11
septembre 2001, les Etats-Unis sont l'objet d'une attaque terroriste :
plusieurs avions civils ont été transformés en bombes
humaines, le World Trade Center de New York a été largement
détruit, le Pentagone très endommagé. Ils se déclarent
en guerre
1)
A chaud : les premiers témoignages de nos collègues d'outre-atlantique
2)
Face aux élèves : que faire, que dire?
3) Des points
de vue contrastés, des points de vue nuancés : regards portés
sur les événements.
4)
Ressources bibliographiques
5) Ressources en
ligne
6)
Divers











|
De
New-York à Kaboul : où va le monde ?
Compte
tenu de l'actualité, il a semblé normal, voire impératif,
qu'une association rassemblant des enseignants d'Histoire, Géographie
et Education Civique ne reste pas silencieuse et soit capable de réagir
rapidement. D'où ce dossier rendant compte de l'essentiel des échanges,
du 12 au 16 septembre, de la liste H-Français : il s'agit donc
d'un "instantané", ni repris, ni modifié, enrichi
ultérieurement.
Il aurait été impossible et inefficace de mettre bout à
bout les messages. Il a donc fallu faire une sélection, procéder
à des regroupements. Vous pouvez retrouver l'intégralité
de tous les messages en consultant les archives en ligne de la liste.
N'hésitez pas à nous faire part de vos remarques.
Pour
le suivi d'événements d'actualité : voir la presse
en ligne et se référer également à la
revue de presse entretenue par Daniel Letouzey : http://www.clionautes.org/profs/letouzey/presse/presse.htm
1) A chaud
: les premiers témoignages de nos collègues d'outre-atlantique
L'Internet,
c'est aussi une façon de permettre à une communauté
de communiquer et s'aider en toute circonstance.
>>
12/09 - Je me fais le porte-parole du comité éditorial de
H-Français, pour dire que nous pensons à nos collègues
colistiers des lycées et écoles de la côte est des
Etats-Unis. Demain ils seront devant leurs élèves pour essayer
de leur faire comprendre le monde. Nous pensons également à
l'équipe d'H-Net qui assure dans le calme la maintenance de cette
liste. - François
Jarraud et Le Comité éditorial de H-Français
>> 12/09 - Merci
de penser à nous. Ce matin, c'était un peu la panique. Et
puis surtout l'incrédulité jusqu'à ce moment encore.
On a beau voir et revoir les images des tours qui s'effondrent, on ne
peut pas y croire, et on ressent tant de tristesse face à un tel
niveau de barbarie. Demain, je vais retrouver mes élèves.
Ce sera sans doute difficile de trouver une façon de parler de
quelque chose qui parait inexplicable.
Merci encore. Stéphane DEKEUKELAERE Lycée Français
de Chicago
>> 12/09 - Merci,
Francois Jarraud et David Andress pour votre soutien. New York est plus
ou moins en etat de siege, le sud de Manhattan jusqu'a la quatorzieme
rue est ferme au traffic non-essentiel, donc certains parmi nous vont
peut-etre parler a nos eleves, la plupart, non. Tout est pourtant tres
calme, mais enormement *triste.* - Paul T Werner, New York
>> 12/09 - Merci
de votre soutien moral. Ici tout est calme, trop calme. Seules les sirenes
et les avions et helicopteres militaires rompent le silence. Les ecoles
sont fermees aujourd'hui. Nous craignons ce que nous
allons decouvrir dans les jours a venir. Nous sommes encore sous le choc
au souvenir de ce que nous avons vu et vecu. - Jerome Dutilloy - Ecole
Internationale des Nations Unies a New York.
2) Face aux élèves : que faire, que
dire ?
Nous
sommes là au coeur du métier et les enseignants d'Histoire,
Géographie, Education civique sont en toute première ligne
pour faire face aux interrogations des élèves. Quel est
le juste ton ? Quel est leur rôle, où commence-t-il, où
s'arrête-t-il ? Seule l'éducation vaut-elle contre la barbarie
? Et comment s'y prendre ?
> 12/09
- D'une part c'est vrai ; d'autre part l'histoire nous montre que beaucoup
de fanatiques "passant à l'acte" sont instruits, ou élèves
de gens instruits. L'érudition sans l'ouverture me paraît
pire que l'ignorance. J'avais été frappé par un interview
de Khomeyni, alors réfugié en France :
- vous allez sans doute gouverner l'Iran, alors que vous dites n'être
jamais sorti de votre chambre
- j'en suis fier, car en y restant, j'ai lu tous les livres qu'il faut
(de mémoire, et date de 1978 : je ne garantis donc pas le mot à
mot, mais les circonstances m'ont aidé à m'en souvenir,
puisque je revenais d'Iran et suis resté en contact avec des gens
bloqués là bas en 1979 . Je ne sais pas si le Français
moyen a mesuré la violence et la cruauté des premiers mois
de ce régime, la paralysie et le blocage des relations extérieures
les plus
simples -tempéré par la débrouille et la corruption-
ce qui n'empêchait pas l'exaltation et l'enthousiasme d'une partie
de la population) - Yves Montenay
> 13/09
- A mon sens, il faut distinguer l'éducation et l'enseignement/instruction.
Je pense que dans le mot éducation, il y a apprentissage du raisonnement,
de la mise en relation, de la recherche des causes, l'ouverture que vous
mentionniez également... C'est une chose d'apprendre à lire,
écrire, compter, c'en est une autre d'oser développer l'esprit
critique ! Cécile De Joie - Avallon
> 12/09
- Tout ce vocabulaire employé est un vocabulaire guerrier : nous
assistons en direct à un tournant de l'Histoire et nous nous devons
de l'expliquer à chaud à nos élèves : bousculons
nos habitudes car nos élèves
sont demandeurs et ils nous en remercieront d'avoir pris du temps pour
éclaircir et redonner du sens (s'il existe...) à une actualité
qui nous concerne tous.
