Blois 2015 – Où en est-on avec Daech? Bilan de terrain

Conférence de Gérard Chaliand Maison de la Magie le Jeudi 8 octobre 2015

Faut-il présenter Gérard Chaliand ? A toutes fins utiles, ce lien assez complet
La présentation de Gérard Chaliand sur Diploweb
auquel il faut ajouter son dernier ouvrage qu’il publie avec A. Blin en septembre 2015 chez Fayard :
« Histoire du terrorisme de l’Antiquité à Daech »

Définition : Daesh en anglais ou Daech : parfois désigné par l’acronyme anglais ISIS ou par l’acronyme arabe Daech (en arabe داعش, Dāʿiš [ˈdaːʕiʃ ] ; transcription anglaise Daesh), principalement par les opposants au mouvement djihadiste.

Quelques rappels: G. Chaliand commence par rappeler l’intervention américaine en Irak de 2003, moment où les néoconservateurs s’imposent, et où les américains triomphent à Bagdad. Le dessein américain de créer « un grand Moyen-Orient » devait commencer par l’Irak, puis on « tordrait le bras à Bachar-El-Assad » et enfin on se retournerait contre l’Iran… Mais voilà : le grand projet a tourné au fiasco. Seule Bagdad a été prise. Le père de G.W. Bush avait décidé de na pas renverser S. Hussein et de prendre Bagdad en 1991, car si S. Hussein tombait, les chi’ites seraient arrivés au pouvoir. Or le gouvernement américain n’en voulait à aucun prix. Les États-Unis dominaient alors le monde d’une manière et dans des conditions qu’ils n’ont plus jamais connues par la suite.

Mais voilà : ce remodelage du « Grand Moyen Orient » a échoué. Les Chi’ites arrivent au pouvoir, Paul Bremer renvoie 300.000 policiers sunnites (membres du parti Baasiste pour la plupart). Les américains décident qu’aucun ancien membre du parti Baas ne sera membre du nouveau gouvernement ; du coup le ressentiment des sunnites chassés du pouvoir est décuplé contre les américains. Comme partout on avait sa carte au parti Baas pour avoir un emploi, pas par conviction politique… Or les sunnites sont au pouvoir depuis le début du XXème siècle et même depuis l’Empire Ottoman. Dépossédés du pouvoir par des hérétiques (Chi’ites et Kurdes) les sunnites refusent d’accepter leur défaite. Car une défaite non admise n’est pas une défaite. Ces sunnites vont continuer à se battre jusqu’en 2005, 2007 et 2008. Ils vont s’inspirer des luttes et guérillas vietnamiennes, cambodgiennes, alors que les États-Unis ne semblent pas avoir retenus les leçons de la guerre du Vietnam. Ils se battent, selon eux, au nom des « musulmans » contre des non-musulmans. Ces ex-baasistes se radicalisent et rejoignent les islamistes.

Daech qu’est-ce ? La base ce sont les « Frères musulmans » (1928 en Égypte), les saoudiens wahabbites qui veulent et soutiennent « l’Ouma ». La crise pétrolière de 1974 leur fournit des revenus inespérés (prix du pétrole X4), ils deviennent riches, construisent des mosquées et des madrasas. L’arrivée de Khomeiny au pouvoir à Téhéran en 1979 permet la naissance d’un état théocratique.

Hors pour les saoudiens, c’est un « hérétique », l’équivalent du « protestant » pour des catholiques de jadis. L’intervention soviétique en Afghanistan va permettre aux sunnites de combattre les soviétiques et leurs alliés au pouvoir à Kaboul, à partir du Pakistan. Il existe bien d’autres minorités fortes combattantes dans la région : comme le Hezbollah au Liban, qui représente 35% de la population libanaise et qui est payée, soutenue par l’Iran, les Alaouites etc. Mais globalement, il faut voir derrière Daech deux grands acteurs : l’Arabie Saoudite et l’Iran. Un troisième acteur est la Turquie, passant pour un « champion du sunnisme ». Mais il aide les combattants djihadistes tout en affirmant les combattre… En 2011 le régime de Ben Ali s’effondre en Tunisie, puis c’est celui de Moubarak, puis cela touche le Yémen, Bahreïn (mais sans effondrement car base de la Vème flotte américaine La Veme flotte, la Libye, puis la Syrie.

