Agriculture et élevage en Gaule

Patrice Méniel (CNRS, ARTEHIS) et Véronique Zech-Matterne (Muséum National d'Histoire naturelle)

Agriculture et élevage en Gaule

Contrairement aux idées reçues, les Gaulois vivaient davantage de l’élevage que de la chasse. Certes, le sanglier occupe une place importante dans la mythologie celtique mais l’animal lui-même est très peu consommé et ses restes sont très rares dans les sites. Le milieu est différent de celui qu’on imagine. À l’époque, il n’y a ni lapin, ni chat domestique ; le rat noir n’apparaît qu’au Ier siècle avant notre ère. Par contre, la volaille, l’âne, la poule, le paon sont connus des Gaulois.

A l’âge du Fer, les animaux domestiques sont petits et graciles.

Dans la ferme gauloise de la Verberie dans l’Oise, des amas d’os découverts aux abords des bâtiments témoignent de la découpe domestique de porcs et de moutons, alors que des dépôts d’os situés plus loin rassemblent des restes de la découpe collective de bœufs et de chevaux, dont la viande a sans doute été partagée entre plusieurs unités d’habitations.

À Acy-Romance, on a pu établir que la chasse concernait surtout cerfs, chevreuils et lièvres. Bien d’autres animaux, dont plusieurs susceptibles de fournir des fourrures, loup, castor, renard, loutres, sont également capturés mais en petit nombre. La belette a pu être apprivoisée pour chasser les souris, le chat domestique n’étant pas encore présent en Gaule.  On pêchait le brochet. On mangeait du chien. Autre étrangeté, sur les 85.000 os recueillis, quelques rares restes humains ont été découverts, dont quatre découpés ou cuits.. Comment interpréter ces rares indices d’anthropophagie ? Est-ce un acte rituel ? Ou un acte lié à une consommation de crise ? Sur la place centrale, des têtes et des rachis de bovins ont été découverts, ce qui laisse entendre qu’on pratiquait une découpe collective sur place avant de partager au village. Lors des funérailles des animaux, des porcs surtout, étaient sacrifiés et les Gaulois en plaçaient une partie dans la tombe, une autre était incinérée et une dernière consommée lors du buffet funéraire. On a découvert également que des animaux de compagnie, des petits chiens en l’occurrence, pouvaient être incinérés puis enterrés avec leurs maîtres.

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À propos de l'auteur

Déborah Caquet

Professeur agrégée au Lycée de la Vallée de Chevreuse (Gif-sur-Yvette, 91). Intervenante régulière dans le Supérieur (chargé de TD en L3 Géopolitique, jurys de concours, etc.) Présidente des Clionautes.  

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