Revue de presse? analyse des JT ? réaction du Net ? : le choix
de la forme est varié et relier la réalité à
l'Education Civique n'en sera que plus riche. Je pense aussi à
nos collègues professeurs américains ou français
là-bas qui doivent avoir du mal à travailler actuellement.
Demain, je n'aurai pas le sentiment d'avoir pris du "retard"
dans mes programmations... - Benoît Picherit. De la tribu des Nomades
de l'Education Nationale.
> 12/09
- Deux classes aujourd'hui :
- une seconde : les eleves avaient peu d'inquietude. Pour eux c'était
quelque chose de lointain et sans rapport avec leur vie. Un eleve pensait
que "les Américainsl'avaient bien cherché". J'ai
evidemment fait remarquer
que les victimes etaient des innocents et que c'etait sans doute une date
plus importante pour eux mais je ne suis pas allé plus loin.
- en terminale STT
par contre , les eleves ont souhaité en parler. Beaucoup d'inquiétude,
y compris chez une jeune fille d'origine arabe. Nous avons fait le tour
des inquiétudes. Nous avons rappelé les liens qui nous liaient
aux Etats-Unis (de La Fayette à Marshall et la guerre froide).
Nous avons aussi rappelé les liens qui nous lient au monde arabe.
Nous avons fait finalement le tour des motifs d'espoir : pas seulement
la force militaire et
économique mais aussi l'attrait des civilisations occidentales
et leur capacité à intégrer. Enfin les consignes
: attention aux sacs etc... - François Jarraud
> 12/09
- Je voulais juste dire à mes collègues de 3è qu'un
cours d'éducation civique est très à-propos sur ce
tragique événement. Je le fais demain, on verra.
- Voici mon contenu : document amorce : extraits du Figaro sur l'événement
; document témoin : discours intégral de Chirac ; docs de
référence : constitution de 58 titreII art 5 et 15 et TITRE
III (sur la défense nationale) ; puis l'ordonnance de 1959 sur
l'organisation de la défense (on expliquera vigipirate)
- Les questions : 1/ une défense de la nation - que se passe t-il,
où, que fait Chirac, comment sont impliqués les francais,
quel est le rôle du président , des forces militaires ...
2/ maintenir la paix ds le monde l'OTAN, l'UEO, le rôle de l'ONU
(discours de Koffy Annan d'hier à évoquer) Synthèse
: en quoi la France se sent-elle concernée, quels moyens l'Europe
peut-elle utiliser pr lutter contre le terrorisme et quel est le rôle
de l'ONU ds les conséquences de cet événement. Voilà,
c'est ma contribution, bien maigre en regard des événements.
- Estelle GRUNENBERGER CAUCHOIS - CLG HENRY BARBUSSE, Alfortville (94)
> 13/09
- J'ai mis en ligne un travail destiné à mes 3èmes
sur les attentats aux États-Unis.
Objectifs : *Dédramatiser pour certains, en précisant les
faits et concepts. *Rendre précis pour tous (géographiquement
et dans le vocabulaire) ce qui se passe. *Apprendre à tirer des
information de la presse (analyse de "unes"). C'est à
l'adresse : http://perso.wanadoo.fr/d-d.natanson/attentats_11sept2001.htm
- Dominique Natanson
- On trouvera sur la page ECJS du site des Clionautes, une rubrique "terrorisme
aux Etats-Unis", avec des liens vers le bon travail de D Natanson
et d'autres documents glanés sur la liste ou ailleurs. De quoi
alimenter les débats. http://www.clionautes.org/profs/fjarraud/ecjs/index.html
- François Jarraud
> 15/09
- Et puis il ne faut pas s'étonner que les points de vue soient
divers, voire très antagonistes. Nos "valeurs communes"
ne sont pas évidentes, à part un goût pour l'histoire-géo
et l'envie d'améliorer notre enseignement. Une collègue
était gênée par le côté militant d'un
autre vis-à-vis des élèves. Bien sûr il faut
se fixer des limites. Mais je crois que nous sommes forcément un
peu militants, consciemment, franchement, ou pas. Le plus important me
paraît être d'expliquer aux élèves que l'objectivité
n'existe pas, que nous-même ne pouvons pas être objectif,
mais avons chacun un point de vue, des a priori moraux et politiques.
- Pierre Mattei
> 15/09
- Reçu de la part d'une de mes anciennes élèves d'origine
cambodgienne immigrée aux Etats-Unis depuis 5 ans. Elle a 16 ans
et habite le Minnesota, elle s'appelle Isabelle Chan. Si vous souhaitez
(ou plutôt vos
élèves) contacter cette jeune fille, je peux vous faire
suivre son adresse mel.
I wrote
this poem, as to give you hope. Please pray for those that have lost loved
ones. My condolences to those who have. In this time of tragedy, we need
to stay united. I wish all of you to forward it to your loved ones and
your friends, to give them hope, to let us stay united.
People of
america let us hope !
I am the child without
parents. - Je suis l'enfant sans parents.
I hear the news of a tragic event, - J'entends les nouvelles de l'évènement
tragique,
And as I stare at the television set, - Et quand je fixe la télévision,
I realize that I will be alone in this world. - Je réalise que
je serai seul(e) dans ce monde.
I will not see my parents again. - Je ne verrai plus mes parents.
I will not say "I love you" again. - Je ne dirai plus "Je
t'aime."
I am the
mother without a child. - Je suis une mère sans enfant.
In only a few minutes, - En seulement quelques minutes,
I have lost the joy of my life. - J'ai perdu la joie de ma vie.
I feel numb and cannot react, - Je me sens paralysée et ne peux
réagir,
This is impossible, this is not happening. - C'est impossible, ca ne se
passe pas.
"I love you my darling, I love you one last time". - "Je
t'aime ma chérie/mon chéri, je t'aime une dernière
fois."
I am the
husband without a wife. - Je suis le mari sans femme.
As I watched the building slowly disappearing, - Au moment même
ou je vois le bâtiment disparaître lentement,
I realize she will not be home tonight. - Je réalise qu'elle ne
sera pas a la maison ce soir.
I will never see her again. - Je ne la verrai plus jamais.
