, il faut les organiser de manière idéale pour que les gens y arrivent en se sentant bien. Il les imagine comme une communauté idéale, utopique. L’industrialisation est vue comme une occasion de mettre un peu d’ordre dans la société.

 

Entretien

La notion de paysage

Pas de paysage chez les Grecs

Thierry Paquot :

Ce n’est pas tout à fait vrai. Il n’y a pas de mot grec pour dire « paysage ». Platon est un sobriquet pour dire « large d’épaule ». Platon n’invente pas une société idéale dans la République. Thierry Paquot pense qu’il n’y a pas de continuité, de rapport entre Platon et les utopistes.

En effet, L’utopie c’est en 1516. Avec l’Utopia de Thomas Moore, qui était un ouvrage commandé par son ami Erasme, qui était le premier philosophe qui pense la paix. Tous les autres, dont Platon, sont des penseurs de la guerre. Thomas Moore est avocat d’affaires. Quand il écrit Utopia, il décrit une île qui ressemble étrangement à l’Angleterre, et qui, au niveau du paysage urbain, ressemble à Anvers. C’est à dire de petites maisons avec un jardinet, sans serrures car il n’y a pas de voleurs. Les maisons sont tirées au sort et habitées pendant 10 ans. Puis on change pour qu’il n’y ait pas de sentiment de propriété privée. Le paysage n’est pas une notion importante à cette époque.

Le paysage, notion propre à la peinture

Le mot paysage est prononcé pour la première fois en France par un peintre et poète en 1489, et se généralise avec le vocabulaire des peintres en 1519 en France. On peint un paysage. On le donne à voir, ce paysage artialise la vision de ce que chacun voit en face de lui. Artialiser est un verbe utilisé par Montaigne.

Les premières utopies ne dessinent pas vraiment de revendication paysagiste. Ensuite, les utopistes tels que Saint Simon, Owen … que Thierry Paquot qualifie dans son ouvrage d’utopistes industrialistes, ont une revendication paysagiste : l’utopie n’est pas un futur probable mais un présent. On réalise des utopies que l’on appelle des colonies phalenstériennes, des colonies anarchistes, …. Nous sommes là dans un nouveau système social, avec des nouvelles relations sociales, avec un monde de production autre. Le paysage y participe au bonheur collectif.

Le paysage dans les réalisations utopistes

Gilles Fumey rappelle que l’on peut citer Ledoux, juste avant les industrialistes, et suggère que l’on peut y voir déjà un paysage.

L’expérience de Ledoux

Thierry Paquot ajoute que c’est un paysage rationnel. Ledoux est un architecte qui travaille pour le roi. La saline d’Arc et Senans est inachevée mais elle peut être visitée aujourd’hui. Elle avait une velléité symbolique importante. Elle était en cercle, elle représentait le cosmos. Il y a bien là un lien entre le paysage et la manière de représenter le monde avec sa hiérarchie sociale.

Charles Fourier

Ledoux n’est pas repris par Charles Fourier. C’est un épicier, négociant. Il est le théoricien des passions et se présente comme le Newton de l’attraction passionnée. Il considère que les êtres humains ne sont pas assez militants du bonheur. Ils subissent trop les systèmes sociaux qui ne sont pas émancipateurs. Il invente le phalanstère (c’est un mot formé par la phalange et le monastère). Il y a dans son phalanstère 1620 habitants. En effet, il a dénombré 810 caractères chez les hommes et 810 chez les femmes. Pour qu’il y ait une harmonie, il faut donc qu’il y ait 810 e chaque dans la même unité d’habitation. Cela maximise les capacités passionnés et passionnelles. Et l’on plante autour des arbres fruitiers. Il y a là une idéalisation du paysage artificiel qui participe au bien-être de chacun.

