Les Clionautes soutiennent la pétition sur l’allégement des programmes d’histoire de géographie au collège comme au lycée pour l’année 2013.

http://histoiregeo-urgence-allegements.net/

Bien des remarques qui figurent dans cette pétition tombent sous le sens et rejoignent les préoccupations qui ont été exprimées par la quasi-totalité de la profession. Au niveau du collège, comme au niveau du lycée, ces programmes qui ont été rédigés dans la précipitation, sans tenir compte des résultats des consultations qui ont été effectuées au préalable, ont généré un profond mécontentement.

Toutes les associations professionnelles, tous les syndicats, de très nombreux acteurs du monde éducatif ont souligné les difficultés que nous avions à les mettre en œuvre au niveau de nos classes.

Mais signer cette pétition, dans notre esprit, n’est qu’une première étape :

la question qui est posée ici, indépendamment de la lourdeur des programmes, est bien celle qui pour nous est vitale, des conditions de leur mise en œuvre.

Dans les conditions de leur mise en œuvre nous entendons tout d’abord un volume horaire suffisant pour notre discipline. La réforme des lycées a tout de même amputé d’un tiers le volume horaire destiné à nos disciplines dans les séries scientifiques.

Nous souhaitons également intervenir sur l’élaboration des contenus, leur formulation et surtout leur cohérence globale.

Comment par exemple traiter du communisme et du socialisme en en Allemagne en terminale si le programme de première escamote la révolution russe ?

Comment concevoir une séquence sur : « gouverner la France depuis 1945 », si la question du régime de Vichy a été à peine esquissée l’année précédente ?

De la même façon, on comprend difficilement que le Proche-Orient soit présenté de façon globale en terminale, alors que les racines de la situation au Proche et au Moyen-Orient après 1945 trouvent leurs origines dans les règlements de la paix après 1919 ?

Au niveau pratique, la lourdeur de ces programmes empêche tout approfondissement et surtout toute utilisation des technologies numériques, privilégiant en cela un cours frontal. La suppression des modules en seconde a porté un coup fatal aux séances en salle informatique par exemple.

Ce sont toutes ces questions de cohérence qui, au fil des discussions et des échanges sur la liste de diffusion professionnelle H français, nous ont amené à exprimer, et de façon très claire, un point de vue critique sur les programmes qui nous ont été proposés depuis 2010.

Ces programmes participent d’ailleurs d’une réforme des lycées largement discutable et sur laquelle il convient à notre sens de revenir.

La mise en place de différents enseignements d’exploration ou de systèmes d’aide personnalisée s’est effectuée au détriment des contenus disciplinaires. Cela n’est pas dénué de conséquences, une fois sortis de l’enseignement secondaire. pour des élèves qui y ont été privés d’ouverture et de démarche critique,

C’est parce que l’association des Clionautes envisage les contenus disciplinaires dans une démarche globale que nous avons été amenés, et à plusieurs reprises, à prendre des positions extrêmement claires sur toutes les questions qui relèvent de notre cœur de métier.

Que cela relève d’une volonté d’instrumentaliser l’histoire à des fins de commémoration ou qu’il s’agisse de développer comme approche géographique des modes changeantes au gré des rapports de force entre écoles universitaires et courants environnementalistes, nous préférons garder sans cesse présente à l’esprit la place de nos disciplines dans la formation des citoyens.

Et c’est bien entendu sur cette place privilégiée de nos enseignements que nous affirmons notre identité d’association professionnelle engagée dans le débat public.

Bruno Modica

Président des Clionautes