L’Histoire en BD, histoire de BD
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L’Histoire en BD, histoire de BD

lundi 9 janvier 2006

Utiliser la BD en Histoire

Cette question avait fait l’objet d’échanges en 2003, synthétisés par Sylviane Tabarly

http://minilien.com/?Iej8EBjgpH.

=>Quelques sites

- L@BD, pôle national de ressources sur la bande dessinée du CRDP Poitou-Charentes, propose une base de données sur la bande dessinée (albums, documentaires, magazines et fanzines, pédagogie, sites, vidéos... ) et sur l’actualité des parutions (avec sélection de BD par tranches d’âges : 7, 10, 13 et 15 ans). L@BD est un outil de recherche et d’information tous publics et sans équivalent offrant aux bédéphiles, enseignants de toutes disciplines (de l’école à l’université), élèves, bibliothécaires, documentalistes et chercheurs, des possibilités de recherche multicritères exceptionnelles conduisant à des fiches détaillées et des indication bibliographiques.
Didier Quella-Guyot, professeur de Lettres à Poitiers et Docteur és-Lettres, est directeur de la collection "La BD de case en classe" et rédacteur en chef du site L@BD, co-responsable du "Pôle National de Ressources BD". Critique, formateur, commissaire d’expositions, il a également signé plusieurs ouvrages généralistes et pédagogiques consacrés à la bande dessinée.

http://www.labd.cndp.fr/

- La dimension BD, du site de France 5, propose un espace enseignant et un espace parents pour appréhender la BD comme outil d’apprentissage. Pour comprendre et expliquer la bd, des fiches pédagogiques téléchargeables guident l’enseignant dans l’exploration de l’outil-BD ; un webguide très fourni complète ces indications. Pour les parents, la rubrique « nouvelles bulles » scrute les nouveautés tandis que la « bédéthèque idéale » dresse l’inventaire de l’indispensable.

http://education.france5.fr/dimensionBD/home/accueil.htm

- Art9 offre de bonnes critiques des BD par période historique : Préhistoire, Antiquité, Moyen-Âge, Renaissance, XVIIIe siècle, Guerre, Peuples. « ART9 réunit, en toute indépendance, des rédacteurs passionnés ou amateurs qui ont en charge la lecture des séries et s’engagent à fournir des articles (synopsis et avis) sur ces dernières. Afin de faciliter l’accès à ces séries et de permettre au lecteur un choix adapté à ses aspirations, plusieurs entrées sont possibles : par genre détaillé (aventure, science-fiction, etc.), par auteur (scénariste, dessinateur et coloriste) et enfin grâce une recherche libre, par mot clé. »

http://www.art9.net/historique/rubrique52.html

Exemple du dossier sur Auschwitz

http://www.art9.net/historique/guerre/auschwitz/rubrique209.html

- Sur ce site perso, critique avisée de 5 séries historiques :
· Les aigles décapitées (série) de Kraehn, Pellerin, Pierret, Arnoux,
· Giacomo C (série) de Dufaux & Griffo
· Sambre (série) d’Yslaire
· Simplicissimus : l’antre du cerbère de Guth, Pillot, Seiter & Mercier
· Les tours de Bois-Maury (série) d’Hermann

http://yodup.club.fr/Cartes/historiquebd.htm

- Planète BD : Ce site de passionnés, dont certains chroniqueurs dans la revue Phosphore, dresse un bon inventaire de la BD historique.

http://www.planetebd.com/BD/resultat-genre-3.html

- Le magazine Lire propose aussi une chronique BD de Pascal Ory.

http://minilien.com/?8fO2Dqpmgt

- BD zoom se consacre lui aussi à l’actualité de la BD. Il présente notamment le prix de la bd historique délivré au festival de Blois 2005.

http://www.bdzoom.com/

« L’aigle sans orteils » succède au « Muchacho », tome 1, d’Emmanuel Lepage, au palmarès de ce prix prestigieux remis depuis l’an dernier dans le cadre des Rendez-vous de l’Histoire.

