Un monde hiérarchisé
–G2- références Hachette 98
Le monde est organisé en un système que nous avons commencé à définir dans G1 en montrant les regroupements d'Etats, les tensions pouvant exister entre ces groupes ou à l'intérieur de ces groupes et enfin les phénomènes qui remettent en cause le cadre des Etats. Dans G2, nous allons poursuivre l'examen du système monde dans le cadre de regroupements d'Etats tout d'abord, puis en affinant l'analyse pour dégager des centres du système-monde et des périphéries. La problématique consiste à montrer que le système-monde est inégalitaire. Les questions qui se posent et qui font la trame du plan sont : Ces inégalités sont de quels types ? + Comment les expliquer ?
I/ Quelles inégalités ?
A/ Des inégalités de puissance.
1) les écarts de richesse (carte 4 p. 44)
Il s'agit d'une carte du PIB => mesure de toutes les richesses produites à l'intérieur des frontières du pays => fausse un peu la perspective car sont pris en compte les richesses dégagées par les multinationales alors que l'on sait qu'une bonne partie de ces richesses ( surtt dans les pays du TM) est rapatriée au siège. Il s'agit d'une carte par anamorphose => ce que l'on doit prendre en compte c'est la taille des carrés ( !!!! la couleur = PIB/hbt). R/ On notera une erreur dans la carte puisqu'elle ne fait apparaître aucun des pays arabes producteurs de P.
Les Etats les plus riches sont les Etats occidentaux (EU, Eur. occ., Australie, Russie) + Japon, Taiwan, Chine et Inde. On notera l'écart entre les EU et tous les autres pays. PIB US 1997 = 6737 MM $
Ce sont tous des Etats industrialisés (carte 5 p. 44)( l'agriculture fait moins de 6% du PIB) et dans une moindre mesure Rie, Chine, Inde et Taiwan. L'ancienneté du dvlpt industriel est donc un facteur actuel de richesse. De plus, on peut légitimement supposer (en l'absence de carte pour le confirmer) que le dvlpt du tertiaire est aussi un facteur discriminant.
Enfin, on remarquera l'écart entre les pays riches et les pays pauvres, qui se situent majoritairement en Afrique (+ dans une moindre mesure en Asie et en Amer. du S)Les 29 pays les plus riches concentrent 80% des richesses mondiales.
2) les écarts de poids démographique
La carte par anamorphose fait apparaître deux géants démographiques : la Chine avec
Z 1,2 MM d' hbts et l'Inde avec 0,9 MM. A eux 2, ils rassemblent 37% de la population mondiale. Ensuite viennent les EU (0,260) , l'Indonésie (0,190) et le Brésil (0,160) , la Russie (0,150)...=> Les disparités sont très fortes au "profit" des pays du "S". Asie + Amer.S+ Afr. = 80% de la pop. mondiale. L'Afrique ainsi apparaît beaucoup plus fortement que dans la carte précédente. L'Asie est le continent le plus peuplé (Z 55% de pop. mondiale )La question est de savoir si la population est un facteur de puissance ? Il semblerait que non si l'on prend en compte le cas africain. Il peut être facteur de puissance politique ne serait-ce que parce qu'il conditionne la taille de l'armée. Encore faut-il signaler que la puissance d'une armée actuellement se mesure moins par le nombre de soldat que par la technologie des armes utilisées. Dans le domaine éco., le facteur démographique ne peut pas être isolé du reste. Il est facteur de richesse si les conditions de production sont compétitives (savoir-faire, qualité des équipements, stratégies commerciales...) Les EU, le Japon ou l'All. par exemple disposent ainsi d'un large marché intérieur pour écouler leur production. En revanche, une pop. nombreuse peut être source de faiblesse et => la pauvreté quand l'appareil éco. n'est pas à l'unisson.
3) les écarts de niveaux de vie (cartes 4 p. 44 et 3 p.47)
1er constat = la pop. riche - nbreuse que pays riches => ont disparu la Chine (105e rg mondial)et l'Inde, gênés par leur trop forte pop. En revanche on voit apparaître les pays producteurs de P.(PNB/hbt à p. de 3000$)
Le classement établi dans le 1) est bouleversé : pour les pays du "S", des pays d'Amer. du S se distinguent par leur PIB/hbt entre 6000 et 10 000$/an/hbt (Brésil, Mexique, Argentine...); pour les pays du "N", le Luxembourg se classe en tête (prés de 40 000$), puis la Suisse. Le Japon est 3e avec un PIB/hbt de prés de 35 000$ tandis que les EU ne sont que 6e avec 25 860$.
