Donner à voir le monde et les paysages, voilà qui prend désormais un autre sens pour l’enseignant doté d’un ordinateur et d’une connexion internet. Les cours de géographie deviennent survol de la planète pour 24 paires d’yeux émerveillés, le globe devient objet d’appropriation, la géographie plaisir de la découverte sans cesse renouvelée pour les nombreux élèves qui ont téléchargé à leur tour le programme utilisé en classe.

La terre avec NWW
La terre avec NWW

Définitivement au dépôt les cartes et globes traditionnels ? Je serais tentée de le croire après une année d’utilisation intensive en classe de programmes permettant de parcourir la Terre à partir de photographies satellites de qualité et surtout d’une simplicité d’accès étonnante.

De Terra explorer à Nasa World Wind

Il y a quelques années ( ?), Terra explorer de Skyline ( rebaptisé navigalis) adopté par le Conseil général des Côtes d’Armor avait ouvert la porte à cette découverte virtuelle de la terre.

Les villes américaines avec Terra explorer
Les villes américaines avec Terra explorer
Il présentait le défaut d’être un logiciel propriétaire, assez lourd et nécessitant de régulières mises à jour, surtout limité dans ses possibilités d’utilisation aux collectivités qui l’avaient acquis.

Au-delà des très belles images de l’ouest français, de son utilisation possible pour une approche virtuelle des grandes agglomérations américaines, cet outil ludique proche des jeux de simulation aérienne restait limité dans son utilisation pédagogique : par exemple, en classe de 6e, l’approche du modèle de la ville américaine à condition d’être couplée à quelques photographies satellites et aériennes glanées sur les divers sites américains depuis longtemps repérés par les pédagogues avides d’outils géographiques modernes.

Durant l’été 2004, la NASA a mis à disposition World Wind, qui multiplie à l’infini les possibilités à partir de ses impressionnantes archives de photographies satellites et aériennes. L’approche à différentes échelles replace la ville dans son espace et l’enseignant de géographie dans sa démarche. Après l’enchantement de la découverte ( signalé sur la liste HF par Laurent Jégou en septembre 2004, le programme a créé rapidement l’enthousiasme ) et quelques désagréments de démarrage ( le succès a été tel que les serveurs américains ont vite été saturés ), NWW est actuellement parfaitement au point. La version 1.31 ( 175 MO http://worldwind.arc.nasa.gov/ ) corrigeait les problèmes de chargement de l’automne et la 1.32, encore en version bêta, permet l’ajout automatique de programmes complementaires . Elle permet d’obtenir des images en meilleure résolution sur la France après téléchargement d’un plug-in sur http://www.mashiharu.com/ .

En licence libre, enrichi par de multiples add-ons mis au point par la communauté ( ex Gaby France Topo Maps IGN ), l’utilisateur ne cesse de s’émerveiller devant les nouvelles possibilités sans cesse offertes et les usages pédagogiques possibles. Les images récupérées sur le serveur de la Nasa sont d’une résolution parfois très haute notamment au-dessus des Etats-Unis ( visualisation jusqu’à 1 m) et le passage en 3D souvent très réussi. ( voir les exemples collectionnés sur http://www.worldwindcentral.com/hotspots/ )

L’utilisation pédagogique de NWW

De l’approche des continents et océans par simple clic de souris au parcours en 3 dimensions des grands ensembles de relief sur lesquels les élèves apprendront à utiliser les mots de la description, le professeur est vite conquis par ce globe virtuel : l’essayer, c’est l’adopter définitivement en classe comme à la maison. Disposer pleinement de la planète, la faire aller dans son sens, donne sans doute un sentiment de puissance proche de la magie.

La séquence autour des densités humaines s’illumine d’une terre photographiée de nuit ( add-on à télécharger), quant à l’approche des paysages elle prend une autre dimension à partir de Nasa World Wind . La photographie du manuel est localisée sur le globe virtuel par l’élève qui vient fièrement s’emparer de la souris, replacée dans son espace à différentes échelles, comparée à d’autres lieux pour devenir enfin ce paysage type du programme de 6e.

Avec un peu de patience sur un pentium 3 boosté ( il est préférable d’avoir un bon processeur, indispensable de l’équiper d’une bonne carte graphique et de disposer de l’ADSL), on parvient à charger d’excellentes images ( pour aller plus vite, passer par les hotspots du site http://www.worldwindcentral.com/hotspots/ ). NWW permet de transférer son cache sur une clé USB ( grande capacité tout de même) ou un disque gravé et d’emporter son trésor géographique glané patiemment de la maison à la classe.

