jeudi 19 novembre 2009, par
Vous avez remarqué ? Il y a des signes de modernisation des enseignements dans le travail des différents organes du ministère... La Sous-Direction des TICE (SD-TICE), à sa manière, œuvre depuis longtemps à la promotion des activités TICE par ses films, les sites portails vers les ressources académiques et la production de ressources multimedia. Le ministre a nommé fin août une mission pour réfléchir à une meilleure intégration des TICE à l’école. Le socle commun se met en place avec le soutien plus ou moins enthousiaste des corps d’inspection. On annonce, c’est une rumeur, que l’évaluation des compétences entre au brevet (et remarquez, c’est déjà le cas avec les langues et le B2i). Il existe, le saviez-vous, une mission de valorisation des innovations pédagogiques au ministère de l’éducation nationale, qui y travaille, donc. Et ne parlons pas ENT ni validation du B2i.
Aussi ne peut-on que s’inquiéter du projet de réforme de la formation des enseignants qui vient d’être présenté aux syndicats et qui arrive comme un OVNI dans ce contexte, une sorte de négation de tout ce que la communauté éducative entreprend pour adapter l’école à la société.
Dans notre société où la connaissance est partout, à la télé, sur internet et dans les livres, la formation initiale se résumerait à un master disciplinaire (Bac +5 ) avec des modules complémentaires "qui ne doivent pas enfermer l’étudiant dans un parcours trop spécialisé", des stages en établissement qui sont un "atout" dans la formation mais ne sont pas obligatoires... Une formation essentiellement centrée sur la discipline donc, et de pédagogie, d’élèves même, on ne parle point. Une formation dans l’université, une université globalement peu formée aux TICE, sous-équipée, avec des personnels qui n’ont par conséquent aucune expérience des TICE en histoire-géo sur le terrain. L’expérience du C2i, qui précède le C2i2e désormais obligatoire pour tout nouvel enseignant, nous conforte dans ces craintes : pour le moment, faute de moyens aussi, l’université laisse trop souvent les étudiants se former seuls, incapable d’organiser la formation adaptée. [1]
Or, les enquêtes se suivent et se ressemblent au moins sur un point : la formation des enseignants est un point crucial dans la qualité de l’enseignement à tous les niveaux. Interviewés dans l’enquête des Landes, les enseignants disent manquer de formation initiale à l’utilisation des TICE. Interrogés sur nos listes et forums, les néo-titulaires se disent démunis en arrivant dans le métier et ravis de tomber sur les Clionautes pour continuer à se former. Interrogés, nos IPR/IA déplorent la médiocre utilisation qui est faite des TICE dans les classes.
Sans compter qu’une bonne partie des spécialistes en éducation (Brighelli non compris) s’accorde à penser que l’enseignant de demain ne sera plus un transmetteur de savoir mais un accompagnant, qui apprendra à apprendre et si possible à apprendre ensemble (voir les références sur le blog de François Guite, l’article du Réseau Education-Médias ou cet article de Sciences Humaines). Pour ce métier-là, si la formation scientifique reste évidemment indispensable, il faudra cependant davantage qu’un master disciplinaire, et une formation continue digne de ce nom !
Peut-on rêver arriver dans le peloton de tête de PISA sans former ses enseignants ? Les Clionautes auront du pain sur la planche !
[1] Évidemment, il s’agit ici des universités et des universitaires pris dans leur ensemble. Il y a, nous en connaissons, des universitaires utilisant les TICE et des universités préoccupées par les TIC. Mais elles restent l’exception, et nous espérons que cela changera, et vite !