I will never hold her again. - Je ne la tiendrai plus jamais.
"I am sorry honey. Sorry for what I said last night". - "Je
suis désolé chérie. Désolé pour ce
que j'ai dit hier soir."
I am the
sister without a brother. - Je suis la soeur sans frère.
Who will I tease? Who will I go to? - Qui vais-je taquiner? Avec qui vais-je
aller ?
You who were there for me in times of need, I miss you. - Toi qui étais
la pour moi dans les moments de besoin, tu me manques.
"I love you my brother, though I have never said so". - "Je
t'aime mon frère, même si je ne l'ai jamais dit."
I am the
friend without a friend. - Je suis l'ami(e) sans ami(e).
I am the niece without an uncle. - Je suis la nièce sans oncle.
I am the cousin without a cousin. - je suis la cousine sans cousin(e).
Sorrow and disbelief I feel. - Peine et incrédulité je sens.
But strong I will stay for my beloved ones, - Mais fort(e) je serai pour
ceux que j'aime,
Who from above watch over us. - Qui d'en haut nous regardent
Let us pray for their souls, let us stay united. - Prions pour leurs âmes,
restons unis.
A stronger America was born upon a tragic event, - Une Amérique
plus forte est née de cet évènement tragique,
A tragedy that took the lives of our family and our friends. - Une tragédie
qui a pris les vies de nos familles et amis.
People of America, let us have faith, LET US HOPE! - Gens d'Amérique,
ayons confiance, AYONS ESPOIR!
Isabelle
Chan14/09/01- Cité par François Arnal - lycée François
Mauriac-Forez - 42 Andrézieux-Bouthéon
> 15/09
- "seule l'éducation vaut contre la barbarie" Certes.mais
il y a du travail : quelques remarques liées à la semaine
d'un de mes proches, enseignant à sa demande depuis une douzaine
d'année l'H.G. dans une zone
dite sensible (quartier peuplé d'habitants d'origines diverses
mais avec une forte majorité maghrebine). Je précise aussi
que les hasards des compositions de classes ne donnent cette année
à cet enseignant que des
élèves encore inconnus:
- Mercredi matin : classes de 3° et de 4° : désintérêt
affiché et suspect pour la tragédie new-yorkaise ; classe
de 5° arrivant comme après une victoire de l'équipe
favorite dans un match de foot :"Youaih l'Amérique est morte"
puis vérifiant auprès de l'enseignant : "c'est vrai
qu'il n'y a que des Juifs à New-york?"; d'où le patient
et ferme travail de mise au point qu'on imagine mais il était semble-t-il
difficile de sensibiliser une bonne part des élèves (garçons
surtout) à l'ampleur du drame humain pour lequel ils ne semblaient
montrer aucune compassion.
- Vendredi matin (...): difficultés en dernière heure (avec
les 3° qui étaient "indifférents" le Mercredi)
au moment de la lecture du texte prévoyant les moments de silence.
Remarques (1/3 de la classe : garçons surtout mais quelques filles
aussi) du style "je ne ferai pas silence pour les Américains!"
ou "pourquoi on ne fait pas silence pour les Palestiniens?"
et rires non dissimulés pour marquer le fait que ces instants de
recueillement avaient été décidés par les
Européens et les autorités françaises.("Youaih,
le Président...") Il a fallu toute la fermeté de l'enseignant
pour que les minutes de recueillement décidées se passent
dans le calme.
La semaine prochaine sera probablement rude. Alors certes le travail difficile
des enseignants de collège et de Lycée (et particulièrement
ceux d'Histoire-Géographie) consiste (pour aller vite) à
expliquer autant que
possible et à faire prendre conscience des complexités du
monde mais ce serait faire preuve d'angélisme de croire qu'ils
sont dans certains quartiers les seuls à vouloir s'occuper de "l'éducation"
des adolescents. -
Alain Ruggiero
> 16/09
- Contrairement à beaucoup d'entre nous, je n'ai pas évoqué
le drame américain avec les élèves. Je ne voulais
pas me laisser entraîner dans des réactions "à
chaud" et des développements sur des pistes qui n'étaient
pas encore certaines. La semaine prochaine, les choses seront plus claires
et le programme de seconde me fournira la trame d'une réponse dans
la durée : l'affrontement Islam-Occident des Croisades pourra être
replacé dans une perspective chronologique plus large, la naissance
du christianisme, l'Humanisme, la Révolution française et
américaine, l'industrialisation, permettront d'essayer de définir
ce qu'on appelle la civilisation occidentale et quels rejets elle suscite
ici et là. En première, la palette des totalitarismes pourrait
d'enrichir du fascisme islamique. Et en Terminale, les problèmes
liés à la mondialisation.
Quant aux minutes de
silence, peut être aurait-il fallu en expliquer davantage le sens
: pas nécessairement des minutes de silence pour des Américains,
car il y avait aussi des Français, des Allemands, des Britanniques,
des Israéliens, des Asiatiques, et certainement aussi des Arabes
et des musulmans, bref, des humains, dans ces tours. Des minutes de silence
pour la paix, contre le terrorisme aveugle, sans chercher à faire
des amalgames avec le Rwanda ou le Proche Orient. - Jean Braunstein
> 16/09 - Je change d'avis de plus en plus a la lecture des messages,
et cela me rassure. Au départ, je voulais exterminer l'afghanistan, l'irak,
et toute la clique, bien influencée par les images, les discours des médias.
Aujourd'hui, je suis plus raisonnée, j'essaye de comprendre ou nous allons,
comment agir pour enrayer ce fanatisme dispersé dans le monde entier,
tentaculaire. (...)
Que va-t-il advenir de notre pays peuplé d'une population arabe nombreuse
? Pourquoi alors que d'habitude les infos montrent des reportages avec
des enfants, élèves, adultes d'origine magrhebine hier elles n'ont montré
les minutes de silence que dans des écoles ds lesquelles les élèves n'étaient
que franco français ? Oui nous sommes manipulés par la presse, et cette
liste me parait excellente pour confronter les opinions et ne pas se laisser
embobiner.(...)