Chicago devient approche cyber-géographique qui étonne même l’enseignant quand il découvre, stupéfait, jusqu’à la couleur des véhicules au pied des bâtiments ! Les divers quartiers de la ville américaine prennent un sens concret et les élèves voient en continu ce que les photographies du manuel ne laissaient que deviner. La ville devient modèle à travers les exemples d’autres agglomérations ou se distingue par comparaison immédiate avec d’autres lieux rapidement survolés ailleurs, en Europe par exemple.

Chicago à différentes échelles dans NWW :

Chicago à différentes échelles
Chicago à différentes échelles

Chicago à différentes échelles
Chicago à différentes échelles

Lien worldwind: worldwind://goto/world=Earth&lat=41.77868&lon=-87.66702&alt=206225&dir=7.5

Concurrent ou complément ?

Chicago avec GE
Chicago avec GE

Plus récemment, Google Earth est venu rivaliser avec NWW en rachetant Keyhole et en le proposant gratuitement dans sa version de base. La démarche est différente, nettement plus commerciale dans ses objectifs mais là encore enrichie par une importante communauté d’adeptes. Point fort du dernier né de Google, la légèreté du programme (17 MO) et la rapidité de téléchargement des photographies en haute résolution. Voilà qui plaide certainement en sa faveur quand, en classe, le temps est compté et la connexion Internet paresseuse parce que partagée par plusieurs utilisateurs. La complémentarité des deux logiciels ne fait aucun doute : NWW pour le parcours préparé à partir d’images sauvegardées en particulier sur le territoire des Etats-Unis ( visualisation jusqu’à 1 m) , Google Earth actuellement plus fluide et plus précis sur les autres continents et pour le parcours instantané, au fur et à mesure des besoins, tel le globe ou l’Atlas autrefois posés dans un coin de la classe.

Chicago en 3D :

Chicago en 3D (NWW)
Chicago en 3D (NWW)

Chicago en 3D (Ge)
Chicago en 3D (Ge)

On appréciera plus ou moins les immeubles en 3D de Google earth , l’occasion certainement d’apprendre à différencier entre l’image et la création informatique. Il est vrai que le clic droit de NWW qui permet un survol en 3d est fort décevant au-dessus d’un Chicago totalement déformé !

Et de 3 !

MSN annonce la prochaine sortie de Virtual Earth : http://www.virtualearth.com/ sur un concept proche de celui de Google. Alors entre le logiciel proposé par les militaires ou ceux des grandes entreprises informatiques, le cœur des enseignants balancera-t-il ? Gageons qu’ils ne résisteront pas longtemps devant les extraordinaires possibilités offertes aujourd’hui par les TICE, à condition, bien sûr, qu’on leur offre les moyens matériels d’avoir à disposition ces riches collections qui révolutionnent incontestablement l’approche pédagogique. Espérons qu’ils sauront mutualiser à leur tour en construisant une banque de  » hotspots  » orientés pédagogie (exemple).

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Sitographie :

– Téléchargement de NWW : http://worldwind.arc.nasa.gov/download.html

– Une aide en français sur le site http://perso.wanadoo.fr/hermetica/index.htm et la traduction du panel de navigation par Pierre Joliveau:
http://pj.piotr.free.fr/touches_worldwind_fr.png

– World wind wiki : http://www.worldwindcentral.com/wiki/Main_Page

– Les add-ons ( programmes additionnels)

En français : http://perso.wanadoo.fr/hermetica/addons.htm

http://www.twobeds.com/upload/userfiles/nova/worldwind.htm

http://www.bullsworld.co.uk/

http://www.mashiharu.com/

http://worldwind.cromsoft.org/download/

Quelques add-on gratuits sur un site commercial autour de NWW : http://www.dynagis.net/wwdownload/free_addons.html

– Pour aller plus vite au but, les hotspots ( les images sont cliquables et ouvrent NWW):
http://www.worldwindcentral.com/hotspots/ ou http://www.u-blog.net/worldwind

– Téléchargement de Google Earth version gratuite : http://earth.google.com/index.html

– Là les hotspots deviennent hacks http://earth.google.com/sites/index.html ou http://www.googleearthhacks.com/

– NB : L’accueil des enseignants :

L’utilisation de Jacques Muniga dans son croquis de l’Espagne http://perso.wanadoo.fr/croquis.geo.sdlv/SDLV_Espagne_cours.htm

L’article de juillet de Cécile de Joie sur le site des clionautes : http://www.clionautes.org/article.php3?id_article=832

Sur Framasoft http://www.framasoft.net/article3567.html

Daniel Letouzey a signalé les articles de Mappemonde
et propose un choix d’adresses sur les images aériennes ou satellite utilisables en géographie