VILLES et FRAGMENTATIONS LINGUISTIQUES : les cas de Beyrouth et de Yaoundé.
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Ludivynn Munoz

VILLES et FRAGMENTATIONS LINGUISTIQUES : les cas de Beyrouth et de Yaoundé.

Grenoble École de Mangement - Festival de géopolitique 2017

Bruno Modica, Marc de velder
lundi 13 mars 2017

VILLES et FRAGMENTATIONS LINGUISTIQUES : les cas de Beyrouth et de Yaoundé.
Par Ludivynn Munoz, professeur d’histoire-géo à l’Université Vincennes-Saint Denis.

Introduction : Yves Lacoste, en 2003, rappelle l’enjeu géopolitique des langues. Béatrice Giblin, en 2007, dit que les langues sont des marqueurs géopolitiques, comme chez les wallons et flamands à Bruxelles . Beyrouth compte 2 millions d’habitants pour 4.8 millions de libanais, c’est une ville qui a un poids écrasant et central. Yaoundé au Cameroun est la capitale administrative et politique avec 2.4 millions d’habitants ; alors que Douala la capitale économique en compte 2.3 millions.

PLAN : I Anglais/Français sur les territoires libanais et camerounais.
II Les villes de Beyrouth et de Yaoundé .
III Les enjeux géopolitiques des villes multilingues.

I Le Cameroun est un pays à bilinguisme officiel
La colonisation a fait que, après la défaite de l’Allemagne en 1919, le Cameroun est partagé entre une petite partie britannique et une très grande partie française. La Constitution de 1972 prône officiellement la promotion du bilinguisme sur toute l’étendue du territoire. Mais les 2 présidents francophones Ahidjo de 1960 à 1982 et Paul Biya de 1982 à 2017, ont totalement négligé le bilinguisme ; et en 2016 les anglophones se révoltent et créent des « journées villes mortes ».

Le Liban est sous mandat français de 1920 à 1943. Le Général Gouraud crée le « Grand Liban » pour protéger la communauté maronite chrétienne. Il n’y a que des présidents francophones maronites et 2 langues officielles : l’arabe et le français.

II A Beyrouth : l’Ouest est musulman et anglophone ; l’Est est chrétien et francophone.
Le français est vu comme la langue culturelle par 43% alors que l’anglais est vu comme la langue commerciale par 43%. Elles sont à égalite langues diplomatique et politique.
La signalétique officielle est française et arabe ; mais l’anglais est en essor surtout sur les signaux de vie quotidienne non officielle.

A Yaoundé 98% des habitants utilisent le français et 2% l’anglais . Le responsable du bilinguisme dit : « qu’il a d’autres chats à fouetter ! ». En réalité, il n’y a aucun quota linguistique, aucune traduction possible dans les administrations et les panneaux sont toujours en français, sauf dans les ministères.

III/ Les enjeux géopolitiques des villes multilingues.
Beyrouth est l’emblème de la francophonie au Moyen-Orient, elle appartient au réseau de l’OIF, Organisation Internationale de la Francophonie, qui regroupe 274 millions de locuteurs et 285 villes francophones dans 51 pays. Si l’Afrique a 54.7% de francophones, le Moyen-Orient n’en compte que 0.9%. Beyrouth a eu le Sommet de la Francophonie en 2002 et les Jeux Francophones en 2010. C’est une composante du softpower français. Pour le défendre, il s’agit d’imposer une signalétique trilingue français/anglais/arabe dans tous les quartiers de Beyrouth et même à l’Ouest.

Conclusion : Si Beyrouth a les capacités politiques d’imposer le trilinguisme, à Yaoundé, il faudrait juste respecter l’Etat de Droit et la Constitution, mais Paul Biya n’en a rien à faire !
Enfin les Américains et les Britanniques ont une politique anglophone agressive à Beyrouth ; alors que les Anglophones Camerounais demandent juste que l’on respecte leurs droits.

Par Bruno Modica, Marc de velder

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