Cet article recense les différents comptes rendus d’ouvrages, les sources et les supports multimédias consacrés à l’Europe qui ont été mis en ligne sur le site des Clionautes.

Support multimedias

Union européenne
lundi 29 septembre 2008, par Cyril Froidure
La France préside l’Union européenne depuis quelques mois et à cette occasion, les éditions d’Arte proposent un nouveau dvd du Dessous des cartes (sortie le 20/10/08) compilant 11 émission (110’) ainsi qu’un ouvrage illustré, « L’Europe de A à Z » rédigé par Claire A. Ponsignon et illustré par Frédérique Bertrand.

Le sommaire : 50 ans d’Union européenne
Turquie : pour ou contre l’adhésion
L’Europe agricole, une nécessité ?
Migrations, les fausses menaces
Vers des transports durables
Un gazoduc sous la Baltique
La Roumanie
Belgique, vers l’éclatement ?
Le Kosovo, confetti européen
Une union pour la Méditerranée ?
L’OTAN, une nouvelle donne

Cafés géographiques et conférences

Compte-rendu du 1er Café Géo de Lille
Quelles frontières pour l’Europe ?
Intervenant P. Picouet, maître de conférence à Lille 1
jeudi 12 mai 2005, par Anne Inglebert, Caroline Jouneau-Sion

Pour ce premier Café Géo organisé à Lille, la Régionale Nord-Pas de Calais de l’APHG avait invité Patrick Picouet [1] à parler des frontières de l’Europe.

En guise d’introduction P. Picouet revient sur les origines du rôle de l’Europe dans le monde.
Les Européens nomment le monde
Ce sont les Européens qui ont défini, nommé le monde ; la toponymie a été faite par ces derniers : ex l’Asie a été définie par les européens en fonction notamment de ce qu’ils y voyaient. De même les frontières viennent de choix européens opérés tant pour l’Amérique du Sud que pour l’Afrique ( lors du congrès de Berlin notamment). Le monde du 19ème a été fabriqué, conçu à l’usage de l’Europe au travers des premières institutions mondiales élaborées. Une première forme de mondialisation est ainsi réalisée à la fin du 19ème ; c’est bien l’Europe qui a été le premier acteur de la mondialisation. Cela a entraîné une attractivité de l’Europe auprès d’autres peuples, l’envie d’en faire partie.

Il s’agit ensuite pour le conférencier de s’appesantir sur la question de la et des frontières.
Des dangers de la frontière « naturelle »
Poser d’emblée que la frontière c’est une création humaine ; premier jalon dans la définition de la frontière ; P. Picouet revient sur la fin de l’année 2004 où cette question des frontières a été à plusieurs reprises invoquée à propos de l’élargissement de l’UE et plus précisément sur la question de l’entrée de la Turquie ; ce qui l’a frappé c’est la propension des hommes politiques notamment à revenir à l’idée de frontières naturelles et donc sous-entendu sacrées !

Michel FOUCHER
La République européenne, entre histoires et géographies
Compte-rendu proposé par Frédéric Barbe

Ouvrages généraux

DEHOVE Mario
Le nouvel état de l’Europe, les idées-forces pour comprendre les nouveaux enjeux de l’union
Paris, La Découverte, 215 p. Compte rendu réalisé par Bruno Modica.
lundi 10 janvier 2005, par Bruno Modica chargé de cours en relations internationales à l’IEP de Lille dans le cadre de la section préparatoire de l’ENA.

J. & A. SELLIER, Atlas des peuples d’Europe occidentale
Jean et André SELLIER, Atlas des peuples d’Europe occidentale, Editions La Découverte, Nouvelle édition, revue et corrigée, 2006., 200 pages.
Compte-Rendu par Gérard Buono

Les éditions de La Découverte sont arrivées au terme d’un projet large, celui de faire paraître une série d’ « Atlas des peuples » couvrant la planète entière. De précédents CR l’ont signalé, le dernier en date étant le compte-rendu rédigé par François Guyon sur le volume « Amérique », dernier paru.

