Ce livre n'ajoute rien aux travaux connus déjà, comme par exemple ceux
de Mgr Daniélou, Nouvelle histoire de l'église, à la limite, il s'agit
d'un vrai recul. Malgré ses diplômes et son statut (conseiller d'État
honoraire), l'auteur n'est ni universitaire ni spécialiste du sujet,
ainsi que témoigne sa minuscule bibliographie. Il n'hésite pas à
utiliser par exemple L'histoire de l'église de Mgr Duquesne, publiée en
1925.
Je ne me serais pas attardé sur ces critiques, si elles n'étaient pas
manifestes dans le travail présenté. Plus qu'un livre d'histoire,
c'est une manifestation de foi en faveur de l'église catholique.
L'auteur s'attache violemment au développement de la doctrine
Paulienne, refusant d'admettre les variations qui existaient au sein
du monde chrétien. Dans les débats entre Paul et l'Église de
Jérusalem, il prend partie pour le premier, qualifiant la seconde
de " repliée sur elle-même, ennemie de tout changement, fermée à tout
courant venu de l'extérieur, figée dans le respect intégral d'une
tradition à jamais cristallisée. Cette Église judaïsante, si émouvante
par ses origines, supportait mal la greffe de l'Évangile. " C'est
cette église de Jérusalem qui est probablement la responsable de la
diffusion du christianisme en Proche-Orient, bien avant la
christianisation de l'Europe
L'auteur n'hésite pas à reprendre les anciennes critiques contre les
juifs et le judaïsme, comme si le Concile du Vatican II n'avait jamais eu
lieu. Il n'hésite pas à parler de la destruction de Jérusalem comme
d'un châtiment mérité, et d'accuser " les juifs " des poursuites
contre les chrétiens. Sur ces points, le livre est un sérieux recul,
et il montre, peut-être, l'existence au sein de l'Église catholique
de courants qui refusent d'admettre les tendances de collaboration et
de compréhension entre les réligions, que l'on peut voir ailleurs.
Il est regrettable que ce livre soit préfacé par l'évêque de Lille.