Dictionnaire biographique des femmes qui ont marqué la ville cet ouvrage collectif (soixante quinze auteurs, autant d’hommesque de femmes) est
indirectement né du livre paru en 1988 aux éditions Privat Les
Marseillais dans l’histoire, qui ne présentait que 25 notices
féminines pour 707 masculines. Marseille n’était pourtant pas une ville sans
femmes…
Le Centre d’Etudes féminines de l’Université de Provence autour
d’Yvonne Knibielher, Régine Goutalier, Catherine Marand-Fouquer et Eliane
Richard forma alors ce projet d’écrire l’histoire des femmes dans la ville de
Marseille. Plusieurs colloques, une exposition de photos, un numéro
spécial de la revue Marseille, et les célébrations du vingt-sixième
centenaire de la fondation de la ville ont servi d’approche à la
matière
de cet ouvrage.
Une introduction détaillée constitue à elle seule une importante mise
au
point sur l’histoire des femmes. Elle expose d’abord les principes du
choix des personnalités retenues, Marseillaises de naissance ou
d’action, ou figures imaginaires mais emblématiques comme la Bonne
Mère
Notre Dame de la Garde. Les pages consacrées aux sources de
l’histoire
des femmes sont une précieuse aide méthodologique pour ceux et celles
qui souhaiteraient poursuivre cette histoire dans leur ville ou
région.
Enfin la dernière partie de cette introduction synthétise les notices
en
faisant le point sur les marseillaises dans les différentes périodes
de
l’histoire de la ville.
Les notices, présentées par ordre alphabétique sont aussi regroupées
dans un répertoire thématique à indexations multiples à la fin de
l’ouvrage.
De Adélé, fille de l’Aga de Londari rachetée par un officier
philhellène, ayant eu pour marraine Mme de Damas et pour parrain le
préfet Villeneuve, modèle de Haydé d’Alexandre Dumas à Nicole
Veil-Salon
résistante de l’Oeuvre du Secours aux Enfants
déportée et gazée à Auschwitz avec les enfants qu’elle n’avait pas
voulu
abandonner, sont retracé des destins divers, illustres ou inconnus.
Des notices collectives comme celle sur les Premières Journalistes,
sur
les Bernardines, les Poissonnières ou sur les Gavottes de Marseille,
migrantes venues de Haute-Provence constituer leur dot, permettent
d’inclure dans l’ouvrage des femmes sur lesquelles peu d’archives
donnent des renseignements mais qui n’en ont pas moins marqué
Marseille.
Les articles qui traitent des " passantes " sont rigoureusement
centrés
sur leur action dans la ville, comme celui sur Eugénie de Montijo
qui
fit construire et donna à la ville le palais du Pharo.
Ces notices sont illustrées de photos ou croquis en noir et blanc et
un
cahier central en couleur présente tableaux, photos d’œuvres,
affiches
(une très vivante sur les Cris de Marseille avec des croquis de
marchandes de rue)…
Une bibliographie lorsque des publications ont été faites sur le
sujet,
complète utilement chaque article.
L’ensemble constitue tout à la fois un " livre à lire " et une
référence
qui dépasse très largement le cadre local, tant par ses apports
méthodologiques que par la re-naissance de l’histoire encore peu
souvent
écrite de " l’autre moitié du ciel ".