La place de la France dans le monde est une préoccupation majeure des
cercles dirigeants nationaux qui intéresse également l'opinion publique.
Cette interrogation parfois angoissée sur la puissance de la France est
ancienne. Elle est souvent présentée de facon défensive. Le débat porte
plus sur le fait de savoir si la France peut tenir son rang ou si elle a
préservé sa position. Tout ceci cache mal la peur d'un déclin qui
rendrait plus difficile la conservation de notre identité. La fin de la
guerre froide, qui a dévalué certains atouts français, a accentué ces
peurs. Les débats sur la construction européenne ou sur la
mondialisation sont en majeure partie liés à une crainte de déclin de la
France qui serait lié à ces phénomènes.
Quels sont les fondements actuels de la puissance internationale ?
A partir de là, quels sont les atouts et les faiblesses de la France ?
CHAPITRE 1 . Désir de puissance, angoisse du déclin
Où il est question d'une France qui tient son rang ou qui perd son
rang.
Une analyse de l'héritage De Gaulle Mitterrand : une France toujours
active et présente dans le monde, indépendante grâce à sa puissance
nucléaire, et qui compte sur le poids de l'histoire et son génie propre
pour jouer un rôle original dans les affaires mondiales.
La mondialisation a entraîné la perte du pouvoir autonome de décision
qui caractérisait la France. La France évoque son prestige car elle sait
qu'elle n'a plus de puissance, s'accrocherait elle désepéremment à un
passé révolu ?
l'auteur souligne que le débat sur le déclin ne date pas d'aujourd'hui
(650 ans ! ). la France a finalement connu dans l'histoire deux périodes
de véritable domination (Louis XIV et Napoléon ), vécue par les autres
comme une agression cela a donné lieu à des coalitions contre le France.
CHAPITRE 2 . Qu'est-ce que la puissance ?
Cette question est traitée sous l'angle des relations internationales
(capacité à l'emporter en cas de conflit et de surmonter les obstacles,
capacité d'un acteur d'influencer le comportement des autres).
Sont ensuite analysés les moyens pour y parvenir et les critères qui se
dégagent.
puissance militaire
démographie
deux critères aujourd'hui dépassés par la puissance économique qui se
décline en ressources naturelles, maîtrise technologique et surtout
maîtrise du savoir et de l'information.
S'y rajoutent des critères plus subtils comme la cohésion sociale et
nationale, le droit (supériorité des anglo saxons), la diffusion de
l'information et des images (CNN, Hollywood...).
On passe ainsi d'un "hard power" à un "soft power";
L'image que l'on se fait d'un pays est aujourd'hui cruciale.
C'est dans l'interdépendance de tous ces facteurs que se structure la
puissance d'un Etat aujourd'hui.
CHAPITRE 3. Un monde multilatéral
Cette révolution des critères de la puissance entraine une montée des
interdépendances et la fin du jeu bilatéral. La mondialisation entraine
la multilatéralisation, des relations internationales plus complexes .
plus personne ne peut avoir raison tout seul. Il faut une capacité
fédératrice que la France a trouvé dans l'UE.
La France négocie sur plusieurs registres (UE, Conseil de Sécurité, G7,
relations bilatérales ex franco allemandes...). Même les Etats Unis
superpuissance ne peuvent agir seuls (les reculades irakiennes le
prouvent).
Suit une analyse de la France au sein de l'ONU.
CHAPITRE 4. La France une simple puissance moyenne ?
Une présentation historique souligne les différentes hégémonies
mondiales, puis l'opposition bilatérale après 1945
Aujourd'hui la situation n'est ni bilatérale (fin de la Guerre Froide)
ni multipolaire. alors comment qualifier la puissance Française ?
imprécision du terme "moyen" qui revient souvent. Sur 190 états dans le
monde si la France était une puissance moyenne elle serait au 85ème rang !
si l'on met à part les Etats Unis seule superpuissance mondiale, une
dizaine d'Etats seulement peuvent exercer un réelle influence sur le
cours des affaires mondiales. Mais aucun d'entre eux ne réunit tous les
attributs de la puissance. Si l'on examine le cas de la Russie, Chine,
Inde, Italie, Japon, R Uni, Allemagne, Brésil, Afrique du Sud et enfin
la France, cette dernière, est une des rares qui puisse jouer sur tous
les critères. Elle est donc comme le dit H. Védrine "une puissance
d'influence mondiale".
La France a-t-elle alors les moyens de ses ambitions ?
Suivent un certain nombre de critères concernant le Rang de la France
dans le monde.
Ce chapitre se conclut enfin par l'idée que la France peut avoir une
action décisive sur de nombreux dossiers.
CHAPITRE 5. La relation franco-américaine
Cette partie dresse la comparaison de la France avec celui qui référence
en la matière : les Etats Unis.
Relations houleuses, puisque ces deux pays se veulent porteurs de
message à destination du monde, mais relations pragmatiques puisque
l'intérêt des Etats Unis est de pouvoir compter sur une Europe forte qui
assure une gestion la moins chaotique du monde .
CHAPITRE 6. La France et l'Eurrope
Pascal Boniface débat sur l'intérêt de la construction européenne pour
la France, l'accélération, le ralentissement et le déplacement du centre
de gravité de L'UE qui ne profite pas à la France.
La France a fait le choix de l'Europe comme relais de sa puissance ("La
France est notre patrie, l'Europe, notre avenir" : Mitterrand).
l'Europe est à la fois un rempart et un tremplin, la France en sera l'un
des pays les plus influents.
Quant à la perte de l'identité française à cause de l'Europe, l'auteur
répond par le fait que c'est l'évolution actuelle des technologies qui
est l'objet d'une perte éventuelle d'identité. De la cooprération avec
l'Europe sortira cette maîtrise technologique et stratégique nécessaire
à la construction d'une polyidentité où la multitude d'appartenances
n'est pas contradictoire mais complémentaire.
CHAPITRE 7. Vers un monde multipolaire.
La France se considère comme la patrie des droits de l'homme mais elle
n'a pas le monopole de ces valeurs. Le maintien de sa puissance et de
ses intérêts dans le monde lui fait faire certaines entorses (Chine ,
Afrique).
Il lui faut trouver d'autres rôle moteurs (aide au développement), jouer
sur sa position géographique et son héritage (relations avec le Maghreb
ou les pays arabes).
CHAPITRE 8. Le désir de puissance: à consommer avec modération
La quête de puissance peut conduire à l'épuisement (URSS). Deux écueils
sont à éviter pour la France :
abandonner toute ambition
parler sans fin de destin de la France et irriter les autres.
La critique de la francophonie suit (le succès de la francophonie ne
passe pas par un repli sur soi, une nouvelle hégémonie , mais comme un
droit à la différence, une ouverture sur les autres, une tolérance)
.
CONCLUSION.
L'auteur conclut sur la victoire de la France au Mondial 98 et sur
l'image de notre pays véhiculée par cet évènement planétaire. La France
n'est donc pas une non puissance, c'est une puisssance au sens plein du
terme. La France ne peut être au premier rang que grâce au
multiplicateur européen, se lamenter sur le déclin de notre pays est
intellectuellemnt faux et politiquement dangereux.
Pour compléter sur la notion de puissance, la conference de l'Inspecteur General, G. Dorel (IREGH, Lyon,
26-11-98).En particulier, le concept de "soft power" parait assez
pertinent pour les EU, mais plus difficile à appliquer pour d'autres
puissances moyennes telle la France. Compte rendu de cette conférence prise en note par Michèle
Lagorce sur le serveur académique de Lyon
.