FIG 2016. « Atelier numérique « De ma ville à l’espace-monde, une intégration accélérée des territoires dans une ère de mobilité»

Compte-rendu de l’atelier de C. Ridel et M. Merlet, professeurs respectivement aux lycées Marguerite Duras d’Hô-Chi-Minh-ville et Lyautey de Casablanca, tous deux établissements du réseau AEFE.

Une salle remplie, beaucoup de collègues de lycées et de Collège, des inspecteurs pédagogiques régionaux et généraux de l’Education nationale (C. Biaggi notamment).

Projet né au FIG de 2015. Buts : Mettre en relation des élèves de deux classes de seconde pour les amener à prendre conscience de l’insertion de leur ville dans un espace mondialisé.
Originalité : travailler en duo au Lycée de Casablanca et au lycée d’Hô Chi Minh ville. Projet en classe de seconde, « Aménager la Ville » ou éventuellement en Terminale, Thème 2 les dynamiques de la Mondialisation.
Objectifs :Utilisation d’un SIG, produire une analyse géographique et s’initier au raisonnement multiscalaire. Récupérer des informations à partir de ressources en ligne et les traiter de manière collaborative Cartographier les flux maritimes et/ou aériens pour appréhender un monde de mobilités. Produire une synthèse sous forme de croquis ou de schéma.
Ressources : deux SIG sous formes de logiciels installés Google Earth et QGIS 2.14 (logiciel libre), site marine-traffic.com pour le suivi des bateaux, Framacalc et tableur collaboratif en ligne, et un blog pour les consignes et le tutoriel, utilisation d’Inkscape et de l’application sous Androïd Oruxmap https://play.google.com/store/apps/details?id=com.orux.oruxmaps&hl=fr

1/ Mobilités spatiales et dynamiques urbaines de l’espace vécu : Comment l’élève peut-il inscrire ses mobilités dans un espace Vécu et prendre conscience des dynamiques spatiales de sa ville ?
Objectifs : Faire travailler les élèves sur leurs mobilités pour définir les notions d’espace vécu/perçu et reproduire les anciennes limites de la ville (inscription de l’espace dans le temps)
Démarche pédagogique :
Rappel pour la mobilité spatiale de l’élève vis-à-vis de son établissement : sur Google Earth, l’élève doit placer sept épingles : – le lieu de son domicile – 3 lieux personnels -3 lieux importants de la ville 1 fichier kml par élève. Puis on agrège le tout (ce peut être le travail d’un élève), qui produit alors trois kml avec des infos anonymisées : un avec tous les domiciles, un avec tous les lieux personnels, un avec les espaces perçus comme importants.
Même chose pour Hô Chi Minh ville ; données agrégées dans QGIS. Visualiser l’espace vécu et les déplacements. Les lieux se regroupent et cela étonne les élèves. On peut faire une carte en oursin avec QGIS. Mais deux logiques différentes : Lycée Lyautey est au centre de Casablanca, Hô Chi Minh ville est plus loin du centre. Ainsi il est possible de matérialiser les temps de trajets et les distances !
Ce travail amène une dimension temporelle à la construction de la carte. On fait apparaître 3 cartes à différentes époques ; une fois calée, on trace un polygone pour chaque carte. Comme précédemment, le polygone est exporté en kml et introduit dans QGIS en couche vectorielle
. Puis on voit les étapes de l’expansion urbaine, avec un axe urbanisé jusqu’à l’aéroport.
Pour Hô Chi Minh Ville, le 1er urbanisme remonte à 1790. On suit ensuite l’extension de la ville, les grands monuments historiques et l’extension des réseaux de transport. Intérêt de changer d’échelle, structurer l’information pour donner du sens à l’espace.

2) Cartographier des flux maritimes et /ou aériens pour appréhender un monde de mobilité : De l’espace de ma ville à l’espace-monde, on peut prendre les flux maritimes, aériens et Internet ;
Comment faire ? Mettre les élèves en binôme, 1 du Lycée Lyautey de Casablanca, l’autre du lycée français Marguerite Duras d’Hô Chi Minh-ville ;
On va sur le site de CMA/CGM, on peut voir les routes maritimes et les hubs.Puis sur le site marinetraffic.com chaque binôme va suivre un bateau et relever ses positions dans le tableur an ligne Framacalc sur une durée d’environ 3 semaines.
On exporte au format CSV. Chaque CSV, qui contient donc des relevés à date précise avec de longitudes et des latitudes, est introduit dans QGIS ; des points apparaissent qui sont les positions relevées et donnent des routes.
Il devient possible de cartographier les flux maritimes, les hubs, voir la grande route est/ouest de l’Asia Line. Idem pour les câbles pour les flux internet : on note une adéquation entre flux maritimes, et ceux des câbles pour Internet !
On peut aussi réaliser des captures d’écrans des flux aériens à l’échelle mondiale, réalisées avec QGIS. Voir tutoriel de Laurent Jégou pour la carte du trafic aérien… www.portailsig.org/content:qgis-concevoir-une-jolie-carte-de-flux Les données peuvent être récupérées au format CSV sur le lien suivant : www.undertheraeder.com/2014/10/flow-mapping-with-qgis.html les élèves peuvent voir que Casablanca peut être non seulement 1 hub portuaire mais aussi aérien ! ces deux cartes permettent de mieux comprendre la notion de Hub et de visualiser ce « monde qui va plus vite ».

3) Produire une synthèse sous forme de croquis ou de schéma : il faut concevoir une production graphique papier (épreuves de croquis au BAC).
La construction du rapport aux espaces se fait en agrégeant les informations suivantes dans QGIS :
-carte des mobilités des élèves et pour les flux maritimes par groupes les élèves relèvent des éléments comme les terminaux portuaires, les zones industrielles, les grands axes de communication , etc
– Les trajets des navires ainsi que les hubs aériens.
– On y ajoute les câbles et les points d’accès internet sous la forme d’une couche vectorielle fournie par les enseignants et disponible sur le blog http://kanaga.ridel.org/wp-content/uploads/2016/04/Cables-1.zip)
En dernier lieu, on utlise Inkscape ou Libre Office Impress voire Microsoft Powerpoint pour produire 1 schéma ou un croquis de synthèse. Pour aller plus loin : capsules audios et vidéos permettant de travailler sur l’époque coloniale. L’intérêt pédagogique est de pouvoir conseiller et corriger, travailler le regard critique sur différentes versions

Conclusion : quels apports ? – Initiation à l’analyse géographique -jouer sur les changements d’échelle – travail de collaboration hors contrainte du temps de l’espace classe –créer un blog Difficultés limites : – gestion du temps. – gérer la progressivité des apprentissages et de la maîtrise des outils.
Au total un magnifique exposé, clair, fouillé, et qui offre de multiples pistes pour travailler avec… le numérique. Chapeau à Cédric Ridel et Mathieu Merlet !
Pour les Clionautes, Pierre Jégo, le 10 octobre 2016.

Au total un magnifique exposé, clair, fouillé, et qui offre de multiples pistes pour travailler avec… le numérique. Chapeau à Cédric Ridel et Mathieu Merlet !

Pour les Clionautes, Pierre Jégo, le 10 octobre 2016.

À propos de l'auteur

Pierre Jego

Enseignant d'Histoire Géographie au Lycée de La Baule

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