LA VILLE SYRIENNE, THÉATRE DE GUERRE.
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Frédéric PICHON

LA VILLE SYRIENNE, THÉATRE DE GUERRE.

Grenoble École de Mangement - Festival de géopolitique 2017

Bruno Modica, Marc de velder
lundi 13 mars 2017

LA VILLE SYRIENNE, THEATRE DE GUERRE.
Conférencier : Frédéric PICHON, professeur de prépa et Université de Tours.
INTRODUCTION :
Frédéric Pichon a pu voyager 9 fois en Syrie de 2014 à 2017. Il en a ramené des super photos et une véritable expérience de terrain.
Depuis le soulèvement syrien dans la ville de Deraa au sud de la Syrie près de la frontière jordanienne, en mars 2011, on parle de "peuple syrien" et de "révolution" ; il faut se méfier de ces notions.

I/ Les ÉVOLUTIONS URBAINES de la Syrie entre 2000 et 2011.

Depuis l’arrivée de Bachar el Assad au pouvoir en 2000, l’espace syrien est en voie de métropolisation et l’essentiel des efforts du pouvoir se concentre sur quelques grandes villes comme Damas et Alep. Les autres espaces urbains sont délaissés et sont les "laissés pour compte" de l’ouverture économique du nouveau régime.
Ce soulèvement n’est donc pas une conséquence directe du Printemps arabe en Tunisie, Egypte et Libye ; mais a ses propres causes bien distinctes. L’Etat syrien se retire des coopératives agricoles, le FMI le félicite de sa modernisation et de son programme d’ajustement structurel, il apure sa dette mais les inégalités se creusent et la corruption règne.
Par exemple à Alep on assiste à une vraie guerre des classes et on s’aperçoit que l’Ouest est composé de quartiers aisés alors que l’Est correspond à des quartiers populaires, de l’habitat illégal. Il y a un fossé entre des "urbains civilisés" et des "bédouins ruraux".Sur des photos, on voit un quartier intact à l’Ouest et des destructions par bombardement à l’Est.

Deuxième exemple, la ville de Lattaquié dans le « réduit alaouite » ; la révolte est née dans le quartier le plus pauvre au Sud-Est et correspond à des néo-urbains et des ruraux. Par contre, la bourgeoisie sunnite n’est pas concernée.

II/LA VILLE SYRIENNE comme un enjeu GUERRIER.

1) Etat des lieux.
Le régime syrien contrôle 25% du territoire mais 68% de lapopulation ; ce qu’on appelle la « Syrie Utile ». Il veut surtout l’axe de transport Alep/Homs/Damas.
L’Etat Islamique a 43% du territoire ; mais surtout du désert ; pour seulement 9.5% de la population.
Les « Rebelles » ont 15% du territoire pour 9.5% de la population.
Enfin les Kurdes ont 17% du territoire et 13% de la population.

2) La Ville comme « ultime champ de bataille » .
Nous avons des forces assymétriques car le gouvernement a son aviation, plus celle des russes ; alors que les rebelles n’ont que de l’infanterie.
Bacher el Assad a sciemment pris une stratégie d’abandon des territoires steppiques et désertiques non tenables. En reprenant Alep et en s’alliant à la Turquie, le gouvernement est en position de force.

Conclusion : La Syrie urbaine, littorale et mondialisée est tenue par un pouvoir affaibli, qui a vu le PIB syrien divisé par 10. Il y a des milices d’autodéfense loyalistes. Les Kurdes risquent d’être encore sacrifiés sur « l’autel de la Réalpolitik ». Enfin la position syrienne d’un nationalisme centralisé se herte à la position pro-fédéraliste russe et la position pro-parlementaire iranienne.

Par Bruno Modica, Marc de velder

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