Comment introduire le programme de troisième ?

J’ai des troisièmes pour la première fois cette année et découvre un programme que je n’ai pas fait depuis la terminale. Pour la séquence d’introduction, on nous conseille d’utiliser moultes cartes du monde actuel « pour montrer, à partir d’exemples choisis par les enseignants, comment l’histoire et la géographie peuvent conjointement aider à le comprendre. ».

Quels exemples utilisez-vous ? et surtout, comment introduisez-vous ce
premier cours ?

_ CJS

– Cette intro me pose toujours le même problème : il faut faire court, répondre à la problématique et, je crois, susciter un peu d’intérêt voire d’enthousiasme chez nos élèves.
_ Yanick Marvin

– Quand j’avais encore des 3e, je me passais de cette introduction (c’est pas bien, mais bon, pas eu de problème à l’inspection…), pour deux raisons :
– une, bassement intéressée, de rentabilité : pas de temps à perdre avec une introduction qui ne tombe pas au brevet
– une autre de cohérence du programme : ça fait double emploi avec, de mémoire, un passage en fin d’étude des relations internationales sur – géopolitique du monde contemporain ou quelque chose de ce style.
J’attaquais donc directement sur la Première Guerre mondiale.
_ Laurent Gayme (qui désormais enseigne en lycée)

1- Partir des connaissances des élèves

Jérôme Riffault

J’utilise assez basiquement ce que j’avais vu en 3ème de mon temps (en 1988…) : tracer un axe chronologique (1901-2006) et demander aux élèves de citer les dates et personnages qu’ils connaissent, le tout au tableau.
_ L’idée est d’arriver à faire apparaître les conflits armés internationaux
comme le fait récurrent, de là, poser la question de la multiplication de
ces conflits. C’est très basique donc, on peut même en faire une synthèse, et avec les rappels de 4ème (qui me semblent indispensables autour des notions de nationalisme, révolution industrielle, capitalisme, république) le tout tient en 1h00. Autre avantage : ça fonctionne avec toutes les classes, même les plus fragiles.
_ Dans d’autres classes, pour d’autres niveaux, j’ai aussi tenté ces
introductions générales, fabuleuses, qui allument les regards, etc… et je
me suis toujours cassé la figure (dépassement de temps, extinction des
étincelles, etc…).

Ce programme de 3ème est si monstrueux qu’il faut tenter de le terrasser
immédiatement !

2- Partir de l’actualité :

Véronique Ponton cherche chaque année l’événement qui permet d’introduire le programme mais surtout qui permette aux élèves d’y entrer dans une démarche dynamique : Le questionnement doit montrer que le monde (et ses frontières) changent pour la partie histoire et que le monde est inégal.
L’événement doit donc être attractif pour les élèves, qu’ils en aient entendu parler pendant les vacances à la limite l’année écoulée soit le que le sujet même les touche..
On y fait référence ensuite tout au long de l’année…si l’intro a bien fonctionné !!
Et finalement cela permet parfois de gagner du temps…
Les années précédentes, Véronique avait choisi les sommets mondiaux pour le développement durable en modifiant les articles du monde diplo en 2002 (l’environnement est un sujet qui touche à juste titre les élèves et montre bien les inégalités du monde d’aujourd’hui, cela permet également de remettre en place le vocabulaire du développement), voire des réunions du G8 en 2003 (alors là, ça les touche moins !!).
L’année dernière l’introduction au programme était couplée avec le projet de Voyage en Pologne sur le devoir de mémoire sur les génocides oubliés grâce à une interview de Corneille et des articles sur l’oubli de la commémoration du génocide Rwandais glanés sur le net (on a pu aborder les colonisations et décolonisations, les grandes puissances, les inégalités de développement mais également une première approche du concept de génocide).

Yanick Marvin :

J’ai longtemps travaillé sur le prix du pétrole pour montrer l’interdépendance notamment.
Cette année avec mes 2 classes, je vais reprendre une fiche sur la Corée du Nord diffusée sur les clionautes sur laquelle j’ai changé des éléments.

Nicolas Hérissé a l’habitude de commencer l’étude du programme par une présentation trés générale et rapide à partir de cartes. Il termine par celle des conflits et commence par une question d’actualité, très souvent liée au conflit israelo-palestinien. Cela permet aussi d’accrocher les éléves et de leur faire comprendre (si le besoin est après déjà 3 ans au collège !) pourquoi étudier l’histoire-géo est intéressant… Il avait utilisé la construction du mur il y a deux ans.