Frank Giroud, scénariste de bd historique, formé, excusez du peu, à l’Ecole des Chartes, a eu a cœur de préciser les principes ayant prévalu lors des débats : dans l’esprit du jury, il ne s’agissait ni de récompenser la bd la plus précise au plan historique, ni de désigner l’album offrant la facture artistique la plus pure. Evitant le point de vue de la seule érudition ou l’aspect exclusivement créatif, le prix récompense bien un album ayant su conjuguer la pertinence historique et la qualité du langage graphique dans un scénario au suspense habilement dosé. Une conception historique large l’a donc emporté, ainsi que l’expliquait Laurent Wirth, Inspecteur Général de l’Education nationale.
A ce titre, on ne peut que souligner l’ouverture d’esprit qui a réuni universitaires, représentant les quatre grandes périodes historiques, et professionnels du genre. Les membres du jury, pédagogues et auteurs, critiques et chercheurs, ont unanimement salué l’excellente ambiance qui avait régné pendant l’ensemble des travaux. Comme Pascal Ory le déclarait déjà en petit comité, si la compétition fut rude -notamment entre trois albums, Le tour de valse, Malet et L’aigle sans orteils- aucun clivage ne s’est manifesté entre les historiens et les professionnels. A y regarder de plus près, on s’apercevra au demeurant que les étiquette n’ont guère de sens, ainsi que l’illustre quelques exemples, de Laurent Wirth, Inspecteur Général qui, dans un brillant parcours universitaire, a déjà eu recours aux richesses du 9e art pour son enseignement dans les khâgnes parisiennes et à l’IEP Paris, à Pierre Serna, maître de conférence en histoire moderne, spécialiste de la période révolutionnaire, mais aussi fan de bd, nourri depuis son plus jeune âge à la lecture de Pif, parti récemment à la découverte des manga japonais et des comics américains (il s’avoue agréablement surpris par certaines de ces oeuvres de grand qualité), en passant par François Righi, professeur d’histoire et animateur du Pôle national de ressource BD au CRDP de Poitiers, chroniqueur lui-même et spécialiste de la mise en oeuvre pédagogique du médium, ou encore Pascal Ory lui-même, professeur en Sorbonne mais aussi membre de l’Association des critiques et journalistes de bd. Finalement, dans l‘univers de la bande dessinée, un spécialiste peut toujours en cacher un autre ..."

- Bernard Ribemont, prof d’histoire de l’université d’Orléans, s’est livré sur son site perso à la critique de la BD médiévale et relève trois catégories de BD qui, à son avis, offrent un champ de recherche particulièrement intéressant pour le médiéviste.

http://perso.wanadoo.fr/bernard.ribemont/chantierBD.htm

=>Quelques titres retenus par des Clionautes

Bruno Granger avait lancé la question en mentionnant :

- L’extraordinaire aventure d’Alcibiade Didascaux de Clapat, Athéna éditions ; 10 volumes traitent de l’Antiquité d’environ 1500 av. J.C. jusqu’aux invasions barbares. Un volume serait en préparation sur le Moyen Age. Nombreux exemplaires épuisés.

- Sur les terres d’Horus, Isabelle Dethan, Delcourt, 4 vol. ; notice du site http://www.labd.cndp.fr/

Antiquité, Vallée des Reines ; Alors qu’on restaure des tombes anciennes, un tombeau mystérieux fait fuir ses pilleurs, terrorisés. Le Seigneur Khaemouaset et son assistante Meresankh veulent comprendre les secrets de cette chambre funéraire familiale. Les cadavres sacrifiés lors de l’inhumation et les nombreuses effigies de Seth : tout prouve qu’il y a eu usurpation de tombe par une secte. Sous les couleurs pastel et lumineuses se trame un univers sordide. Entre luxe et détails quotidiens, l’auteur restitue le monde égyptien protégé en aquarelles limpides et séduisantes. Les intrigues policières dans un environnement habituellement historique et pharaonique redonnent à la vie quotidienne toute sa dimension et confèrent aux personnages beaucoup d’humanité. De fait, on sent plus proche et plus concerné par cette civilisation antique. En 4 albums, Isabelle Dethan réussit le pari de renouveler la BD d’aventures égyptiennes, ce qui n’était pas gagné d’avance.

