Lors de l’ateliers d’été des clionautes (30-31 août 2002) Marc Lohez a présenté cette étude de cas conçue pour la classe de seconde.

Ateliers d’été des clionautes (30-31 août 2002)

Objectifs et place dans la progression

– par l’utilisation d’un SIG, faire comprendre que la carte est le résultat d’un empilement de couches d’informations : la carte est le produit du choix de ces couches et plusieurs cartes sont donc possibles.
– initier à la requête
– contenu : les activités portuaires créent un tissus urbain avec ses zones d’habitations. Elles suscitent également la création de zones industrielles parfois proches
– place dans la progression : cet exercice s’insère dans le thème « Dynamique urbaine et environnement urbain » : extrait du B.O : « La concentration croissante des populations dans les villes fait de l’environnement urbain un enjeu de plus en plus sensible.(…) elles doivent prendre en compte les risques naturels (inondations, instabilité des substrats…), gérer les risques technologiques et réfléchir aux types de transports urbains. »

On peut donc penser à une utilisation en étude de cas pour l’introduction de la partie sur l’environnement urbain.

1) avant la séance présentation générale de la Baie de San Francisco.

Eventuellement, diffuser le survol du CD- Belin de la collection “terre des villes” consacré à San Francisco (mode passif), ainsi que la séquence “croissance des villes du parcours paysage. Mais un bon atlas et une carte de la baie peuvent être suffisants.

Problématique de la présentation générale :
– quels sont les avantages du site de la Baie pour l’activité portuaire ?
– en quoi celle-ci a-t-elle favorisé la croissance urbaine de la région ?
– quelle est la place d’Oakland dans cet ensemble ?
– Quels sont les facteurs de risques en dehors des implantations industrielles ?

nb : présentation du port d’Oakland :
http://www.portofoakland.com/maritime/factsfig.asp

2) L’utilisation du SIG en ligne et recherches complémentaires

Le site de l’ATSDR propose un S.I.G. en ligne, assez simple à manier, mais qui nécessite une connexion rapide pour une utilisation satisfaisante. Il permet de superposer 3 types d’information :
– Les infrastructures routières
– les densités de population (à certaines échelles)
– la répartition des sites à risques/ polluants

On peut l’utiliser seul ou l’associer à des recherches sur d’autres sites.

Questions à poser :
– Décrivez la répartition des sites à risques/polluants (par rapports aux installations portuaires et aux autres infrastructures de transport)
– Trouvez un site de risques industriels à la fois proche du port et de fortes densités de population
– Quelles sont les populations exposées à ces risques ?
– Comment la composition de la population évolue-t-elle lorsque l’on s’éloigne de ces sites (vers le nord et le nord-est) ?

Adresse du site
http://gis.cdc.gov/atsdr/

– sur la page d’accueil, faites la requête par code postal (zip code : 94607 , cela permet d’arriver directement sur le port d’Oakland)
– faire dé zoomer les élèves pour leur demander de décrire le site et la situation du port. (à l’embouchure de l’estuaire d’Oakland, en face du débouché de la baie de SF, point d’arrivée du Bay Bridge qui relie San-Francisco aux grandes routes allant vers l’intérieur, ville où se trouve l’aéroport de la région etc…)
– à comparer avec la carte du port en ligne.
http://www.portofoakland.com/maritime/facility.html
On fait apparaître les densités de populations. Près du port, au cœur d’un îlot de densité relativement important, on repère un point rouge qui signale une zone de produit toxique. En cliquant sur le cartouche de la base de données TRI dans la légende, puis sur le bouton “i”, puis sur la zone concernée, on obtient des informations sur l’installation : ici il s’agit d’une usine d’un fabriquant de produits phytosanitaires. On peu en voir la fiche complète sur le site RTK (Right to know).

Rentrez le code postal 94607 pour retrouver la zone : vous obtenez la liste des usines de celle-ci. Sélectionnez celle qui a les plus forts rejets de déchets toxiques dans le rapport le plus récent pour une éventuelle recherche complémentaire avec google (mots clé : RED STAR YEAST factory OAKLAND).

