La table ronde : « MIGRANTS : les images au-delà des murs » à l’Amphi rouge de la Campus de la CCI, le dimanche 14 Octobre 2018 a fait le plein.Dans le cadre des 21e « Rendez-Vous-de l’histoire » de Blois, consacrés à « la puissance des images », le groupe local d’Amnesty international su rencontrer son public.

Sur la tribune, Jean STERN, l’actuel rédacteur en chef de la « chronique » d’AI a fait profiter son public de son expérience dans différents quotidiens :« Libération », « La Tribune », le « Nouvel économiste » et« Gai Pied ». D’après lui, l’image doit d’abord « représenter ce qui n’est pas visible par rapport au rouleau compresseur hostile ».« Il faut aller là où les autres (journalistes) ne vont pas ». Les grandes zones migratoires ne sont pas là où l’on croit.https://www.amnesty.fr/la-chronique

Il est notamment l’auteur de l’ouvrage « Les patrons de la presse nationale. Tous mauvais » Éditions La Fabrique, 2012. https://www.acrimed.org/Lire-Les-patrons-de-la-presse-nationale-Tous-mauvais-de-Jean-Stern

Raphaël FOURNIER, photographe indépendant a vécu 10 ans à l’étranger. Pour lui, derrière l’image, il y a autant d’histoires que de migrants. http://www.raphaelfournier.fr/ Adhérent à l’association de photographes « Divergence » il propose des photos utilisables par les professeurs pour sortir des clichés. http://divergence-images.com/ Benoit GOLDSCHMIDT, est membre du Bureau du Groupe local d’Ai de Blois ; il a animé et modéré cette belle rencontre avec beaucoup de talents.

La table ronde est partie d’un reportage réalisé à Blois, publié dans la Chronique n° 377 d’AI d’avril 2018. Bernadette MICHEL a rencontré et recueilli Malic SANGARE, un Ivoirien migrant de 17 ans, d’abord pour quelques jours puis pour 8 mois. Cette belle rencontre a été mise en image dans « la chronique ».https://www.amnesty.fr/refugies-et-migrants/actualites/un-migrant-ivoirien-reccueilli-par-une-retraitee-francaise

2 : La photographie a un rôle idéologique, pour apporter une solidarité concrète par rapport à la menace du « délit de solidarité » . Par conséquent, dans le travail journalistique, la légende d’une image doit être particulièrement précise. Chaque photographie devrait être accompagnée d’informations factuelles avec les « 5W. » Dans cette quête de la rigueur, il y a souvent des tensions entre le photographe et le « rédac-chef », surtout avec un flot de 1500 images par jour. Mais la photo rencontre-t-elle son public pour autant ? Les lecteurs survolent d’abord le titre, diagonalisent la photo, puis la légende (qui parfois est fausse) avant de lire (quelques lignes NDLR) de l’article. Face aux « torrents de boues » sur les réseaux (dits) sociaux, le rédacteur doit éviter l’erreur, respecter le temps, l’éthique.

3 : les images des migrants révèlent d’abord une crise de l’accueil plus qu’une crise migratoire. Par exemple, la photo du petit Aylan retrouvé mort sur une plage de Turquie en 2015 … images virales et détournées. Cette photographie contient un avertissement: des enfants meurent… Un message que des Européens ne veulent pas voir. Fallait-il se servir ou non de l’image de ce drame ? https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/09/10/mort-d-aylan-mensonges-manipulation-et-verite_4751442_4355770.html

4 : Le débat, avec un public particulièrement nombreux, dont des enfants de migrants Italiens et de beaux témoignages d’accueillants en quête de réseaux, d’associations. Ont été abordés l’image des migrants dans la guerre de Boers en Afrique du Sud en 1905.- L’exil des juifs, fuyant d’abord le stalinisme puis le Nazisme en 1933. – Le drame de la RETIRADA à la fin de la guerre d’Espagne en 1939.  Les déplacés de 1968 en Tchécoslovaquie (où il n’y aurait aucune image).« les traqués L’Oran » p 38 de la Chronique. Comment le public reçoit-il ces images aujourd’hui ? Et Riace, un village italien qui accueille des immigrés.

JLC pour ©Les Clionautes