Héritages coloniaux en Afrique noire


Qu’appelle t-on l’Afrique noire ?

Notion très fluctuante , on désigne souvent par cela l’Afrique sub-saharienne à l’exclusion de Madagascar soit 38 états. La plupart des pays ont obtenu leur indépendance en une décennie. Si cela semble très court, cela fut en fait bien plus long et loin d’être tranquille. La véritable fin arrive dans les années 90.

On ne peut pas penser la décolonisation sans tenir compte des diversités

Point sur la décolonisation de l’Afrique noire :

Les blancs, en tant que colonisateurs, n’ont été que des « oiseaux de passage ». Le passage des occidentaux ne fut qu’un interlude. Entre la conquête, la pacification, le contrôle et le départ des populations blanches, il s’agit d’un intermède de quelques décennies. Trois questions se posent : la durée de la colonisation, sa profondeur, ses modalités.
Il est nécessaire de différencier plusieurs périodes qui peuvent d’ailleurs se superposées : la conquête, une dizaine d’années seulement, la pacification jamais achevée, l’occupation du territoire parfois très limitée dans le temps comme dans l’espace comme pour le Tchad

Il existe au fond quatre colonisations différentes ;

  • 1. La colonisation britannique, qui distingue les populations locales des populations occidentales.
    En étant très peu intégratrice, elle a permis aux populations de développer des institutions locales propres. Toutefois un Africain installé au Royaume Uni obtenait le statut de citoyen.

  • 2. La colonisation française fait plus de place à l’ intégration. Mais la formule ne fut jamais trouvée ni appliquée réellement, pas de citoyenneté, sauf pour les « vielles colonies » les Quatre communes sénégalaises (St Louis, Gorée, Dakar et Rufisque).
  • 3. La colonisation belge très dure et ne cherchant pas du tout à intégrer
  • 4. La colonisation portugaise et l’« estado novo » faisant des colonies des provinces portugaises.
    Mais au moment des guerres d’indépendance, seul 1% de la population est intégrée.

De même il existe des scénarios de décolonisation divers :

  • 1. Une décolonisation de continuité, sans rupture comme la Goald Cost. Stratégie des années 50.
  • 2. La décolonisation de rupture, avec les colonies portugaises et la Rhodésie. Stratégie des
    années 60, avec l’exportation du contexte de Guerre Froide.

Quels héritages ?
Quelles furent les conséquences humaines de la décolonisation ?
Les replis vers la métropole ont été insignifiants au moment des décolonisations, à l’exception de la Guinée Conakry. La présence européenne, sauf exception demeure forte d ‘autant qu’avec la coopération, des dizaines de milliers d’occidentaux sont retournés sur place dont 50% d’enseignants.
La situation dans les deux colonies de peuplement britanniques au Kenya et en Rhodésie est sensiblement différente. La décolonisation du Kenya se passe très mal (soulèvement Mao Mao), avec une guerre à l’algérienne.
Au Congo Belge on comptait environ 117 000 colons, dont 93 000 belges. Or la décolonisation belge s’est extrêmement mal passée, les retours furent très nombreux : il ne restait que 3000 belges en 1993. Ici la coopération n’a pas compensé le départ des occidentaux. Par contre le nombre de Congolais en Belgique a explosé.
Dans les colonies portugaises, la décolonisation avait complètement vidé ces pays de la présence portugaise ( 500 000 « retornados »). Mais depuis la fin de la guerre civile en 2001, les Portugais sont revenus sur
place notamment depuis la crise économique. On estime leur population à 100 000 en Angola.

Les échanges avec la salle, même s’ils furent variés et intéressants n’ont pas permis à Marc Michel de poursuivre un exposé structuré et en particulier l’étude de cas à propos du Nigéria.

En conclusion
Le propos n’était pas de faire un bilan positif ou négatif des héritages mais de qualifier des faits.
Si des dépendances se maintiennent, elles le sont par consentement mutuel, et s’il y a héritage, il a été retravaillé.
Tous les États ont reçu un territoire et ont cherché à être des états-nations. mais doivent-ils l’être ?
On ne doit pas abandonner l’Afrique, mais elle reste bien plus stable que la plupart des régions
du monde.

À propos de l'auteur

Christiane Peyronnard

Retraitée, j'ai enseigné en collège, en lycée, à l ' IUFM site de Chambéry - Savoie Historienne moderniste de formation Passionnée de l'Afrique (histoire, développement) et des questions environnementales

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