Certes il ne faut pas laisser faire, il faut savoir que dans les cités
ou ailleurs (cf message précédent), une éducation haineuse et paralèlle
bien efficace est mise en place. Que faire ? C'est là le rôle d'une démocratie
et d'un etat démocratique qui n'a pas joué son rôle : il aurait fallu
et il faut désormais aller et intervenir dans ces endroits de non-droit
que sont certaines cités où la police ne va pas, par respect de la vie
privée et des droits de l'homme. (...) Notre role en France pour lutter
contre TOUS les fanatiques, qu'ils soient islamistes ou sectaires doit
comencer par là. Et là, je crois que l'etat a du retard a combler. mais
je reste fidèle au poste, et je peux vous dire que je n'ai jamais autant
adoré mon métier qu'en ces jours où l'esprit critique me force à me poser
et réfléchir. Car oui j'ai peur, et je serai tentée d'agir vite, mais
chacun d'entre-vous m'aide à réfléchir. Et c'est ça la solution : réfléchir
avant d'agir, mais pour agir efficacement. Et personne n'a la science
infuse, il faut tous s'entre-aider pour essayer de bien faire, et c'est
ça le plus dur... Estelle GRUNENBERGER CAUCHOIS Alfortville
3) Des points de
vue contrastés, nuancés : regards
portés sur les événements.
Les
enseignants sont eux-mêmes des citoyens : ils ne peuvent rester
indifférents à des événements qui les touchent
tout particulièrement à travers leur culture, leurs diverses
sensibilités, leurs compétences disciplinaires. La sélection
de messages ci-dessous témoigne de leur souci de réfléchir
en commun, de confronter leurs perceptions des réalités,
leurs interrogations sur l'avenir.
>>
14/09 - A mon sens, quelques F-18 peuvent également rendre service.
Il me semble que les Alliés n'ont pas reconduit les nazis à
Berlin à coup d'esprit critique. Christophe Clavel
- 14/09 -
Je suis loin d'entrer dans la logique du conflit de civilisation. Pour
moi, comme l'avait exposé ce cher Marshall, froide, le terreau
de la misère et de l'injustice exacerbe un sentiment de vengeance.
Il ne peut pas
n'avoir qu'une réplique militaire aux attentats de New-York, sinon,
nous entrons dans la spirale provocation-répression-violence.
Sans citer Kant et sa paix éternelle, la défense de l'occident
ne peut tenir que si elle est accompagnée de celle de la démocratie
et du partage des revenus. Il nous faudra, les américains et nous,
changer nos pratiques
impériales, que ce soit sur le plan économique que politique.
Je sais que je n'ai ici que l'oreille de profs mais les élèves,
face à cette série d'argument, ont été surpris
puis convaincus. L'opinion est-elle mûre pour entendre cela, je
le pense. - H.Vessemont - Lycée Montesquieu
- 14/09 -
Devant les caméras, le jour même de l'attentat, G.W. Bush
rassurait le peuple américain en leur promettant que l'Amérique
allait se venger. J'ai peur ! Hier, il en remettait en nous annonçant
la première
guerre du XXIe siècle. Sincèrement, j'ai peur !
La violence ' la violence de riposte tout autant que la violence initiale
' n'a toujours engendré que la violence.
Il existe un Tribunal Pénal International, si nous pouvons identifier
les vrais coupables qui ont oeuvré dernière ces kamikazes,
qu'ils y soient traduits. La justice n'entraîne que la justice,
laissons-la agir. (...) Ce faisant, en ce début du XXIe siècle,
nous aurons non seulement fait avancer la paix, mais nous aurons surtout
évité que le sang de milliers d'innocents soit à
nouveau versé. - Jean-Yves Proulx - St-Louis-de-France (Québec)
- 14/09 -
L'apprentissage de la tolérance s'avèrera toujours plus
difficile que celui du "dent pour dent", plus long, plus douloureux
aussi sans doute, voire utopique, mais c'est ce qui fait réellement
avancer l'Humanité. -
Cécile De Joie
- 14/09 -
Aujourd'hui, je ne suis pas plus "américain" qu'"afghan"
et je ne serais pas "américain" au cas où et les
E.U. et ses alliés de l'Otan décideraient de bombarder le
sol afghan, où la population souffre en silence
depuis la mise en place d'un régime intégriste soutenu à
un moment donné par les service secrets américains. Avec
le départ des ONG, le peuple afghan se retrouve à nouveau
seul et affamé...
- 15/09
- J'ai hésité avant de réagir mais certains messages
m'iquiètent alors.... Mardi, des hommes, certain de leur bon droit
ont tuer des civils. Pas au nom de l'Islam, pas pour la liberté,
pas pour la fraternité encore
moins pour l'égalité.
Ces hommes haïssent la démocratie, car elle permet la liberté
de pensée, d'entreprendre, de réunion, d'éducation...
Il me semble qu'ils ne sont pas les premiers, nous avons déjà
connu des ennemis semblables. La différence est qu'ils ne sont
pas d'un pays mais d'une famille de pensée. Certains pays les soutiennent,
les encouragent et
les cachent. Depuis ce matin l'Afghanistan menace clairement le Pakistan
de représailles, au cas où ce dernier laisserait passer
des avions de l'OTAN.
Il me semble qu'il s'agit pour nous tous de prendre le temps du recul.
Nous ne voulons pas d'une guerre du "bien" contre le mal, car
aucune nation n'a jamais été "bien". Mais, est-ce
une raison pour s'apesentir sur les erreurs de ces nations alors que le
sang coule encore ? Pour ma part cela me choque.
Rien ne justifiera jamais, ni n'expliquera que l'on tue un homme au nom
de son appartenance religieuse, politique, économique ou éthnique.
Les meurtriers de Mardi ont tué des êtres humains en raison
de leur
nationalité rien ne peut expliquer, ni justifier cela.
Alors oui, depuis le 11 septembre 2001, je suis Américains ou Etats-Uniens,
oui j'éspère que nous trouverons les moyens de stopper puis
d'écarter définitivement la menace par tous les moyens.