- Le troisième testament, Alex Alice, Xavier Dorison - Glénat - GRAFICA

L’histoire d’un livre très recherché par des templiers, un groupe d’aventuriers dont un ancien inquisiteur et une mystérieuse armée.
Comment ne pas vibrer en suivant la biographie d’Elisabeth d’Elsenor dont le destin a croisé l’ancien inquisiteur Conrad de Marbourg, qui charrie des secrets tels un fardeau ? Cette épopée médiévale nous fait voyager à travers l’Europe, à la recherche d’un Troisième Testament (après l’Ancien et le Nouveau qui composent la Bible). De dangers mortels en révélations inouïes, les deux héros malgré eux de cette réécriture du christianisme vont toucher du doigt la Vérité : l’existence d’un treizième apôtre, frère du Christ. Sayn mais aussi le grand inquisiteur Guillaume de Beaujeu vont lutter jusqu’à la mort pour récupérer le Testament. Car il pourrait bien annoncer la fin d’une ère et résonner comme une nouvelle Apocalypse... la lumière qui ramènera les égarés vers la vraie foi...

- Mémoires de cendres de Jarbinet, Glénat Editions (9 tomes)
Cette série raconte l’histoire d’une grande famille aux XIIIe - XIVe siècles dans le Midi de la France, durant la croisade contre les albigeois et les années qui suivent. Elle a demandé la collaboration d’historiens pour l’authenticité des événements racontés et la vie quotidienne qu’elle décrit (dont Laurent Albaret).

- Les tours de Bois Maury, de Hermann, Glénat, coll. Vecu (10 tomes)
Aymar de Bois-Maury poursuit une quête impossible... Revoir un jour les tours de son château ! Des chemins de l’Europe aux terres de Palestine, il affronte moult épreuves et défis avec la ferme conviction qu’il retrouvera un jour le domaine dont on l’a spolié... [Laurent Lessous signalait qu’il traitait la Méditerranée au XIIe siècle à partir des volumes 7 et 8.]

- Les chemins de Malefosse. Daniel Bardet, Brice Goepfert, Glenat (13 tomes).

Les auteurs ont travaillé à partir de sources historiques qui ont été mises à leurs dispositions par les conservateurs, archivistes et autres historiens... En ces dernières années du XVIème siècle, Marion, Gunther et Prinz continuent leur mission diplomatique au service du roi. Cependant, alors qu’ils arrivent dans le logis de Monsieur d’Angennes lui aussi agent royal -, le constat est sans appel : il a été occis par des malandrins. Mais, surprise, des hommes de Kermalec sont coupables et l’un d’eux se fait prendre. Il avoue aux deux soldats allemands être porteur d’une missive du roi pour négocier la paix. Cependant, une partie du document est crypté et un mystérieux mot de passe clôt le courrier Quant à Kermalec, sa vengeance ne s’est pas tarie à l’encontre des mercenaires qui lui ont dérobé sa fortune. Pendant ce temps, à Chenonceaux, Pernette de Courcelle et son âme damnée Cham continuent d’ uvrer dans l’ombre, d’intrigues sombres en assassinats maquillés. Tous ces protagonistes, représentant des fonctions si disparates aux objectifs parfois contradictoires, vont peu à peu cheminer vers un même site. Et certains n’en reviendront pas !

- Le Décalogue de Franck Giroud e alii, Glénat, coll. Grafica (10 tomes)
Un livre aussi envoûtant que mystérieux qui porte le nom de « Nahik » contiendrait les dernières volontés du prophète Mahomet. Cet ouvrage serait susceptible de bouleverser entièrement les fondements de notre civilisation. C’est le destin de ce livre dangereux que vous invitent à suivre les auteurs du Décalogue, série orchestrée de main de maître par Frank Giroud pour l’occasion accompagné de dix dessinateurs talentueux et confirmés, dont Béhé, J.-F. Charles, Faure, Franz ou TBC...