Un magazine en ligne offre une vue de l’usine et un texte qui décrit le quartier (en anglais, mais la traduction par google permet aux élèves de saisir l’essentiel).
http://www.urbanview.com/02.13.02/toxic-0207.html
Le texte fait une description… intéressante du quartier.

Ce quartier pauvre et peuplé de minorités de l’ouest d’Oakland est bloqué par le port d’un coté et par les voies rapides de l’autre. Au milieu de ce quartier trône une usine empuantissant les alentours avec des effluves ammoniaquées et elle stocke des dérivés azotés, cela risque en plus de provoquer des accidents.

Sylvain Genevois montre qu’il est possible de faire apparaître les oppositions sociales et spatiales sur le S.I.G en ligne grâce à l’outil “buffer” :

Pour étayer l’argumentation sur les îlots de pauvreté qui entourent la zone, il serait intéressant de faire une requête spatiale : c’est l’outil “buffer” (tampon). En sélectionnant la couche “Population” (à gauche) et en cliquant sur l’icône “Créer un buffer” (en haut de la fenêtre), il est possible de connaître le nombre et le type d’habitants autour de cette usine phytosanitaire. En entrant 1 (mile), le SIG trace un cercle d’1mile de diamètre : la base de données interrogée fait apparaître environ 15 000 hab dont 11 000 Noirs : très révélateur !

En reproduisant cette même méthode vers le nord, on voit progressivement la population blanchir et vieillir.

On peut aussi définir soi même la zone en traçant un polygone (c’est le bouton qui ressemble à un… polygone) ; une fois que le polygone est fermé, une fenêtre supplémentaire apparaît avec les résultats suivants :
– Total population : 11400
– White : 1016
– Black: 7089
– Hispanic: 1635

Dézoomer pour observer les concentrations de site à risques sur l’ensemble de la ville : on observe que les sites se concentrent le long de l’axe routier et ferroviaire principal, proche du centre, et épargnent les quartiers orientaux plus… résidentiels.
Les limites de la version en ligne : à cette échelle, on ne peu plus faire apparaître les densités et les zones aquatiques ne sont pas toujours respectées.

Voici le résultat avec ArcExplorer hors ligne (les carrés noirs indiquent les sites à risque):

<IMG2|center>

Il est possible de paramétrer les couches pour faire apparaître les espaces verts et faire ressortir l’implantation des sites toxiques/dangereux en modifiant le figuré (ici un carré noir, il est possible de distinguer par type de risque, mais la liste est très, très longue). NB : les différents niveaux de rouge ne concernent pas les densités : ce sont des zones administratives. Effet pervers de certains groupement de données : la couche qui contient les espaces verts contient aussi l’aéroport (au sud)…

Plusieurs niveaux de conclusion :
– les quartiers habités du centre de la ville d’Oakland sont installés entre le port et l’aéroport ce qui représente un premier type de risque.
– les quartiers proches du port correspondent bien au schéma social des villes américaines : proches du centre mais surtout des zones d’activités industrielles, ils sont peuplés de minorités défavorisées, plus exposées à ces risques que les quartiers résidentiels plus à l’est (et en hauteur…)

On peut envisager un croquis de synthèse final avec le port, l’aéroport, la “ceinture du risque industriel” à l’ouest et au sud opposée au quartiers résidentiels à l’est et au nord…
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Remarque des participants aux ateliers: il s’agit d’un exercice qui nécessite de la part de l’enseignant et des élèves une expérience préalable dans l’utilisation de l’Internet. La version en ligne, avec ses limites, permet toutefois de limiter les manipulations et ne demande pas de préparation technique à l’enseignant contrairement à la version hors-ligne.

compléments

Pour téléchargement ArcExplorer en ligne :
http://www.esri.com/software/arcexplorer/index.html
Pour la base de données, contacter Marc Lohez (marc.lohez@geographiques.com)