« Les pays émergents; vecteur de sécurité alimentaire en Afrique ? Le cas du Brésil au Mozambique »


Gabrielle W.Cusson, Chercheure au CEFIR Center for International Relations Studies,
Doctorante à l’ Université de Liège se proposait par une approche critique samedi matin de traiter : Quels sont les intérêts des puissances émergentes à s’impliquer dans la coopération agricole en Afrique ?

Une première partie générale a permis de définir le cadre général : la Sécurité alimentaire, la coopération agricole en Afrique, l’approche critique choisie pour une étude de cas de la coopération brésilienne au Mozambique.

Un rapide rappel concernant les puissances émergentes et la définition donnée par les Nations Unies en 2012 de la coopération Sud-Sud (CSS) précise utilement le cadre général.

La CSS est un « ensemble d’ententes, d’institutions ou d’initiatives dans le cadre de coopération politique, économique ou technique entre des États du Sud dans le but d’atteindre des objectifs communs de développement » SSC, UNPD, 2012

Un tableau comparatif permet la mise en évidence des différences entre coopération Nord/Sud et Sud/Sud. Face à une coopération traditionnelle Nord/Sud faite d’obligations morales, de charité, de relations verticales, patriarcales, souvent assorties de conditionalité, sans réciprocité dans une conception néolibérale du développement ; la coopération Sud/Sud se présente comme solidaire, horizontale, faite de partenariats et non conditionnelle, d’assistance technique pour un bénéfice mutuel et une approche holistique du développement.
La coopération technique est une première étape dont devrait découler des améliorations sociales.

Le cas du Brésil

Depuis l’élection de Lula à la présidence le Brésil a développé une politique de « diplomatie solidaire » avec une priorité vers l’Afrique lusophone s’appuyant sur des relations culturelles et avec une dimension de dette historique du fait de la traite vers les côtes brésiliennes.

Deux domaines sont mis en avant l’agriculture et les agro-carburants, domaines dans lesquels le Brésil a développé une recherche, un savoir-faire et des entreprises.

Le Brésil se présente comme un modèle de référence

  • Stabilité économique
  • Développement agraire – recherche en agriculture tropicale, dualité d’un système agricole où coexistent une volonté de développer une agro-industrie puissante tout en soutenant l’agriculture familiale indispensable à la sécurité alimentaire.
  • Programmes sociaux comme le Défi faim zéro
  • Sécurité alimentaire –

L’étude de cas : un projet au Mozambique

Gabrielle W.Cusson propose son analyse du projet Prosavana défini par ses promoteurs comme devant : « créer un nouveau modèle de développement agraire, tout en prenant en considération les aspects environnementaux et socio-économiques, afin d’assurer un développement agricole rural et régional compétitif et orienté vers le marché »  [http://www.prosavana.gov.mz/index.php?p=pagina&id=27->http://www.prosavana.gov.mz/index.php?p=pagina&id=27]

Elle met en évidence, en regard des principes déjà énoncés, les réalités dès ce stade préliminaire du projet (la première phase 2011-2019 vise à la recherche en agriculture tropicale, l’intensification agricole d’une zone au nord du Mozambique :

L’importance des intérêts économiques pour le Brésil en termes d’accès aux ressources naturelles, la place pour des investisseurs étrangers (japonnais puisque le Japon est partenaire dans le projet Savana) et les multinationales brésiliennes impliquées dans la création d’un marché mondial du bioéthanol.

S’il n’y a pas de conditionalité politique du moins perçoit-on des conditionalités et influences économiques : le Brésil encourage le Mozambique dans la construction d’une ligne de chemin de fer vers le Malawi où le Brésil exploite des mines.

Les intérêts politiques en matière de soft power (Diffusion de la culture, des institutions, de l’idéologie, la recherche d’un prestige et d’une image de bienveillance ) mais aussi en rapport avec la politique étrangère (recherche d’influence et de soutien notamment en vue d’obtenir un siège au Conseil de sécurité).

En conclusion la conférencière insiste sur l’écart entre le discours et les réalités. Où se situe la place de la sécurité alimentaire dans ce projet ?
Portant une coopération Sus/Sud bien pensée pourrait être intéressante pour l’Afrique.

À propos de l'auteur

Christiane Peyronnard

Retraitée, j'ai enseigné en collège, en lycée, à l ' IUFM site de Chambéry - Savoie Historienne moderniste de formation Passionnée de l'Afrique (histoire, développement) et des questions environnementales

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