Christian Dior, couturier du rêve

Pour les 70 ans de la maison Dior (1947-2017), cette exposition transporte le visiteur dans l’univers du fondateur et des six couturiers de renom qui lui ont succédé comme Yves Saint Laurent qui n’est resté que trois ans, Marc Bohan, Gianfranco Ferré, John Galliano, Raf Simons puis après 2016, Maria Grazia Chiuri.

Les commissaires d’exposition Olivier Gobet et Florence Müller ont choisi un parcours à la fois chronologique et thématique. Les premières salles évoquent Christian Dior, issu de la bourgeoisie de Granville et galeriste proche des artistes parisiens comme Dali, Giacometti ou Cocteau. Sa rencontre avec Pierre Colle puis Marcel Boussac (industriel dans le textile) lui permet de créer sa propre maison de couture en 1947.

Un espace est ensuite dédié aux créations et aux accessoires associés : le modello s’entoure d’objets de mode comme les chaussures, chapeaux, bijoux et parfums, un enchantement visuel décliné selon les couleurs de l’arc-en-ciel. Des espaces thématiques mettent en regard les inspirations et les robes qui sont créées par Dior puis de ses successeurs qui n’ont de cesse de revenir aux premières passions du maître.

Fruit du regard que porte la Belle Epoque sur l’Ancien Régime, les créations TRIANON rappellent l’univers de la cour de Versailles. Les tenues reprennent les jupes, les motifs du grand habit, des traînes sophistiquées, le nœud à la Fontange ou les tonalités des fêtes galantes peintes par Antoine Watteau. Les photographes des grands magazines de modes, Irving Penn dans Vogue ou Richard Avedon dans Harper’s Bazaar, subliment la beauté féminine des stars qui portent les modèles raffinés de la maison Dior assurant une promotion internationale. Une section est réservée aux jardins et au traitement des fleurs, métaphore linéaire de son style.

Chez Dior, les fleurs sont imprimées, piquées, brodées ou suggérées. Les créateurs plongent aussi dans l’univers des plus grands artistes que sont André Derain, Piet Mondrian, Jackson Pollock ou le décorateur de ballet Léon Bakst. Christian Dior a toujours eu le goût de « l’Ailleurs ». Il tire de ses voyages des collections inspirées de l’Égypte pharaonique, des paravents chinois ou des arts exotiques.

Une autre partie de l’exposition se penche sur les métiers de la haute couture. Après avoir franchi une reconstitution de la façade de la boutique, 30 avenue Montaigne, un étagement de modèles de prêt-à porter évoque le travail en atelier, du croquis aux toiles de lin blanches, façonnées et crayonnées avant de couper et coudre dans le tissu imaginé. Un espace spécifique est ensuite réservé à chaque directeur de la maison. La grande nef du musée évoque une salle de bal où se déploient les plus belles créations au service du monde des stars, de Marlène Dietrich, Grace Kelly, Diana à Marion Cotillard. Sur la voûte sont projetés, un ciel idyllique, une pluie d’or, des fresques versaillaises. On se croirait parmi ces étoiles dont les robes, « font rêver et font de vous des créatures de rêve ». 70 ans de création dialoguent avec les sources d’inspiration que sont les tableaux, les meubles et les objets qui marquent une époque et son atmosphère.

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