L’image, vecteur de l’antisémitisme
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Marie-Anne Batard-Bonucci, professeure d’Histoire Contemporaine à Paris VIII

L’image, vecteur de l’antisémitisme

Journée d’étude sur l’antisémitisme d’hier à aujourd’hui : comprendre,comparer, combattre

Laure Müller
samedi 25 mars 2017

Introduction de la journée d’étude sur l’antisémitisme d’hier à aujourd’hui par
Retour sur une époque antisémite : de l’affaire Dreyfus à Vichy

Journée d’étude sur l’antisémitisme d’hier à aujourd’hui : comprendre,comparer, combattre

Journée d’étude sur l’antisémitisme : L’image, vecteur de l’antisémitisme ?

Faire une exposition (Dessins assassins coll. privée de A Langermann) c’est prendre le risque de remettre les images de l’antisémitisme en circulation donc il vaut mieux les expliquer, les historiciser

Qu’apprend t-on ?

  • Les caricatures sont des miroirs de la haine contre les Juifs dans un contexte où d’autres haines perdurent (contre les Musulmans, les Chrétiens …). L’antisémitisme explose au cours du XIXème s dans le contexte de l’affaire du Boulangisme, de Panama et de Dreyfus (où la caricature est utilisée dans les deux camps pour servir le pire et le meilleur)
  • L’affaire Dreyfus va permettre l’émergence d’une Presse uniquement basée sur des caricatures comme Psst… ou Le Sifflet. Ces images circulent encore de nos jours en Europe au XIXème car le français était parlé et en Orient, aujourd’hui où seuls les textes changent. Il y a donc une internationalisation d’une grammaire antisémite et d’images codifiées
  • Dans les année 30 ainsi que le 2nde GM, ont lieu des expositions temporaire mais les catalogues permettent de faire perdurer les propos et sentiments antisémites.
  • Dessiner pour dénigrer : Identifier le Juif par des marqueurs physiques. Cela existe depuis le XIIème siècle ( le nez par ex ) mais reste assez confidentiel. Donc la question qui se pose est : comment les reconnaitre ? question grave car les Juifs se sont fondus dans la société ce qui engendre une peur. La caricature est donc un moyen d’identification ; c’est la cas du Bortereau de Caran d’Ache ( allusion au bordereau de l’affaire Dreyfus ).
  • L’image prend alors une dimension péjorative afin d’enraciner les préjugés ainsi le dit Edouard Drumont « L’image doit compléter l’œuvre de la plume ».
  • Résumer, synthétiser des accusations parfois antagonistes ( ex : les ploutocrates révolutionnaires ). Les idées deviennent des évidences. La caricature est accompagnée de peu de textes et ceux-ci sont interchangeables. C’est le cas des cartes postales qui placent la personne dans une démarche active ( achat + écriture + envoi ) qui contribue donc à la diffusion de l’antisémitisme.
  • Certaines caricatures prennent des aspects prophétiques par simplification et radicalisation. C’est le cas d’une caricature d’un groupe d’étudiants fascistes en 1940 qui en représentant un juif dans un bocal annonce la Shoah.

En conclusion, ces images sont remises en activité, le journal der Stummer (1925-45) a repris le fond médiéval, l’image du Juif –Monde est repris dans les discours de Dieudonné et Soral aujourd’hui (idée de complot et d’empire).
Les images font partie de notre quotidien, il nous appartient de les expliciter.

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Par Laure Müller

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