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SOCRATE:

un citoyen "ordinaire".

 

 

Même s'il n'a laissé aucun écrit, Socrate appartient au partimoine de notre civilisation. Sa vie peut donc être considérée comme un document "patrimonial", au même titre que la frise des Panathénées, proposée dans les textes officiels.

Le but de cette étude est double:

* comme tout citoyen ordinaire, Socrate a été amené à remplir des fonction politiques. Cela nous donne donc l'occasion de faire passer un certain nombre d'institutions (Boulée, Ecclésia etc..) de façon moins désincarnée qu'avec le traditionnel schéma des institutions athéniennes présent dans les manuels.

* Socrate a été jugé et condamné selon la procédure régulière alors en vigueur à Athènes. Or, cette justice populaire est l'une des caractéristiques fondamentales de la démocratie.

ATTENTION: CETTE PAGE CONSITUE SIMPLEMENT UNE SUGGESTION DE TRAVAIL AVEC LES ELEVES (PREPARATION A LA SYNTHESE DE DOCUMENT). IL NE S'AGIT PAS D'UN DOSSIER SUR SOCRATE.

CEUX QUI SOUHAITENT UNE DOCUMENTATION PLUS APPROFONDIE ET/OU UNE SITE CONSULTABLE PAR LES ELEVES PEUVENT UTILISER L'ADRESSE SUIVANTE (SITE ACADEMIE DE VERSAILLES):

http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/anti/socrate/socrate0.htm


1) le contexte historique

2) Socrate, le personnage:

* vu par lui même

*vu par les Athéniens

3) Socrate soldat et citoyen.

4) Socrate face à la justice d'Athènes

 

pour le contexte historique: p100-108 du Cl Mosse, Histoire d'une démocratie, Athènes, point seuil. (Pour le professeur, pas en document)

Procès de Socrate: L'Apologie de Socrate est le compte-rendu par Platon (Il y en a une écrite par Xénophon, autre disciple de Socrate). Le texte se présente comme un discours de Socrate, sa défense.

Apologie de Socrate (Platon), trad E. Chambry, ed. Garnier Flamarion, Paris 1965

 

 

 

 

 

 

 

 

1) A la maison, les élèves doivent faire une petite recherche sur

Socrate et surtout sur le contexte historique de son procès

399, cinq ans après la défaite d'Athènes a la fin de la guerre du Péloponnese, mais aussi cinq ans après une brève période dictatoriale (les Trente tyrans, parmi lesquels figuraient des disciples de Socrate) - bref exactement le genre de période ou l'on cherche des boucs émissaires... Évidemment, si les élèves vous disent tout cela ...

Les extraits qui suivent (en vert), sont rassemblés afin de constituer un dossier de document distribué aux élèves (module).

Ceux-ci doivent collecter les informations institutionelles (fonctions électives, fonctions non électives, justice) et tenter de les expliquer à l'aide du schéma institutionnel fourni par leur manuel.

Comme les élèves font ce travail pour la première fois, il convient de remplir le tableau avec eux au fur et à mesure de la lecture des extraits. Les élèves ne sont pas encore assez autonomes pour faire ce type d'exercice seuls.

2) Le personnage de Socrate.

 

-tel qu'il se voyait: passage de l'apologie où Socrate se décrit

posant des questions a tout le monde pour montrer que ceux qui se

croient sage ne le sont pas (on choisira un des chapitres VI a IX)

ou le texte suivant: " Je n'ai pas d'autre but en effet, en allant par

les rues, que de vous persuader, jeunes et vieux, qu'il ne faut pas

donner le pas au corps et aux richesses et de s'en occuper avec tant

d'ardeur que du perfectionnement de l'âme. Je vous répète (...) que

c'est de la vertu que viennent les richesses et tout ce qui est

avantageux, soit aux particuliers, soit a l'Etat."

 

-tel que le voyaient les Athéniens: un extrait des nuées

d'Aristophane : un fou débraillé qui posait des questions a tout

le monde, qui ne croyait pas dans les dieux de la cité et qui

croyait (horreur!) que l'on pouvait chercher de quelle matière était

compose le soleil et la lune... Les Athéniens confondent Socrate

avec un Sophiste.

Avec l'examen du texte d'Aristophane, on peut évoquer l'aspect a

la fois religieux et civique des spectacles a Athènes. Sinon on

peut toujours dire aux élèves Qu'Aristophane est l'équivalent

des guignols de l'infos (mais alors des guignols réactionnaires).

 

"Ce que vous avez vu (...) dans la comédie d'Aristophane, c'est a

dire un certain Socrate qu'on charrie a travers la scène, qui

déclare qu'il se promene dans les airs et qui débite cent autres

extravagances sur des sujets où je n'entends absolument rien..."

 

Apologie, III (GF p.29).

 

 

3) Socrate soldat et citoyen:

 

Socrate soldat: combattant au début de la Guerre du Péloponnese

(bataille de Potidée):

 

première partie (XVII, p40):" Ce serait donc de ma part une

étrange contradiction, athéniens, si, après être resté comme

un autre à risquer la mort dans tous les postes où les

généraux que vous aviez élu pour me commander m'avaient placé,

à Potidée, Amphipolis, a Delion, j'allais maintenant, par

crainte de la mort(...) déserter le poste ou (...) le dieu

m'appelait, en m'ordonnant de vivre en philosophant et en m'examinant

moi-même et les autres."

