L’exposition « La lettre, une aventure de haut vol. Les débuts de l’aéropostale » se déroule depuis le 27 mai jusqu’au 2 novembre 2008 au musée des Lettres et manuscrits (musée présenté dans ), à Paris, 8 rue de Nesles dans le quartier de Saint Germain des près.
Des ballons de 1870 à l’intégration de l’Aéropostale dans la nouvelle compagnie Air France en 1933 cette exposition retrace l’aventure du courrier aérien grâce à des lettres, photographies, affiches et autres documents . Les célèbres aviateurs Mermoz, Guillaumet, Saint-Exupéry y tiennent une bonne place.
Les ballons :
Le premier service aéropostal de l’histoire fut mis en place à l’époque des ballons.
En 1870, lors du siège de la capitale française par les Prussiens, Félix Tournachon, plus connu sous le nom de Nadar, célèbre photographe et aéronaute de l’époque, est à l’origine de l’utilisation des ballons captifs pour l’observation des mouvements des armées prussiennes. On les utilisera ensuite pour communiquer avec le reste des armées et du pays. Le tout premier ballon à quitter la capitale est le Neptune le 23 septembre 1870 . Au total 67 ballons quittent Paris au cours des quelques quatre mois de siège, entre le 23 septembre 1870 et le 28 janvier 1871.
L’aviation :
Clément Ader, Blériot, Marie Marvingt sont évoqués dans l’exposition avec le prêt de documents du musée de l’Air du Bourget.
Avec l’apparition de l’avion, le courrier aéropostal va faire son apparition.
La toute première ligne aéropostale est mise en place le 17 août 1918, elle relie Paris – Le Mans – Saint-Nazaire et transporte du courrier militaire. Après l’armistice, d’autres liaisons postales militaires naissent en France mais aussi entre Paris et Londres (4 mars 1919) ou entre Constantinople et Bucarest. Ainsi, de mai à octobre 1919, une centaine de liaisons aéropostales en tout furent effectuées.
Plusieurs compagnies aériennes vont ensuite exister .
Mais c’est la Compagnie Latécoére qui retient surtout l’attention du visiteur grâce à l’abondance des documents qui s’y rapportent.
Liaisons vers l’Afrique :
Grâce à Latécoère, les premières liaisons entre la France et le Maroc sont mises en place en septembre 1919. Puis la ligne Casablanca – Dakar, le 1er juin 1925. L’avion utilisé pour ces vols est le Bréguet XV. Pour franchir le désert de Mauritanie il faut affronter brumes et vents de sable, et dans le cas d’atterrissages forcés des bandes de pillards Maures (pillage du courrier et de l’avion, capture de l’équipage et sa libération contre rançon).
La solution trouvée : faire escorter l’avion de ligne par un autre Breguet pour le secourir et négocier avec les Maures. En 1927 Antoine de Saint-Exupéry, est nommé chef d’aérobase à Cap-Juby, pour réaliser ce travail. Il y rédigera aussi son premier grand roman Courrier sud . On peut dans l’exposition voir un carnet de 35 croquis réalisés par Saint Exupéry à Casablanca en 1921, un carnet de vol et d’autres documents.
L’ Amérique du Sud.
1925, Joseph Roig à la demande de Latécoère, va reconnaître le parcours vers le Sud jusqu’à Buenos Aires.
Mais Latécoère revend la ligne à Marcel Bouilloux-Lafont, industriel et financier français installé au Brésil. La ligne s’appelle désormais CGA (Compagnie Générale Aéropostale) plus connue sous le nom « d’Aéropostale ».
L’exposition met en valeur Mermoz, Guillaumet, Saint-Exupéry et les performances de ces aviateurs : franchir la Cordillère des Andes dont les cols les plus bas culminent à 4 200 mètres, alors que les avions de l’époque ne pouvaient guère monter à plus de 4 000 mètres. ..
A partir du 3 septembre 1929 une liaison hebdomadaire Argentine-Chili est réalisée.
L’épisode de l’accident d’Henri Guillaumet est largement évoqué dans l’exposition : pris dans une tempête de neige, Guillaumet doit atterrir sur un champ de neige à 3 000 m d’altitude puis de marcher cinq jours et quatre nuits sans s’arrêter pour ne pas mourir de froid. Il est finalement recueilli par une paysanne. Saint-Exupéry viendra lui- même le chercher. Le courrier resté dans l’avion sera récupéré à la fonte des neiges six mois plus tard et sera distribué avec la mention « Retard dû au service» sur chaque lettre.
La fin de l’Aéropostale :
Le 7 janvier 1933 la liaison Paris – Buenos Aires est effectuée avec un seul et même avion l’Arc-en-Ciel, un grand multimoteur terrestre . Un nouveau record est battu : l’Atlantique Sud est franchi en 14 h 27 mn, soit à la vitesse de 230 km/h Au début des années 30 c’est l’heure de gloire de l ‘Aéropostale : 200 avions, 1 500 employés dont 51 pilotes et des moyens radio performants. Avec la crise économique mondiale de 1929 la compagnie Aéropostale devra quand même déposer son bilan et rejoindre la toute nouvelle compagnie Air France le 31 octobre 1933. Le 7 décembre 1936, Mermoz périt en mer lors d’une traversée de l’Atlantique Sud sur l’hydravion Croix-duSud
La liaison régulière France – Amérique du Sud cesse d’être exploitée en 1940 : 256 traversées transatlantiques ont été effectuées, et 121 hommes ont péri.
Article rédigé grâce aux abondantes notes que j’ai pris le jour de ma visite, complétées par la lecture d’un article de la Revue « Plume » n°45 : les débuts de l’aéropostale.
Petite sitographie :
– Sur le site d’Air France un lien vers des vidéos sur l’aéropostale :
http://www.airfrancelasaga.com/spip.php?article23
– Le site du musée avec les renseignements pratiques :
http://www.museedeslettres.fr





