Introduction : Le rebelle est celui qui recommence la guerre, celui qui refuse de se soumettre. La rébellion est la résistance violente à une personne détentrice de l’autorité publique. Dans de récents ouvrages : Le siècle des rebelles en 2004 et La France Rebelle en 2006, le terme rebelle a fait une percée éditoriale. Mais cette notion de rebelle se heurte cependant à un flou conceptuel.

I) La droite et les rebelles.


On a longtemps exclu les droites de l’étude des manifestations de rue, mais on peut faire rentrer l’Action Française, les soldats perdus de l’O.A.S., le Front national ou la Manif pour Tous dans le cadre des rebelles. La différence avec les gauches, c’est que la droite ne s’empare des rues que de manière discontinue et sans le légitimer dans son histoire politique. prendre la rue est un acte banal et légitime à gauche, pas à droite…

II) Les 3 grands types de rebelles de droite :

1) les Ligues nationalistes qui vont de l’Affaire Boulanger (1889) aux années 30 et des années 60 à 2014.
2) les Processions Catholiques de l’Ecole libre en juillet 1984 aux Manifs pour Tous.
3) les Mouvements antifiscaux de Poujade aux “Bonnets Rouges”.

Ces 3 types se retrouvent dans 4 genres de manifestations : la manifestation procession de style catholique, la manifestation pétition comme en juillet 1984, la manifestation insurrection comme le 6/02 1934 et le 13/05 1958; et enfin la levée en masse comme la manifestation gaulliste du 30 Mai 1958. La Droite dispose donc de tout l’éventail des manifestations de rue…

Les Droites disposent bien d’une culture et d’une tradition éprouvées de la rue mais elle ne valorise ni les Gestes, ni les Images , ni les Grands Récits des manifs. Il n’y apas d’équivalent aux mythes de gauche des manifs de 1936 ou de 1968…

III le paradoxe et l’ambivalence des droites rebelles.

Les droites ont toujours valorisé l’ordre et la légitimité. Or prendre la rue est facteur évident de désordre (la “chienlit” chère à De Gaulle) et d’Illégitimité (le rebelle va contre le pouvoir légitime). Comment la volonté de restaurer l’ordre moral peut elle se combiner avec l’esprit de rébellion ?
Les appels à la désobéissance civile existent cependant dans les mouvements pro-vie et chez certains maires de droite contre le Mariage pour Tous…

En conclusion, il existe bien des rebelles de droite mais on les inscrit dans le registre des contre-manifestations et on ne les retrouve qu’épisodiquement de manière très discontinue dans l’Histoire de France.
La figure du rebelle et son esthétique, si on va sur Google Images, est centrée sur des conflits lointains comme en Syrie, Irak, Mali, Centrafrique ou Soudan. On est ici très loin des rebelles de droite…