FIG 2015: « Des outils au service de la géographie à découvrir ou à redécouvrir »

Comme chaque année, le FIG présente à travers ses nombreux stands, des outils au service de la géographie. Bien que la plupart des exposants ont fait des mini-conférences pour le public, j’ai souhaité quant à moi, glaner des informations directement à la source. Ce que je vous propose de découvrir ou pour certains, à redécouvrir.

1) La star des stars : EguGéo

Quatre projets sur neuf présentés dans le cadre des Ateliers TICE au FIG 2015 ont utilisé EduGéo. C’est dire son degré de popularité.

En effet les atouts du logiciel EduGéo sont nombreux. Au tout premier plan, il est gratuit pour les enseignants et leurs élèves. Il suffit de s’inscrire et le tour est joué. Il faut également noter sa très grande fluidité si, et seulement si, la connexion internet le permet. Enfin et surtout, comme de nombreux enseignants l’utilisent, on peut facilement trouver des exemples, des fichiers même pour s’entrainer. Sa simplicité d’utilisation aussi en fait un outil que les enseignants adoptent rapidement. Il n’y a pas besoin d’avoir une « formation poussée » pour peu que l’on sache cliquer. Il ne faut pas oublier de préciser que depuis peu, EduGéo existe aussi en version tablette toujours gratuitement.

Le point négatif en revanche me semble être sa présentation comme outil cartographique pour réaliser des croquis. A première vue oui, il intègre des outils de dessin, mais ces derniers sont loin de pouvoir produire un croquis de géographie. Ils sont certes intéressants, même utiles pour créer des relevés. Cependant il est dommage qu’avec un tel investissement, personne n’ait songé à proposer une véritable boîte à outils type logiciel de dessin. On regrettera enfin la carte de France qui s’arrête aux frontières comme si notre cher pays était une île. Comment étudier le coin des trois frontières France/Suisse/Allemagne dans le sud de l’Alsace ?

Il n’en demeure pas moins qu’EduGéo qui a des fonctionnalités de type SIG pourrait bien servir à nos élèves car, il est gratuit et en plus ne demande pas de véritable formations. Nos élèves pourraient en tirer un réel bénéfice.

2) OpenStreetMap : la carte libre et participative

OpenStreetMap est un produit moins utilisé par les enseignants et pourtant. Oui, ses applications sont nombreuses et variées. De l’étude de l’espace proche aux contrées lointaines, cet outil ouvre de réelles perspectives. Des perspectives d’autant plus intéressantes que contrairement à EduGéo, il est totalement libre et gratuit. Nos élèves pourraient donc y avoir recours même après avoir quitté les bancs de l’école.

Le plus gros bémol concerne cependant son orientation qui n’est visiblement pas en direction des scolaires.

En effet au cours de mes échanges avec les personnels du stand, il est apparu que plusieurs enseignants avaient fait des projets avec cet outil. Mais, aucune liste n’en avait été dressée, les travaux ne sont pas accessibles et bien plus, personne n’a été en mesure de m’en dire davantage. Sinon que de reconnaitre qu’effectivement, il aurait été judicieux de présenter un onglet qui recense lesdits travaux scolaires afin que chacun puisse s’en inspirer et pour, en quelque sorte avoir une vitrine autant qu’une fenêtre ouverte sur l’école.

Gageons qu’au FIG 2016 cette lacune soit comblée, sinon quel intérêt de se présenter à une telle manifestation.

3) Canopé la mal aimée ?

Ses publications seraient inutiles disait hier encore la cour des comptes après analyse scrupuleuse du budget de l’éducation nationale. Canopé un club assez fermé qui ne produit que pour lui-même devait-on entendre de la part de ses détracteurs.

Oui peut-être. Mais c’est un homme disponible, aimable que j’ai pu rencontrer au FIG 2015. M. Schwartz Alain est conscient des reproches qui sont faits à Canopé mais il a tenu à mettre en avant les ressources qui sont mises à la disposition du public. Celles qui nous concernent directement ce sont les publications faites pour et autour des FIG depuis 1999. Une véritable mine !

Voici l’adresse : https://www.reseau-canope.fr/fig-st-die/accueil.html

Des résumés, des vidéos pour les manifestations les plus récentes, pour celles et ceux qui sont intéressées, un petit tour sur ce site va les ravir.

4) Le SNCF au FIG ?