 

Socrate Bouleute et prytane:

(XX, p44):"...Je n'ai jamais, Athéniens, exerce qu'une fonction

publique,j'ai été sénateur (bouleute). Or, il s'est trouvé que

la tribu Antiochide, la notre, était en possession de la prytanie

au moment ou vous vouliez ensemble les dix généraux

(stratèges) qui n'avaient pas relevé les morts après le combat

naval. (...) Je fus alors le seul parmi les prytanes qui m'opposais à

toute violation de la loi et qui votait contre vous."

 

le combat naval est la bataille des Arginuses, victoire d'Athènes

pendant la Guerre du Péloponnese. Mais la grande cité avait eu de

lourdes pertes et les stratèges n'avaient pu récupérer les

morts au combat.

 

tout y est ou presque: la division de la population en tribus à la

base de la démocratie, les fonctions non électives obtenues par

tirage au sort ou par roulement, la notion de responsabilité des

magistrats devant le peuple ("vous"= l'Ecclesia), la confusion des

pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires au main des mêmes

organismes. Le lien très fort entre civisme et religion (respect aux

morts ici).

 

4) Socrate face a la justice d'Athenes:

Socrate est accusé par un poète, un tanneur et un autre citoyen athénien d'impieté

et de corrompre la jeunesse. Comme tout citoyen athénien, ces trois

sinistres individus peuvent lancer une plainte devant l'Archonte-Roi.

L'accuse est alors jugé par des Héliastes (6000 simples

citoyens divises en jurys de 500 a 600). L'accuse assure seul sa

défense. Le jury décide d'abord de la culpabilité, puis, si

celle-ci est acquise décide d'une peine entre celle proposée par

les accusateurs et celle propose par l'accuse. On se souvient que

Socrate a été condamne a mort (peine proposée par les

accusateurs) parcequ'il demandait comme peine... d'être nourri sa

vie durant au prytanée (récompense pour services exceptionnels a

la patrie).

 

 

A) La plainte et l'accusation.

 

Pas de procureurs a Athènes: ce sont des citoyens qui ont lancé

la plainte et l'acte d'accusation contre Socrate. Anytos, tanneur (et

Stratège en 409), Metelos, poète et Lycon (inconnu au bataillon)

déposent la plainte auprès de l'Archonte-roi.

"Socrate, dit l'acte d'accusation, est coupable en ce qu'il corrompt

la jeunesse, qu'il n'honore pas les dieux de la cité et leur

substitue des divinités nouvelles."

Apologie première partie, XI.

 

Pendant le procès: toujours pas de procureurs ni d'avocat: "parties

civiles" et accuses plaident eux-mêmes:

 

"Quelle impression mes accusateurs ont faite sur vous, Athéniens,

je l'ignore. pour moi, en les écoutant, j'ai presque oublié qui je

suis, tant leurs discours étaient persuasifs. et cependant, je puis

l'assurer, ils n'ont pas dit un seul mot de vrai. (...) Moi, au

contraire, je ne vous dirai que l'exacte vérité. Seulement, par

Zeus, Athéniens, ce ne sont pas des discours parés de locutions et

de termes choisis que vous allez entendre, mais des discours sans art,

faits avec les premiers mots venus."

 

Apologie, première partie, I.

 

(Il devait donc déjà exister des préparateurs de plaidoierie, que

l'on connait au siècle suivant sous le nom de logographes)

 

B) la condamnation: un processus en deux étapes.

 

"Si je ne m'indigne pas athéniens, de cet arret que vous venez de

prononcer contre moi, c'est(...) que je n'étais pas sans m'attendre

à ce qui m'arrive. Ce qui me surprend bien plus, c'est le nombre de

voix pour et contre; je ne croyais pas que l'écart serait si faible,

(...) car un déplacement de trente voix, si je compte bien, eut

suffit pour me faire acquitter. (...) " (Apo, XV)

 

->Je jury décide d'abord de la culpabilité de l'accuse. Celui-ci

étant déclaré coupable l'accusateur et l'accuse proposent

chacun une peine. Lors d'un deuxième vote, Le jurys doit choisir

l'une ou l'autre a l'exception de tout compromis.

 

"Quoiqu'il en soit (Metelos) demande ma mort. Soit. Mais de mon

coté, que vais vous proposer? Evidemment, ce que je mérite.(...)

Qu'est-ce que je mérite donc pour m'etre ainsi conduit? Une

récompense, Athéniens, s'il faut vraiment me taxer d'apres ce que

je mérite, et une récompense qui me convienne: (...) être nourri

au prytanée."(apo, XVI)

 

(Si l'on veut que les élèves gardent une bonne image de Socrate,

mieux éviter de leur donner la fin du texte:" Mais Platon que voici

ainsi que Criton, Critobulle et Appolodore me pressent de vous

proposer trente mines(...) Je me taxe donc a cette somme" Apo,XVIII)

 

Le jury vote alors la mort a une plus forte majorité.

infomations dans les extraits

compléments et explications

fonctions politiques

Stratèges (dirigent l'armée)

élus

responsables devant le peuple

(peuvent être condamnés, mais ici illégal)

 

élus pour un an par l'Ecclésia

 

peuvent être mis à l'amende ou ostracisés(-> contrôle par le peuple)

Bouleute (=sénateur)

les tribus assurent la prytanie (par roulement)

 

 

Boulè= 500 citoyens, préparent les lois

tirés au sort parmi les 10 tribus

justice:

pas d'avocat

jury nombreux (majorité de trente voix considérée comme faible)

semblent représenter le peuple athénien.

le jury vote l'accusation ou l'acquitement puis la peine éventuelle choisie entre celle proposée par l'accusateur et celle proposée par l'accusé.

 

Marc Lohez

professeur au Lycée Newton

92110 Clichy