FIG 2016 : « Forum de géographies critiques, « Enseigner et apprendre la géographie : à quelle vitesse ? » »

  • Fabrice Argounès, membre du laboratoire EHGO,
  • Doriane Bauvoi, enseignante dans le secondaire dans l’académie de Grenoble,
  • Annie Béalon, enseignant en lycée, retraitée,
  • Jean-Baptiste Bing, université de Genève,
  • Dominique Chevalier, maîtresse de conférences à l’ESPE de Lyon,
  • Dimitri Magnet, enseignant en lycée dans l’académie de Lyon,
  • Patrick Minder, université de Fribourg.

Animé par Patrick Minder, ce forum s’est appuyé sur de brèves présentations et interventions des invités pour laisser un large temps de parole au public.

Doriane Bauvoi s’est interrogée sur la pertinence de la limite Nord/Sud dans les manuels du secondaire, une limite critiquée par les géographes.

Dominique Chevalier a fait part de ses travaux sur le genre avec les étudiants de M2, sur la prise de parole dans les groupes classes et a évoqué son dernier manuel de CM1 paru chez Nathan.

Annie Béalon est revenue sur 37 ans de carrière dans le secondaire en s’étonnant de l’accélération du rythme d’apprentissage proposé par les programmes de ces dernières années. Tenter de traiter en profondeur tous les thèmes semble irréalisable aussi le « bachotage » semble avoir un côté confortable.

Dimitri Magnet a témoigné du rôle particulier de vacataire et des temporalités courtes, mais différentes, imposées par ce statut : en classe « normale », en EMC, un accompagnement personnalisé.

Jean-Baptiste Bing s’est exprimé sur son expérience acquise dans des enseignements en français dans des classes du supérieur en Indonésie et à Madagascar.

Enfin, Fabrice Argounès s’est questionné sur les contenus d’enseignement dans les programmes de lycée, notamment le rôle du citoyen dans la société.

Les échanges ont mis en lumière des questions de représentations (les élèves de Lyon, voyant la pauvreté à leur porte, s’interrogent sur la solidité de la limite Nord/Sud), d’occupation de l’espace (l’espace est genré, il est occupé différemment selon les heures de la journée), d’outillage des élèves (utiliser la fiche de renseignement des élèves pour mieux cerner leurs spécificités, aller vers les applications Smartphone consacrées à l’actualité) et de modalités d’enseignement (laisser la place à la participation et au travail collaboratif).

Le débat s’est étoffé sur les programmes et les manuels qui, apparemment, sont de faux problèmes. La liberté pédagogique prime. Pour le cas suisse, Patrick Minder rappelle que les programmes sont moins centralisés qu’en France, plus souples, et que la participation des élèves est plus importante.

La sortie scolaire a semblé mettre pas mal de monde d’accord, notamment en l’associant avec le thème de l’habiter des nouveaux programmes. Elle est utilise pour la co-construction des savoirs, pour mobiliser des acteurs de l’espace proche. On peut l’aborder différemment selon les âges : suivre les élèves qui sont les guides, les laisser promener seuls et relever leurs parcours, priver temporairement du sens de la vue pour se concentrer sur les autres sens…autant d’options salutaires pour prendre de la distance face au rôle de l’enseignant « dominant » mais aussi pour garder le contact du terrain avec les élèves (l’enseignant vieillit face à son public qui a toujours le même âge).

À propos de l'auteur

Xavier Leroux

Professeur des écoles, docteur, qualifié en section 23, membre associé au laboratoire Discontinuités de l'Université d'Artois, je m'intéresse aux liens entre géographie et école au travers de l'enseignement et la didactique de la discipline mais également au travers des territoires scolaires. J'ai rejoint les Clionautes en 2009 en participant à la rédaction de comptes-rendus de lecture. En creusant dans ce volet de l'association depuis cette date, j'ai crée la lettre …

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