Jacques Dalarun.
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Claire de Rimini, Entre sainteté et hérésie,,
Payot biographie, 1999, 285 p., 130 F
Par Fabienne Bliaux
Après avoir édité en 1994, la légende italienne de Claire de Rimini, Jacques Dalarun propose ici un ouvrage critique fort documenté sur la sainte italienne. Ce travail se place dans la continuité des biographies qu'il a consacrées à Robert d'Arbrissel, Micheline de Pesaro ou François d'Assise.
Dans son prologue, Jacques Dalarun décrit l'auteur de la biographie de Claire de Rimini, Giuseppe Carampi et le contexte dans lequel il a travaillé afin de permettre ensuite une meilleure interprétation de ces écrits. En sept chapitres, il dresse ensuite un portrait de Claire de Rimini.
Ce n'est pas une simple biographie ; c'est l'histoire d'une femme, d'une sainte vivant au XIIIe siècle parmi d'autres -futures- saintes qui se sont impliquées de façon concrète dans la vie publique de leur époque ainsi que dans la vie religieuse, plus particulièrement franciscaine.
L'existence de Claire de Rimini est parallèle en bien des points à celles de Claire d'Assise, de Marguerite de Cortone, d'Angèle de Foligno ou de Micheline de Pesaro.
Mais la retraite de Claire n'est pas une seule réclusion ; comme d'autres, elle demande l'aumône. Elle renie son existence de jeune fille et de femme mariée vivant dans l'opulence pour se tourner vers dame pauvreté. Considérée et jugée pour hérétisme par ceux qui plus tard la dénommeront sainte, elle porte sa croix de pauvreté. Petit à petit une communauté se forme à ses côtés, prêchant la pauvreté. Cependant, Claire ne se veut pas à l'origine franciscaine, ce n'est que dans le sanctuaire d'Assise qu'elle rencontre le poverello. Elle se place alors au côté des Spirituels, un des groupements de frères franciscains. Elle devient alors apôtre de cette nouvelle religiosité et la propage jusqu'à sa mort.
Partout, Jacques Dalarun cite le texte original, l'explicite et le met en parallèle avec d'autres écrits, d'autres façons de voir la société médiévale contemporaine de Claire de Rimini, de son biographe ou encore les récents travaux de chercheurs français ou italiens. Partout où le besoin s'en fait sentir, il définit l'époque, les situations politiques ou économiques de la péninsule italienne.
Cet ouvrage est donc un bon point de départ pour tout travail sur l'Italie de la fin du XIIIe et du début du XIVe siècles. C'est un livre de base de l'histoire franciscaine, d'une histoire qui n'est pas coupée de l'Histoire - avec un grand H - et qui s'adresse donc à tous, initiés ou non.