Je ne sais pas si une réponse militaire est utile. Je souhaite
simplement concerver mon privilège d'homme libre. Et quand la guerre
sera finie, je reprendrai mes critiques pour faire avancer notre système,
pour le moment. Je nous éspère unis autour de nos valeurs.
- Marc Ternisien
- 15/09 -
Juste un petit commentaire sur les échanges qui ont précédé
: je trouve qu'il est insupportable de mettre sur le même plan la
puissance américaine, c'est à dire un Etat démocratique,
avec ses défauts certes (mais
imaginons un instant un monde dominé par l'hyperpuissance chinoise
pour donner un exemple au hasard) et les terroristes du type Ben Laden.
Comme d'autres, je me sens américain ces derniers temps. - Jean-Michel
MUYL
- 15/09 -
La force ne devrait etre que celle de la justice et non celle, aveugle,
des guerriers. Je choisis mon camps, celui de la democratie, de la paix
et finalement, celui de la force raisonnable et legitime. Nous ne sommes
pas des barbares comme les coupables de ces attentats. Sachons le montrer.
Pour nos eleves, justifier les recours a la force militaire des americains,
c'est excuser d'avance tous ceux qui se defendront avec leurs poings de
la baffe qu'ils se sont pris a la recre. Alors que justement nous tentons
habituellement de leur imposer notre mediation, le recours aux autorites
legitimes que nous sommes.
J'ai beaucoup de mal a imaginer que l'on puisse souhaiter d'autres morts,
coupables ou non.
Je vous avoue qu'hier, lors de cette "minute de silence" en
classe, les eleves ont vu mes yeux briller. Je leur ai explique que je
pensais aux morts passes, certes, mais aussi aux morts a venir, par vengeance.
J'ai peur. -
Caroline Jouneau-Sion.
- 15/09 -
Mais à quoi peuvent servir des F-18 ou autre arme contre une organisation
ramifiée dans de nombreux pays du monde, s'appuyant sur le commerce
de la drogue et diverses mafias?? Les occidentaux sont démunis
face à cette menace: la force armée ne sert à rien
comme l'ont prouvé ces attentats contre lesquels on ne peut pas
se défendre.
(...)Je ne me sens absolument pas protégée par l'armée,
je ne pense pas qu'elle peut quoi que ce soit contre l'utilisation d'avion
suicide contre une centrale nucléaire ou l'utilisation d'armes
bactériologiques. (...) Le monde a-t-il besoin d'un maître
ou de la coopération entre les Etats? Nos regards ne devraient
pas se tourner vers les EU pour régler le pb (si tant est que cela
soit possible) mais vers l'ONU, et ses institutions, qui hélàs,
encore aujourd'hui s'avèrent trop fragiles, et les EU en sont en
partie responsables, non? (...)
Il s'agit de se demander comment reconstruire un monde plus juste, et
non pas comment détruire définitivement celui dont on a
hérité. Ceci ne veut pas dire que je comprends et excuse
les criminels qui ont commandité les actes du 11sept 2001, ils
doivent être retrouvés et si seulement comme le disaient
notre collègue québécois, ils pouvaient être
jugés par le TPI...plutôt qu'assasinés pour en faire
de nouveaux martyrs aux yeux de leurs
sympathisants. Je reste donc très pessimiste par rapport aux années
à venir... Cécile De Joie
- 15/09
- Le collègue qui se sent là "américain",
je ne peux le suivre que s'il se sent aussi "palestinien", "panaméen"
(cf. la lâche agression de 1989, sans parler de l'origine même
de ce "pays", qui n'a même plus droit à une armée),
voire "rwandais" ou "irakien". Balta rappelait à
la télé que d'après l'OMS le conflit de 1991 a fait
1,5 million de morts irakiens, dont un tiers d'enfants de moins de cinq
ans. Quant à la volonté de se sentir "libre",
elle est très louable. Mais Marx disait justement qu'un peuple
qui en opprime un autre ne peut pas être un
peuple libre. Les Israéliens en font plus souvent l'expérience
que les Américains, ou que le Français. Reste à savoir
si nous accepterons de rester des "peuples" rangés derrière
nos dirigeants type Bush... Pierre Mattei
- 15/09 -
Généralement, dans une guerre, il y a toujours deux camps,
plus ou moins bien défini. Si l'on arrive grosso modo à
discerner un camp depuis le 11 septembre, l'autre me parait loin d'être
clair. Où est l'ennemi ? Qui est-il ? Pourquoi le juge-t-on plus
dangereux maintenant qu'il a mis ses menaces à exécution
que du temps où il les proférait ? Pourquoi cet ennemi était
soutenu par le camp d'en face quand il luttait contre les Soviétiques
(du temps où Bel Laden était formé par la CIA) alors
que maintenant il est diabolisé ? Pourquoi l'Afghanistan et le
combat de Massoud n'éveillait strictement aucun intérêt
et a fortiori, aucun soutien des Etats-Unis avant que ceux-ci ne découvrent
la réalité du terrorisme ?
Comment frapper une nébuleuse sans causer les trop fameux et si
cyniques "dégâts collatéraux" ?
Les instances internationales, rappelées par certains collègues,
ONU et TPI, sont elles aussi muettes ou baillonnées ?
Je m'interroge... Et
les bruits de botte ne me rassurent pas du tout. Comme me demandait une
élève de 1ère S: "N'y a t il pas le risque que
les Américains pour se venger frappe au hasard ?". Je n'irais
pas jusque là bien
entendu mais je ne pense pas qu'ils vont "punir" les vrais coupables.
Et quelles seront les conséquences de leurs actes ? Un sentiment
de soulagement, de devoir accompli ou le ralliement à une cause
extrême d'une
partie du monde ? Au moins, à Pearl Harbor, tout était plus
simple. Stéphane Genêt
- 16/09 -
D'accord avec Christophe Clavel pour penser que le langage de la raison
et du dialogue ne suffit pas face au fascisme, qu'il soit nazi ou islamiste.