Les écarts entre pop. riche et pop. pauvre sont énormes (tableau 2 p. 47): il y a un écart de 1 à 82 entre PNB/hbt moyen des pays les plus pauvres et celui des pays industrialisés (écart entre 1er et dernier -Mozambique en 1992-= de 1 à 600). Les écarts sont importants également au sein des pays du S entre pays les plus pauvres (PMA) et les autres (PED) = 1 à 5. Des pays asiatiques qualifiés de NPI ont des PIB/hbt proches de ceux des pays d'Eur. occ. Singapour par exemple a quasiment le même que la France (23350
¹ 23470)On distinguera donc les pays à revenu élevés > 15 000$ de ceux à revenus intermédiaires 2000< <15000 et des pays à faible revenu < 2000 parmi lesquels il faut distinguer les très pauvres (< 500)
!!!! aucune classification n'est entièrement satisfaisante <= pays rentiers du pétrole cat. intermédiaire de richesse voire riche mais structures éco de pays du S
¹ Chine cat. pop. pauvre (PNB/hbt = 429 en 1993) mais c'est un pays riche à l'échelle du TM et industrialisé, capable de prouesses techniques. Idem Inde. Ces pays ne sont pas des PMA !B/ Des inégalités de développement
1) principaux indicateurs
Quelles différences entre pays indus. et pays en dvlpt (2 p. 47)?
Taux de croissance démog. + élevé, pop. + jeune (2 p. 40), espérance de vie plus faible, sous-nutrition et mal-nutrition (ss-nut touche 800M de personnes carte 2 p.42), moindre accès à l'eau potable ce qui favorise les épidémies et fragilise les organismes, taux d'alphabétisation beaucoup plus faible (3 p. 43), des économies marquées par l'agriculture (5 p.44) et néanmoins pour les PMA de fortes importations agricoles ce qui montre que leur agriculture ne parvient pas à nourrir la pop., faible industrialisation et faible urbanisation qui se manifeste par une consommation d'
On remarque des différences sensibles entre les 3 continents du "S" . L'Afrique semple "mal partie": les données chiffrées sont toujours les plus mauvaises pour ce continent. C'est en Afrique essentiellement que l'on trouve les PMA*. Définis par l'ONU comme les pays les plus pauvres de la planète, ils sont aussi les pays qui ont le moins de perspective de croissance éco avec . Ils sont une 50aine actuellement qui représentent moins de 1% du PIB mondial. Les ¾ sont situés en Afrique sub-saharienne (surtt Afr centrale)(carte 3 . 47)
2) la notion de dvlpt
cf. poly
II/ QUELLES LOGIQUES ? ( = explications et perspectives)
A/ Evolution de l'IDH
1) améliorations dans le TM (graphique de l'évolution des IDH par zone depuis 1960)
Depuis 1960, l'IDH mondial a
C'est le résultat d'une croissance relativement forte, en tout cas plus forte que celle des pays du "N" (4% /an dans les 80's
¹ 2,3%). Les pays du TM se sont industrialisés, surtout en Asie et en Amérique du S : la part des EXPQ de produits primaires a ¯ de 30% en Amer du S et de 40% en Asie.=>
richesse pop. : x5 en Asie de l'E = + forte progression.=> l'espérance de vie a
d'1/3, le tx de mortalité a ¯ de ½, le taux d'alphabétisation est passé de 46% en moyenne à presque 70%...2) mais
des écartsL'amélioration est inégale au sein des pays du TM . Très forte en Amérique du S, Asie du SE et de l'E, pays arabes, elle est plus faible pour l'Afr et pour l'Asie du S. Les progrès du dvlpt sont contrariés par les difficultés économiques rencontrées par ces pays et surtout par la croissance démographique (2 p.49)=> croissance du PIB faible < moyenne mondiale et revenu /hbt en
¯ de 0,7% par an en Afrique subsaharienne => En Afr et en zone ACP, la majorité des pop. des pays ont connu une régression de leur niveau de vie depuis le début des 80's.(ex. Côte d'Ivoire - 50%)Pourquoi ?