Philippe Mallard
Les enjeux sont les mêmes : les difficultés pour achever le programme ;-))
Sur cette introduction, je m’y suis cassé deux fois les dents (jurant qu’on
ne m’y reprendrait plus…)

  • Septembre 2003 : je m’emploie à faire « comprendre le monde » à partir de la guerre en Irak : powerpoint avec des cartes du dessous… (des cartes), fiche élève courte intitulée sobrement « septembre 2001 : Attentats à New York – Mars 2003 : la guerre en Irak » (rien que ça…) comprenant des extraits du discours de Bush sur « l’axe du mal », un texte sur les enjeux pétroliers et quelques données géos et historiques sur l’Irak. Le tout avec un petit questionnaire permettant de poser quelques repères et de poursuivre ensuite sur les cartes repères de l’année (organisation du monde, etc..)
    Evidemment j’ai doublé l’horaire prévu pour réaliser ce travail en me noyant sur l’exemple irakien (en m’ensablant devrais-je dire, à la manière des marines US…)

  • En 2004, j’ai changé d’approche : plus classique (à l’européenne) : en intro carte du monde sur la diversité des Etats, puis trois entrées : un monde inégalitaire source de conflits – un monde dominé par la Triade – le poids de l’Histoire (carte de 14, monde bipolaire, nos jours). Je distribue une fiche élève avec des questions ciblées et précises.
    Même chose : temps dépassé…

    En fait, d’autres parties du programme reprenant ces thèmes et notions, il ne faut pas hésiter à aller très vite.
    Certains collègues zappent l’intro et commencent directement par la 1 GM.

    Christophe Dijoux

    « Pour l’introduction du programme de troisième, je vais prendre l’exemple du problème de l’eau entre la Turquie, la Syrie et l’Irak avec un volet cartes d’histoire à propos du Sandjak d’Alexandrette (rôle passé de la France, du royaume-Uni, de l’empire ottomans et de la jeune Turquie), du Kurdistan (passé et aujourd’hui) couplé à un volet carte de géographie sur l’Oronte et les autres ressources en eau (Tigre et Euphrate) et leur gestion avec la carte des barrages et canaux (projets syriens et surtout projets turcs avec le GAP).
    _ J’ai une forte minorité turque ici à Bourganeuf et une minorité anglaise, j’espère que ça peut les intéresser. Je laisse ainsi de côté le problème Israélo-palestino-jordano-syro-libano-« hezbollo »-franco-européo-onusien… sur l’eau, la religion, la politique et la guerre…
    Les documents utilisés seront pris dans le vieux « Maghreb Moyen-Orient mutations » édité au Sedes en 1995 et impérativement réactualisé par le site du festival de Saint-Dié sur l’eau en 2003 et par les sites internet sur le GAP, des cartes du Monde diplomatique…  »

    Voir la fiche :
    http://www.clionautes.org/IMG/ intro3edijoux.odp

    Denis Sestier

    Pour ma part depuis quelques années, j’ai laissé tomber les cartes du
    monde actuel (que je reprend par la suite) et débute l’année par l’étude
    de quelques uns des principaux titres de la presse des derniers jours
    d’août (faciles à trouver avec yahoo ou google actualités). Un tableau
    permet aux élèves de questionner le titre concerné puis de rechercher
    dans le manuel (histoire/géo et éducation civique) quel chapitre de
    quelle discipline va permettre de mieux comprendre le problème en
    question. Si l’on a bien ciblé les titres à étudier alors les élèves
    doivent parvenir à la conclusion que l’histoire géo et l’éducation
    civique sont bien utiles pour comprendre le monde d’aujourd’hui.

    Tableau d’analyse des titres, avec un titre pour exemple

    |Titre des articles | Origine de la dépêche | Où cela se passe-t-il ? | Questions que je me pose (ùventuellement) | Quel chapitre du programme peut nous permettre de mieux comprendre cette question ? (précise par H, G ou EC de quelle discipline il s’agit. Il peut y avoir plusieurs réponses) |
    |Exemple : AP 28.08.06 19:06 BEYROUTH (AP)
    Kofi Annan appelle le Hezbollah et Israël à respecter l’ensemble de la résolution 1701 —
    (le nouvel observateur) | Agence AP Beyrouth (Liban) relayée par un magazine français. | Au liban | Qui est K. Annan ?
    Qu’est ce que l’ONU ?
    Qu’est ce qu’une résolution ?
    Pourquoi cette région du monde est-elle si instable ?| Elaboration et organisation du monde d’aujourd’hui et en particulier le chapitre sur l’ONU (H et EC)
    le conflit israélo-palestinien (H)
    la défense et la paix (EC)|