Expériences fouriéristes aux États-Unis

Il y a eu de nombreuses expérimentations fouriéristes aux États-Unis, qui étaient en train de se constituer, pendant la conquête de l’Ouest. Des Français s’y regroupaient, achetaient des domaines pour y vivre de manière utopique. Nous avons des témoignages très précis. Il y a eu beaucoup de déconvenues. Par exemple, Victor Considérant, disciple de Fourier, acquiert un domaine à Dallas (avant le pétrole), dans une zone inhospitalière. Il y monte une société phalanstérienne, qui s’appelle « Réunion ». C’est un collectif partagé, avec une communauté des hommes et des femmes, avec une sexualité libre.

Des centaines se créent ainsi aux États-Unis, elles durent de quelques mois à 80 ans ! Ces ambitions utopiques cessent à cause d’un des 3 éléments suivants (ou d’un seul) :

  1. La disparition du leader charismatique. Le groupe réussit à cohabiter parce qu’il y a une personnalité. Quand cette personne meurt ou part, le groupe s’effondre.
  2. Le partage des richesses : rapidement, des tensions apparaissent (un tel ne fait, rien et il a pourtant la même somme que les autres …).
  3. La sexualité et le sentiment amoureux : lorsqu’il y a naissance d’un enfant, il y a presque automatiquement reconstitution d’un couple et d’une famille. Contrairement à ce que les utopistes imaginaient, on n’élève pas collectivement les enfants qui ignoreraient qui sont leurs parents biologiques.

Dans ce cas-là, le paysage n’est pas vraiment pris en considération. On trouve des éléments sur l’architecture des bâtiments par contre (ferme, entrepôts, maisons).

Des auteurs de la pensée utopiste ?

Jules Verne

Gilles Fumey : qu’en est-il de Jules Verne ? A-t-il eu une vraie pensée paysagère utopique ?

Thierry Paquot : oui, c’est un utopique ET un scientifique. Jules Verne a un ennemi, c’est le microbe : il est contre les doubles rideaux et les tapis, il est pour un univers aseptisé.

Émile Zola

Mais Thierry Paquot s’intéresse davantage à Zola. En effet, il a écrit les Rougon-Macquart (ce qui signifie en argot le Rouge et le Noir), en 20 volumes. Puis il a fait une autre série appelée les 4 évangiles : Vérité, Justice, Travail et Fécondité. Zola a été assassiné juste avant d’écrire Justice (par un leader d’extrême droite qui a bouché sa cheminée, il est mort asphyxié).

Il écrit Travail, qui est son seul roman de science-fiction. Il se déroule au XXème siècle, les voitures sont électriques solaires. C’est l’antithèse de Germinal (mine, noirceur, violence). Travail est l’émancipation de l’ensemble des habitants par un travail qui est valorisant. Là il y a un paysage : il n’y a pas de ville. L’habitat est dispersé dans la nature, qui est exaltée. Zola, en exil à Londres, a sans doute rencontré Kropotkine (géographe anarchiste). Kropotkine a publié Champs, usines et ateliers. Dans cet ouvrage, il dit que chacun doit avoir sa maison individuelle dans la nature. Zola s’en inspire vraisemblablement.

William Morris

William Morris publie alors Nouvelles de nulle part qui est, selon Thierry Paquot, une utopie très agréable à lire. Il écrit son livre en opposition au livre d’Edouard Bellamy, l’an 2000 (en 1890). William Morris est contre les villes tentaculaires. Il écrit un texte sur Londres qui subit un exode rural important. On peut à nouveau se baigner dans la Tamise. William Morris décrit un paysage bucolique. Il est aussi à l’origine du mouvement de « l’art utile ». C’est un mouvement de pensée que l’on a malheureusement oublié qui essaye de combiner la production artisanal (vaisselle, mobilier, …) avec le beau. Le mouvement s’appelle « le beau pour tous ». C’est assez émouvant, chacun a le droit à la beauté. En Belgique, ce mouvement s’appelle « Art Nouveau ».