Le début du projet éditorial coïncide avec le renouveau de la géopolitique, renforcé par un contexte international (chute du Mur, première Guerre du Golfe, etc.) qui a fait redécouvrir à beaucoup d’observateurs l’absolue nécessité de mettre le nez dans les cartes…Mieux encore, dans des cartes de qualité, appuyées par des légendes consistantes. Après de premiers volumes « exotiques », fortement influencés par les recompositions accélérées de la dernière décennie du XX° siècle (« Europe centrale » en 1991, puis « Orient, Moyen Orient, Caucase et Asie centrale » en 1993), Jean et André SELLIER avaient déjà fait paraître un « Atlas des peuples d’Europe occidentale » en 1995. L’ouvrage qui vient de paraître est donc une réédition, mais revue et mise à jour en 2006. Entre-temps, la collection a été achevée avec les trois derniers volumes : « Asie méridionale et orientale », en 2001 ; « Afrique », en 2003 ; et « Amérique », en 2006.

Vincent Thébault ( coord)
Géopolitique de l’Europe

Éditions Nathan. Mai 2006. Collection Nouveaux continents. 335 pages. Compte rendu rédigé par Bruno Modica

L’esprit de cette série d’ouvrages est particulièrement stimulant. Traiter de géopolitique sous l’angle continental permet en effet de mieux cerner les enjeux à l’échelle régionale pour les inscrire ensuite, selon les besoins, dans un cadre planétaire. L’ouvrage est articulé autour de quatre parties dont l’intitulé n’a rien de surprenant puisque le livre s’affiche clairement comme un manuel.
La première partie, « Identités et diversités en Europe » est parfaitement claire et met en perspective les limites du continent, ses fondements antiques, médiévaux et modernes, avant d’évoquer les fractures de l’Europe, celles de la guerre froide comme les évolutions récentes.
La montée des régionalismes en Europe occidentale est traitée en tant que telle tout comme les irrédentismes d’Europe orientale. Dans ce domaine, on apprécie certains zooms, comme celui sur la frontière du Kosovo, et la référence restant obligée plus de 20 ans après, aux accords d’Helsinki. En dehors de la partition Tchécoslovaque, ces frontières sont restées les mêmes, même si les pays Baltes, l’Ukraine et la Biélorussie ne sont plus intégrés à l’intérieur de l’URSS qui a disparu. Pour autant leurs frontières intérieures avant 1991, sont devenues internationales sans modifications
Pour la partie médiévale, et même s’il faut se garder de projections dans le temps, la référence à l’Europe carolingienne fait défaut. Pourtant, le chef guerrier d’Aix la Chapelle, avait semble-t-il une vision de l’Europe comme héritière de l’Empire romain d’Occident. Il avait même envisagé une alliance matrimoniale avec Byzance qui aurait pu sans doute transformer le destin du vieux continent.

Anne FREMONT-VANACORE La France en Europe
Armand Colin 2007 – Cursus – 223 pages
samedi 6 septembre 2008, par Jacques Muniga

L’auteur de cet ouvrage est agrégée de géographie et docteur de géographie, elle exerce en qualité de professeur(e) des classes préparatoires au lycée militaire de Saint-Cyr-l’Ecole. Il faut par ailleurs souligner la collaboration à cet ouvrage d’Antoine FREMONT, agrégé de géographie et chercheur à l’INRETS. Il ne faut cependant pas en conclure que c’est un ouvrage à deux mains, un seul chapitre sur neuf est attribué à Antoine FREMONT.
Anne FREMONT-VANACORE a écrit, dès 1999, La France dans le monde , in Atlas de France, sous la direction de Th. Saint-Julien, vol.1, préface d’Hubert Védrine, Ministre des Affaires étrangères, La Documentation Française, Reclus, 128p déjà en collaboration avec Antoine FREMONT.
Mais le présent ouvrage publié dans collection Cursus d’Armand Colin est résolument tourné vers « les synthèses approfondies en phase avec les débats d’idées et l’évolution de la discipline » : tout un programme en somme. Qu’en est-il de l’ouvrage « la France en Europe »?

Michel Catala, Laurent Jalabert
Penser et construire l’Europe (1919-1992)

Bréal, 2007, 202p
mercredi 14 mai 2008, par Marc Lohez
par Marc Lohez, professeur d’Histoire-géographie en section européenne, Lycée Rosa Parks, Neuville-sur-Saône.

Alors que l’Europe communautaire tente de sortir de l’impasse institutionnelle née de la multiplication des états-membres et des « non » de 2005, la construction européenne s’invite aux concours de recrutement des professeurs quelques années après son entrée dans le programme de terminale.