La répression s’exerce contre les plus modérés les moins engagés des opposants, ce qui aboutit à ce qu’il n’y ait plus que deux acteurs : Bachar et les djihadistes. Les irakiens qui fuient la guerre en Irak rejoignent la moitié Est de la Syrie (1 million d’habitants dans le Levant irakien contre 20 dans la moitié ouest du pays) . Le front Jabhat al-Nosra allié à Al-Qaïda représente ce groupe historique localement et celui qui dirigerait Daesh actuellement est Abou Bakr al-Baghdadi Le Calife Ibrahim. Or ce dernier rompt avec Al Qaïda au profit des groupes plus révolutionnaires et radicaux. La frontière turque reste ouverte, et pétrole, blessés et bien d’autres choses passent. Daesh s’étoffe, grandit avec l’arrivée des opprimés du régime irakien chi’ite. Mieux, ils défont cette armée d’opérette irakienne, pourtant formée pendant 7/8 ans par les Etats-Unis et qui déserte devant Mossoul en 2014. Suit l’effondrement et le départ de Nuri Al-Maliki en 2014 de son poste de premier ministre d’Irak (depuis 2006) et l’arrivée des volontaires de Tunisie, Libye, d’Egypte, du Yémen, de Syrie, du Caucase et même d’Europe !

Daesh est un mouvement dont le noyau est irakien. Daesh domine la partie sunnite de l’Irak (6 millions d’habitants et 1,5 million en Syrie-partie Est du Levant. [On aurait aimé des cartes et des visuels à ce moment de la conférence,car nous nous demandons qui peut bien suivre cette conférence « hors sol » quasiment, hormis les initiés ?] On territorialise la frontière car il n’y a rien en fait…
Des groupes ailleurs, comme en Afrique subsaharienne, ont rallié Daesh, « cheval au poil plus luisant »(sic) comme Boko Haram. Daecha progressé, avancé sur le centre de la Syrie, pris Palmyre et Nimrud. Mais sur le plan militaire c’est peu. Ce qui les porte c’est la Toile, le Web. Des méthodes nouvelles (barbaries et l’horreur mises en scène) et en même temps très anciennes ( les assyriens rasaient et détruisaient les cités qui ne se rendaient pas, et les mongols agirent aussi de la sorte -parfois peu nombreux, mais la terreur les précédaient-).La vidéo du sacrifice d’un pilote jordanien fut théâtralisée au plus haut point car reprise par les télés en continu : cela tourne en boucle pour affoler le monde (des images sans recul qui provoquent l’émotion, c’est ce qu’ils cherchent).

Les Etats-Unis décident d’arrêter EIIL à Erbil mais sans troupes au sol (voir les bilans des guerres d’Irak et d’Afghanistan qui sont des échecs). Les talibans ont repris les campagnes en Afghanistan, les américains ne tiennent plus que les villes. Ces mêmes talibans y rendent la justice, pas les Etats-Unis ni le pouvoir faible afghan. Les américains partis d’Irak ont échoué et aujourd’hui leur dernière décision de rester en Afghanistan montre une politique hésitante. Paradoxe c’est celui qui est le plus fort (militairement) qui est sur le terrain en position de faiblesse !… Pour les occidentaux, il ne faut pas refaire l’erreur grave de l’entrée en guerre en Libye, en outrepassant les mandats de l’ONU, en liquidant Khadafi et laissant la Libye dans le chaos avec des islamistes au pouvoir !
Dans cette lutte contre Daesh, éviction de V. Poutine ? Les États-Unis jouent actuellement le refoulement+ l’endiguement contre la Russie. Mais si la Russie perd l’Ukraine de sa zone d’influence, elle reprend la Crimée, redonnée à l’URSS en 1954. Et cela presque sans effusion de sang. Les États-Unis ont désormais deux adversaires ; Poutine et Bachar el-Assad.