- Le cri du peuple, Tardi, Vautrin, Casterman, (4 volumes)
Le 18 mars 1871, alors que l’ennemi est aux portes de Paris, le gouvernement Thiers ordonne de désarmer la Garde nationale. Cette mesure défaitiste révolte le capitaine Tarpagnan, du 88ème régiment de ligne. Il va entendre le cri du peuple et passer de son côté avec ses hommes. Commencent l’insurrection, et l’épopée de la Commune de Paris. Sur les pas de son héros, Jean Vautrin nous fait revivre ces semaines de révolte et de lutte qui s’achèveront dans le sang. Apaches et hommes de lettres, banquiers et restaurateurs, révolutionnaires et filles de petite vertu se croisent autour de silhouettes immortelles : Louise Michel, Jules Vallès, Gustave Courbet,...

- Les maîtres de l’orge, de Van Hamme, Glenat, coll. Grafica, 8 volumes
Sur le processus industriel, l’histoire d’une brasserie belge du XIXe siècle à nos jours.
Dorp 1854 - Dorp 1997 : 150 ans d’histoire et cinq générations qui, une à une, ont apporté leur pierre à l’empire des Steenfort. Un géant de la brasserie si solide qu’il a pu résister à deux guerres mondiales et à un crack économique. Mais ces événements ne sont rien comparés aux terribles luttes de pouvoir que se sont livrés les héritiers, et à l’obsession de vengeance qui, de tout temps, a animé ces familles ennemies. Car les empires industriels ne peuvent s’ériger que grâce à la passion, l’enthousiasme et l’obstination des hommes.

- C’était la guerre des tranchées, Tardi, pour la guerre 1914-18 ; (scènes assez fortes)

- Max Fridman, de Giardino, Glénat, coll. Caractère (4 volumes)
En 1938, l’Europe vacille. Pour les services d’espionnage et de contre-espionnage la guerre a déjà commencé... En plein coeur de la guerre d’Espagne, Giardino, de son trait limpide et lumineux, signe un récit feutré et violent... L’alchimie entre un scénario règlé comme une horloge et un dessin d’une grande pureté par un maître du neuvième art. Ce quatrième et très attendu nouvel album de Max Fridman compte assurément parmi les plus belles nouveautés de cette année. La toile de fond est la montée des totalitarismes. [Gauthier Langlois]

- Le Sursis, Gibrat, Dupuis (2 tomes)
Juin 1943. Julien Sarlat saute du train qui le conduit en Allemagne et gagne le petit village de Cambeyrac, dans l’Aveyron, pour s’y cacher à l’insu des villageois en attendant la fin des hostilités. Étonnante intervention du destin : le train qui devait l’emmener est bombardé et, parmi les victimes, un corps a été identifié comme étant le sien. Le voilà mort aux yeux du monde. Profitant de cette situation inattendue, il s’enferme dans le grenier de l’instituteur, arrêté par la Gestapo française et dont la maison a été mise sous scellés. Dès lors, depuis ce poste d’observation donnant sur la place du village, le mort vivant va assister à ce théâtre permanent qu’offrent les gens dans le déroulement des jours. Amours, haines, jalousies, lâchetés, mouvements du coeur, actes d’héroïsme, rien n’échappera à l’observateur. Jusqu’au moment où, de spectateur qu’il était, il sera lui-même acteur et rencontrera à nouveau son destin, cruel et moqueur, toujours inattendu, qui lui aura juste accordé un sursis.[ Sophie Pereira]

- Maus, Art Spiegelman, Flammarion, 1991, 2 vol. notice du site http://www.labd.cndp.fr/ :
Maus est une chronique familiale particulière puisque l’auteur a recueilli les souvenirs d’un survivant de l’Holocauste, du génocide juif, son père. Le récit alterne deux époques, les années 1970-1980 où Art Spiegelman interroge un père parfois acariâtre et les années 1930 jusqu’à l’hiver 1944 ; l’histoire de la vie de ses parents en Pologne, leur vie dans le ghetto puis l’arrivée au camp d’Auschwitz. Dans le tome 2 nous retrouvons les deux récits enchâssés, les années 1980 aux Etats-Unis, (le narrateur art Spiegelman interroge son père Vladek sur sa survie dans le ghetto) puis le camp de concentration d’Auschwitz pendant la Deuxième Guerre mondiale. Vladek raconte sa survie dans un récit fait de petites anecdotes, de débrouilles. Maus est un récit sobre, simple qui a su trouver la bonne distance pour décrire le génocide de juifs d’Europe centrale.