Le présent ouvrage s’inscrit à la fois dans les besoins d’une première approche d’un sujet de concours et dans la démarche propre à la collection « Amphi histoire contemporaine », dirigée par la spécialiste d’histoire rurale Nadine Vivier : une approche chronologique centrale et qui occupe une grande partie de l’ouvrage encadrée par une problématique une étude thématique du sujet.
Les auteurs sont tous deux chercheurs à l’Université de Nantes ; Michel Catala, professeur d’histoire contemporaine est spécialisé dans les thèmes des relations internationales, notamment franco-espagnoles et dans celui du rapports entre états, nations et construction européenne depuis la fin de la dernière guerre mondiale. Laurent Jalabert est maître de conférence, spécialiste d’histoire immédiate et notamment politique.

Questions internationales
L’avenir de l’Europe

N° 31 Mai-Juin 2008 – La documentation française
vendredi 20 juin 2008, par Bruno Modica
Au moment où commence la présidence française de l’Union européenne, et alors que les irlandais viennent de voter contre le traité de Lisbonne, ce dernier numéro de questions internationales vient à point nommé pour fournir un intéressant récapitulatif sur les étapes et les perspectives à venir dans l’Europe des 27.
L’article de Serge Sur, le rédacteur en chef de la revue rappelle très opportunément les caractéristiques de cette Union, caractérisée de labyrinthe juridique et de fantôme politique. Le droit communautaire en effet pénètre tous les domaines de l’activité juridique des États membres, il est par ailleurs autonome du Droit international. Ce droit hyperrégulateur concerne tous les habitants de l’Union sans exception. Il vise à unifier les règles de la concurrence tout en étant extrêmement tatillon, ce qui déclenche parfois des rejets.

Les nouveaux visages de l’Europe élargie / The new faces of an enlarged Europe
IRIS / PUF, 2003, 304 pages, compte rendu réalisé par Valérie Fossa, lycée JB Dumas (Alès)
lundi 10 mai 2004, par Valérie Fossa
Ouvrage collectif sous la direction de RAGARU Nadège et BILLION Didier, disponible en édition bilingue français / anglais, chaque article étant disponible dans les deux langues.
Les interventions présentées dans cet ouvrage ont été prononcées lors des 5es journées européennes de Lille-Nord- Pas de Calais le 27 mars 2003, journées organisées par l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques), avec le concours de l’IEP de Lille.

L’ouvrage s’organise autour de trois grands thèmes :
« Les retrouvailles européennes : les éléments d’une culture et d’une identité partagée »
« Une Europe plus forte ? Les défis économiques et sociaux de l’élargissement »
« Penser ensemble la future Europe élargie : visions politiques et stratégiques » Cette organisation donne le ton général de la réflexion : il s’agit avant tout de s’interroger sur les effets à court et long terme d’un élargissement quelque peu inédit tant par le nombre de nouveaux membres que par leurs différences réelles ou supposées avec les autres membres de l’UE actuelle. Cet élargissement à l’Est de l’Europe et en Méditerranée pose à nouveau la question fondamentale de l’Europe que l’on cherche à construire, et les interventions replacent souvent l’élargissement dans une perspective plus vaste.

Carroue – Collet – Ruiz
L’Europe

Laurent Carroué, Didier Collet, Claude Ruiz, L’Europe, éditions Bréal, 2006, 302 p.
Compte-rendu de François da Rocha Carneiro, professeur au Lycée Jean-Moulin, Roubaix

Les géographes Laurent Carroué, professeur à l’Institut d’Etudes Européennes (Paris VIII) et Claude Ruiz, professeur en Classe préparatoire économique et commerciale (lycée Clémenceau, Reims) et l’historien Didier Collet, professeur de chaire supérieure à Louis-le-Grand, continuent leur coopération avec les éditions Bréal. Ils livrent cette fois un manuel sur l’Europe, à destination première des classes préparatoires. Le sujet est évidemment d’actualité tant sur un plan politique intérieur, un an à peine après le refus français et néerlandais d’entériner le projet constitutionnel de l’U.E., qu’international, peu avant l’entrée de deux nouveaux pays dans cette même U.E. et alors que le débat sur l’adhésion de la Turquie est loin d’être achevé. On pourra lire sur le même sujet, également à destination des classes préparatoires, chez Nathan, l’ouvrage de B. Ellissalde, Géopolitique de l’Europe, paru cette année.

Institutions

Michel Clapié
Institutions européennes
ChampsUniversité Flammarion, 2003, 415 pages
mardi 2 mars 2004, par Isabelle Debilly
L’auteur propose ici une vision personnelle et souverainiste des différentes institutions européennes depuis la deuxième guerre mondiale.

