Les printemps de l’archéologie St Dizier 27 au 31 mars à Saint-Dizier

L’apport des fouilles récentes à la connaissance de la protohistoire de la France

Dominique Garcia - Jeudi 28 mars 10h30

L’apport des fouilles récentes à la connaissance de la protohistoire de la France

En introduction Dominique Garcia rappelle la définition de la protohistoire : de – 7500 à l’histoire.

Il existe un renouvellement constant des données grâce aux fouilles, c’est une production d’archives, un laboratoire à ciel ouvert. Il existe deux types de fouilles : les chantiers références, programmés, 60 en France en protohistoire et l’archéologie préventive, depuis la loi de 2001, confiée à l’INRAP1 ce qui multiplie les lieux de recherche et modifie le travail de l’archéologue. En fait ce sont moins de 8 % des aménagements2 qui sont diagnostiqués suivis pour 20 % d’entre eux de fouilles, donc moins de 2 % des grands aménagements qui font l’objet d’une fouille. En 2017 on compte 1865 diagnostiques pour plus de 6000 ha et 200 fouilles.
Les fouilles comme les laboratoires sont le lieu du travail de nombreux spécialistes très divers : zooarchéologues, sédimentologues …

L’archéologie est un travail d’équipe. Le rôle de l’INRAP c’est de publier, partager les données et valoriser les découvertes vers le grand public. Les objets rejoignent soit un musée soit un dépôt d’objet pour conservation en vue peut-être de nouvelles études quand les progrès techniques apporteront de nouvelles possibilités d’analyse.

La protohistoire couvre la période – 5800 à 4650 elle est caractérisée par une évolution des pratiques, la néolithisation arrive en France depuis le Nord (voie danubienne) et le Sud (voie méditerranéenne), deux mouvements quasi contemporains avec sédentarisation et une avancée d’environ 50 à 60 km par génération.

Dominique Garcia présente un exemple dans le Sud avec le site de Leucate avec comme indice la céramique cardiale, maisons petites avec rempart et fossé.

On perçoit à cette époque des traces de conflit, le néolithique c’est aussi l’apparition de la guerre avec appropriation d’un territoire comme le montre des fouilles récentes en Alsace où a été trouvé une fosse avec des squelettes portant des traces de blessures.

Mais c’est aussi le moment de domestication d’espèces locales (légumineuses).

Le néolithique c’est le début de l’anthropocène, d’une transformation du biotope dans les sites et entre les sites (brûlis, déforestation) on en a la preuve dans les analyses de sol. L’agriculture entre les souches de déforestation a permis une augmentation de la production mais avec aussi un lessivage des sols voir une destruction des sols sur les pentes comme l’a montré J. F. Berger3 qui a travaillé sur l’espace de la ligne TGV Paris Marseille.

Le conférencier aborde ensuite les pratiques funéraires : les mégalithes sont une invention européenne (arrivée par la côte atlantique et diffusion vers l’est). Il propose plusieurs exemples : Fleury sur Orne, Arles4.

C’est l’époque de l’appropriation de l’espace et de la construction de mythes, les pierres dresses sculptées peuvent être une marque d’identification à une lignée, le décor d’abord de formes féminines puis d’hommes en armes, elles sont nombreuses sue les Causses et en Corse.

On voit aussi les premières « mines », des lieux d’extraction y compris souterrains qui permettent une diffusion plus large de la matière première, d’abord du silex, de l’obsidienne puis des métaux (cuivre) qui confère un avantage aux populations locales, une première forme de géopolitique.
Contrairement aux idées reçues dès cette époque il existe un commerce à longue distance et une géographie des relations différentes des périodes suivantes ; il y a de nombreux témoignages de relations entre la côte normande et la côte sud de l’Angleterre plus qu’entre la Normandie et le bassin parisien.

Le premier âge des métaux est l’age de bronze5 qui va mettre en rapport les espaces méditerranéens de l’actuelle France avec les Grecs et les Phéniciens.

C’est aussi le temps des princes qui feront l’objet d’une communication sur ce que nous apprennent les fouilles de Lavau (Aube).

Dans le dernier de cette protohistoire on assiste à la fois aux premières villes (Marseille colonie grecque), aux agglomérations dans les oppida et les débuts de l’âge du fer.

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ref biblio : Jean Guilaine, Dominique Garcia, La protohistoire en France, Hermann, 2018, 540 p.

1Voir le site de l’institution : https://www.inrap.fr/accueil-mediatheque

2Autoroutes, lignes TGV, grands centres commerciaux…

3Berger (Jean-François) et al., « Données paléogéographiques et données archéologiques dans le cadre de l’opération de sauvetage archéologique du TGV-Méditerranée » dans Burnouf (Joëlle), Bravard (Jean-Paul) et Chouquer (Gérard) (éd.), La dynamique des paysages, protohistoriques, antiques, médiévaux et modernes, Actes des XVIIe Rencontres internationales d’Archéologie et d’Histoire d’Antibes, Antibes, 19-21 octobre 1996, APDCA, Sophia Antipolis, 1997, pp. 155-183.

4Jean Guilaine, Les hypogées protohistoriques de la Méditerranée Arles et Fontvieille (+ DVD), Actes-Sud

5L’exposition temporaire Trésors Alpins de l’âge du Bronze du Musée de la préhistoire des Gorges du Verdon présente la diversité du « dépôt métallique de l’âge du Bronze » dans les Alpes.

Du 30 mars au 30 novembre 2019, Route de Montmeyan – 04500 Quinson

À propos de l'auteur

Christiane Peyronnard

Retraitée, j'ai enseigné en collège, en lycée, à l ' IUFM site de Chambéry - Savoie Historienne moderniste de formation Passionnée de l'Afrique (histoire, développement) et des questions environnementales

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