    La question du Liban doit fournir quelques gros titres sur le conflit du
    moyen orient, la place de la France dans le monde, le rôle de l’ONU, les
    rôles de la défense nationale, l’UE, le rôle du Président de la
    République etc… Les universités d’été des partis politiques
    fourniront aussi un titre ou deux sur les partis politiques, les
    institutions, les élections … et la flambée des prix du pétrole ou les
    bilans des professionnels du tourisme introduiront quelques questions de
    géo.
    _ Bref, on ne verra pas tout mais on aura une bonne base de départ pour
    entamer l’année.
    _ Les cartes du monde actuel peuvent être utilisées à mon avis avec
    davantage de profit pour entamer la deuxième partie du programme
    d’histoire-géo (après 1945)

    Nathalie Papadopoulos part d’un texte très riche, une ouverture sur le programme de troisième: les inégalités dans le monde, les enjeux géopolitiques, le rôle de l’ONU, la notion de frontières, etc. Les questions permettent aux élèves de feuilleter leur manuel, d’utiliser les planisphères prévus pour l’intro.

    | Dans le monde d’aujourd’hui, les véritables frontières ne séparent pas les nations.

    Aujourd’hui, une petite fille est née en Afghanistan. Sa mère va la prendre dans ses bras, la nourrir, la bercer et lui apporter ses soins comme toute mère le ferait partout ailleurs dans le monde. A ce niveau le plus fondamental, dans les actes dictés par la nature humaine, il n’y a pas de distinction entre les Hommes. Pourtant, naître fille aujourd’hui en Afghanistan, c’est commencer la vie à des années lumières de la prospérité dont jouit une fraction de l’humanité. C’est être condamnée à des conditions de vie que la plupart d’entre nous, ici présents, jugeraient inhumaines. J’ai pris l’exemple d’une petite afghane, mais j’aurais tout aussi bien pu prendre celui d’un enfant, garçon ou fille, né en Sierra Leone. Chacun est conscient aujourd’hui du fossé qui sépare les pauvres et les riches dans le monde. Dans le monde d’aujourd’hui, les véritables frontières ne séparent pas les nations, mais les forts et les faibles, les privilégiés et les humiliés, les Hommes libres et ceux qui vivent dans les fers (…)
    Souvenez vous de la petite fille qui vient de voir le jour en Afghanistan. Certes, sa mère fera tout ce qu’elle peut pour la protèger et l’aider à grandir; il n’en reste pas moins qu’elle a une chance sur quatre de ne pas survivre jusqu’à son cinquième anniversaire. L’aiderons-nous? Ce n’est là qu’une des questions qui éprouvent notre humanité, notre conviction d’être chacun, individuellement, responsables de nos frères et nos soeurs humains. Mais c’est la seule question qui compte.

    Discours de Kofi Annan, secrétaire général des Nations Unies recevant les prix Nobel de la Paix, le 10 décembre 2001 à Oslo. |

    La fiche est disponible ici

    3- Comment introduire son cours à partir de l’exemple de la guerre au Liban en 2006 ?

    Véronique Ponton

    Cette année, on ne peut pas éviter le sujet sur la guerre entre Liban et Israë..

  • Il peut permettre de montrer les régions perturbées du monde actuel : carte des conflits actuels, des interventions de l’ONU
  • Les frontières et l’apparition de pays.. Le Liban (chute de l’empire Ottoman par exemple), la décolonisation Israël..
  • Les inégalités de développement (pays décideurs à l’onu //Zone du Moyen Orient) (Pays détenteurs de l’arme nucléaire..)
  • Les enjeux du pétrole au Moyen Orient…

    Virginie Sieg pensait aussi partir du Liban et essayer de retomber sur les cartes, inegalité de développemt, partage après la 1ere GM, création d’Israël après la 2e.

    Quels documents utiliser ? :

    Véronique Ponton

    De manière générale je pense qu’il faut d’abord choisir un document d’accroche de manière à laisser le temps aux élèves montrer qu’ils sont au courant.. Cela permet également d’entrer dans la notion de violence du XXème et du XXIème siècle, les destructions, les guerres touchent les civils..lors d’un cours dialogué et de se poser des questions..

    exemples :

  • une photo des destructions au Liban et une autre des militaires du Tsahal
  • La caricature permettrait également de faire entrer en jeu les autres protagonistes
  • Une résolution de l’ONU

    _







    LE CONSEIL DE SECURITE EXIGE UNE CESSATION DES HOSTILITES AU
    LIBAN


    Le Conseil de sécurité réclame une «
    cessation totale des hostilités », en particulier «
    la cessation immédiate par le Hezbollah de toutes ses
    attaques » et « la cessation immédiate par
    Israël de toutes ses opérations militaires offensives
    ». (Résolution 1701 (2006) (11.07.06)


    http://www.un.org/Docs/journal/asp/ws.asp?m=S/RES/1701%20%282006%29


  • Donner ensuite la carte des conflits aujourd’hui…La carte du monde diplomatique (escalade des dangers) me semble intéressante car elle zoome sur le proche Orient et donne des indications datant de 1999…sur le PIB, les potentiels militaires, les autres conflits dans la région

    http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/procheorientatlas2001

    Et montrer ainsi que c’est une zone de conflit actuel

    http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/#Proche-Orient

    Ces cartes montrent la région en 14 et 39..pour l’apparition des différents Etats.