Agrégé de droit public, Michel Clapier enseigne le droit des institutions européennes et le droit constitutionnel à l’Université Montpellier I. Engagé dans les cercles souverainistes et gaullistes, l’auteur n’est pas un chaud partisan de la construction européenne, ses récentes déclarations sur le Convention européenne le montrent sans ambiguïté !

L’Union Européenne : aspects institutionnels et politiques

mercredi 15 novembre 2006, par François da Rocha Carneiro
Le manuel L’Union européenne – Aspects institutionnels et politiques réalisé par Didier Blanc aux éditions Ellipses, est davantage un ouvrage de juriste qu’une réflexion géographique. L’auteur, maître de conférences en droit public à l’université Versailles-Saint-Quentin, est un connaisseur de la question. On lui doit ainsi déjà, entre autres, un travail sur le déficit démocratique des parlements français et européen face aux décisions communautaires . Le livre, destiné aux étudiants (surtout de Droit), se donne pour but de démontrer que l’Union Européenne est « non seulement une Union de droit, mais surtout une Union par le droit » (4e de couverture).

Sites

Europe
L’Europe Institutionnelle par Jean-Philippe Raud Dugal

Europa, le site de l’Union Européenne. C’est la base des sites institutionnels ! Vous trouverez tout ce que vous voulez savoir sur l’Union Européenne, son passé, son présent comme son futur.

http://europa.eu.int/
Site de la convention européenne. De nombreux documents dont le pré-projet de Constitution ! Pour savoir de qui est composée la Convention et à quoi elle sert ! et préparer un débat sur la future constitution…

http://european-convention.eu.int/b…

L’Europe et l’Assemblée Nationale

http://www.assemblee-nationale.fr/i…

Audition de M. Valéry Giscard d’Estaing, Président de la Convention sur l’avenir de l’Europe devant l’Assemblée nationale française.

http://www.assemblee-nationale.fr/1…

Un dossier très complet sur le travail parlementaire français et la question européenne.

http://www.assemblee-nationale.fr/e…

L’Union Européenne au Sénat

http://www.senat.fr/europe/index.html

Des rapports, les activités des sénateurs, des commissions parlementaires. Des choses intéressantes à trouver.

L’Europe et la présidence de la République

http://www.elysee.fr/europe/debat/e…

Les réactions du chef de l’Etat à propos de l’UE. Voix officielle de la France

France Diplomatie : le site du ministère des affaires étrangères.

http://www.france.diplomatie.fr/lab…

Un site qui relate les principaux débats de la présidence française de la deuxième partie de l’année 2000. La partie sur les frontière peut parfaitement convenir pour compléter une étude de cas sur cette notion en seconde. On peut y trouver de nombreuses cartes sur l’Europe.

Histoire de l’Europe

Claude Poupard et Bernard Ardura (dir.)
Abbayes et monastères aux racines de l’Europe
Le Cerf, 2004, 240 p. Compte rendu réalisé par Joëlle Alazard

L’ouvrage dirigé par le Cardinal Paul Poupard et le Père Bernard Ardura est le fruit du colloque international du Conseil Pontifical de la culture pour la campagne européenne. La somme des quatorze contributions ici réunies se présente comme une invitation à redécouvrir la valeur et l’importance des abbayes et des monastères dans la formation de l’Europe. L’ensemble vise à montrer comment s’est exercée l’activité pluriforme de l’Eglise dont moines et moniales, chanoines réguliers et ordres mendiants ont contribué à façonner l’actuelle civilisation européenne. L’on peut s’interroger, comme le fait François-Charles Uginet dans sa contribution, sur les termes mêmes du colloque : si Paul VI pouvait en 1964 proclamer Benoît de Nursie patron principal de l’Europe, l’historien à qui revient la tâche d’évoquer la place de l’institution monastique dans la formation de l’Europe est beaucoup plus embarrassé. Les contributions de ce colloque, très disparates, tentent d’y répondre avec plus ou moins de conviction et de clarté.