- Gen d’Hiroshima, Nakazawa, Keiji, Vertige graphic, 2003, 4 vol. notice du site http://www.labd.cndp.fr/ :
En 1945, dans le Japon en guerre, le jeune Gen Nakaoka et sa famille survivent difficilement entre la faim et les persécutions du pouvoir militaire contre un père pacifiste militant. Leur ville, Hiroshima, est curieusement épargnée par les bombardements de l’aviation américaine. Les Coréens sont exploités économiquement et subissent un racisme féroce de la part des Japonais. Le Japon perd la guerre malgré le sacrifice des Kamikazes. Le 6 août à 8 h 15 une bombe atomique explose au-dessus d’Hiroshima. 70 000 hommes meurent aussitôt dont le père, le petit frère et la sœur de Gen.
Keiji Nakazawa est né à Hiroshima en 1939. Il perd une partie de sa famille lors du bombardement atomique du 6 août 1945. En 1973, il se lance dans un grand récit autobiographique "Hadashi no Gen" (Gen aux pieds nus) en 10 volumes. C’est un témoignage poignant et unique sur le Japon d’avant et d’après la déflagration. Le graphisme simple et efficace est accessible aux jeunes adolescents. Une narration captivante et beaucoup d’images fortes imprègnent la mémoire des lecteurs qui peuvent aussi se familiariser avec le contexte historique à l’aide d’une annexe. Art Spiegelman, l’auteur de "Maus", est un des premiers à défendre la valeur artistique et historique de cette BD : « La plus grande vertu de ce travail est son absolue et totale sincérité. Sa conviction et son honnêteté nous permettent de croire à l’incroyable, à l’impossible qui pourtant se produisit à Hiroshima. C’est l’art inexorable du témoignage. »

- Carnets d’orient, de Ferrandez, Casterman, 8 volumes
Cette série raconte l’histoire de l’Algérie de 1830 à 1957.Ferrandez suit le parcours de ses personnages, deux jeunes Français à Alger, une étudiante en médecine, un jeune militaire, le tout suivant la trame de la vie d’une jeune berger, Saïd. Une réflexion sur l’Histoire et le Maghreb pleine de sensibilité et de vérité. [Gauthier Langlois]

- Azrayen, LAX et GIROUD, Dupuis, coll. Aire Libre 1998.
C’est l’histoire d’un groupe de soldats français partis à la recherche d’une patrouille disparue depuis deux semaines quelque part dans la Grande Kabylie en hiver 1957. Son chef était "le lieutenant Messonnier pour les Français, Francis pour la jeune Taklhit, institutrice berbère et Azrayen, l’Ange des Ténèbres, pour les Kabyles". Une BD située comme d’autres entre fiction et réalité, inspirée du témoignage de Giroud (père), préfacée par Benjamin Stora et accompagnée des explications de l’auteur, de quelques documents iconographiques et d’une bibliographie (2e volume). "...Ces soldats, dans leur quête incessante et lancinante de leurs camarades, ne comprennent plus les enjeux d’une guerre sans visage. Et les mots mêlés aux dessins qui composent cette bande dessinée s’imposent lentement à nous, participant à la construction des représentations et d’une mémoire de la guerre d’Algérie." Benjamin Stora. [Emmanuel Noussis]