Après 30 ans de terrorisme ( premiers détournements d'avions
en 1970 ), on peut penser que les vertus du dialogue ont été
épuisées. On peut bien sûr préférer
la paix à la guerre et la force de la justice à la force
militaire,
mais on est bien obligé de se souvenir que le nazisme n'a été
vaincu que par le recours à la force. Tout le monde n'a pas comme
Gandhi la chance d'avoir l'opinion publique anglaise en face de soi. Dans
le cas qui nous préoccupe aujourd'hui, on se trouve face à
un ennemi insaisissable qui n'obéit pas à la même
logique que nous, mais il doit cependant comprendre que ses actes ne peuvent
rester impunis. Tout le problème consiste à trouver la riposte,
mais exclure par avance la force me paraît irréaliste, et
il ne me semble pas souhaitable d'entretenir auprès de nos élèves
l'illusion d'un monde tel qu'il devrait être, mais la réalité
du monde tel qu'il est. Raymond Aron disait dans les années 70
que la faiblesse de Giscard d'Estaing était qu'il ne savait pas
que l'Histoire est tragique... - Jean Braunstein
- 16/09 -
Et si le 11 septembre 2001 marquait non pas le début de la Troisième
Guerre Mondiale, mais celui de la Première Guérilla Mondiale
? Les Etats semblent en effet unanimes, à une ou deux exceptions,
pour condamner
ces attentats. En revanche, on parle de réseaux, de nébuleuses,
de filières,..., avec toute la part d'inconnu que cela suppose.
Comme le disait un des Clionautes, on a du mal à voir qui est l'ennemi
dans cette pseudo-guerre. Bref, un difficile cas d'école pour le
"Village planétaire", dans lequel pouvoir politique officiel
et force parallèle
s'affronteraient. - François da Rocha Carneiro
- 16/09 - Il faut cesser de penser à l'armée comme au 14 juillet. S'il
n'y avait pas, de par le monde, des centaines de milliers de soldats,
avec ou sans uniformes, prêts à donner leur vie (et qui le font parfois)
pour assurer votre sécurité, défendre votre liberté et protéger votre
mode de vie, cela fait bien longtemps que nous aurions fait connaissance
avec le gaz sarin. Là encore, je pourrai développer dans un autre message.
(...)
Si nos regards se tournent vers l'Amérique, c'est parce que les Européens
ne sont pas foutus d'assumer quoi que ce soit. Etre la première puissance
est une responsabilité avant tout. Comment qualifierait-on les USA s'ils
retournaient (impossible !) à l'antique isolationnisme ? Toutes les résolutions
de l'ONU n'ont pas empêché les criminels de guerre serbes de faire leur
sale boulot. Que l'ONU ne soit pas capable d'agir efficacement, c'est
un fait. On peut le regretter et essayer que cela change. Mais en attendant
il faut protéger nos concitoyens.
" Il s'agit de se demander comment reconstruire un monde plus juste"
: Tout à fait d'accord. Sans doute n'est-ce pas en nous abstenant de riposter
à de telles agressions. Mais pour la suite, je suis persuadé qu'il y a
un temps où des idéalistes, comme certains de nos confrères Clionautes,
seront plus utiles que les vatenguerres dans mon genre. (...) - Christophe
Clavel
- 16/09 - (...) Enfin, pour revenir au soutien quasi mondial des Etats,
il est impossible de ne pas se demander si un point commun ne les rapproche
pas ? Quelques cartes, souvent citées par la liste, permettent d'ouvrir
des pistes de réponse(s) : la plupart des Etats ou des peuples solidaires
des Etats-Unis sont confrontés à la problématique du terrorisme. Soit
parce qu'ils en sont victimes, soit parce qu'ils sont accusés d'être des
acteurs terroristes. Le problème de la légitimité territoriale (cf. Border
and Territoriale Disputes ; Buzan ; CIA) ou de la légitimité morale par
rapport aux Droits de l'Homme (cf. les rapports d'Amnesty Internationale
sur les Etats terroristes ou répressifs) offrent un éclairage intéressant
aux élèves (et à nous !). Peut être peut-on considérer qu'un Etat ou les
représentants d'un peuple qui soutient et/ou qui s'engage derrière les
Etats-Unis cherche en fait à démontrer cette double légitimité ?
Eviter d'être "criminalisé" (1) ? Ce qu'il faut bien distinguer de l'attitude
du commun des mortels dont l'expression de la solidarité n'est pas basée
sur le calcul, mais sur l'émotion sincère et l'attachement à un certain
nombre de valeurs humanistes. Même si les Etats peuvent s'appuyer sur
cette émotion (G. Bush, enfin : "Je suis un homme, j'aime les gens. Mais
je suis là pour faire mon travail") ...
Jacques Galhardo Coll. Arche du Lude ZEP de Joué-lès-Tours (une quinzaine
de nationalités différentes. Ce sont les musulmans d'origine maghrébine
qui m'ont demandé de faire les 3 minutes de silence et un élève, "français
de souche" qui les contestait...Je persiste, c'est compliqué !) (1) La
question a des implications civiques. Elle se pose pour les acteurs de
la vie politique (associations, syndicats, partis, presse...) dont certains
se sont opposés à la mondialisation, au modèle libéral américain etc...
Songeons à l'AMI, aux déclarations de nombreux dirigeants après les manifestations
de Gênes... La presse avait alors évoqué le risque de "criminalisation
de la contestation et de l'opposition". Où s'arrête la liberté d'expression,
d'opinion, de manifestation et où commence le terrorisme ? La "violence"
est-elle encore la seule réponse à cette question après les événements
du 11 septembre 2001 (faute de trouver les responsables, clairement identifiés).