B/ La T.D.
rappel des mécanismes théoriques de la TD (Schéma)
1) l'explosion démographique dans le TM (cartes p. 40)
1 MM d'hbt vers 1800
Encore une fois, il faut faire la distinction entre la situation de l'Amérique du S et de certains pays d'Asie d'un côté et celle de l'Afrique et des autres pays d'Asie de l'autre. Les premiers sont en fin de TD car les tx de fécondité ont considérablement baissé ( moins de 3,5). C'est encore beaucoup et comme la population est jeune, elle continue d'
mais de moins en moins fortement. A l'inverse, dans les autres pays les tx de fécondité commencent à peine à ¯ . Les femmes et les hommes utilisent très peu les moyens de contraception (cf. Mali en 1990 = 5%, Kenya 27% !) et les mentalités ont peu changé : les femmes continuent à vouloir beaucoup d'enfants car = justification de leur j ce + enfants = richesse et soutien pour les vieux jours. Ces pays cô une explosion démog avec des tx d' nat. (2,8%/an) >> moy. mondiale ( 1,6%/an en 1994)Pour ces pays, certains ont proposé de modifier le schéma de la TD. AN beaucoup plus fort, décalage entre
¯ mort. et ¯ nat. plus évident, plus d'incertitudes en ce qui concerne l'évolution future du tx de fécondité (à quelle vitesse va-t-elle¯ ?).2) explosion démographique et dvlpt
La TD dans ces pays ne s'accompagne pas du dvlpt éco. comme ce fut le cas des PDEM => le modèle de Landry ne peut pas s'appliquer. La
¯ de la mortalité n'est pas entièrement due à une amélioration visible des niveaux de vie, la ¯ de la fécondité n'est pas entièrement due à l'urbanisation liée à l'industrialisation, qui entraînent changements de modes de vie et de mentalités. => Au lieu que dvlpt et croissance démog. aillent de pair, dans les pays du TM , il y a eu explosion démog. qui a gêné le dvlpt. Un cercle vicieux, notamment en Afrique qui cumule les handicaps, s'est mis en place. = Notion de pop. limite, pour ne pas dire surpopulation car pas pr. espace.- pr aux ressources alimentaires : l'agr. africaine ne réussit pas à
sa production pour suivre l'accroissement démog. => IMPq ( l'Egypte par ex. importe la ½ des céréales qu'elle consomme) => chgt des habitudes alimentaires => fragilisation de l'agr. trad. Vivrière => désorganisation de cette agr. + IMPq pèsent sur la balance commerciale.- pr à l'écosystème. L'
pop. => dégradation de l'environnement car dépassement des ressources locales raisonnablement exploitables en bois, sols fertiles ... => déforestation, épuisement des nappes phréatiques...- pr. à l'éco globale : explosion démog =>
misère des pop. + du nbre des paysans sans terre.- pr. à l'urbanisation. Explosion démog. => explosion urbaine et macrocéphalie urbaine => dégradation des conditions de vie de ces ruraux trompés par le "miroir aux alouettes" de la ville.=> bidonvilles.
Bilan : alors qu'en 1974, la conférence mondiale sur la pop. (organisée par l'ONU à Bucarest) avait lancé le slogan : "le meilleur contraceptif, c'est le dvlpt", aujourd'hui l'idée iverse est admise : "le pcpal moteur du dvlpt, c'est la contraception". Mais, comment généraliser la contraception sans le dvlpt ? Certains Etats asiatiques, autoritaires ont pu le faire (Singapour, Malaisie, Chine ...). Pour les autres, il faut dvlpper l'éducation des femmes (difficile dans les vastes pays ruraux), généraliser l'enseignement pour les enfants qui donc ne travaillent plus pour leurs parents , dvlper des infrastructures sanitaires ( pour
¯ mortalité infantile => pour limiter les naissances de remplacement), les rendements agricoles...Or cela coûte cher et est une action dans la longue durée. Ou alors, compter cyniquement sur le malthusianisme de la pauvreté = la fécondité ¯ sous l'effet de la paupérisation et du manque de ressources alimentaires.C/ Les difficultés économiques du TM liées au conditions du commerce international
Depuis les 70's, les cours des mat. premières ne cessent de ¯ . Par exemple, rentre 1984 et 1994, sur 23 mat. premières non agricoles, 20 ont ¯ et 3 ont . Les raisons de cette ¯ des prix ne sont seulement plus liées à la mainmise des multinationales sur la production et la commercialisation des matières premières comme c'était le cas jusque dans les 60's. Ces multinationales ont perdu leur monopole et nombre d'Etat ont suscité la création
Cet Etat de fait reflète l'ancienne division internationale du travail : les pays du TM produisent pour les pays industrialisés des mat. premières à bon marché et leur achètent des produits manufacturés plus chers. Les termes de l'échange sont inégaux. Toutefois, ce système est en train de disparaître : en effet, l' des échanges repose de moins en moins sur les mat. premières qui se marginalisent (22,5% du commerce mondial en 1993 ¹ 36% en 1970) + des Etats du S se sont industrialisés et sont devenus exportateurs sur certains marchés. C'est notamment le cas des NPIA. Attention, il y a des inégalités selon les zones. Cf. la part des EXP
θ de produits primaires dans le commerce extérieur africain = 78,3% en 1993 mais 62,3% pour l'Amérique latine et 16,4% pour l'Asie !2) le poids de la dette
Pendant longtemps donc, les structures de la balance commerciale des pays du TM ne leur permettaient pas de s'enrichir. Donc, il leur a fallu emprunter soit pour nourrir leur population et acheter le pétrole et les biens de base, soit pour les plus chanceux et ceux qui présentaient le meilleur potentiel, pour se développer et s'industrialiser.
