Idées de visites et de lectures autour de l’architecture des années 1930

Vous trouverez ci-dessous des idées pour une sortie scolaire ou privée sur le thème ainsi que des pistes de lecture pour prolonger ces visites.

Le musée des Années 1930

Pour qui s’intéresse à la période de l’entre deux guerres et aux arts, une visite s’impose : celle du Musée des années 30 à Boulogne Billancourt. Dans cette ville s’est élaboré un langage architectural propre à cette époque : des ateliers d’artistes construits par les pionniers de l’architecture (Le Corbusier, Mallet-Stevens), des usines automobile, aéronautiques, des studios de cinéma, aussi. Musée municipal, installé à l’origine dans les locaux de l’hôtel de ville, le Musée des années 30 a été créé en 1939 par le docteur Albert Besançon, premier conservateur, dans le but de regrouper des collections assez disparates concernant le patrimoine culturel et industriel de Boulogne-Billancourt. Installé en 1998 dans les nouveaux locaux de l’Espace Landowski, le musée possède 3 000 m2 de surface d’exposition et présente 800 peintures, 1 500 sculptures, 20 000 dessins, ainsi que du mobilier, des céramiques, des maquettes, des affiches originales et documents d’archives. Pour ceux qui s’intéressent à l’art colonial, il est bon de savoir que le Musée des Années 30 présente une série d’œuvres orientalistes (peintres du Ministère de l’Outremer et des Colonies ou boursiers de la Villa Abd-El-Tif). C’est un beau musée qui a le mérite d’être de taille humaine. Les professeurs enseignant l’histoire des arts en lycée (en classe de première et de terminale) y trouveront matière à construire des séquences (Les architectes et la ville, par exemple).

Une promenade architecturale

A l’issue de cette visite, une envie tenace vous prendra : visiter les bâtiments dont vous avez pu admirer les maquettes. L’office du tourisme (Boulogne Billancourt Tourisme, 20 boulevard Jean Jaurès. 92 100 Boulogne Billancourt. 01 35 18 50 50) met à la disposition des visiteurs un petit guide de promenades pour parcourir le patrimoine de Boulogne (mais aussi celui de 10 villes situées le long de la Seine). Il propose aussi à certaines dates des visites guidées de ce parcours architectural. Le parcours des années 30 de Boulogne Billancourt propose de cheminer à travers la ville et de découvrir pas moins de 29 réalisations architecturales : Hôtel de ville de Tony Garnier dont l’aménagement intérieur a été confié à Jean Prouvé, des groupes scolaires, des habitations à bon marché, la villa Gordin de Auguste Perret (villa atelier du sculpteur), les villas Lipchitz et Miestchaninoff de Le Corbusier, la villa Collinet de Mallet-Stevens…

Pistes de lecture

A défaut de disposer du temps pour rendre visite à la fondation Le Corbusier (8-10 square du Docteur Blanche, 75016 Paris. 01 42 88 41 53) installée dans la villa Roche, le visiteur pourra prolonger la visite chez lui par la lecture de deux petits guides édités conjointement par Birkhaüser et la Fondation Le Corbusier.

Deux des œuvres de l’architecte font l’objet d’un opus : la villa Savoye et la chapelle Ronchamp (postérieure à la seconde guerre mondiale).
En une centaine de pages, les deux auteurs : Jacques Sbriglio (architecte urbaniste, professeur à l’école Nationale d’architecture de Marseille – Luminy) et Danièle Pauly (professeur à l’Ecole Nationale d’Architecture de Paris Val de Seine) présentent chacun un parcours de visite illustré avant de faire la genèse et l’histoire de la réalisation. La description des lieux est précise et permet au lecteur de suivre sans problème la visite d’un lieu qu’il n’a pas sous les yeux. L’histoire du projet et de sa réalisation s’appuie sur l’exploitation des archives de la Fondation Le Corbusier. Les « œuvres complètes », éditées du vivant de Le Corbusier, permettent de montrer les différentes étapes par où sont passées les projets.

La villa Savoye (1928 – 1931), dite aussi « Les Heures Claires », a été édifiée à Poissy (près de Paris). Résidence individuelle privée, elle est le symbole de la synthèse des thèses urbanistiques de Le Corbusier : celle de la « pureté totale ». Située sur une colline au milieu d’un parc, la villa est la mise en application des cinq points d’une architecture nouvelle, formulés par Le Corbusier : pilotis, fenêtre en bandeau, plan libre, façade libre, toit – terrasse. Le Corbusier a joué sur les ombres et les lumières des pilotis ou des fenêtres en bandeau. Cette maison manifeste est issue d’une commande banale : celle d’une maison de campagne pour la famille Savoye. La réalisation sera longue et ponctuée de mésaventures, liées essentiellement à des problèmes d’étanchéité. Abandonnée pendant la seconde guerre mondiale, elle doit faire l’objet d’une expropriation (en 1959) pour y construire à la place un lycée. Grâce à une mobilisation internationale, la villa est sauvée, classée, rénovée en 1965, seulement (après la mort de Le Corbusier).

La chapelle de Ronchamp est le premier projet d’architecture religieuse de Le Corbusier et le seul, avec le couvent de la Tourette, réalisé de son vivant. C’est aussi une œuvre manifeste. Dessinée en 1950 et achevée en 1955, cet édifice s’élève sur la colline de Bourlémont, à proximité de Belfort et de Vesoul sur un lieu de pèlerinage consacré à la Vierge. La chapelle a suscité beaucoup de réactions au moment de sa construction en raison de son aspect novateur : utilisation du béton brut de décoffrage alliée à des formes organiques. La chapelle est qualifiée par la presse de « garage ecclésiastique », de « pantoufle », de « bunker », d’ « abri anti-atomique »… C’est pourtant aujourd’hui le bâtiment de Le Corbusier le plus visité par les amateurs d’architecture et par des pèlerins (doté d’un chœur extérieur, l’édifice peut accueillir la foule qui vient pour assister aux grandes fêtes mariales). L’ensemble répond à la technique du « modulor » (notion architecturale inventée par Le Corbusier en 1943. Silhouette humaine standardisée servant à concevoir la structure et la taille des unités d’habitation). La chapelle est à voir comme « une œuvre de plastique, de plastique acoustique » cf. Le Corbusier. La lumière est le matériau par excellence.

Ces deux ouvrages rendent hommage à Le Corbusier et permettent au lecteur d’aller plus loin que la Charte d’Athènes appliquée aux grands ensembles et des défauts qui se sont révélés à l’usage.

Autres pistes de lecture :

Xavier Guillot, Christian Garrier, Firminy – Le Corbusier en héritage, Publications de l’Université de Saint-Etienne, 2008, DVD.

Tim Benton. Les villas parisiennes de Le Corbusier 1920-1930. L’invention de la maison moderne. Editions de la Villette, 2007.

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À propos de l'auteur

Catherine Didier-Fevre

Professeure agrégée d’histoire - géographie au Lycée Catherine et Raymond Janot (Sens, 89 100) Chargée de cours à Paris IV Sorbonne et Paris Ouest Nanterre La Défense. (géographie des espaces périurbains, épistémologie de la géographie, préparation à l’analyse de situation professionnelle du Capes). Correspondante PUCA (Les territoires périurbains : de l’hybridation à l’intensité ?) Programme de recherche mené par les universités Paris ouest Nanterre La Défense, Paris I, Cergy, Caen …

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