Pour V. Poutine quel est le problème ? C’est la perte de l’Ukraine pour constituer une très grande alliance russo-asiatique (c’est 20% du PIB de la Russie et son proche étranger). V. Poutine veut reprendre pied en Syrie car l’URSS y fut évincée par Sadate. De plus, ne pas devoir faire face aux djihadistes qui reviendraient par le Caucase soutenus par les saoudiens et les turcs.

Et la Turquie face à Daech ? Elle a refusé longtemps aux occidentaux l’utilisation de sa base d’Incirlik pour frapper Daech en Syrie mais a fini par l’accepter à la fin Juillet 2015 avec toutefois l’exclusion de survol de la zone kurde au nord de la Syrie.

Al Qaîda est-il respectable ? Non selon G. Chaliand. Ils veulent déstabiliser le système/monde occidental. Mais les « idéologies et les convictions ne se bombardent pas » selon lui. L’Afrique subsaharienne est-elle une terre prospère de l’Islamisme et du Djihadisme? Oui. Où sont les écoles, les établissements de soins, les signes tangibles du développement, dans ces territoires, parties d’états ex-colonisés ? Beaucoup de pays se sont sortis de la misère après la décolonisation (Vietnam, la Corée du Sud, Inde, et même la Chine). Mais d’autres geignent, se plaignent ne font rien. Les islamistes ne travaillent pas (sic), ils font la guerre…[des propos qui n’engagent, à mon sens, que le conférencier car ils me semblent contestatbles]

Questions :

  • Daech impliqué dans la Cyberguerre ? Non, les américains, chinois, russes qui espionnent n’ont pas à se soucier de ce côté-là.
  • Buts de guerre de la France ? Des occidentaux ? Se débarrasser de Bachar el-Assad puis de Daech, une politique d’adaptation, mais pas de vision à long terme.
  • Incidence du conflit israélo- palestinien ici ? Rien à voir. Ce n’est pas le sujet.
  • La Tunisie ? Elle ne doit pas tomber dans le panneau islamiste. Mais les opinions occidentales ne veulent plus faire la guerre. Cela coûte beaucoup trop cher et on en a plus les moyens.
  • Qui finance Daech ? L’Arabie Saoudite et surtout des fonds privés. Les guerres d’agression sont contraires aux lois de l’Islam. L’Arabie Saoudite déteste les frères musulmans, l’Égypte, le Qatar et les Turcs aussi.
  • Position de la Chine de l’Inde face à Daech? Ils voient d’un très mauvais œil l’islamisme et son expansion (Pb des Ouighours en Chine, 150 millions de musulmans en Inde). Mais ils n’agissent pas de concert avec les occidentaux. Ils le font en sous-main…

Au total une conférence très intéressante, riche même si beaucoup de ce fut dit était connu d’un public enseignant averti, mais beaucoup moins du grand public. L’austérité (tenue vestimentaire, voile noir en arrière plan, une bouteille d’eau sur la table…) du décor et du conférencier, si elle participe au côté sobre/« noir » de cette intervention ne saurait aujourd’hui s’affranchir de cartes, d’un plan et de visuels permettant aux moins aguerris de cette question de pouvoir suivre, comprendre et prendre leurs notes ! ce qui s’appelle, en d’autres termes plus simplement… de la pédagogie.

Deux autres versions de cette conférence

Deborah Codron
Jean-Michel Crosnier

À propos de l'auteur

Pierre JEGO

Enseignant d'Histoire Géographie au Lycée de La Baule

Blois 2015 – Où en est-on avec Daech ? Bilan de terrain

On ne présente plus Gérard Chaliand. Depuis 1964, c’est plus de 40 ouvrages dont cet universitaire puise la matière dans ses multiples périples, notamment là où les civilisations s’entrechoquent.