Jean-Michel Guieu – Christophe Le Dréau – Jenny Raflik – Laurent Warlouzet
Penser et construire l’Europe au XXe siècle

Belin sup. septembre 2007. 316 pp
lundi 24 mars 2008, par Bruno Modica
Agrégé d’histoire, Bruno Modica est chargé de cours en relations internationales et chargé de formation au CNED

L’ouvrage est essentiel dans la bibliographie des concours et c’est donc à ce titre qu’il est l’objet d’un compte rendu de lecture spécifique.
Le sous titre de ce manuel est le suivant : historiographie, bibliographie, enjeux et à ce titre il apparaît comme le continuateur de la série « la Nouvelle Clio », que les anciens préparationnaires des concours ont pratiquée avec quelques années en moins.
Penser l’Europe, le sujet est certes stimulant mais c’est surtout l’enjeu qui l’est. Il est vrai que la construction européenne est en panne surtout depuis les « non » français et néerlandais au référendum constitutionnel européen. En fait c’est tout le débat et les pratiques de cette construction européenne qui sont en jeu depuis le début du XXe siècle, comment se construit-elle ? Sous quelle forme ? La première partie de l’ouvrage est consacrée à l’historiographie. Plusieurs perspectives sont ainsi présentées dans cette partie :

Les perspectives fédéralistes ont été les premières qui ont été développées et les pionniers le la construction européennes étaient au départ dans cette orientation. On pense notamment à Hendrik Brugsman, (1906 – 1997). Avec les autres pionniers il croyait en l’inéluctabilité du dépérissement des Etats Nations. Jean Monnet, Paul Henri Spaak ou Alcide de Gasperi étaient dans cette logique.

Les néofonctionnalistes ont développé une approche finalement similaire à celle de Jean Monnet, considérant que l’Europe se construirait sur les bases d’une action précise. Ernst B. Haas, a développé les exemples à partir de la CECA. Le rôle propre des Etats n’a pas été développé suffisamment. Les intérêts nationaux, cela a été vu, ont été prédominants dans le débat sur la CED et sur le compromis de Luxembourg. Ce sont des historiens allemands et italiens qui ont été les plus motivés par l’étude de ce thème, notamment Walter Lipgens, un des tout premier historien de la cause européenne et membre de Europa Union. La démarche de cet historien est résolument intégrationniste et il s’appuyait largement sur les idées des mouvements de résistance non communistes pendant la seconde guerre mondiale.

Dockrill S., Frank R., Soutou G.-H. et Varsori A. (dir.)
L’Europe de l’Est et de l’Ouest dans la Guerre froide (1948-1953)
Presse de l’Université de Paris-Sorbonne, 2002, 268 p.
dimanche 21 septembre 2003, par Françoise Berger
Françoise Berger, agrégée d’histoire et docteur en histoire contemporaine (associée à l’UMR-IRICE- Université de Paris I).
Cet ouvrage est composé des actes d’un colloque tenu à l’Université de Paris IV, du 19 au 21 novembre 1998, sur le thème de l’Europe dans la Guerre froide. Dix-neuf contributions variées et toutes pertinentes, proposées par de grands spécialistes de ces questions, abordent des aspects essentiels des tensions ayant parcouru l’Europe de 1947 à 1953, de la phase d’émergence de la Guerre froide jusqu’à la mort de Staline. Ces articles précis et stimulants éclairent de nombreux aspects de la perception, à l’Est comme à l’Ouest, des premières tentatives d’organisation européenne et les conséquences du nouveau contexte stratégique sur la politique intérieure et extérieure des pays européens. Il est impossible de rendre compte dans le détail de chacun d’entre eux, mais dans leur ensemble, ils permettent une meilleure compréhension de la position des principaux pays de l’Europe face à ce conflit dans lequel ils étaient à la fois parties prenantes et observateurs.

Cartographie

Europe
Cartes sur l’Europe
lundi 14 avril 2003, par Jean-Philippe Raud Dugal
Quelques adresses pour trouver des cartes sur l’Europe, interactives ou non.