    Bruno Granger prend toujours un événement de l’été pour montrer que l’Histoire-Géographie et Education Civique peuvent nous aider à comprendre le monde actuel. L’année dernière c’était la hausse du prix du pétrole. Cette année ce sera la guerre au Liban.
    En Géographie :

  • une carte du Proche-Orient
  • une fiche d’identité rapide des états, avec le nom des chefs (Israël : pays riche en conflit avec ses voisins arabes, Liban : état multiconfessionnel fragile, Iran et Syrie : 2 pays voulant jouer un rôle important dans la région contre les E-U et Iran pays chiite + nucléaire)….

    En Histoire :

  • colonisation française du Liban
  • état juif créé après la 2nde GM, rappel des guerres Israëlo-arabes, le chiisme…

    Education Civique : démocraties et dictatures, rôle des médias…

    Ccl : le monde d’aujourd’hui est ouvert, inégal et instable. Il est dominé par une hyper-puissance qui est remise en cause au Proche et Moyen-Orient (guerre, guérilla et terrorisme).

    Caroline Jouneau-Sion pensait utiliser une caricature et un texte à propos du Liban, montrant l’implication des grandes puissances dans le conflit et son règlement. L’exercice consiste à repérer sur une carte les pays cités, et de retrouver dans le manuel les thèmes qui seront abordés dans l’année.

    Voir la fiche http://www.clionautes.org/IMG/pdf_fiche_intro-CJS.pdf

    qui finalement n’apas été utilisée, trop difficile pour le niveau de la classe.

    Emmanuel Noussis nous signale les propositions de notre collègue Francesco Belcastro sur le site académique de Strasbourg :

    http://www.ac-strasbourg.fr/sections/enseignements/secondaire/pedagogie/les_disciplines/histoire-geographie/college/geographie/geographie_3e__leco2236/

    ou

    http://minilien.com/?LqipcMXA2H

    Francesco Belcastro part d’une Bande Dessinée de Guy Delisle intitulée « PYONGYANG » ( éditions l’Association, 2003 ) : l’auteur y raconte son séjour en Corée du Nord, croisé avec deux extraits d’articles de Pierre Rigoulet parus dans la revue « l’HISTOIRE » ( octobre 2001 et juin 2004 ). Ce travail est commencé en classe, poursuivi à la maison et terminé en classe, de sorte que l’enseignant peut se faire une idée de l’attitude de sa classe face au travail ; il sert de point de repère lors des cours sur l’URSS de Staline, la démocratie ou encore les médias.

    4- L’exemple du Liban, inadapté pour le programme de troisième ?

    Pour Bruno Modica (qui enseigne en lycée), l’exemple du Liban renvoie, si on veux expliquer le rôle des grandes puissances à la question d’Orient qui est située au milieu du XIXe ou alors aux questions coloniales de l’Entre deux guerres… Ce qui est difficile à envisager dans les classes de troisième d’aujourd’hui sauf peut-être dans des établissements très prestigieux.

    Je suis toujours très réservé sur ces discours inspectoriaux accrocheurs du genre l’histoire et la géo aident à comprendre le monde… Mieux vaut le démontrer plutôt que l’affirmer de façon artificielle…

    à mon avis et si on veux bien me reconnaître une certaine compétence
    dans les relations internationales, je partirai plutôt de l’Afghanistan,
    dont on parle aujourd’hui et je relierai cela avec la méme méthode aux
    questions religieuses, ( Talibans), au rôle des grandes puissances dans
    le déclenchement de la guerre de 14, ( début du programme de 3e) avec la Russie, l’Angleterre à la fin du XIXe et aujourd’hui les états-Unis, la
    Russie, la France, etc…
    L’objectif que l’on nous conseille serait sans doute atteint mais de
    façon plus cohérente d’un point de vue scientifique.
    Pour les caricatures on peut en trouver de remarquables sur le site du Courrier International… avec des liens vers les sites des caricaturistes anglo saxons.

    http://cartoons.courrierinternational.com/

    La fiche Caroline JS
    La fiche Caroline JS
    La proposition de Nathalie Papadopoulos
    La proposition de Nathalie Papadopoulos
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