« Le refuge oublié »

« Le refuge oublié »

 

Durée : 52’ – Année : 2019 Réalisé par David Geoffroy Une coproduction : Court-jus Production – Inrap – France Télévisions Avec le soutien du Ministère de la Culture (SRA – DRAC Normandie), du Conseil départemental du Calvados et de la Commune de Fleury-sur-Orne.

 

«Le refuge oublié»

En périphérie de Caen, des archéologues étudient une vaste carrière souterraine. Chaussures, bijoux, pièces de monnaie, lampes… Des milliers d’objets jonchent le sol : les vestiges oubliés par les centaines de civils réfugiés sous terre pour se protéger des bombardements alliés, lors du débarquement de 1944. En juin 1944, Yvette Lethimonnier a douze ans, lorsqu’elle se réfugie avec sa famille et plusieurs centaines de personnes, dans ce vaste souterrain. Aujourd’hui, Yvette est de retour dans ce refuge. Aidée par des archéologues, elle redescend dans la carrière, à plus de 20 mètres sous terre. Tandis qu’elle replonge dans cet univers souterrain, ce sont ses souvenirs qui refont surface. Yvette est venue faire la paix avec un passé encore douloureux. Pour les archéologues, le témoignage d’Yvette est extrêmement précieux.

Ce film présente une archéologie très contemporaine, le travail sur un abri de la seconde guerre mondiale à la périphérie de Caen. Les archéologues vont confronter leurs découvertes avec des images d’archives qui restituent le récit de la libération de la ville, des documents d’archives du Mémorial de Caen et surtout le témoignage d’une vieille dame, enfant au moment du débarquement.

Le film montre les méthodes de recherche de l’historien et de l’archéologue, y compris les techniques très actuelles de la reconstitution 3D. Le discours se situe entre analyse scientifique et émotion liée à la présence d’objets attestant de la présence de jeunes enfants réfugiés dans cette carrière de Fleury.

On assiste à la fois à la découverte de ces vestiges, à la description des méthodes, à l’interprétation puis à son croisement avec les témoignages, un moyen de démontrer la pertinence des méthodes archéologues. Le témoignage de la vielle dame rappelle la présence de soldats allemands dans le refuge, attestée par ailleurs par un masque à gaz et des chargeurs. La libération le 19 juillet 1944, avec l’arrivée des Canadiens qui eux aussi laissèrent de nombreux objets, rappelle un souvenir à Yvette Lethimonnier, que seul le témoignage peut restituer : la Marseillaise chantée sous terre. La comparaison entre souvenirs et interprétation des archéologues montre qu’elle est correcte à 85 %, mais le croisement des témoignages, des témoins oculaires en montre aussi les limites, ce qui a été retenu, oublié, enfouis parce que trop douloureux.

L’intérêt de cette expérience est de questionner les méthodes de l’archéologie, de mettre en perspective d’autres fouilles plus anciennes. Par ailleurs, le film ou du moins quelques extraits pourraient être utilisés en classe car ils donnent vie à cet épisode de l’histoire.

À propos de l'auteur

Christiane Peyronnard

Retraitée, j'ai enseigné en collège, en lycée, à l ' IUFM site de Chambéry - Savoie Historienne moderniste de formation Passionnée de l'Afrique (histoire, développement) et des questions environnementales

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