- 16/09 - La tragédie qui se noue aux Etats-Unis a, grâce à l'omniprésence
des gadgets électroniques aux EUA et le pouvoir d'achat de CNN, répercuté
son onde de choc à travers toutes les télévisions du monde. L'analyse
a été faite par certains du poids des images quand d'autres événements
tout aussi tragiques n'offrent que le spectacle mille fois ressassé des
victimes déjà recouvertes et des décombres encore fumants. Je ne fais
aucune différence quant au nombre de civils victimes des milices serbes,
de l'armée israélienne, des prétendus groupes islamiques etc. 5 Palestiniens,
5000 Américains, 500.000 Rwandais, les chiffres ne doivent pas créer une
échelle de gravité et de réflexe émotionnel. Je refuse tout autant le
critère qualitatif. Ces attentats sont absolument terribles et m'effraient
au même titre que la barbarie des tueurs de l'ETA, le fanatisme des criminels
talibans ou l'inconscience obstinée des chauffards. J'accepte l'hommage
aux victimes mais je m'interroge sur notre capacité à nous émouvoir véritablement
quand ces victimes sont colombiennes, algériennes ou rwandaises ou kurdes.
Il est clair que le caractère emblématique des objectifs de ces tueurs
a parfaitement rempli son rôle. Comme j'avais vu de pauvres amis à l'Ile
Maurice pleurer la disparition tragique d'une princesse en 1997, il y
a fort à parier que beaucoup de malheureux se sont émus de l'effondrement
du WTC. Par ailleurs je refuse de m'associer à cette élan de religiosité
tel que les chaînes françaises l'ont repris notamment vendredi soir. Jamais
je n'ai vu autant de scènes de prières, jamais je n'ai entendu autant
de messages bibliques dans des émissions dites "d'information". La France,
décidément curieusement laïque, aura fait la part belle à un traitement
de l'information inspiré, sinon repris, voire dicté, par les chaînes américaines.
Je croyais que la guerre du Golfe avait permis une prise de conscience
du danger de ne se fier qu'à un point de vue pour décrypter l'actualité.
Mais alors qu'on condamne l'extrémisme religieux, je me demande si l'on
n'accorderait pas plus de crédit à certaines religions. Qu'on laisse M.
Bush invoquer Dieu, qu'on ne nous abreuve plus de ces scènes magnifiques
de prière nocturne à la lueur des bougies vibrantes. Les grands de ce
monde se retrouve dans les églises et les temples de nos religions européennes.
On voit rapidement le secrétaire général de l'ONU assister à la prière
dans une mosquée. N'y a-t-il pas d'autres informations, d'autres analyses
à attendre de nos médias ? Est-ce une attitude citoyenne, civique, de
montrer qu'en de pareilles circonstances l'homme, le grand comme le petit,
s'en remet finalement à Dieu pour en combattre les fous. Respectueux,
je l'espère, des croyances et des philosophies quand elles restent dans
le domaine privé, je suis gêné, inquiet. Franck DAVID
4) Ressources bibliographiques
> 15/09
- Suite aux messages concernant l'information en boucle et la désinformation,
on peut relire l'essai de Marc Ferro paru après la guerre du Golfe
: L'information en uniforme ( propagande, désinformation, censure
et
manipulation) - Ramsay, 1991.
Je cite,p.99 : "Dans une société sans "boussole",(...),où
la fonction de l'école est constamment mise en cause, l'information
a pris la relève de l'instruction, chère au siècle
précédent, comme mode de connaissance et
d'intelligibilité du monde". Gérard Corniquet, Collège
Millevoye, 80100 Abbeville
> 16/09
- Sur le coeur fauve de l'Eurasie :
- Sur le géographie de l'Asie centrale et de l'Afghanistan, D.
BALLAND, "Il était une fois l'Afghanistan...", in : Afrique
du Nord, Moyen-Orient, Monde indien / Georges MUTIN & François
DURAND-DASTES ed. [Paris] : Belin; [Montpellier] : Reclus,1995, pp. 238-244,
ill. (Géographie Universelle, sous la direction de Roger Brunet).
- "Diviser l'indivisible : les frontières introuvables des
Etats centrasiatiques", Hérodote, n° 84, pp. 77-123, 103
notes bibliogr. (N° intitulé : Le cercle de Samarcande).
- On trouvera sur le site de l'équipe :" Monde iranien contemporain"
une liste exhaustive de chercheurs qui ont travaillé sur l'Iran,
mais aussi sur l'Afghanistan, comme le politologue Olivier ROY, Directeur
de recherche au
CNRS : http://www.ivry.cnrs.fr/iran/pubcontemp.htm
- Michel Neyroud
5)
Ressources en ligne
Lorsque les compilations sont importantes, seule l'adresse
de consultation du message en ligne est indiquée et sa transcription
sur la page est abrégée.
>>
Hommage à New York, d'hier à aujourd'hui :
> 12/04
- New York, c'était hier ... Pour tous ceux qui veulent retrouver
ce qui appartient à des souvenirs et suivre la triste réalité,
consulter la page de butinage du site des clionautes :
http://www.clionautes.org/profs/stabarly/butine/AmeriqueNord.htm#NewYork
Et dans ce message sur la liste H-Français :
http://h-net.msu.edu/cgi-bin/logbrowsekc2A7b3ahrPylAXhgJEmg&user=&pw=
>
J'attire l'attention sur une extraordinaire photo aérienne de Manhattan
publiée par CNN sur son site à l'adresse = http://www.cnn.com/SPECIALS/2001/trade.center/sat.photo.html
Où beauté et horreur se rejoignent ... Michel Chauvet
>>
A travers les médias (tout type de support)
- 13/09 -
le site de Courrier International : http://www.courrierinternational.com/mag/couv.htm
et la page d'accueil du site -
http://www.courrierinternational.com/actual/accueil.asp - donne beaucoup
d'autres informations sur les attentats, l'Afghanistan, Ben Laden, etc.
Paul PAUMIER - GRHIS - UPRESA CNRS 6064 - Université de Rouen
et un lien vers un entretien accordé par Ben Laden à un
journaliste de CNN : http://www.flinet.com/~politics/jihad/jihad.htm
- 14/09 - Quelques
liens à partir de la page spéciale du Monde Diplomatique
: http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/wtc/
Voir en archives le message de présentation de P.
Mallard.