- Jonas Fink, Vittorio Giardino, Casterman
Une nuit d’octobre 1950, on frappe à la porte de M. et Mme Fink. Le petit Jonas assiste, éberlué, à l’arrestation de son père par la police politique. Le crime de M. Fink ? Etre docteur, donc "ennemi du peuple", dans la Prague stalinienne. Vont commencer pour Jonas et sa mère de longs mois d’angoisse, dans un climat irrespirable. L’enfant subit les brimades de ses camarades de classe, avant d’être exclu du lycée, au nom de la justice d’un monde nouveau, un monde où "il n’y a pas de place à l’école pour les fils de la bourgeoisie réactionnaire". Toutes les tentatives de Mme Fink pour savoir dans quelle prison on a jeté son mari, s’il est seulement en vie, et de quoi on l’accuse, restent vaines. Expulsés de leur appartement faute de pouvoir payer le loyer, Jonas et sa mère voient le Parti s’acharner contre eux sans relâche. Au bord du désespoir, Edith Fink reçoit pourtant une "bonne" nouvelle : son mari n’est pas mort, il a été condamné à dix ans pour activités antisocialistes. "C’est long, mais il ne s’agit plus que d’attendre ..." Alph’art du meilleur album étranger, Angoulême, 1995. [Stéphane Genêt]

- Le Japon vu par 17 auteurs, collectif Frédéric Boilet (dir.), Casterman.
C’est grâce à l’initiative de Frédéric Boilet (dessinateur français vivant au Japon) que cette compilation de 17 récits, dus à des auteurs européens et japonais qui donnent leur vision actuelle du « Pays du soleil levant », a pu paraître dans la toujours très intéressante collection « Ecritures » de chez Casterman. Il n’y a pas de ton général, chacun ayant eu carte blanche et délivrant, suivant son humeur, rencontres, coups de cœurs, quotidien ou histoires et légendes locales. Ces historiettes sont pourtant censées donner un éclairage sur l’identité complexe d’une nation qui suscite un intérêt grandissant chez les occidentaux. Même s’ils sont complémentaires, étant, avant tout, libres de contraintes, ces petits récits finissent par donner un succulent patchwork, allant de l’autobiographie réaliste au conte philosophique, et où chacun trouvera son bonheur... BD de Kan Takahama, Jirô Taniguchi, François Schuiten & Benoît Peeters, Nicolas de Crécy, Joann Sfar, Frédéric Boilet, Fabrice Neaud, Daisuké Igarashi, Etienne Davodeau...

- Assor BD http://www.assorbd.com/ se présente comme un éditeur indépendant :
« Assor BD, maison d’édition associative, s’est spécialisée à sa fondation par les classiques de la BD française non encore mis en album ( Blason d’Argent par Dimitri publié en 1987 et 1988, et Charlotte par F. Dermaut publiée en 1997 ), puis s’est rapidement trouvée une vocation dans l’édition d’ouvrages BD Historiques.
C’est ainsi qu’un véritable travail de collaboration s’instaure : après lecture de nombreux livres, revues spécialisées, récupération de textes anciens, consultations d’historiens locaux, de conservateurs de Bibliothèques, de services d’Archives, les auteurs s’entourent de spécialistes des sujets abordés ( historiens archéologues etc... ) qui peuvent être différents suivants les tomes, même pour une même série.
En effet, si les titres doivent d’abord se vendre en Normandie, ou nous sommes implantés, nous devons montrer aux Normands qu’ils ne sont pas les seuls concernés, et aux Français que l’histoire peut rebondir d’une région à l’autre : prenons l’exemple de la série Svein, le premier tome est très généraliste et se passe dans toute l’Europe avant de se terminer en Normandie. Dans le tome 2, nos héros reprennent la mer pour l’Espagne, le Maroc, la remontée du Rhône ( là, peu d’habitants connaissent le passage des vikings en Provence ) et se termine en Italie. Dans le tome 3, nos héros reprennent la mer, gagnent la Navarre puis l’Aquitaine où nous les suivront jusque sur le Tarn et l’Aveyron...
Pour les tomes suivant il est prévu ainsi d’aller en Auvergne, sur la Loire, l’Anjou, la Bretagne, Paris et la Bourgogne, la Somme, enfin les affluents du Rhin et quelques voyages en Angleterre et Irlande.
Et c’est ainsi pour chaque série, pour les Normands de Sicile, nous nous promènerons en Méditerranée, le dernier Normand de Sicile étant fils de l’Empereur d’Allemagne. Quant au Coeur de Lion... son parcours est éloquent.
Enfin nous entamons une nouvelle série, le casque d’Agris qui emmènera le lecteur directement aux gaulois quelques 250 ans avant notre ère. »

Franck DAVID

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