Introduction
Première partie : L'hôtel, lieu et modèle de consommation
Préambule : Le luxe de l'hôtel
Le corpus : un abrégé du " noyau ploutocratique "
Chapitre 1 : Hôtels et boutiques : la rencontre des nobles et de leurs
marchands
La reconstitution géographique du commerce de luxe d'après les factures
L'ampleur d'un marché règlé par la société de cour
Un espace commercial segrege
La cheville ouvrière de l'échange : coursiers et marchands
Chapitre 2 : Mode et prestige : une histoire sociale de la consommation
La renommée des marchands : savoir-faire et publicité
Deux facettes de la mode : l'anglomanie et l'orientalisme
La prodigalité aristocratique : une irrépressible consommation
Chapitre 3 : L'art de consommer : la mentalite economique des Grands
L'intérêt des sources comptables
Les fortunes courtisanes
Le déséquilibre des budgets et l'endettement
Les relations conflictuelles entre courtisans et marchands
Deuxième partie : L'hôtel aristocratique, un objet d'échange
Préambule : Hôtels et société de cour
Un bottin mondain précieux : l'Almanach royal
Chapitre 1 : L'implantation de l'aristocratie parisienne
La mise en place cartographique des hôtels
Le déclin précoce du Marais
La primauté du " noble faubourg "
L'expansion faubourienne du nord-ouest
Chapitre 2 : La mobilité résidentielle de l'aristocratie : l'utilisation
de l'hôtel comme faire-valoir
La cartographie de la sédentarité et de la mobilité
Les pôles de fixation
L'intensité des échanges
Les critères du changement
Chapitre 3 : L'hôtel dans le paysage urbain
La prédominance de l'initiative privée
L'essor de l'hôtel de rapport
Vente, spéculation, urbanisme : les entreprises du ministre Desmarets, du
duc de Montmorency et du comte de Choiseul-Gouffier dans le nord-ouest
parisien
Conclusion
Annexes
Sources et bibliographie
Index
Table des matieres
Abstract :
Paris au XVIIIe siècle est certainement le plus bel exemple qu'on puisse
trouver pour illustrer l'affrontement des théories économiques, entre
celles qui voient le moteur de la croissance dans la production et celles
qui cherchent l'explication du développement dans la consommation. Le livre
de Natacha Coquery aborde du point de vue double - celui d'une historienne
de l'espace et de l'urbanisme et celui d'une historienne de la consommation
aristocratique - une phase essentielle de la transformation sociale des
Lumières à travers l'utilisation de l'espace parisien par la haute
noblesse. Au centre de sa démonstration, on va retrouver l'hôtel parisien,
lieu d'échange, objet de marché.
Au XVIIIe siècle, le changement résidentiel l'emporte car il permet de
suivre les nécessites du rang, de l'apparence, de s'adapter aux besoins de
la mode et du luxe et aux capacités des fortunes. A l' oeuvre derrière la
mobilité, on perçoit alors les transactions et la place de choix que peut
occuper l'hôtel dans le marche immobilier : la mode induit une double
instabilité, celle des nobles dans la ville et celle de l'hôtel dans le
marché immobilier.
Dans ce milieu, depenser va de soi, c'est un impératif catégorique : la
logique sociale prime la logique économique et les lois de l'offre et de la
demande sont obligées de s'accommoder des règles des usages et des
symboles. On découvre ainsi une culture de la consommation, une mentalité
économique. Entre l'aristocrate et ses fournisseurs se joue un jeu serré
dont le vainqueur n'est pas forcément le plus puissant ; la chicane y gagne
et le marché immobilier aussi. A la veille de la Révolution, aristocratie
de cour et bourgeoisie marchande s'affrontent en dépit d'une contradiction
essentielle qui lie le succès économique des uns aux dépenses de prestige
des autres.
Natacha Coquery, ancienne élève de l'Ecole normale supérieure de
Fontenay-Saint-Cloud,agrégée d'histoire et docteur de l'Université
Paris I-Panthéon Sorbonne,
est maitre de conférences à l'Université François-Rabelais de Tours.
Ses recherches portent sur l'histoire de la consommation et du
commerce de détail à Paris au XVIIIe siècle.