- 16/09 - "INSTABILITE
PERSISTANTE EN ASIE CENTRALE, De la résistance à la prise
de Kaboul, l'histoire secrète des talibans", Monde diplo,
1997, http://www.monde-diplomatique.fr/1997/01/ALLIX/7564.html
-O. Roy,
"RIVALITÉS ETHNIQUES ET RELIGIEUSES, JEU DES PUISSANCES EN
AFGHANISTAN, Avec les talibans, la charia plus le gazoduc", Monde
diplo, 1996, http://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/ROY/7404.html
-
- 16/09 - Compte-rendu
(proposition S. Tabarly) en ligne de la "Rumeur du monde" diffusée
sur France Culture à 12h45 - http://h-net.msu.edu/cgi-bin/logbrmWiAnomA8E5jWBqEuDJQ&user=&pw=
-
Interroger aussi les moteurs de recherche des sites en ligne des quotidiens
(en général les archives sont "glissantes")
>>
Géopolitique, géostratégie : généralités
> 14/09
- En dehors des ressources en ligne proposées par la presse, quelques
pistes :
http://h-net.msu.edu/cgi-bin/logbrowse.3kgTkH1sukGuR2XzWkVs9A&user=&pw=
Sélection proposée par Sylviane Tabarly
> 16/09 - Pour retrouver
les discours officiels, les réactions, des informations sur Ben
Laden, etc.. : à partir du site en français du Département
d'Etat : http://usinfo.state.gov/products/washfile/french.shtml
- Philippe Lapresle
>>
L'Afghanistan et Eurasie
> 16/09
- 2 Paragraphes interessants trouvés sur le site du CICR, à
propos de Kandahar, fief de Ben Laden, à méditer en cas
(?) d'intervention militaire. http://www.imaginet.fr/terminus/pays/afghanistan/diary_a_.html
- Marc Estradé
> 16/09 - Sélection
proposée par Michel Neyroud sur -
http://h-net.msu.edu/cgi-bin/4KlixOuuqBiw&user=&pw=
> 16/09 - Sur les
talibans : http://h-net.msu.edu/cgi-biniID%2bWTRIi03UjCtpDQ&user=&pw=
>16/09 - Recension cartographique autour de l'Afghanistan, dans les
archives de la liste H-Français (Michel Neyroud) : http://h-net.msu.edu/cgi-bin/logbrQKwHucqeq9dKJFBNcA&user=&pw=
> Du côté des associations, dans les archives de la liste
H-Français (partie inférieure du message) :
http://h-net.msu.edu/cgi-bin/logbrowse.=kkqEOv2X0O/67jEJsd9cNw&user=&pw=
Sélection proposée par Sylviane Tabarly
> Du côté des institutions et des médias, dans
les archives de la liste H-Français :
http://h-net.msu.edu/cgi-bin/logbrows=kkqEOv2X0O/67jEJsd9cNw&user=&pw=
Sélection proposée par Sylviane Tabarly
> Divers
:
- L'université du Texas met en ligne de nombreuses cartes et informations
sur le relief, la composition ethnique et la défense aérienne
de l'Afghanistan.
http://www.lib.utexas.edu/maps/afghanistan.html
6) Divers
>>
Les communiqués, déclarations, décrets :
- 12/09 - du CPEA "qui réunit des pays musulmans et des voisins
de l'Afghanistan (...) DECLARATION DU CPEA Nous, pays membres du Conseil
de partenariat euro-atlantique
- 13/09 - et de l'OTAN : 12 September/septembre 2001 - PR/CP(2001)124
- DECLARATION DU CONSEIL DE L'ATLANTIQUE NORD
- 13/09 - J.O. Numéro 212 du 13 Septembre 2001 page 14582 - Hors
rubrique - Décret du 12 septembre 2001 portant déclaration
de deuil national - NOR : HRUX0101919D - Le Président de la République,
Sur le rapport du Premier ministre, Décrète : ec...
- 14/09 - Message du ministre de l'éducation nationale aux chefs
d'établissements et directeurs d'école au sujet des actes
terroristes
>>
15/09 - La poésie, un recours ? René Char :
"Certains jours il ne faut pas craindre de nommer les choses impossibles
à décrire.
Base et sommet,
pour peu que les hommes remuent et divergent, rapidement s'effritent.
Mais il y a la tension de la recherche, la répugnance du sablier,
l'itinéraire nonpareil, jusqu'à la folle faveur, une exigence
de la
conscience enfin à laquelle nous ne pouvons nous soustraire, avant
de tomber au gouffre.
Pourquoi me soucierais-je de l'histoire, vieille dame jadis blanche, maintenant
flambante, énorme sous la lentille de notre siècle biseauté
?
Elle nous gâche l'existence avec ses précieux voiles de deuil,
ses passes magnétiques, ses dilatations, ses revers mensongers,
ses folâtreries.
Je m'inquiète de ce qui s'accomplit sur cette terre, dans la paresse
de ses nuits, sous son soleil que nous avons délaissé. Je
m'associe à son bouillonnement. Par la trêve des décisions
s'ajourne quelque agonie." (...)
-------------------------------------------------------------------------
"Je veux n'oublier jamais que l'on m'a contraint à devenir
- pour combien de temps ? - un monstre de justice et d'intolérance,
un simplificateur claquemuré, un personnage arctique qui se désintéresse
du sort de quiconque
ne se ligue pas avec lui pour abattre les chiens de l'enfer"
Recherche de la base et du sommet - 1941 - 1943
----------------------------------------------------------
Dans "Fureur et mystère" : "L'homme est capable
de faire ce qu'il est incapable d'imaginer. Sa tête sillonne la
galaxie de l'absurde".
-
archivage par mois : http://h-net.msu.edu/~francais
- à l'aide d'un moteur de recherche : www2.h-net.msu.edu/~francais/
- pour faire une recherche plus fine : http://www2.h-net.msu.edu/logsearch
mais sans oublier de sélectionner la bonne liste de discussion
... il y en a beaucoup d'autres.
Synthèse
: Sylviane Tabarly
Copyright Association des Clionautes
- 2001 - Toute reproduction interdite
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