Essai d’Histoire de Capestang entre 1000 et 1500
Vous êtes ici : Clio-Conférences Comptes Rendus

Université d’Automne des Clionautes 2005

Essai d’Histoire de Capestang entre 1000 et 1500

Conférence de Monique BOURIN DERRUAU

mercredi 23 novembre 2005

Le contexte

Pour voir une idée de la région de Capestang autour de 1250, il faut supprimer le Canal du Midi et un peu de vigne. Par contre, il y a beaucoup plus d’eau salée ce qui entraîne la présence de salines autour de l’étang.

La région est très urbanisée comme le montre la densité des diocèses, issus des cités romaines : Nîmes, Maguelone, Agde, Béziers et Narbonne. Montpellier est une ville champignon, qui est une seigneurie du roi du Majorque.
Narbonne est l’autre grande ville ; son évêque est le plus riche après celui de Rouen. Cette ville fait partie de la Petite Vicomté.

Une grande division politique est à noter : Catalogne - Aragon au sud, Comté de Toulouse à l’ouest, Comté de Provence à l’est.

L’étang de Capestany est dans l’orbite narbonnaise alors que celui de Montady est dans celle de Béziers. L’étang est progressivement racheté par l’évêque de Narbonne. Cet espace est très convoité à cause du sel.

Le développement de Capestang

Capestany se construit au XIIème siècle. En 1344, Béziers compte 3000 feux, Narbonne, 8000 et Capestang, 800. C’est donc un centre important.

Vers l’an 1000, l’habitat dans la région est un semis de tous petits pôles, les villae avec églises dès avant la période carolingienne. C’est à cette époque-là que Capestang est créée autour d’un noyau de domination politique (peut-être d’origine militaire). Elle vide les villae alentour.

Pour connaître l’Histoire de Capestang, nous disposons de peu de sources car les archives ont disparu.Le Livre vert de l’archevêque de Narbonne (1350) est un inventaire de toutes ses possessions ; à cela, il faut ajouter quelques Fragments de Comptabilité qui se trouvent aux archives vaticanes et qui concernent Montels, proche de Capestany. L’archevêque, très lié à la Papauté d’Avignon, y a un château où il réside.
L’inventaire Roch porte sur toutes les archives de l’archevêché de Narbonne.

Qu’y apprend-on ?

Au XIIème siècle, Capestang est un bourg avec une église paroissiale, placée sous le vocable de Saint-Etienne, un noyau important de familles aristocratiques (9 lignages) qui prêtent hommage à l’archevêque de Narbonne.
Elle est au centre d’un réseau structuré par des chemins qui relient des villae.
A cette époque, elle est entourée d’une 1ère enceinte ouverte par des portails. Le château, centre de la puissance de l’archevêque, est entouré d’une enceinte supérieure. Des barri apparaissent autour du château. La puissance de l’archevêque est contestée par les lignages aristocratiques, comme celui de Gosserand de Capestang.

Au XIVème siècle, au moment de la Guerre de Cent Ans, une nouvelle enceinte est construite ; elle aurait « arrêté » le Prince Noir en 1356.

Au XIIIème siècle, en 1207, Capestang se dote de consuls. Les relations avec l’archevêque sont très fluctuantes. En 1222, les villages de la basse vallée de l’Hérault se rebellent contre l’archevêque. Les nouveaux arrivants à Capestang sont libres mais on constate une reprise du servage à la fin du XIIIème siècle. A partir de 1260, l’archevêque, Bernard de Fargues, s’impose.

Nous ne possédons pas l’acte de fondation de la collégiale, qui est une annexe de l’abbaye de Quarante.
En 1160, un chapître apparaît. En 1280, il compte 7 chanoines puis 12 jusqu’à la Peste Noire de 1348, qui appauvrit la région.
Sa construction débute en même temps que les autres édifices gothiques du Sud (Narbonne, Carcassonne, Béziers). Elle n’a jamais été terminée malgré un chantier très long et qui s’est heurté à des problèmes dûs à la longueur du bâtiment ; sinon, elle aurait eu la taille de la cathédrale de Laon.

Capestang se trouve aux marges du catharisme : 2 familles aristocratiques ont disparu à cette époque-là.
Fin XIIIème siècle, une nouvelle ébullition religieuse agite la région ; elle a pour origine le couvent franciscain de Narbonne. Capestang verra s’élever un bûcher où 2 béguins seront brûlés en 1315 / 1320

A cette époque, la richesse de Capestang provient des salines de l’étang ce qui entraîne un important commerce, voire trafic, à propos du sel. D’abord, elles sont tenues par des particuliers et des institutions ensuite par des aristocrates. 1/12 de la récolte est prélevé au titre de l’impôt pour l’archevêque.
L’agriculture repose sur la céréaliculture sur les terres limoneuses de l’étang ainsi que le vignoble.
L’activité commerciale porte sur l’agro-alimentaire et sur le textile, des draperies de qualité courante. L’ouest du Languedoc-Rousillon (ex : sénéchaussée de Carcassonne, en 1330, 80 000 personnes travaillent pour l’industrie drapière) est caractérisé par un artisanat rural mais les draps sont parés dans les villes. Ces draps sont exportés vers la Catalogne et la Provence grâce à un réseau de foires et aux marchands languedociens. On trouve des draps sur tout l’arc méditerranéen.

Le déclin

Vers 1300, apparaissent les prémices d’une crise de surpopulation. De 1290 à 1330, la population augmente de 20%. Elle s’accompagne de la délocalisation de l’industrie drapière vers la Catalogne.

La région est frappée, comme tout le reste de l’Europe occidentale, par la Peste Noire à partir de 1348 puis par les retours de peste, comme celui de 1361 appelé « Peste des enfants » ce qui ne permet pas un renouvellement de la population.
La Peste Noire, accompagnée de la Guerre de Cent Ans touche toutes les catégories de population. Mais, l’économie de la région de Capestang est basée sur une main-d’oeuvre nombreuse ...

A cela s’ajoute le scénario catastrophe de l’Aude qui est peut-être dû à des défrichements, à la multiplication des moulins sur le cours de l’Aude et à la torrentialité des pluies (début du petit âge glaciaire)
L’Aude inonde la région de Capestang en 1306, 1316, 1332, 1335 et 1344 / 45. De peur de voir Narbonne inondée, une robine est ouverte en aval de Narbonne pour évacuer le trop-plein d’eau.
Au cours de l’inondation de 1344 / 45, l’Aude rejoint le Grau de Vendres, au nord du massif de la Clape ce qui coupe toute communication entre l’étang de Capestang et la mer. Les intérêts salins sont en perte de vitesse.

A partir du milieu du XIVème siècle, la région de Capestang est frappée par la crise de la draperie, celle du sel, reste l’agriculture.

Enregistrer l'article au format PDF
Les rubriques

Les Clionautes 2017

Licence Creative Commons
Les Clionautes sous licence Creative Commons Attribution
Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International

Site développé avec SPIP, un programme sous licence GNU/GPL.

Design et Squelettes : B. Modica & X. Birnie-Scott pour Les Clionautes.

Hébergement Les Clionautes par