La SNCF au FIG 2015 cela peut surprendre. Hormis qu’elle a certainement contribué à acheminer de nombreuses personnes à Saint-Dié-des-Vosges que peut-elle proposer ?

A l’accueil, deux jeunes gens très sympathiques, sont visiblement étonnés par ma question : « la SCNF au FIG pourquoi ? ». Et ce ne sont pas les quatre grands panneaux qui décorent le mur qui facilitent la communication. En effet, deux grandes tables ont été disposées devant, empêchant tout cheminement et donc découverte. On retrouve dans ces dispositions un peu le cheminement de la SNCF qui, pour un Marseille – St-Dié, m’a fait « découvrir » Strasbourg ! Heureusement, nos jeunes étaient disponibles et « incollables » sur les travaux qu’ils présentaient.

De quoi s’agit-il ? D’une utilisation de SIG pour d’une part permettre l’évaluation des risques naturels sur le parcours des lignes et d’autre part une surveillance du réseau ferré. La demoiselle, doctorante, m’a présenté le fruit de ses recherches qui justement s’appuient sur les risques naturels qui peuvent toucher le réseau ferré. On pense notamment aux inondations, mais tous les autres risques sont étudiés car, la répercussion sur les lignes est sans appel. Un travail passionnant dont elle promet que le résultat va être mis en ligne à disposition du public. Et c’est là que l’enseignant est concerné car il pourra s’appuyer dessus pour construire ses études de cas. Des études de cas réelles parce que toutes les régions françaises sont traversées par au moins aune voie ferrée.

Quant au jeune homme, ses travaux concernent l’entretien du réseau ferré toujours avec l’aide de SIG. Une approche méconnue et pourtant très intéressante puisqu’elle s’attache par exemple à mesurer le degré de pollution engendré par le désherbage à l’aide de produits chimiques. Malheureusement, pour l’heure il n’est pas prévu de mettre ces données en libre accès. C’est bien dommage car là aussi, les enseignants pourraient les exploiter.

En conclusion, si la SNCF a véritablement sa place au FIG, on pourra regretter que l’ouverture vers l’enseignement ne soit pas à la hauteur des travaux qu’elle y présente. Espérons que ces quelques lignes puissent ouvrir des perspectives !

5) M@ppemeonde l’incontournable ?

M@ppemonde, la célèbre, a résolument pris le tournant du numérique devait d’entrée annoncer Laurent JEGOU, co-directeur de la revue Mappemonde, Université de Toulouse.

Une revue accessible et gratuite allait-il marteler. Une revue qui a été entièrement numérisée. Non seulement les nouveaux numéros mais tous les numéros depuis 1986. Un véritable bonheur notamment pour les nostalgiques des chorêmes. Des nostalgiques qui peuvent y relire un article de Roger BRUNET intitulé « D’une erreur commune à propos de cartes et de modèles ». Article dans lequel il précise : « En matière pédagogique (ou plus généralement de communication), j’y vois même un grave danger potentiel pour les élèves et les étudiants: se satisfaire d’une forme grossièrement simplifiée pour y coller de vagues données elles-mêmes simplifiées et mémorisées provisoirement et sans principes ni ordres de grandeur ». Reproduit ici : http://mappemonde.mgm.fr/num2/articles/art04207.html

C’est dire que l’on peut effectivement suivre l’évolution de cette revue depuis sa création. Et c’était là, le véritable angle d’attaque de Laurent JEGOU. Il nous l’a retracée avec la clarté qui caractérise ses interventions. Pressé par un timing bousculé, il n’en a pas moins su intéressé son public. En effet, sa présentation placée normalement à 11h45mn a été réduite parce que d’autres avant lui….

Ce qu’il faut retenir de cette mini-conférence, ce sont les évolutions et adaptations au numérique de la revue Mappemonde devenue M@ppemonde et que chacun pourra découvrir ou redécouvrir avec grand profit à l’adresse : http://mappemonde.mgm.fr/

À propos de l'auteur

Jacques MUNIGA

- Doctorat en géographie 1983 + D.E.S.S. droit aménagement et urbanisme 1983 - Doctorat en géographie 1995 - TZR en histoire-géographie au départ puis un accident de trajet (27 mois arrêt de travail)une reprise très diffcile en octobre 1999 ; enfin, un poste fixe au lycée H. Daumier à Marseille. Arrêt total des recherches à cause des séquelles de mon accident. Une reconversion vers le "croquis de géographie" à travers …

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