La DGESCO ouvre jusqu’au 18 décembre 2026 une consultation nationale sur les ressources d’accompagnement des programmes d’histoire-géographie. Dix minutes pour dire ce dont vous avez besoin, du CP à la terminale. Nous vous invitons à y répondre, avec quelques réserves.
Ce qui est en jeu
La consultation ne porte pas sur le contenu des programmes, mais sur ce qui aide à les mettre en œuvre : les futures ressources d’accompagnement publiées sur Éduscol. Sur quels thèmes un appui est-il attendu ? Sous quelle forme ? Avec quel niveau de détail ?
Pour beaucoup de collègues, ces ressources sont le document qu’on ouvre vraiment pour préparer une séquence, bien plus que le texte du programme. Autant que les besoins viennent du terrain.
Comment se déroule le questionnaire
- Votre profil : académie, fonction, ancienneté, niveaux enseignés, formation initiale.
- Vos priorités : trois types de contenus à classer parmi dix (banque de documents, éclairage scientifique, séquences détaillées, évaluations, cartes et données, etc.).
- Les thèmes : seize thèmes tirés au sort, présentés sous forme de cartes. Vers la droite si un appui vous serait utile, vers la gauche si vous êtes à l’aise, ou « Je ne traite pas ce sujet ».
- Les démarches et compétences : cinq cartes tirées au sort, du récit en histoire à l’IA générative en passant par les sujets sensibles.
- La forme : votre avis sur les ressources actuelles, sur un livret d’accompagnement comme ceux de l’EMC, sur le format (PDF, application web, émission, podcast), sur le degré de guidage et sur la longueur des fiches.
Notre regard
D’abord une bonne nouvelle : le ministère demande aux collègues ce dont ils ont besoin avant de produire les ressources, et le questionnaire pose de vraies questions sur la forme, la longueur et le degré de guidage. Le lycée, qui n’est pas concerné par la réforme, y a aussi sa place, et c’est tant mieux : plusieurs ressources y manquent encore. Peut-être regrettons nous d’avoir découvert cette consultation sur LinkedIn, plutôt que sur nos boites mail académiques.
Une bonne nouvelle, ou presque. Les thèmes proposés ressemblent davantage aux questions des nouveaux concours qu’aux chapitres des programmes : « L’empire romain » ou « Les mers et les océans », sans précision de niveau. Faut-il y voir une volonté de construire des ressources communes à tous les cycles ? L’idée serait intéressante si les programmes étaient eux-mêmes pensés comme un parcours continu. Ce n’est pas le cas. Nous l’avions souligné lors de l’audition sur les programmes des cycles 2 et 3 : entre l’école, le collège et le lycée, la progression fonctionne mal, et les programmes de chaque niveau restent largement déconnectés les uns des autres. Des ressources communes ne suffiront pas à rattraper ce que les programmes n’ont pas construit.
Ces ressources butent aussi sur une autre réalité : un professeur des écoles n’a pas la même formation qu’un certifié ou un agrégé d’histoire-géographie. Ses besoins ne sont pas les mêmes, ni en contenu ni en forme. Le questionnaire lui-même n’en tire pas toutes les conséquences. Il demande d’emblée les niveaux enseignés, mais ne s’en sert presque pas pour proposer les thèmes : un professeur de CP peut tomber sur l’empire byzantin ou les régimes totalitaires. Le bouton « Je ne traite pas ce sujet » permet de les écarter, mais aucune carte ne vient les remplacer, et ce sont autant d’avis en moins sur ce qu’il enseigne réellement. Lier les thèmes au niveau enseigné aurait été plus simple, et plus utile.
Pour le collège, les programmes de cycle 4 ne sont toujours pas publiés : la consultation sur les projets s’est close le 19 juin. On nous interroge donc sur l’accompagnement de programmes dont nous ne connaissons pas la version définitive. Certains intitulés du questionnaire diffèrent d’ailleurs du projet soumis à consultation. Faut-il comprendre que le texte a déjà évolué ?
Nous demandons enfin que les résultats soient rendus publics. Une consultation dont on ne connaît pas les réponses reste un exercice à sens unique.
Ces réserves ne changent rien à l’essentiel : répondez, et faites répondre, en particulier les collègues du premier degré et de lycée professionnel. Les thèmes étant tirés au sort, chacun n’en voit qu’une partie, et les résultats ne seront fiables que si les répondants sont nombreux. Utilisez aussi le champ libre de fin de questionnaire pour dire ce qu’il ne permet pas de dire.
Vos données
Le questionnaire ne collecte aucune adresse électronique et les réponses sont analysées de façon agrégée.
Pour aller plus loin ou être recontacté : [email protected].
👉 Répondre à la consultation, ouverte jusqu’au 18 décembre 2026.





