Meurtre de Samuel Paty un an après…

Il y a presque un an, en France, un professeur d’histoire et de géographie tombait sous les coups d’un terroriste islamiste.

Les hommages qui ont été rendus, les déclarations qui seront prononcées à l’occasion de ce triste anniversaire, ne pourront jamais effacer de nos mémoires de professeurs d’histoire et de géographie cet épisode.

Car ce n’est pas un épisode !

Les terroristes islamistes avaient déjà il y a plusieurs années, désigné l’école de la république française, comme une cible. Les professeurs pointés du doigt comme des mécréants, enseignant la laïcité, cette valeur fondamentale, qu’abhorrent ces fanatiques.

” J’ai exécuté un chien de l’enfer ! “

C’est ce message que Abdoullakh Anzorov le meurtrier de Samuel Paty a twitté juste après avoir commis cet acte barbare.

Ce tweet est devenu le titre d’une contre-enquête publiée le 6 octobre – « Rapport sur l’assassinat de Samuel Paty. »

L’auteur reprend plus largement ce que nous avions publié le 5 décembre 2020, à propos des non-dits du rapport de l’inspection générale.

Samuel Paty assassiné : les non-dits du rapport de l’inspection générale – L’enquête de L’IGÉSR – 5 Déc 2020

Depuis ce moment, nous n’avons eu de cesse, comme association professionnelle d’historiens et de géographes, d’accompagner nos collègues, lorsqu’ils sont confrontés à des difficultés sur ce sujet dans l’exercice de leur métier.

Le nouveau rapport Obin sur la mort de Samuel Paty

Pour ce qui concerne notre ministère, nous avons lu attentivement le deuxième rapport de l’inspecteur général honoraire Jean-Pierre Obin, et nous avons transmis nos préconisations.

Car il ne s’agit pas pour notre mouvement de se complaire dans une posture exclusivement critique, mais bien de faire des propositions.

Nos remarques

Les dispositifs « laïcité valeurs de la république » ne peuvent se limiter à des fonctions auprès des académies. Ils doivent être animés par des professeurs de terrain.

Le dispositif de formation, les 1000, comme on les appelle désormais, pour désigner les personnels qui pourront y accéder, ne peut se limiter à des choix plus ou moins opaques de personnels déjà en poste.

Car soyons clairs, si notre institution, doit encore créer une nouvelle structure, qui se rajoutera aux précédentes, c’est bien parce que ces dernières, n’ont pas joué leur rôle.

Retour au terrain

Et puis il y a la réalité du terrain, celle qui nous remonte de tous les témoignages que nous recueillons quotidiennement. La politique du « pas de vagues » est toujours en vigueur, et l’on cherchera toujours « l’accommodement raisonnable », la « démarche d’apaisement ». Et au final, on acceptera de capituler face à des éléments qui cherchent à tester en permanence notre détermination à défendre nos propres valeurs.

À la lecture du précédent rapport de l’inspection générale sur les événements d’octobre 2020, nous avions déjà mis en évidence la mécanique infernale qui a conduit à ce que la tête d’un professeur soit détachée de son corps.  La solidarité n’était pas une évidence, avant cette tragédie.

Samuel Paty, lucide sans doute, et certainement sans illusion, avait alors répondu à ses collègues, critiques à son égard, « La prochaine fois, j’étudierai la liberté d’expression en Chine ».

Triste constat !

Au-delà des commémorations et des hommages, c’est l’action sur le terrain, au quotidien, sans concessions ni faiblesse, qui permettra à nos valeurs, celles de notre école de la république, de l’emporter contre la barbarie et l’obscurantisme.  

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