Procédure disciplinaire engagée à l’encontre des professeurs
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Collège Albert Camus de Gaillac

Procédure disciplinaire engagée à l’encontre des professeurs

La liberté pédagogique en question

dimanche 10 septembre 2017


« Six professeurs du collège Albert Camus de Gaillac (Tarn) ont fait l’objet d’une plainte, déposée par la direction de l’établissement à la gendarmerie pour effraction, intrusion et vol. De quoi sont-ils coupables ? D’être intervenus sur leur lieu de travail pour démonter et mettre à l’abri le temps de l’été, leur outil de travail, des tableaux noirs. En effet, le conseil départemental qui finance la rénovation du collège s’apprêtait à supprimer tous les tableaux noirs du collège et ceci en dépit des multiples démarches des collègues qui sont restées sans réponse. Le 28 juin 2017, en plein jour et en présence de la direction de l’établissement, ces professeurs, rejoints par des parents d’élèves solidaires d’une action qu’ils considèrent légitime d’un point de vue pédagogique, écologique et financier, démontent les tableaux noirs qu’ils souhaitent remettre en service à la rentrée dans quelques salles pour les utiliser en parallèle des tableaux blancs. Cette action est alors interrompue par l’arrivée d’une douzaine de gendarmes, alertés d’un « cambriolage au collège ». Les tableaux déjà chargés dans un véhicule sont alors remis dans le hall du collège sous escorte de la gendarmerie. »
La suite ?

TABLEAU NOIR au Collège Camus de Gaillac

Dans le groupe de six professeurs en cause il y a des professeurs d’histoire et de géographie, et c’est donc à ce titre que l’association des Clionautes fait part de sa grande surprise devant l’attitude surprenante des services académiques.
Au-delà du comportement du chef d’établissement sur lequel l’équipe pédagogique de l’établissement a déjà exprimé quelques interrogations, l’absence de réponse des services du rectorat nous paraît franchement inadmissible.
Si une collectivité territoriale, en l’occurrence le conseil départemental, est en charge de la rénovation du collège, et de son équipement en matériel, il nous semble difficile de comprendre pourquoi nous assistons à une véritable « tempête dans un verre d’eau », à propos de quelques malheureux tableaux noirs.

S’il est un principe auquel nous sommes attachés, c’est bien celui de la liberté pédagogique. Et contrairement à l’affirmation qui est opposée aux collègues qui sont poursuivis dans cette affaire les tableaux noirs sont bien des instruments pédagogiques de transmission avec les classes qui nous sont confiées.
Des enseignants auditionnés par les services de gendarmerie, des perquisitions à leur domicile, et on pourrait s’interroger sur la nature de la commission rogatoire qui leur a été présentée, une identification judiciaire avec prise de photos et relevés d’empreintes, voici ce que nos collègues ont subi.

Nous attirons l’attention des autorités de tutelle sur le précédent qui est ainsi créé.

Dans les programmes de géographie l’accent est mis sur le développement durable. On peut tout de même s’interroger sur cette volonté de faire table rase d’équipements qui restent tout de même fonctionnels et qui sont par ailleurs utilisés par les enseignants. La logique du recyclage nous semble plutôt vertueuse du point de vue de la protection de l’environnement.
Au moment où il est question de donner aux chefs d’établissement plus d’autonomie, en matière de recrutement et de gestion de ces personnels, nous pouvons légitimement nous interroger sur les conséquences de tels comportements. Un chef d’établissement dont le réflexe est de faire appel aux services de gendarmerie pour dénoncer « une intrusion et un cambriolage », sans avoir essayé de nouer le moindre dialogue avec les personnes en cause a t’il vraiment pris la mesure de sa fonction ?

Les enseignants, et les parents d’élèves qui les accompagnaient, n’ont jamais dissimulé leur intention de mettre ce matériel à l’abri, pendant les travaux de rénovation. Les poursuivre pour vol de « matériel administratif », parait à tout le moins disproportionné.
En conséquence, l’association d’historiens géographes, Les Clionautes, considère qu’elle intervient, au-delà de la défense de nos collègues, pour maintenir la liberté pédagogique des enseignants. Les menaces, et les poursuites prises à leur encontre, ne nous paraissent pas augurer d’un climat serein, leur permettant d’assurer leurs missions. Leur investissement, révélé à l’occasion de cette malheureuse « affaire » montre, à l’évidence, que c’est bien leur volonté première.

La pétition en ligne

Le Comité éditorial des Clionautes

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