R/Attention, tous les Etats du monde sont endettés. La plus grosse dette mondiale = celle des EU. Dans le TM, les pays les plus endettés sont le Brésil, le Mexique, l'Indonésie…
La dette fut donc dans beaucoup de cas le moteur de la croissance (en 1995 par exemple, ce sont l'Asie et l'Amérique du S qui ont bénéficié des 2/3 des nouveaux prêts). Mais dans ce domaine, ce qui compte c'est le % que représente le remboursement de la dette par rapport aux recettes fournies par les EXP
θ. On estime qu'au delà de 25% des EXPθ, le poids d'une dette extérieure est excessif.Þ des situations graves : pays très pauvres et peu industrialisés où le service de la dette > valeur des EXP
θ. En moyenne pour les PMA, le rapport est de 1 à 6. Mais cela existe aussi pour des pays plus riches Ex. Le Nicaragua 801%, la Côte d'Ivoire 340%. Þ Certains pays se sont parfois spectaculairement déclarés en banqueroute pour ne pas rembourser leurs dettes. Ce fut le cas du Mexique en 1982.
III/ QUELLE TYPOLOGIE ( = synthèse)
A/ Les puissances économiques
Livre p. 74 à 77
Se manifeste
Livre p. 56
EU + Japon + UE = 2/3 de la production de richesse et du commerce international.
Les EU sont le pôle le plus complet : pays le plus riche, puissance du $, seule puissance mil et dipl. en ce moment = la plus forte croissance.
Le japon fut longtemps l'enfant prodige de qui l'Occident prenait des leçons : puissance financière, capacité d'innovation, domination industrielle sur certains produits MAIS graves difficultés économique depuis 90's.
L'UE = ensemble de pays les plus riches en moyenne. Stabilité de son marché intérieur, protégé par l'union douanière et par la monnaie commune. Tradition et Savoir-faire mais croissance molle depuis 70's + un modèle socioéco en perte de vitesse
R/ A l'intérieur de ces zones, il y a encore des disparités régionales et qui auraient même tendance à s'accentuer. Cf. opposition littoral/intérieur aux EU, Paris/province en France ou dorsale européenne/régions périphériques méditerranéennes en Europe. Þ La puissance économique a tendance à se concentrer dans certaines grandes aires métropolitaines qui échangent entre elles hommes, argent et informations créent une économie d'archipel qui a tendance à délaisser sa propre périphérie intérieure. (Texte 2 p. 57)
B/ Les "Sud"
= les espaces périphériques externes
Elles participent à la croissance économique mondiale mais sans la diriger = elles subissent les phénomènes extérieurs = NPI (NPIA et Brésil, Mexique, Afr. Du S) Þ leur prospérité dépend encore dans une large mesure de la croissance des pays du N, des structures du commerce ext (qu'ils ne maîtrisent pas) et des IDE étr.
Les périphéries exploitées sont les pays qui intéressent les pays du N par les mat premières qu'ils peuvent fournir ou par le faible coût de leur md'o. Ce sont parfois les mêmes que les périphéries intégrées, parfois non. Dans ce dernier cas, les pays du N utilisent à leur avantage les ressources de ces pays sans générer une forte croissance interne ni un dvlppt. C'est le cas des pays pétroliers ou de certains pays d'Amérique du S ou d'Afrique qui ont misé sur le dvlppt de leur agriculture comme la Côte d'Ivoire.
Afr centrale, Asie centrale = pays enclavés, sans gdes ressources, sans intérêt stratégique. Appartiennent au groupe des PMA, connaissent une succession de crises. Leur IDH recule.