Cette conférence claire et structurée nous présente les forces spéciales à travers trois parties : définition générale et américaine des forces spéciales et des opérations spéciales; puis âge d’or des forces spéciales avec Obama; et enfin question de leur avenir avec Donald Trump.

I/ Définition des forces spéciales et des opérations spéciales.
Suivant la définition de l’OTAN en 2003, les forces spéciales sont des forces “spécialement désignées, organisées, sélectionnées, entraînées et équipées” qui utilisent des techniques clandestines ou discrètes et des modes d’action non conventionnels, avec un niveau de risque énorme, dans un contexte hautement hostile.
Ces forces, considérées comme des unités d’élite, ont six différences majeures avec les actions commandos :
1) rechercher l’effet décisif.
2) volume réduit de forces
3) mode d’action non conventionnel
4) maîtrise de la violence
5) confidentialité des unités et du personnel
6) contexte hautement périlleux.

Aux Etats-Unis, la création de l’USOCOM (ou SOCOM) date de 1987 sous Ronald Reagan après les échecs de la libération des otages en Iran en 1980 et de l’invasion de la Grenade en 1983.
Il existe d’ailleurs depuis 1986 un sous secrétariat d’état aux opérations spéciales et aux conflits de basse intensité. L’USOCOM a vocation à intervenir dans des zones hostiles ou sensibles, aussi bien en temps de paix que dans le cadre d’un conflit et avec des moyens non conventionnels.
Il ne faut pas confondre opérations spéciales et opérations clandestines, qui, elles, sont dans un cadre non légal et non réglementé. Les opérations spéciales ont un rapport coût/efficacité exceptionnel !

Toujours aux Etats-Unis elles ont 10 missions :
1) reconnaissance
2) action directe.
3) antiterrorisme
4) évacuation des ressortissants.
5) opérations humanitaires et développement
6) guerre psychologique et de l’information
7) contre prolifération nucléaire
8) instruction et entraînement de forces étrangères
9) récupération au combat
10) déception tactique. Dans le domaine militaire, la déception désigne les principes stratégiques et tactiques, et les moyens techniques destinés à tromper l’adversaire. La déception englobe la dissimulation et la simulation.

II/ Age d’or sous Obama (janvier 2009/janvier 2017)
Les forces spéciales ont un outil cohérent et institutionnalisé dans 3 pays : Les Etats-Unis; le Royaume Uni et la France. En mai 2011, c’est la SEAL TEAM 6, élite des forces spéciales qui élimine Oussama Ben Laden au Pakistan.

Aux Etats-Unis depuis 2016, elles fonctionnent en autonomie totale des commandements régionaux. Elles n’ont “plus de périmètre géographique restreint mais couvrent l’ensemble de la planète.” Elles sont particulièrement présentes en Syrie, en Irak, en Libye, au Yémen, en Somalie et en Afghanistan.
De janvier 2009 à janvier 2013, elles passent de 60 à 120 pays, de 9 à 11 milliards de $ de budget et de 56.000 à 70.000 hommes. Elles existent dans l’US Air Force, dans l’US Army, dans les Marine Corps et dans l’US Navy. Elles augmentent et sont des forces “agiles, flexibles et prêtes à réagir” au moment où dans la stratégie globale de défense les forces conventionnelles voient leurs moyens se réduire pour des raisons financières.

III Quel avenir avec Donald Trump ?
En janvier 2017, on se pose la question de savoir si Donald Trump va renforcer les forces spéciales pour lutter contre le djihadisme. La réponse est OUI ! Elles sont présentes dans 149 pays et par exemple déployées en 2018 au Niger et en Centrafrique. Elles contribuent à la chute de l’Etat Islamique à Mossoul (Irak) en octobre 2017; et Donald Trump augmente les effectifs et les salaires militaires en décembre 2017. En 2018, leur budget est de 13.6 milliards de $, soit encore une augmentation de 10% !

Conclusion:
Dorothée Lobry conclut que non seulement le rôle des forces spéciales est accru, consolidé et confirmé par Donald Trump; mais que leur déploiement à la surface de la terre s’étend de manière continue. On peut critiquer qu’elles ont “un permis pour tuer dans l’ensemble de la planète”; mais elles sont aussi plus rapides, plus efficaces et plus réactives que les forces conventionnelles. Leur avenir est donc prometteur !