William Morris est un auteur que l’on redécouvre actuellement en France. Il a beaucoup créé, il a produit des objets de la vie quotidienne avec cette idée que les gens du peuple ont aussi droit à la beauté. Cette notion de beauté est une notion très difficile, il n’y pas de définition car c’est très subjectif. Lui considère que la banalisation de certains objets va à l’encontre de notre manière d’être qui fait que chacun d’entre nous apprécie presque spontanément un objet. Nous avons tous des objets familiers. Des places habituelles à table, une tasse préférée, … C’est finalement le luxe selon Thierry Paquot, cette intimité entre les objets de la vie quotidienne et soi.

 

Dans 100 ans ?

Gilles Fumey : pose la question à Thierry Paquot d’imaginer Saint-Dié dans 100 ans : que propose-t-il comme paysage utopique en 2126. Par exemple, la Meurthe coule-t-elle encore ? Que sont devenues les Vosges ?

Le pire est possible

Thierry Paquot répond qu’en 2126, Saint-Dié n’existe plus, la France n’existe plus… Il y a plusieurs scénarios possibles.  La ville du futur est plurielle. Thierry Paquot craint qu’il y ait le pire, mais dit qu’il y aura peut-être le meilleur : cela dépend de nous.

Le pire, c’est les sociétés clivées, ségrégées, « vigilisées ». La gated community (résidence fermée) est le premier produit immobilier au monde ! A Marseille, il y a 1 500 voies privées ! En France, on peut acheter une rue, comme plusieurs villes de la banlieue parisiennes vers EuroDisney, où les copropriétaires ferment une rue à l’image de la privatopia étatsunienne. Ce n’est pas de ce paysage dont rêve Thierry Paquot.

L’enjeu pour 2126 est le réchauffement climatique. Nous aurons des périodes de froid intense et des fortes canicules. Nous savons que les arbres que nous avons en France meurent à 46 degrés. Donc la vision d’autres paysages signifie d’autres végétations. Lesquelles ? Il faut de l’imagination. Le mot imagination vient du mot image. Image est l’anagramme de magie : la ville du futur doit être magique.

 

Gilles Fumey revient sur Saint-Dié dans 100 ans : s’est-elle désertifiée ? Quel sera le paysage du futur des Vosges ? Avec le changement climatique ? Le rapport au travail ? L’agriculture ?

Une modification des paysages et des activités

Thierry Paquot dit que la géographie alimentaire va changer complétement, et que Gilles Fumey est davantage spécialiste de la question.

Gilles Fumey pense que l’on verra d’abord un sauve qui peut qui consiste à planter des vergers autour de chez soi. Mais une grande part des arbres que l’on va planter ne pourront pas survivre car il n’y aura pas assez d’eau.

Sur le travail lui-même, par exemple ce sont les Asiatiques qui travaillent pour nous (ils fabriquent nos voitures, nos objets, …) : de quoi va-t-on vivre ? Y aura-t-il par exemple un salaire universel ?

 

Pour Thierry Paquot, le travail va changer de nature. On va se réapproprier une approche agro-artisanale, à base de recyclage, de réparation, … On y avance. Cela va aussi avec la sobriété : on vit actuellement dans un monde de gaspillage inouï. On peut espérer que chacun vivra au plus près de ses convictions. Le travail ne sera plus le seul moyen de vivre. La dimension existentielle va l’emporter. D’ici 10 à 20 ans, le travail va être légalement réduit à 12 heures par semaine puis il disparaitra.

 

Gilles Fumey : il faudra donc, pour compenser ce qu’on n’aura pas par le travail, se débrouiller ?

Thierry Paquot : on sera polyvalent, on aura plusieurs activités.

 

Gilles Fumey parle de ses étudiants qui n’achètent plus de vêtements neufs, mais de la deuxième main. Ils ne vont plus au Restaurant Universitaire car ce n’est pas bon, ils ne veulent pas s’empoisonner. Ceux-ci vont chercher des salades, ils cuisent des lentilles, et pique-niquent sur la place du Panthéon. Ils ont changé de logiciel.

 

En guise de conclusion

Thierry Paquot, pour conclure, dit qu’il faut avoir un seul mot d’ordre : être heureux.

