L’Afrique lusophone – Angola et Mozambique.

Auteurs : Sandra AZAVEDO et Pauline Hélène MEDINA

Jeudi 17/03 à Grenoble (FDGG).
Les 2 conférencières sont Sandra AZAVEDO franco-portugaise et spécialiste d’intelligence économique (photo à gauche) et Pauline Hélène MEDINA, franco-dominicaine et présidente du Club d’Affaires France/ Mozambique. (Photo à droite)
Geoffrey Maréchal et Marc De Velder tiennent à remercier particulièrement ces conférencières particulièrement disponibles qui ont fait une excellente conférence sur un sujet original.

Introduction
L’Angola et le Mozambique ont connu de longues guerres d’indépendance de 1961 à 1975 (14 années) pour l’Angola, et de 1964 à 1975 pour le Mozambique (11 années)
Par la suite la guerre civile en Angola entre l’UNITA de Jonas Savimbi et le MPLA au pouvoir se poursuit jusque 2002 et la mort de Savimbi soit encore 27 années de guerre; au Mozambique la guerre civile entre FRELIMO au pouvoir et rebelles du RENAMO commence en 1977 et s’arrête en 1992, soit tout de même 15 années.

En Angola, le président Dos Santos est au pouvoir depuis 1979, il a régné sur son pays pendant 37 ans et vient d’annoncer qu’il compte se retirer en 2018. Le Mozambique a eu 4 présidents différents.

I/Les pays émergents et l’Afrique lusophone.
Chine, Brésil lusophone, Russie et Inde ont des intérêts en Angola et au Mozambique.

1) La Chine
La Chine a surtout besoin de pétrole et de matières premières.
Dans la liste des investissements chinois en Afrique, l’Angola est à la 4ème place alors que le Mozambique est 16ème seulement. Depuis 2006, la Chine est le premier partenaire commercial de l’Angola surtout dans trois secteurs : le pétrole, le BTP et l’automobile. Depuis 2012, l’Institut Confucius est influent et exerce son soft power. Il existe aussi un Forum de Macao où la Chine rencontre les pays lusophones depuis 2004.
2) Le Brésil
A partir de 2002, Lula Da Silva, le nouveau président brésilien intensifie les relations commerciales avec l’Afrique lusophone. Il espère que cela l’aidera à obtenir un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’O.N.U. Au Mozambique le Brésil est présent dans trois secteurs : le charbon, l’agriculture et les médicaments.
3) La Russie.
La Russie veut retrouver l’influence perdue de l’U.R.S.S.
Elle est le « late comer » de cette histoire mais Gazprom est actif au Mozambique et Dos Santos a étudié en ex-U.R.S.S. et les Russes sont présents en Angola dans trois secteurs : la banque, les avions de combat et les diamants.
4) L’Inde
L’Inde pratique en Angola le troc pétrole contre tracteurs, riz et médicaments et investit dans le charbon au Mozambique.

2 éléments nouveaux fragilisent ces relations : la chute du cours de pétrole depuis août 2014 et la grave crise politique au Brésil qui met en cause la présidente Dilma Roussef et Lula Da Silva dans un scandale de corruption de la compagnie pétrolière brésilienne Petrobras. L’Afrique lusophone connait donc une crise et de nouvelles incertitudes entre 2014 et 2016.

II/ La situation économique de l’Angola et du Mozambique.
L’Angola et le Mozambique comptent tous deux 24 millions d’habitants et ont une croissance forte de 7 à 8.8% en 2013/2014.

1) L’Angola
C’est la deuxième économie d’Afrique Australe et le deuxième producteur africain de pétrole après le Nigéria. Elle pratique une diversification à marche forcée car le pétrole est 50% de son PIB.
Elle s’ouvre au tourisme, 80 hôtels en construction ainsi que 10 centres commerciaux modernes (grands malls à l’américaine).
Le pétrole est tenu par les Etats-Unis ( Chevron 39%), le clan Dos Santos (41%) et dans une moindre mesure la France (Total 10%) et l’Italie (ENI 8%).Mais la chute récente des cours, 105 $ en 2014 et 38$ seulement en 2015 ont augmenté le taux d’endettement du pays qui passe de 31% à 45% du PIB; provoqué une chute de 35% de la monnaie, le kwanza; et un creusement du déficit de la balance commerciale.
2) Le Mozambique.
Le Mozambique a une forte classe moyenne, connait la paix depuis 1992 et a un climat d’affaires accueillant. Le Ministère de l’Économie est peu corrompu par rapport à d’autres pays d’Afrique.
En 2010, c’est le miracle, il découvre un gigantesque gisement de gaz de 5.6 trillions de mètres cubes. Une usine de refroidissement offshore est construite et livrée par la Corée du Sud et le début d’exploitation est prévue en 2021.
Mais des conflits de basse intensité surgissent entre les 4500 soldats du FRELIMO au pouvoir et les 2000 miliciens armés de la RENAMO dans l’opposition; de plus la pire sécheresse s’abat sur le pays en 2015/2016. On assiste donc à un ralentissement des affaires.

Conclusion
L’Angola et le Mozambique ont de grands atouts pour le futur, mais ils subissent la rivalité de l’Afrique du Sud, qui a un ascendant économique sur eux; et ils sont dans une crise récente due à la chute des prix du pétrole qui fragilise l’Angola et à une reprise des tensions au Mozambique. Ces 2 pays peu connus en France, qui a un prisme sur les pays francophones et anglophones, méritent qu’on leur accorde toute notre attention géopolitique…

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