Gérard Chaliand est de retour pour la 3e fois au Rendez-Vous de Blois. Après son dialogue avec Rony Brauman l’an passé sur les zones grises du monde :

http://www.clionautes.org/spip.php?page=article&id_article=3287

http://www.clionautes.org/spip.php?page=article&id_article=3297

il récidive dans l’amphithéâtre de la Maison de la Magie plein comme un oeuf pour nous livrer un bilan de terrain du Daech. Fidèle à son personnage de baroudeur universitaire, il nous livre une conférence de 3/4 d’heure debout devant sa table, et sans notes…

– L’appellation :

Daech : acronyme arabe, prononcé le Da(e)ch. Comprendre l’État Islamique, même si le terme Etat n’est pas justifié, tant le projet ne se différencie en fait guère des autres groupes islamistes radicaux.

– L’origine :

Le projet des néo-conservateurs américains qui ont voulu rebattre les cartes du Moyen-Orient avec plusieurs objectifs planifiés à l’avance :
1- Terminer le boulot inachevé de Bush père en prenant Bagdad. 2- Tordre le bras à Bachar El Assad en l’obligeant à une paix avec Israël, le meilleur allié des Américains dans la région. 3- Organiser un changement de régime à Téhéran. On le sait, ce plan déclenché en 2003 a complètement échoué.
Bush père avait compris qu’il ne fallait pas fournir de succès facile à Khomeiny en amenant en Irak un pouvoir chiite. Or en 2003 les dirigeants américains pensent avoir les mains libres – La Russie se débat dans une grave crise économique et existentielle, le Japon est en déclin économique, la Chine n’existe pas encore en tant que grande puissance, et l’UE de toute façon devrait suivre…
La prise de Bagdad a pour conséquence immédiate la marginalisation des sunnites ayant leur carte au parti Baas (20% des Irakiens, face à 20% de Kurdes, non Arabes mais sunnites, et 60% de chiites), écartés du pouvoir alors qu’ils dominent ces territoires depuis l’empire ottoman. Le ressentiment qui s’ensuit fait qu’ils ne vont pas admettre la défaite et continuer la guerre sous forme de guérilla, empêchant les Etats-Unis de contrôler le pays, d’autant que la majorité chiite au pouvoir, théoriquement leur nouvel allié, est aux prises avec une base populaire anti-américaine.

– Les 2 matrices du Daech :

Les Frères Musulmans égyptiens sont dès le début du XXe siècle à l’origine d’un mouvement donnant la priorité au rétablissement de l’umma dans un Etat arabe indépendant des puissances coloniales européennes.
Concurrents et adversaires des Frères pour le contrôle de l’umma et dépositaires des lieux saints de l’islam, les Wahabites sahoudiens (enrichis par le quadruplement des prix du pétrole) n’acceptent pas l’arrivée de Khomeny et de son état théocratique, financent les mosquées et leurs prédicateurs de l’Afrique à l’Indonésie et voient l’arrivée des Soviétiques en Afghanistan en 1979 comme une chance de retrouver le leadership musulman usurpé par l’Iran perse et chiite.
NB : S’y rajoute la Turquie qui se voulait historiquement séculière est s’est proclamée en 2008 « championne du sunnisme ». Ce qui l’amène dans le conflit syrien à aider les factions sunnites anti-Assad et anti-alaouites et donc le Da(e)ch, sa peur principale étant historiquement la sécession kurde.

– Mais de quels succès parle-t-on pour l’Etat islamique ?

En Syrie :
20 M d’habitants sur les 400km à partir de la bande littorale à l’ouest du pays ; 1M sur les 80% restants composés de quelques oasis (Palmyre, Raqqa) et le désert. Echappent donc au Daech : Damas et les grandes villes de l’ouest, le réduit alaouite et la frontière turque, autrement dit l’ensemble viable de la Syrie. On voit ici combien la communication de l’Etat islamique est efficace avec sa cruauté spectaculaire (peu de morts, mais orchestrés, tel le pilote jordanien brûlé vif), pour un groupe pourtant guère plus puissant que les autres groupes djihâdistes, ce qui pointe l’énorme responsabilité des médias occidentaux, facteurs d’angoisse ! D’autant que les Kurdes syriens qui ont eux la volonté de se battre ont réussi à les repousser de Kobané, et apparaissent maintenant aux Américains comme la seule force dynamique susceptible de prendre Raqqa.