 

Question du public

La vision artisanale ne va-t-elle pas se heurter à la population du monde ?

La population va changer

Thierry Paquot répond que la population du monde va changer. En Chine en 2100, il n’y aura plus que 600 millions d’habitants et l’Inde perdra 200 millions d’habitants.

Pour la France : l’organisation de l’agriculture par la permaculture va se faire. Le monde agricole souffre terriblement par la chimie qui est nocive. Il y a un lien entre les pesticides et les cancers des agriculteurs. Thierry Paquot pense que l’agriculture intensive sera terminée dans 10 à 15 ans. Nous aurons une réappropriation de l’agriculture et de l’artisanat. Déjà aujourd’hui, nos jeunes diplômés ne trouvent plus de travail.

Gilles Fumey prend l’exemple d’étudiants de Sciences Po qui se sont achetés une maison délabrée dans le Berry, à côté d’un plan d’eau. Ils n’avaient jamais touché un marteau mais retapent une vieille maison, à l’aide de Tutos sur Youtube. La transmission se fait, mais différemment. Quelque chose renait. Gilles Fumey dit que ces jeunes sont un peu obligés car ils n’ont pas de travail, mais que c’est aussi un choix.

Ils font changer les choses. Ils sont malins, d’entourent de petits producteurs …

 

L’amour des lieux

Thierry Paquot ajoute qu’un point va s’affirmer : l’amour des lieux. Chacun est fait par les lieux qu’il habite. Il y a une réaffirmation du plaisir d’être dans le lieu et donc de la ménager. « Ménager », c’est prendre soin. C’est ce plaisir d’être dans une société d’harmonie. Harmonie en grec, c’est le joint. C’est essentiel. C’est ce qui permet à quelque chose de faire ensemble. Et non pas de faire un ensemble.

L’exemple évoqué par Gilles Fumey fait penser à Thierry Paquot à celui de Dallas. On improvise, chacun se reforme, se reclasse … C’est ce qui est en train de se faire, même si c’est encore confus. Il faut savoir ce que l’on a en soi. Il faut agir, il faut parler, la parole est parlante. Le philosophe Georges Simel expliquait que l’être humain passe son temps à se lier et à se délier et à relier. C’est cela sa mission dans les décennies qui viennent.

 

Idées d’utilisations de cette conférence en classe ?

Le professeur d’Histoire Géographie en collège pourra trouver dans cette intervention et dans les ouvrages des deux intervenants de l’inspiration pour faire des séances en classe.

(Ouvrage codirigé par Gilles Fumey et Thierry Paquot : Villes voraces et villes frugales, en 2020 ; L’alimentation, une infographie de Gilles Fumey en 2026 ; Villes à venir – Biorégions et villes-paysages de Thierry Paquot en 2026 …)

Ainsi, j’envisage une séance de géographie en 6e. Il pourrait s’agir, soit à la fin du chapitre sur la Ville de Demain, soit en fin d’année et en conclusion de tous les chapitres de Géographie, de proposer aux élèves de créer leur habitat idéal pour 2026.
>D’abord, le travail devra se baser sur les notions vues en classes (habiter, contraintes, développement durable, …) et pourra prendre la forme d’un plan légendé pour développer les compétences cartographiques. La transdisciplinarité peut être envisagée avec l’APL, et dans ce cas il pourrait s’agir d’une maquette avec un texte explicatif.

Ensuite, le travail se fera par petits groupes d’élèves afin de développer les compétences de coopération et mutualisation en vue d’un projet pas seulement d’utopie géographique, mais aussi entrant dans le cadre de l’EDD et de l’EMC.

Enfin, les travaux des élèves pourront être présentés à l’oral (compétence orale, transmission par les pairs) devant la classe, et pourquoi pas exposés dans le collège.

Cependant, il pourrait aussi être envisagé de mener ce type de projets en classe 5e, dans le chapitre sur la croissance démographique, peut-être autour d’un débat préparé en amont autour de la question du monde de demain, ou là encore de tâches cartographiques.