Questions stratégiques

Les Etats-Unis et la « nouvelle Europe » : La stratégie américaine en Europe centrale et orientale.
Ronald Hatto et Odette Tomescu. Paris, Ceri/Autrement, 2007, 135 pages.
mercredi 11 juillet 2007, par Cynthia Ghorra-Gobin
Cet ouvrage rédigé par deux politologues (dîplomés de Sciences Po, de l’université de Bucarest et de Montréal) participe des travaux de recherche se donnant pour objectif de décrypter le nouvel ordre mondial. En effet la chute du Mur de Berlin (1989) a pour effet majeur de propulser les Etats-Unis au rang d’unique superpuissance (ou encore d’hyperpuissance). Avec la fin des tensions bipolaires, les pays de l’ « autre Europe » ont effectué un rapprochement vis-à-vis de la superpuissance. Ce nouveau contexte s’est progressivement traduit par l’intégration des anciens pays du bloc communiste dans les organisations multilatérales de sécurité transatlantiques. Le passage des trois Etats (la Hongrie, la Pologne et la République tchèque) du pacte de Varsovie à l’Alliance atlantique lors du sommet de l’Otan de Bruxelles en 1994 ne s’est pas passé sans mal .
Les auteurs analysent comment les Etats-Unis s’organisent pour déployer dans la « nouvelle Europe » (expression chère à Donald Rumsfeld) une stratégie systématique. Celle-ci consiste d’une part à assurer une influence politique relativement conséquente sur l’ensemble du Vieux Continent et d’autre part à affaiblir le processus d’intégration européenne. La pénétration américaine en Europe centrale et orientale permet également à Washington de se rapprocher des zones de crise riches en pétrole (Moyen-Orient et Caucase) tout en s’assurant une position centrale entre l’Union Européenne et la Russie. La subtilité de l’analyse provient du fait que les auteurs ont démontré l’usage par les Etats-Unis d’instruments de puissance de caractère soft (éléments immatériels) et hard (éléments matériels) et qu’ils ont mis en évidence la méfiance des Etats de l’Europe centrale et orientale vis-à-vis de la politique menée à leur égard par les Etats européens au cours du XXe siècle.

« Repenser la défense européenne »
vendredi 19 septembre 2003, par Gilles Boué, membre de la nouvelle histoire bataille du CEHD

Bastien Nivet, chercheur de l’IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques) en charge des questions ouest-européennes , nous propose dans le tome 48, hiver 2002-2003 de la Revue Internationale et Stratégique)un dossier sur le thème de la défense européenne. Ce thème a été à l’honneur en 2003 avec le colloque du trinôme académique de Paris : »Quelle défense pour quelle Europe ? ». Ce dossier est donc bienvenu et pourra être la base de réflexion sur les questions de l’intégration de la PESCD (politique européenne de sécurité et de défense) en ECJS voire en TPE (thèmes de ES Hériter/innover, ou plus simplement l’Europe).

Verluise Pierre
Géopolitique de l’Europe, l’Union européenne a-t-elle les moyens de la puissance ?
Mars 2005 Ellipses, collection références géopolitiques. 160 pages. 5 cartes et 35 graphiques.
lundi 18 avril 2005, par Bruno Modica

En quatre questions, forcément essentielles, le lecteur est confronté aux quatre enjeux de l’Union Européenne.
Quelles dynamiques démographiques ? Si tant est que cette question est essentielle pour un vieux continent confronté à la pression de la croissance de la population des pays du Sud.

Quelles structures économiques ? Pour faire cohabiter des états sortis du modèle d’économie planifiée, avec des économies libérales, des tenants du « laisser faire-laisser passer », avec des adeptes de l’état providence et d’un fort niveau de protection sociale ?

Quelles institutions ? Une bonne question serions nous tentés de dire, à partir d’un pays fondateur de l’Union Européenne qui semble vouloir en refuser la Constitution.

Quels projets géopolitiques ? L’élargissement qui semble faire rentrer l’Union européenne parmi les grands ensembles planétaires optimise-t-il les chances d’une Europe puissance ? Un vœu régulièrement réaffirmé en France ?

L’Europe hors l’Europe

Yves LE FUR.
D’un regard l’Autre. Histoire des regards européens sur l’Afrique, l’Amérique et l’Océanie.

Editions de la Réunion des Musées Nationaux, 2006. 351 pages.

CR de Catherine DIDIER – FEVRE, professeure au lycée Catherine et Raymond Janot à Sens et au collège du Gâtinais en Bourgogne à Saint Valérien.

A l’occasion de la première grande exposition temporaire du musée du Quai Branly (du 19 septembre 2006 au 21 janvier 2007), la Réunion des Musées Nationaux publie un somptueux catalogue. Yves LE FUR, commissaire de l’exposition, par ailleurs directeur adjoint du département du patrimoine et des collections du musée du Quai Branly, a voulu montrer les changements caractéristiques dans la manière dont les européens ont regardé, de la Renaissance à nos jours, les sociétés extra-européennes. L’ouvrage comporte les photographies des objets présentés mais aussi des mises au point scientifiques très utiles sur les principaux thèmes développés tout au long de l’exposition.
Le parti pris chronologique (de la Renaissance à nos jours) compliquait la mise en œuvre de l’exposition. Ce n’est vraiment qu’au XXème siècle que l’on s’intéresse à l’Autre. Il n’a été retenu, pour cette exposition, que les continents atteints par voie maritime : Afrique, Amérique et Océanie, les autres étant depuis trop longtemps en contact avec les européens.