En Irak :
Quand le Daech se retourne vers l’Irak chiite et rencontre les sunnites opprimés, il est reçu à bras ouvert et récolte Mossoul, 2ème ville du pays, avec son matériel militaire, son pétrole ses dollars. La conquête de la partie sunnite de l’Irak (6M d’hab.) et du désert syrien (1M) se traduit par des victoires d’autant plus faciles que l’armée chiite s’est enfouie de Mossoul, ce qui aura eu pour résultat de donner au Daech un prestige sans équivalent, attirant ainsi des milliers de jeunes musulmans radicaux du Maghreb et de l’Europe.

– Quelle politique suivent réellement les adversaires du Daech ?

Difficile de caractériser autrement qu’hésitante la politique des Etats-Unis ; Obama a hérité d’une politique d’agression catastrophique que ce soit en Afghanistan avec les Taliban, en Irak avec la chute de Bagdad, en Libye avec la chaos qui a suivi la chute de Khadafi – dont on rappellera qu’elle n’était pas le mandat du Conseil de sécurité dans lequel Russes et Chinois s’étaient abstenus.
La volonté de l’administration américaine de ne pas rajouter la guerre à la guerre n’a fait qu’encourager la radicalité du conflit et quand les troupes US partiront d’Afghanistan, les Taliban qui viennent de prendre une grande ville, Kunduz, et ce pour la 1ère fois depuis 2001, feront à coup sûr leur entrée à Kaboul.

Que peuvent faire les Français, déjà fortement engagés au Sahara et au maximum de leur capacité d’intervention ? Il ne faut pas perdre de vue que le djihâd pourra aussi devenir la solution « magique » à tous les problèmes du Sahara qui voit sa population fortement augmenter.

Les Russes après une politique de blocage diplomatique, sont les nouveaux acteurs sur le terrain. Ils affichent une volonté de combattre y compris au sol pour protéger le littoral avec Tartous, leur seule base du Moyen-Orient avec leur seul allié dans la région leur permettant un débouché en Méditerranée, le Syrien Bachar El-Assad.
N’oublions pas que les Russes ont subi un très grave revers avec la perte actuelle de l’Ukraine (perte de 45 millions de slaves russophones) qui n’est pas compensée par la récupération de la Crimée. Il s’agit pour Vladimir Poutine de revenir dans le jeu international en intervenant pour la 1ère fois hors de son étranger proche et d’apparaître comme un interlocuteur incontournable dans la région.

Conclusion : pendant qu’une partie du monde musulman rêve de puissance, une autre partie, qui n’a pas de pétrole, travaille, se développe (Asie du sud et de l’est notamment) et voit d’un mauvais oeil toute extension territoriale du Califat qui pourra inspirer ses propres minorités musulmanes.
En bref, pour Gérard Chaliand, « on ne bombarde pas les idéologies. La solution, c’est le développement ».

Gérard Chaliand se situe clairement dans le camp des « réalistes ». Pour lui, quitte à frapper, il fallait frapper en Syrie dès la 1ère année quand l’opposition modérée se structurait et présentait une alternative crédible au dictateur syrien. Mais ni les Américains, après les errements de Bush fils, ni les Européens échaudés depuis les guerres coloniales, n’en ont l’envie ou les moyens. La morale ne pouvant servir de politique efficace, il faudra donc pactiser avec le diable (Assad) et accepter le retour en force de la Russie et de l’Iran.
On peut bien sûr ne pas partager ses options, le considérer comme cynique, mais ses analyses ont le mérite de montrer qu’il n’y aura pas de solution juste ou acceptable moralement au conflit.

Pendant ce temps, des centaines de milliers de réfugiés frappent aux portes de l’UE…

Jean-Michel Crosnier, © Clionautes.

À propos de l'auteur

Jean-Michel Crosnier

Prof HG / EMC au lycée du Grésivaudan, Meylan-Grenoble Intérêts scientifiques : totalitarismes ; histoire et géographie culturelles ; géohistoire ; questions géopolitiques ; révolution numérique Membre du comité éditorial des Clionautes pour les questions géopolitiques et numériques ; clio-carto ; clio-news Membre du comité scientifique du Festival de géopolitique de Grenoble    

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